Orthographe au bac : ce que les correcteurs peuvent réellement enlever


Jusqu'où peux-tu aller ?
Ton copilote calcule ta trajectoire.
🎯 Choisis ta destination
Depuis la session 2026, une phrase du Bulletin officiel a changé la façon dont les copies du baccalauréat sont corrigées : la qualité rédactionnelle entre dans l’attribution de la note, dans toutes les disciplines. La rumeur qui a suivi, elle, est fausse dans les deux sens. Non, un correcteur de mathématiques ne retire pas un demi-point par faute. Non, l’orthographe n’est pas restée sans effet en dehors du français. Cette page prolonge nos ressources de soutien scolaire au lycée et remet les choses à leur place, texte en main.
Le point que presque personne ne relève est pourtant le plus utile à connaître : le paragraphe qui autorise à sanctionner la langue appartient à un texte dont l’objet principal est d’encadrer le correcteur. Il lui interdit de resserrer ses notes autour de la moyenne, l’oblige à justifier ce qu’il met et à reporter le détail de ses points. Autrement dit, la même page du Bulletin officiel qui vous rend l’orthographe opposable vous donne aussi les arguments pour comprendre, et si besoin contester, une note.
Sommaire
- L’essentiel en cinq points
- Ce que dit exactement le texte
- La seule voie autorisée : les barèmes nationaux
- Ce que cela change discipline par discipline
- L’autre moitié du texte : ce que le correcteur n’a pas le droit de faire
- Dyslexie, dysorthographie et aménagements
- Se préparer sans y passer l’année
- Questions fréquentes
L’essentiel en cinq points
- La règle vient de la note de service du 25 août 2025, publiée au Bulletin officiel n° 32 du 28 août 2025, et s’applique à compter de la session 2026.
- Cinq éléments sont visés : l’orthographe, la syntaxe, la grammaire, la clarté de la langue et la lisibilité du propos.
- La règle vaut pour toutes les disciplines et pour les deux examens, brevet et baccalauréat, pas seulement pour les épreuves de lettres.
- Le correcteur n’improvise pas de pénalité : les modalités sont fixées par les barèmes nationaux, précisés par l’inspection générale pour chaque discipline. Une note de service du 26 mars 2026 le redit explicitement.
- Une seule conséquence est écrite noir sur blanc dans le texte : une copie jugée incompréhensible à la lecture doit recevoir une note inférieure à la moyenne.

Ce que dit exactement le texte
Le document s’appelle « Déroulement des corrections aux examens du second degré à compter de la session 2026 ». C’est une note de service datée du 25 août 2025, adressée aux recteurs, aux chefs d’établissement et aux professeurs. Son chapitre III, consacré à l’attribution de la note, contient le passage en cause.
La phrase exacte est la suivante : « Chaque correcteur prend en compte dans l’attribution de la note la qualité rédactionnelle des candidats : l’orthographe, syntaxe, grammaire, clarté de la langue et lisibilité du propos. Ainsi, toute copie dont la lecture serait jugée incompréhensible doit se voir attribuer une note inférieure à la moyenne. »
Trois mots méritent qu’on s’y arrête.
« Prend en compte », et non « retire des points ». La formulation est délibérée. Elle installe un critère d’appréciation, pas un barème de sanction. La différence n’est pas cosmétique : elle explique pourquoi vous ne trouverez nulle part de tarif officiel à la faute.
« Lisibilité du propos ». Ce critère est le plus souvent oublié des résumés qui circulent, et c’est probablement celui qui pèse le plus. Il ne parle pas de la graphie mais de la clarté du raisonnement. Une copie bien orthographiée mais dont on ne suit pas le fil relève de ce critère.
« Incompréhensible ». Le seuil posé par le texte est haut. Il ne vise pas la copie fautive, il vise la copie qu’on ne peut pas lire. C’est le seul effet automatique prévu, et il concerne un nombre très réduit de candidats.
La seule voie autorisée : les barèmes nationaux
La suite immédiate du passage est la partie la plus importante, et la moins citée. Le texte précise que l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche fixe les modalités de cette prise en compte dans les barèmes nationaux, pour chaque discipline.
Sept mois plus tard, une seconde note de service, datée du 26 mars 2026, est venue le confirmer sans ambiguïté possible : « Le respect de cette exigence fondamentale est apprécié dans les conditions prévues par les seuls barèmes nationaux. » Le mot « seuls » est dans le texte.
La portée pratique de cette phrase est considérable. Un correcteur ne peut pas décider, dans son coin, d’appliquer un décompte de son invention. Si le barème national de sa discipline prévoit un point de valorisation ou de dévalorisation sur la qualité de l’expression, il l’applique. S’il ne prévoit rien, la qualité rédactionnelle joue dans l’appréciation d’ensemble de la copie, comme n’importe quel autre élément de qualité.
Ces barèmes nationaux ne sont pas des documents publics. Ils sont diffusés aux commissions d’entente et d’harmonisation avant les corrections. C’est une limite réelle pour l’information des familles, et il faut la dire plutôt que de la contourner par des chiffres inventés. Aucune source officielle ne publie de tarif à la faute, pour la simple raison qu’il n’en existe pas de général.
Ce que cela change discipline par discipline
La règle est transversale, mais son poids réel dépend de la nature de l’épreuve. Voici comment elle se traduit concrètement.
| Type d’épreuve | Ce qui change | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Épreuve anticipée de français, écrit | Rien de neuf sur le principe, la langue était déjà évaluée | La clarté du plan et des transitions pèse autant que l’orthographe |
| Philosophie | Critère désormais explicite dans toutes les copies | Une argumentation confuse relève de la lisibilité du propos |
| Spécialités à rédaction longue (HGGSP, SES, HLP) | La langue entre officiellement dans l’appréciation | Vocabulaire disciplinaire mal orthographié, très visible en correction |
| Spécialités scientifiques (maths, physique-chimie, SVT, NSI) | La rédaction du raisonnement est concernée | Justifications rédigées, pas seulement des calculs alignés |
| Épreuve anticipée de mathématiques en première | Concernée comme les autres épreuves écrites | La partie automatismes reste évaluée sur le résultat |
| Grand oral | Non concerné par cette note, qui porte sur les corrections de copies | La qualité de l’expression y est évaluée par sa propre grille |
Le tableau appelle une lecture simple. Les élèves qui ont le plus à gagner ne sont pas les littéraires, déjà rompus à l’exercice, mais ceux des spécialités scientifiques qui ont pris l’habitude de rendre des copies faites de calculs sans phrases. Rédiger la justification d’une étape n’a jamais coûté de points. Ne pas la rédiger en coûte désormais un peu plus.
Pour travailler la structure d’une copie longue, notre méthode de dissertation en philosophie détaille les erreurs de construction qui rendent un devoir difficile à suivre. Les annales du bac restent le meilleur terrain d’entraînement, à condition de rédiger vraiment au lieu de survoler le corrigé.
L’autre moitié du texte : ce que le correcteur n’a pas le droit de faire
Le chapitre III ne contient pas que la phrase sur l’orthographe. Il pose plusieurs obligations à la charge du correcteur, et elles jouent en faveur du candidat.
L’échelle de notes doit rester ouverte. Le texte rappelle que l’échelle « peut être utilisée dans toute sa plénitude, au-delà des seuils critiques de 8, 10 et 12 ». La note de service explique pourquoi : une échelle resserrée autour de la moyenne pénalise les candidats au moment des mentions, et de façon inégale selon les disciplines. Un correcteur qui refuserait par principe de mettre plus de 15 sortirait de l’esprit du texte. Celui-ci ajoute toutefois qu’aucun correcteur n’est tenu d’utiliser toute l’échelle si la qualité des copies qui lui sont confiées ne le justifie pas.
La note doit être justifiée. Les correcteurs sont invités à motiver leur note par des appréciations « aussi claires et précises que possible ».
Le détail des points doit être reporté. Le texte demande que le nombre de points attribués à chaque partie ou exercice figure sur la copie, avec des totaux exacts et des notes partielles lisibles. Il en donne la raison, en une formule qui vaut d’être retenue : le résultat de l’examen ne doit pas apparaître au candidat comme une décision dont la motivation lui échapperait.
Cette dernière obligation a une conséquence très concrète. Si vous demandez à consulter votre copie après les résultats, vous devez y trouver le décompte par exercice. Un écart inexpliqué entre le total des points partiels et la note finale est une erreur matérielle, et une erreur matérielle se corrige. Notre article sur la façon de consulter sa copie du bac détaille la démarche, les délais et les recours possibles.
Un dernier élément de cadrage, entré en vigueur à la même session : les points que le jury de délibération peut attribuer sont plafonnés à 50, et aucun point ne peut être accordé à un candidat ayant obtenu une note inférieure à 8 sur 20. La marge de rattrapage en fin de parcours s’est donc réduite, ce qui donne mécaniquement plus de poids à chaque copie. Le détail de cette architecture figure dans notre point sur les nouveautés du bac 2026.
Dyslexie, dysorthographie et aménagements
La question revient dès qu’on parle de sanction de l’orthographe, et le texte y répond, brièvement mais clairement. La note de service du 26 mars 2026 précise que « la situation particulière des candidats bénéficiant d’un aménagement ou d’adaptations est prise en compte ».
Concrètement, un candidat dont le dossier d’aménagement d’épreuves mentionne un trouble du langage écrit ne se retrouve pas soumis au même regard qu’un autre. Cette prise en compte suppose évidemment que la demande ait été déposée dans les délais, en amont de l’année d’examen. C’est un point à traiter dès la rentrée de première ou de terminale, auprès du médecin de l’éducation nationale, pas au printemps.
Deux précisions utiles. L’aménagement ne dispense pas de l’exigence, il en adapte l’appréciation. Et il ne se limite pas aux troubles dys : les candidats concernés par un handicap, une maladie ou une situation particulière relèvent du même dispositif.
Se préparer sans y passer l’année
La note de service du 26 mars 2026 est intéressante sur ce plan, parce qu’elle ne se contente pas de rappeler la règle : elle indique trois leviers de préparation, et ce sont des consignes adressées aux professeurs, donc un bon indicateur de ce qui sera attendu.
Le premier est « une vigilance orthographique, avec un retour systématique sur les erreurs répétées ». Le mot important est « répétées ». L’idée n’est pas de traquer toutes les fautes possibles mais d’identifier les trois ou quatre qui reviennent dans chacun de vos devoirs. Pour la plupart des élèves, la liste est courte et stable d’une copie à l’autre : accords du participe passé, confusion entre l’infinitif et le participe, terminaisons verbales, homophones grammaticaux. Reprendre deux copies corrigées de l’an dernier et relever ce qui revient prend une demi-heure et vaut mieux qu’un manuel entier.
Le deuxième est « l’importance de la relecture par les élèves de leur production dans le temps imparti de l’épreuve ». Il faut le lire comme une consigne d’organisation : la relecture se planifie avant l’épreuve, pas quand il reste dix minutes. Cinq minutes réservées en fin d’épreuve, consacrées uniquement à vos erreurs récurrentes plutôt qu’à une relecture flottante, suffisent à en corriger une bonne part.
Le troisième est « l’exigence d’une production d’écrits structurés et argumentés ». C’est le critère de lisibilité du propos, exprimé du côté de l’élève. Une copie dont les parties sont annoncées et dont les transitions sont explicites se lit sans effort, ce qui n’est pas neutre pour le correcteur qui en ouvre la centième.
Une remarque de méthode pour finir. Travailler la langue ne relève pas du bachotage de dernière minute : l’orthographe s’installe par la fréquence, pas par l’intensité. Quelques minutes régulières valent mieux qu’une session massive en juin, et c’est exactement le principe des reprises espacées appliquées aux révisions. Nos ressources pour réviser le bac et nos fiches de révision en terminale intègrent cette dimension aux exercices rédigés.
Questions fréquentes
Aucun chiffre général n’existe. Le texte officiel ne fixe pas de tarif à la faute : il renvoie la question aux barèmes nationaux, établis par l’inspection générale pour chaque discipline et diffusés aux correcteurs avant les corrections. Une seule conséquence est écrite dans la note de service : une copie dont la lecture est jugée incompréhensible doit recevoir une note inférieure à la moyenne. Méfiez-vous des barèmes chiffrés qui circulent, ils ne reposent sur aucun texte publié.
Oui. La note de service du 25 août 2025 vise l’attribution de la note sans distinguer les disciplines, et celle du 26 mars 2026 demande d’intégrer cette exigence « dans toutes les disciplines », en adaptant les attentes à l’examen visé. En pratique, ce qui est regardé dans une copie scientifique tient surtout à la rédaction des justifications et à la clarté du raisonnement, plus qu’à l’orthographe lexicale.
À compter de la session 2026, donc depuis les épreuves de juin 2026 pour le baccalauréat général et technologique. Elle vaut également pour le diplôme national du brevet. Elle reste en vigueur pour la session 2027, aucun texte n’étant venu la remplacer à ce jour.
Le seul cas prévu par le texte est celui de la copie incompréhensible, qui doit passer sous la moyenne. En dehors de cette hypothèse, la qualité rédactionnelle est un critère parmi d’autres, apprécié dans le cadre du barème national de la discipline. Le même chapitre du texte demande par ailleurs au correcteur de justifier sa note par des appréciations précises et de reporter le détail des points par exercice, ce qui rend une note vérifiable.
Non. La note de service du 26 mars 2026 prévoit que la situation des candidats bénéficiant d’un aménagement ou d’adaptations est prise en compte. Encore faut-il que la demande d’aménagement d’épreuves ait été déposée en amont, dans les délais fixés par le rectorat. C’est une démarche à engager en début d’année scolaire, auprès du médecin de l’éducation nationale.
En demandant à consulter votre copie après les résultats. Le texte impose au correcteur de reporter le nombre de points attribués à chaque partie ou exercice, avec des totaux exacts, précisément pour que la note ne soit pas une décision opaque. Vous pouvez ainsi comparer le détail des points et les appréciations portées en marge.
Sources
- Déroulement des corrections aux examens du second degré à compter de la session 2026, note de service du 25 août 2025, NOR MENE2523939N, Bulletin officiel n° 32 du 28 août 2025, chapitre III sur l’attribution de la note.
- Préparation des élèves aux exigences du DNB et des baccalauréats général et technologique à compter de la session 2026, note de service du 26 mars 2026, NOR MENE2607843N, Bulletin officiel n° 13 du 27 mars 2026, partie II sur les attentes rédactionnelles.
- Baccalauréat, brevet, CAP : le calendrier 2027, ministère de l’Éducation nationale.