Introduction
En juin 1940, la France subit une défaite militaire rapide face à l’Allemagne nazie. Cette défaite bouleverse la vie politique du pays. Une partie des dirigeants choisit de signer l’armistice, tandis qu’une minorité refuse cette soumission. La majorité de la population, quant à elle, reste silencieuse, contrainte ou prudente face à une situation incertaine. Dans ce contexte difficile, la France entre dans une période marquée par l’occupation, la collaboration d’État et la naissance de la Résistance. Pourquoi le régime de Vichy collabore-t-il avec l’Allemagne ? Comment les résistants s’organisent-ils face à cette domination ? Cette période permet de comprendre les tensions internes d’un pays en guerre, entre autorité, violence et espoir de libération.
Comment la France passe-t-elle de la défaite à la collaboration ?
En mai-juin 1940, l’armée allemande envahit la France. La défaite est rapide. Le 17 juin, le maréchal Pétain, héros de la Première Guerre mondiale, annonce vouloir demander l’armistice. Celui-ci est signé le 22 juin 1940. Le territoire français est alors divisé en deux zones :
Une zone occupée, au nord, contrôlée directement par l’armée allemande.
Une zone libre, au sud, administrée depuis la ville de Vichy.
Dans cette zone libre, Pétain obtient les pleins pouvoirs le 10 juillet 1940. Il met en place un régime autoritaire appelé État français, qui remplace la République. Il suspend les libertés, dissout les partis politiques et adopte une nouvelle devise : « Travail, famille, patrie ».
Le régime de Vichy engage une politique de collaboration avec l’Allemagne. Celle-ci est idéologique et politique. Vichy partage avec le régime nazi certains principes comme l’antisémitisme, l’anticommunisme et le rejet de la démocratie. Il veut reconstruire la société sur des bases conservatrices et autoritaires. La collaboration est aussi pratique : l’État français livre des matières premières à l’Allemagne, réprime les opposants politiques (notamment les communistes) et organise la participation au Service du travail obligatoire (STO), qui envoie des milliers de jeunes Français travailler dans les usines allemandes.
Vichy adopte des mesures contre les Juifs dès 1940 : recensement, exclusion des métiers publics, internements. En juillet 1942, la rafle du Vel d’Hiv à Paris, organisée par la police française, conduit à l’arrestation de plus de 13 000 Juifs, dont des enfants, livrés aux nazis. À partir de 1942, toute la France est occupée par les Allemands.
À retenir
Après la défaite, le régime de Vichy dirigé par Pétain instaure un État autoritaire et collabore avec l’Allemagne nazie. Il partage des idées proches, notamment l’antisémitisme, et participe à la persécution des Juifs et des opposants politiques.
Comment la Résistance s’organise-t-elle face à Vichy et à l’occupant ?
Dès l’armistice, certains Français refusent la défaite et l’occupation. Le 18 juin 1940, Charles de Gaulle, général exilé à Londres, lance un appel à la résistance depuis la radio de la BBC. Il encourage les Français à poursuivre le combat aux côtés du Royaume-Uni. Cet appel, peu entendu sur le moment, devient ensuite un symbole.
De Gaulle organise la Résistance extérieure, appelée France libre. Il réunit des militaires et des volontaires qui combattent avec les Alliés, en particulier en Afrique et au Moyen-Orient. Ces forces deviennent plus nombreuses au fil du conflit.
En métropole, la Résistance intérieure s’organise progressivement, dans la clandestinité. Elle rassemble des groupes très différents : gaullistes, communistes, socialistes, chrétiens, ou simples citoyens. Malgré des objectifs variés, tous refusent l’occupation et la collaboration. Les résistants rédigent des journaux clandestins, cachent des personnes menacées, sabotent les infrastructures, transmettent des informations aux Alliés.
Cette lutte est extrêmement dangereuse. Les résistants sont traqués par la Gestapo, la police allemande, et par la police de Vichy. Beaucoup sont arrêtés, torturés, déportés ou exécutés.
En 1943, pour unir ces forces, De Gaulle envoie Jean Moulin organiser la coordination de la Résistance intérieure. Il fonde le Conseil national de la Résistance (CNR), qui réunit les principaux mouvements et prépare un programme commun pour la Libération. Ce programme prévoit le retour à la démocratie, mais aussi de grandes réformes sociales, comme la création de la Sécurité sociale, la restauration des libertés et la réaffirmation des valeurs républicaines.
À retenir
La Résistance, qu’elle soit intérieure ou extérieure, agit contre l’occupation allemande et le régime de Vichy. Elle se structure progressivement et prépare, aux côtés des Alliés, la libération du pays et le rétablissement de la République.
Conclusion
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la France connaît une période sombre, marquée par la défaite, l’occupation et la collaboration d’État. Le régime de Vichy choisit de soutenir l’Allemagne nazie, en rompant avec les valeurs républicaines. Face à cette situation, une minorité de Français s’engage dans la Résistance, prenant des risques pour lutter contre l’ennemi et défendre la liberté. Cette opposition entre collaboration et résistance est au cœur de la mémoire collective, et elle interroge encore aujourd’hui sur les choix individuels et collectifs dans les périodes de crise.
