DGEMC : programme, coefficient et intérêt réel de l’option droit en terminale


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Trois lettres apparaissent chaque rentrée sur les emplois du temps de terminale sans que personne n’explique vraiment ce qu’elles recouvrent : DGEMC, pour droit et grands enjeux du monde contemporain. C’est un enseignement optionnel de trois heures hebdomadaires, réservé à la classe de terminale, et c’est le seul moment de la scolarité où le droit est enseigné pour lui-même. Cette page reprend le programme officiel, article par article, et surtout le calcul exact de ce que l’option pèse sur une moyenne de baccalauréat. Elle s’adresse aux élèves qui hésitent encore, et aux familles qui cherchent en parallèle un soutien scolaire au lycée cohérent avec les choix de terminale.
Une précision utile d’emblée : le DGEMC n’est pas un bonus. Depuis la réforme du baccalauréat, les enseignements optionnels comptent dans la moyenne au même titre que le reste, avec leurs propres coefficients. Une bonne note fait monter la moyenne, une mauvaise la fait descendre. Les deux effets sont petits, et nous allons les chiffrer.
Sommaire
- L’essentiel en huit points
- Ce qu’est le DGEMC, et ce qu’il n’est pas
- Un arbitrage qui n’a jamais trois branches
- Le programme officiel, partie par partie
- Le coefficient 2, calculé pour de bon
- Qui prend le DGEMC, en chiffres
- DGEMC et Grand oral : la confusion la plus fréquente
- Candidats individuels : un oral, et un format modifié
- Ce que l’option vaut sur Parcoursup et après
- Les bonnes et les mauvaises raisons de le prendre
- Questions fréquentes
L’essentiel en huit points
- Le DGEMC est un enseignement optionnel de terminale, à raison de trois heures par semaine. Il n’existe ni en seconde ni en première.
- C’est la seule des trois options propres à la terminale ouverte à tous les élèves, sans condition liée aux spécialités conservées.
- Il compte pour un coefficient 2, qui s’ajoute aux 100 coefficients du baccalauréat. Un élève qui prend le seul DGEMC est donc noté sur 102.
- Son effet sur la moyenne générale vaut, à peu de chose près, la différence entre la note d’option et la moyenne, divisée par 51. Quatre points au-dessus de sa moyenne rapportent moins de 0,08 point.
- Le programme comporte une introduction et une première partie obligatoires, puis une deuxième partie de cinq thématiques dont il est recommandé d’en traiter au moins trois.
- L’évaluation se fait en contrôle continu, sur la moyenne annuelle de terminale. Il n’y a pas d’épreuve terminale de DGEMC pour un élève scolarisé.
- Le DGEMC ne peut pas servir de support au Grand oral, réservé aux deux enseignements de spécialité.
- À la rentrée 2025, 7,8 % des élèves de terminale générale suivaient cette option, dont 74,4 % de filles.

Ce qu’est le DGEMC, et ce qu’il n’est pas
Droit et grands enjeux du monde contemporain est un enseignement optionnel de la classe terminale, dans les voies générale et technologique. Son programme est fixé par un arrêté du 19 juillet 2019, publié au Bulletin officiel spécial n° 8 du 25 juillet 2019, entré en vigueur à la rentrée 2020 et modifié par un arrêté du 15 avril 2022. Un texte de 2011 circule encore sur le web et se retrouve parfois en bonne place dans les résultats de recherche : ce n’est plus la version applicable.
Le préambule du programme est plus prudent que la plupart des présentations qu’on trouve en ligne. Sa formulation exacte mérite d’être lue avant de se décider : l’objectif de cet enseignement est « moins d’offrir une anticipation d’une première année de droit à l’université, quoiqu’il puisse susciter chez certains élèves le goût d’une telle orientation à l’avenir, que de donner aux élèves l’occasion de réfléchir à l’existence et à l’utilité des normes juridiques, à leur portée sociale, à leur vertu pacificatrice, aux conditions de leur adoption et à celles de leur application ».
Autrement dit : le ministère lui-même refuse de vendre le DGEMC comme une prépa juridique. C’est un enseignement de culture juridique et de méthode de raisonnement, construit à partir de situations concrètes. Les métiers du droit et les formations qui y mènent sont abordés, mais en fil rouge des questions étudiées, pas comme un catalogue d’orientation.
Deuxième réalité à connaître avant de compter dessus : l’option n’est pas proposée partout. Le programme précise que la démarche retenue « suppose, pour être enseignée, des qualifications juridiques particulières ». Concrètement, il faut un professeur d’économie et gestion ou de sciences économiques et sociales formé au droit, et la carte des enseignements est arrêtée par le recteur. Avant toute autre considération, la première question à poser est donc celle de savoir si le lycée l’ouvre cette année.
Un arbitrage qui n’a jamais trois branches
La grille horaire officielle du cycle terminal range trois enseignements dans un même groupe, dont l’élève ne prend qu’un seul : mathématiques complémentaires, mathématiques expertes et droit et grands enjeux du monde contemporain. Tous trois durent trois heures et n’existent qu’en terminale.
Là où presque toutes les présentations s’arrêtent, les notes de bas de tableau ajoutent une contrainte décisive. Mathématiques complémentaires est destinée aux élèves qui ne conservent pas la spécialité mathématiques en terminale. Mathématiques expertes est réservée à ceux qui la conservent. Les deux options de mathématiques sont donc mutuellement exclusives par construction, et aucun élève n’a jamais trois possibilités devant lui.
Le choix réel est binaire, et il se formule en deux versions :
- Vous gardez la spécialité mathématiques en terminale : l’arbitrage porte sur mathématiques expertes ou DGEMC.
- Vous l’abandonnez à la fin de la première : l’arbitrage porte sur mathématiques complémentaires ou DGEMC.
Le DGEMC est ainsi la seule des trois options accessible quelle que soit la doublette de spécialités conservée. La direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance l’écrit sans détour dans sa dernière note d’information : mathématiques complémentaires pour ceux qui n’ont pas gardé la spécialité, mathématiques expertes pour ceux qui l’ont gardée, et droit et grands enjeux du monde contemporain « pour tous ».
Un point échappe souvent à l’attention : la règle générale autorise deux enseignements optionnels au plus en terminale. Le second se prend donc dans l’autre groupe, celui qui court sur la première et la terminale, avec la langue vivante C, les arts, l’éducation physique et sportive ou la langue des signes française. Et le latin comme le grec échappent au plafond : les langues et cultures de l’Antiquité peuvent être choisies en plus des options suivies par ailleurs. Un élève peut donc cumuler DGEMC, arts plastiques et latin.
Le programme officiel, partie par partie
L’annexe du programme fait une quarantaine de pages et se lit en trois blocs. Deux sont obligatoires, le troisième est à la carte, ce qui explique pourquoi deux élèves de deux lycées différents peuvent avoir suivi un DGEMC très différent.
Introduction : qu’est-ce que le droit ?
Deux entrées, courtes mais structurantes. Le droit et ses fonctions, avec les notions d’État de droit, d’ordre public, de coutume et de morale. Puis les caractéristiques de la règle de droit, présentée comme légitime, générale et abstraite. C’est là que se pose la distinction entre une règle morale et une règle juridique, qui revient ensuite dans toutes les études de cas.
Partie 1 : comment le droit est-il organisé ?
Cette partie est obligatoire et se déploie en trois temps.
- Les sources du droit, en quatre chapitres : la Constitution, avec la séparation des pouvoirs, le contrôle de constitutionnalité et la question prioritaire de constitutionnalité ; les lois, décrets, arrêtés et ordonnances, avec la hiérarchie des normes ; la jurisprudence, avec le déni de justice, l’interdiction des arrêts de règlement et le revirement de jurisprudence ; le contrat, abordé par des exemples de la vie courante comme un bail ou un contrat de travail.
- L’organisation judiciaire en France : dualisme juridictionnel, ordre administratif et ordre judiciaire, degrés de juridiction, appel, cassation, référé, siège et parquet, et les modes alternatifs de règlement des conflits.
- Les relations internationales et le droit : les institutions de l’Union européenne, la différence entre règlement et directive, puis l’internationalisation du droit, avec l’Organisation des Nations unies, le Conseil de l’Europe, la Cour européenne des droits de l’homme et la distinction entre droit international public et droit international privé.
Le programme demande explicitement qu’« au moins une partie des études proposées se situent dans le cadre européen ». Ce n’est pas un détail de forme : la dimension européenne revient dans la plupart des sujets d’évaluation.
Partie 2 : des questions juridiques contemporaines
C’est la partie qui « représente l’essentiel du programme », selon ses propres termes, et c’est aussi la seule où le professeur choisit. Cinq thématiques sont proposées, et le programme recommande d’en traiter au moins trois.
| Thématique | Ce qu’elle couvre |
|---|---|
| 2.1 Les sujets de droits | Personnalité et capacité juridiques, personne physique et personne morale, patrimoine, responsabilité civile, pénale et administrative, statut juridique de l’animal. |
| 2.2 Liberté, égalité, fraternité | Liberté et sécurité, ordre public de protection et de direction, puis égalité et lutte contre les discriminations, avec le rôle du Défenseur des droits. |
| 2.3 Personne et famille | La plus vaste : nationalité et migrations, droits de l’enfant, évolution de la famille, bioéthique et liberté de la personne, sexe et normes sociales, harcèlement et diffamation. |
| 2.4 L’entreprise et le droit | Société mère et filiale, sous-traitance, contrat de travail et lien de subordination, requalification des prestations de services, préjudice écologique. |
| 2.5 Création et technologies numériques | Propriétés intellectuelles, droit d’auteur, marque et brevet, protection des données personnelles et RGPD, puis intelligence artificielle et justice. |
La méthode est constante d’un thème à l’autre : on part d’une situation réelle, d’une décision de justice ou d’un cas pratique, on identifie la règle applicable, puis on construit une argumentation. Beaucoup de chapitres se terminent par un « prolongement possible », débat ou travail sur des arrêts de la Cour de cassation. Ceux qui aiment discuter un texte plutôt que restituer un cours y trouvent leur compte.
Deux entrées du programme méritent d’être signalées à qui hésite. Le thème 2.3.6 traite du harcèlement et de la diffamation, et propose comme problématique la question du harcèlement scolaire. Le thème 2.5.3, écrit en 2019, portait déjà sur l’intelligence artificielle et la justice, avec la cyberjustice et la cybercriminalité au programme. Sur ces sujets, l’écart entre le cours et l’actualité est nul.
Le coefficient 2, calculé pour de bon
Le point qui décide, et celui sur lequel le web se trompe le plus souvent. Voici la règle telle que le ministère l’énonce.
Tous les enseignements optionnels sont évalués en contrôle continu. Une option suivie sur les deux années du cycle terminal vaut quatre coefficients, deux en première et deux en terminale. Une option suivie sur la seule année de terminale, ce qui est le cas du DGEMC comme des deux options de mathématiques, vaut deux coefficients. Et ces coefficients s’ajoutent aux 100 coefficients prévus pour les enseignements obligatoires.
Le ministère donne lui-même deux exemples. Un élève qui suit arts plastiques en première et terminale, plus le DGEMC en terminale, cumule six coefficients d’option et son baccalauréat se calcule sur 106. Un élève qui suit latin et grec sur les deux années, plus mathématiques expertes, arrive à dix coefficients d’option et un total de 110.
De là découle une arithmétique simple, que personne ne pose. Pour un élève dont le DGEMC est la seule option, la moyenne finale vaut la moyenne obtenue sur les 100 coefficients, plus deux fois la note de DGEMC, le tout divisé par 102. L’écart entre cette moyenne et celle qu’il aurait eue sans option se réduit alors à une formule tenant en une ligne : la différence entre la note de DGEMC et la moyenne générale, divisée par 51.
| Moyenne sans option | Note de DGEMC | Moyenne finale | Écart |
|---|---|---|---|
| 12,00 | 16,00 | 12,08 | +0,08 |
| 12,00 | 20,00 | 12,16 | +0,16 |
| 12,00 | 12,00 | 12,00 | 0,00 |
| 12,00 | 8,00 | 11,92 | -0,08 |
| 8,00 | 20,00 | 8,24 | +0,24 |
Trois conclusions se lisent directement dans ce tableau.
Une option de terminale seule ne peut pas faire gagner un demi-point. Il faudrait pour cela un écart de plus de vingt-cinq points entre la note d’option et la moyenne, ce qui n’existe pas sur une échelle de vingt. Même l’hypothèse la plus favorable, celle d’un élève à 8 de moyenne qui obtiendrait 20 en DGEMC, plafonne sous 0,25 point.
Le mot « bonus » est inexact. Avant 2021, les points au-dessus de la moyenne pouvaient s’ajouter sans risque. Ce n’est plus le cas : une note de DGEMC inférieure à la moyenne générale tire cette moyenne vers le bas, exactement dans les mêmes proportions qu’elle la tirerait vers le haut dans le cas contraire.
Le petit écart n’est pas nul pour autant. Les mentions se jouent à des seuils exacts, 12, 14 et 16. Un élève à 13,94 de moyenne qui obtient 17 en DGEMC passe à 14,00. C’est le seul cas où 0,06 point change quelque chose, et il n’est pas si rare.
Un rappel sur ce qui encadre désormais ce calcul, depuis le décret du 4 décembre 2025 applicable à la session 2026 : les points attribués par le jury sont plafonnés à cinquante points, soit un demi-point de moyenne, et aucun ajout de points ne peut permettre à un candidat en dessous de 8 sur 20 au premier groupe d’épreuves de se présenter au second. La marge de manœuvre du jury s’est resserrée, ce qui donne d’autant plus de poids aux coefficients réellement acquis.
Qui prend le DGEMC, en chiffres
La DEPP publie chaque année les choix d’enseignements optionnels. Les chiffres de la rentrée 2025 dessinent un portrait précis, et il n’est pas celui qu’on imagine.
D’abord, l’option est minoritaire dans une classe qui l’est déjà : 62,5 % des élèves de terminale générale ne suivent aucun enseignement optionnel. Sur les 37,5 % restants, mathématiques expertes rassemble 15,8 % de l’ensemble, mathématiques complémentaires 13,9 %, et le DGEMC 7,8 %.
Rapportés à leur public éligible, ces taux changent de sens. Mathématiques expertes est choisie par 35,3 % des élèves qui gardent la spécialité mathématiques. Mathématiques complémentaires par 25,2 % de ceux qui l’abandonnent. Le DGEMC, lui, est ouvert à tous, ce qui rend son 7,8 % directement comparable à rien.
Le détail par doublette de spécialités est bien plus parlant, et c’est là que la donnée devient utile pour se situer.
| Doublette de spécialités en terminale | Part qui prend le DGEMC |
|---|---|
| HGGSP et SES | 23,8 % |
| HGGSP et HLP | 23,8 % |
| HGGSP et mathématiques | 22,2 % |
| HGGSP et LLCER | 19,1 % |
| HLP et SES | 16,0 % |
| LLCER et SES | 9,3 % |
| Mathématiques et SES | 9,1 % |
| Mathématiques et physique-chimie | 0,9 % |
| Physique-chimie et SVT | 0,3 % |
Un rapport de un à soixante-dix-neuf sépare les deux extrémités du tableau. Le DGEMC est, en pratique, une option de la famille histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques : dès que cette spécialité figure dans la doublette, environ un élève sur cinq prend le droit. Dans les doublettes scientifiques, il disparaît presque complètement, non parce qu’il serait interdit, mais parce que mathématiques expertes occupe le créneau.
Dernière donnée, la plus nette de toutes : 74,4 % des élèves qui suivent le DGEMC sont des filles. C’est de loin l’option la plus féminisée des trois, devant mathématiques complémentaires à 64,1 %, et à l’opposé de mathématiques expertes, qui ne compte que 33,3 % de filles. Sur ce point, le DGEMC est le miroir exact de l’option scientifique.
DGEMC et Grand oral : la confusion la plus fréquente
Non, le DGEMC ne peut pas servir de support au Grand oral. L’arrêté du 16 juillet 2018 est explicite : « le travail de projet individuel ou collectif dans la perspective de l’épreuve orale est préparé dans le cadre des enseignements de spécialité ». Les deux questions du Grand oral s’adossent aux deux spécialités conservées en terminale, jamais à un enseignement optionnel.
Cela ne veut pas dire que l’option ne sert à rien pour cette épreuve. Une question de Grand oral en HGGSP ou en SES gagne beaucoup à mobiliser un raisonnement juridique correct, et la seconde partie de l’entretien porte sur le projet d’orientation, sujet sur lequel un élève de DGEMC a de la matière. Mais la question elle-même doit rester rattachée à une spécialité.
Le contexte a d’ailleurs changé pour la session 2027, celle des élèves aujourd’hui en terminale : le Grand oral passe de coefficient 10 à coefficient 8 en voie générale, et de 14 à 12 en voie technologique, l’écart étant repris par l’épreuve anticipée de mathématiques, dotée d’un coefficient 2.
Candidats individuels : un oral, et un format modifié
Un élève scolarisé dans un établissement public ou privé sous contrat n’a pas d’épreuve de DGEMC : sa moyenne annuelle de terminale suffit. La situation est différente pour les candidats dits individuels, c’est-à-dire ceux qui ne suivent les cours d’aucun établissement, ceux inscrits dans un établissement privé hors contrat, ceux d’un établissement français à l’étranger non homologué pour le cycle terminal, et ceux inscrits au Cned en scolarité libre.
Ces candidats passent une évaluation ponctuelle organisée par le rectorat, et son format a précisément changé. La note de service du 10 décembre 2025 abroge et remplace celle du 25 octobre 2021 « afin de modifier la définition de l’évaluation ponctuelle de droit et grands enjeux du monde contemporain ». Le nouveau format s’applique à compter de la session 2026.
Le déroulé est le suivant. Vingt minutes de préparation, puis vingt minutes d’oral. Le candidat remet d’abord à l’examinateur la liste des thématiques qu’il a étudiées parmi les cinq de la deuxième partie du programme, la partie obligatoire étant réputée acquise dans tous les cas. Attention à ce point : en l’absence de liste, l’examinateur peut interroger sur les cinq thématiques. Le sujet remis se compose de deux documents et d’une série de questions. L’oral se déroule en deux temps, dix minutes au plus de présentation sans interruption, puis un entretien d’au moins dix minutes.
La notation est sur vingt points, répartis en quatre compétences, dont la mobilisation de connaissances juridiques pour analyser une problématique et le repérage des enjeux du monde contemporain soulevés par le sujet, chacune notée de zéro à cinq points. Le coefficient au baccalauréat reste 2, comme pour les élèves scolarisés. Éduscol a mis en ligne deux sujets zéro, A et B, qui donnent la mesure exacte de l’exercice.
Ce que l’option vaut sur Parcoursup et après
Il faut être honnête sur ce point, parce que c’est souvent l’argument de vente : aucune formation de l’enseignement supérieur n’exige le DGEMC. Les licences de droit sont accessibles sans, et elles le resteront. Le programme lui-même refuse de se présenter comme une anticipation de la première année.
Ce que l’option apporte réellement tient en trois choses, plus modestes mais plus vraies.
Une note de plus dans le dossier. Les moyennes de terminale des deux premiers trimestres, ou du premier semestre, figurent dans le dossier transmis via la procédure Parcoursup. Une bonne moyenne de DGEMC, dans une discipline exigeante et peu suivie, se remarque sur un dossier de candidature en droit, en sciences politiques ou en institut d’études politiques.
De la matière pour le projet de formation motivé. Écrire qu’on veut faire du droit est banal. Écrire qu’on a travaillé la hiérarchie des normes, suivi une question prioritaire de constitutionnalité et discuté un arrêt sur le préjudice écologique change la nature du propos.
Un test de réalité. C’est peut-être l’apport principal. Trois heures par semaine pendant un an suffisent à savoir si la lecture d’un texte juridique produit chez vous de l’intérêt ou de l’ennui. Beaucoup d’abandons en première année de droit tiennent à une image du métier construite sur des séries télévisées. Le DGEMC est le moyen le moins coûteux de vérifier avant de s’engager.
Les bonnes et les mauvaises raisons de le prendre
Résumons ce qui précède en termes de décision.
De bonnes raisons. Vous voulez tester un intérêt pour le droit avant de vous engager dans une licence. Vous êtes en HGGSP, en SES ou en HLP et cherchez un enseignement qui prolonge votre doublette au lieu de la contredire. Vous aimez argumenter à partir d’un texte et discuter un cas concret plus que restituer un cours. Vous visez une formation où la culture institutionnelle compte, comme un institut d’études politiques ou une école de commerce post-bac.
De mauvaises raisons. Gagner des points : le calcul ci-dessus montre qu’un demi-point est hors d’atteinte. Alléger sa terminale : trois heures de plus par semaine dans l’année du baccalauréat, avec des lectures à faire, ne sont pas une pause. Se réserver l’accès à des études de droit : il n’y a rien à réserver, la licence est ouverte sans condition d’option. Nourrir son Grand oral : ce n’est pas possible, l’épreuve s’adosse aux spécialités.
Une question préalable à tout le reste. Le lycée l’ouvre-t-il cette année, et avec quel professeur ? La qualification juridique du professeur conditionne le niveau réel du cours, et l’option est proposée de façon très inégale selon les établissements. La réponse s’obtient auprès du professeur principal ou de la direction, en une question.
Une remarque de calendrier pour finir. Le DGEMC se choisit normalement à la fin de la première, au moment où l’on renseigne ses vœux pour la terminale. En pratique, des ajustements restent possibles dans les premières semaines de septembre, dans la limite des places disponibles et de la compatibilité avec l’emploi du temps. Passé la mi-octobre, un changement devient très difficile à obtenir, le programme ayant déjà avancé et les groupes étant constitués.
Questions fréquentes
Tous les élèves de terminale, en voie générale comme en voie technologique, sans condition liée aux spécialités conservées. C’est la seule des trois options propres à la terminale qui n’impose aucun prérequis : mathématiques complémentaires est réservée à ceux qui ont abandonné la spécialité mathématiques, et mathématiques expertes à ceux qui l’ont gardée. Encore faut-il que l’établissement propose l’enseignement, ce qui n’est pas le cas partout.
Trois heures hebdomadaires, sur la seule année de terminale. L’enseignement n’existe ni en seconde ni en première.
Coefficient 2, qui s’ajoute aux 100 coefficients des enseignements obligatoires. Un élève dont le DGEMC est la seule option voit donc son baccalauréat calculé sur 102. L’évaluation se fait en contrôle continu, sur la moyenne annuelle de terminale, sans épreuve terminale pour les élèves scolarisés.
Beaucoup moins qu’on ne le croit. L’effet sur la moyenne générale vaut la différence entre la note d’option et la moyenne, divisée par 51. Un élève à 12 de moyenne qui obtient 16 en DGEMC gagne 0,08 point. Avec 20 sur 20, il gagne 0,16 point. Et une note inférieure à sa moyenne la fait baisser d’autant : depuis la réforme de 2021, l’option n’est plus un bonus à sens unique.
Oui. La règle autorise deux enseignements optionnels au plus en terminale, mais un seul dans le groupe qui réunit mathématiques complémentaires, mathématiques expertes et DGEMC. Le second se prend donc parmi la langue vivante C, les arts, l’éducation physique et sportive ou la langue des signes française. Le latin et le grec échappent à ce plafond et peuvent s’ajouter en plus.
Non. Le travail de projet préparé en vue de l’épreuve orale se construit dans le cadre des enseignements de spécialité, et les deux questions du Grand oral s’adossent aux deux spécialités conservées en terminale. Un raisonnement juridique appris en DGEMC peut nourrir une question de HGGSP ou de SES, mais la question doit rester rattachée à une spécialité.
Non. Aucune formation de l’enseignement supérieur n’exige cette option, et les licences de droit sont accessibles sans elle. Le programme officiel précise lui-même que son objectif est moins d’anticiper une première année de droit que de faire réfléchir à l’utilité des normes juridiques.
Par une évaluation ponctuelle orale organisée par le rectorat, dont le format a été redéfini pour la session 2026. Vingt minutes de préparation, puis vingt minutes d’oral : dix minutes au plus de présentation sans interruption, puis un entretien. Le candidat remet en début d’épreuve la liste des thématiques qu’il a étudiées ; sans cette liste, l’examinateur peut l’interroger sur les cinq. La note est sur vingt points, avec un coefficient 2. Deux sujets zéro sont disponibles sur le site éduscol.
Ce qu’il faut retenir
Le DGEMC est un bon enseignement mal vendu. Présenté comme une prépa au droit et comme un bonus de points, il n’est ni l’un ni l’autre, et le programme officiel le dit avec une franchise que reprennent peu de pages. Ce qu’il est réellement : trois heures hebdomadaires de culture juridique et de raisonnement à partir de cas concrets, ouvertes à tous les élèves de terminale, avec un coefficient 2 dont l’effet sur la moyenne se compte en centièmes de point.
Le prendre pour la note est une erreur de calcul. Le prendre pour savoir si le droit vous intéresse vraiment, avant de poser un vœu de licence, est une décision rationnelle qui coûte trois heures par semaine. Reste à savoir si votre lycée l’ouvre, question à poser avant toutes les autres.
Le reste de l’année de terminale ne s’organise pas autrement pour autant. Les annales du bac et le travail matière par matière restent le cœur du calendrier, et les changements de la session 2027, du coefficient du Grand oral à l’épreuve anticipée de mathématiques, sont détaillés dans notre point sur ce qui change au bac 2027.
Sources
- Arrêté du 19 juillet 2019 fixant le programme de l’enseignement optionnel de droit et grands enjeux du monde contemporain, Bulletin officiel spécial n° 8 du 25 juillet 2019
- Éduscol, « Programmes et ressources en droit et grands enjeux du monde contemporain, voie GT » : programme en vigueur, volume horaire et sujets zéro, mise à jour mai 2026
- Note de service du 10 décembre 2025 relative aux évaluations ponctuelles des enseignements optionnels pour les candidats individuels, applicable à compter de la session 2026
- Arrêté du 16 juillet 2018 relatif à l’organisation et aux volumes horaires des enseignements du cycle terminal, Bulletin officiel n° 29 du 19 juillet 2018
- Éduscol, « Cycle terminal de la voie générale » : grilles horaires des enseignements communs, de spécialité et optionnels, mise à jour janvier 2026
- Ministère de l’Éducation nationale, « Comment calculer votre note au baccalauréat » : coefficients des enseignements optionnels, points de jury et répartition à compter de la session 2027, mise à jour du 15 juin 2026
- DEPP, Note d’Information n° 26.06, février 2026, « Les choix d’enseignements de spécialité et d’enseignements optionnels à la rentrée 2025 »