Un peu de raisonnement logique en mathématiques

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Et si tu savais enfin faire la différence entre une équation et une identité, ou repérer quand une condition est nécessaire ou suffisante ? Grâce à cette leçon claire et illustrée, le raisonnement logique ne te fera plus peur ! Mots-clés : raisonnement logique, contre-exemple, équation, identité, condition suffisante, condition nécessaire

I. Connecteurs logiques : « et », « ou »

1. Conjonction : « et »

Une proposition du type « PP et QQ » est vraie seulement si PP et QQ sont toutes les deux vraies.

Exemple :
22 est un nombre pair et 2>02 \gt 0 → vrai, car les deux affirmations sont vraies.
22 est un nombre pair et 2<02 \lt 0 → faux, car la deuxième affirmation est fausse.

2. Disjonction : « ou »

Une proposition du type « PP ou QQ » est vraie si au moins l’une des deux affirmations est vraie (sens logique = ou inclusif).

Exemple :
33 est impair ou 3>103 \gt 10 → vrai (car 33 est impair, même si 3>103 \gt 10 est faux).

II. Statut d’une égalité et rôle des lettres

1. Identité

Une égalité vraie pour toutes les valeurs des lettres considérées.
→ La lettre est une variable ou une indéterminée.

Exemple :
(a+b)2=a2+2ab+b2(a + b)^2 = a^2 + 2ab + b^2 est une identité vraie quels que soient aa et bb.

2. Équation

Une égalité vraie seulement pour certaines valeurs des lettres.
→ La lettre est une inconnue.

Exemple :
2x+1=72x + 1 = 7 est une équation. Elle est vraie seulement si x=3x = 3.

3. Paramètre

Un paramètre est une lettre fixe mais non connue, qui influence l’équation.

Exemple :
Résoudre l'équation d'inconnue xx réelle : x2+ax+1=0x^2 + ax + 1 = 0 : ici, aa est un paramètre.

III. Contre-exemple

1. Infirmer une proposition universelle

Une proposition universelle affirme qu'une propriété est vraie pour tous les cas possibles.

Il suffit d’un seul contre-exemple pour prouver qu’elle est fausse.

Exemple de proposition :
« Tous les nombres premiers sont impairs. »
→ Faux, car 22 est un nombre premier pair. C’est un contre-exemple.

IV. Réciproque d’une proposition

1. Définition

La réciproque d’une implication « Si PP, alors QQ » est « Si QQ, alors PP ».

La proposition de départ peut être vraie, sans que la réciproque le soit.

Exemple :

  • Propriété : « Si un nombre est divisible par 44, alors il est pair » → vraie.

  • Réciproque : « Si un nombre est pair, alors il est divisible par 44 » → fausse.
    Contre-exemple : 66 est pair mais pas divisible par 44.

V. Conditions nécessaires, suffisantes et équivalence

1. Condition suffisante

On dit que PP est suffisante pour que QQ soit vraie si « Si PP, alors QQ ».

Exemple :
« Être un carré parfait est une condition suffisante pour être un entier positif. »

2. Condition nécessaire

On dit que QQ est nécessaire à PP si « Si PP, alors QQ ».

Exemple :
« Être un entier est une condition nécessaire pour être un carré parfait. »

3. Équivalence logique

Lorsque deux affirmations PP et QQ sont vraies l’une si et seulement si l’autre est vraie, on dit qu’il y a équivalence logique. On écrit :
PQP \Leftrightarrow Q

Exemple :
« Un entier est pair si et seulement si son carré est pair. »

Exemple d’application globale

Soit la proposition P(n)P(n) : « Si nn est divisible par 66, alors nn est pair ».

  • Cette proposition est vraie (car tout multiple de 66 est aussi multiple de 22).

  • La réciproque : « Si nn est pair, alors nn est divisible par 66 » → fausse.

  • Contre-exemple : 44 est pair mais pas divisible par 66.

  • nn est ici une variable.

  • La divisibilité par 22 est une condition nécessaire pour être divisible par 66.

  • La divisibilité par 66 est une condition suffisante pour être divisible par 22.