L'énergie électrique

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Découvre les secrets des circuits électriques en régime sinusoïdal et leur impact énergétique ! Plonge dans l’univers des grandeurs électriques alternatives : apprends à modéliser une tension ou un courant sinusoïdal avec leur amplitude, leur pulsation et leur phase. Comprends les notions de valeurs efficaces, de puissance active et apparente, et explore comment le facteur de puissance influence l’efficacité énergétique. Découvre aussi les enjeux du transport et de la distribution de l’électricité, comme les pertes en ligne et leur minimisation, ainsi que les mécanismes de facturation et de protection des installations. Enfin, explore des applications concrètes pour optimiser la consommation et la distribution d’énergie électrique, dans un contexte de transition vers des sources décarbonées ! Mots-clés : régime sinusoïdal, tension alternative, courant alternatif, valeur efficace, puissance active, puissance apparente, facteur de puissance, transport d’électricité, pertes en ligne, facturation, protection électrique, disjoncteur, fusible, parafoudre.

I. Rappels de première

  • La présente fiche s'inscrit dans la continuité des notions vues en classe de première :

    \quad\circ\quad Notions de base sur les circuits électriques ;

    \quad\circ\quad Les générateurs et les récepteurs ;

    \quad\circ\quad Les tensions continues et alternatives ;

    \quad\circ\quad Les puissances et énergies électriques ;

    \quad\circ\quad Les unités d'énergie (joule, watt, kilowattheure).

  • Il est donc essentiel de relire la fiche de cours suivante pour réviser ces notions :

L'énergie électrique

II. Régimes sinusoïdaux

1. Grandeurs caractéristiques en électricité

a. Deˊfinition\textcolor{purple}{\text{a. Définition}}

  • Pour rappel, un régime sinusoïdal, également dénommé alternatif, est un régime périodique où les grandeurs électriques (tension, courant) varient sinusoïdalement en fonction du temps. Ce régime est caractérisé par :

    \circ\quad Une tension sinusoïdale (ou alternative) :

    u(t)=Umaxsin(ωt+φu)\boxed{u(t) = U_{\text{max}} \cdot \sin(\omega \cdot t + \varphi_u)}

    ou

    u(t)=Umaxcos(ωt+φu)\boxed{u(t) = U_{\text{max}} \cdot \cos(\omega \cdot t + \varphi_u)}

    \circ\quad Une intensité du courant sinusoïdal (ou alternatif) :

    i(t)=Imaxsin(ωt+φi)\boxed{i(t) = I_{\text{max}} \cdot \sin(\omega \cdot t + \varphi_i)}

    ou

    i(t)=Imaxcos(ωt+φi)\boxed{i(t) = I_{\text{max}} \cdot \cos(\omega \cdot t + \varphi_i)}

    \quad\quad\rightarrow UmaxU_{max} est l'amplitude de cette tension, appelée aussi valeur de crête, en VV ;

    \quad\quad\rightarrow ImaxI_{max} est l'amplitude de ce courant, également appelée valeur de crête en AA ;

    \quad\quad\rightarrow ω\omega est la pulsation de chaque grandeur en rad.s1rad.s^{-1} ;

    \quad\quad\rightarrow ωt+φu\omega \cdot t + \varphi_u est la phase instantanée pour cette tension, en radrad ;

    \quad\quad\rightarrow ωt+φi\omega \cdot t + \varphi_i est la phase instantanée pour ce courant, en radrad ;

    \quad\quad\rightarrow φu\varphi_u et φu\varphi_u sont les phases à l'origine de chaque grandeur, en radrad (souvent fixée par l'expérimentateur).

  • Schéma général d'une grandeur alternative (tension ou intensité du courant) :

    x(t)=Asin(ωt+φ)\boxed{x(t) = A \cdot \sin(\omega \cdot t + \varphi)}

    ou

    x(t)=Acos(ωt+φ)\boxed{x(t) = A \cdot \cos(\omega \cdot t + \varphi)}

  • Remarques :

    \circ\quad Les tensions et les courants alternatifs peuvent s'exprimer à l'aide de fonctions sinus ou cosinus. Ces fonctions modélisent la variation périodique de l'amplitude du signal au cours du temps, passant par des valeurs positives et négatives.

    \circ\quad En effet, un changement de l’origine des phases de π2\dfrac{\pi}{2} donne l’une ou l’autre des deux expressions (en vertu des identités remarquables en trigonométrie, vues en cours de mathématiques).

  • Enfin, il est possible d'avoir une de ces grandeurs physiques exprimée sous la forme acos(ωt)+bsin(ωt)a\cos(\omega \cdot t)+b\sin(\omega \cdot t). Pour revenir à sa forme plus usuelle, il est important d'étudier la fiche de mathématiques suivante :

    Écrire une somme de cosinus et sinus sous forme déphasée

b. Peˊriode\textcolor{purple}{\text{b. Période}}

  • Définition (rappel) :

    Chaque grandeur (tension ou intensité du courant) a une courbe constituée d'un motif qui se reproduit régulièrement. La durée d'un motif élémentaire s'appelle la période et est notée TT. Elle s'exprime en seconde (ss).

  • Remarque : c'est en cela qu'un régime sinusoïdal est également dénommé régime périodique.

c. Freˊquence\textcolor{purple}{\text{c. Fréquence}}

  • Définition (rappel) :

    La fréquence correspond au nombre de motifs par seconde. On la note ff :

    f=1T\boxed{f = \dfrac{1}{T}}

    \circ\quad TT est la période, en ss ;

    \circ\quad ff est la fréquence, en hertz (HzHz).

  • Remarque : en France, la fréquence du réseau électrique est fixée à 50 Hz50~Hz.

d. Relation entre peˊriode, freˊquence et pulsation\textcolor{purple}{\text{d. Relation entre période, fréquence et pulsation}}

  • La pulsation, la fréquence et la période sont liées par les relations suivantes :

    ω=2πT=2πf\boxed{\omega = \dfrac{2\pi}{T} = 2\pi \cdot f}

  • Exemple : pour le réseau électrique français, la pulsation de chaque grandeur électrique sera donc ω=2π×50314 rad/s\omega = 2\pi \times 50 \approx 314~rad/s.

2. Tension et intensité efficaces

  • La tension efficace d'une tension alternative est définie par :

Ueff=Umax2\boxed{U_{eff} = \dfrac{U_{\text{max}}}{\sqrt{2}}}

  • De même, l'intensité efficace d'un courant alternatif est :

Ieff=Imax2\boxed{I_{eff} = \dfrac{I_{\text{max}}}{\sqrt{2}}}

3. Puissances instantanée, moyenne et active

  • En régime sinusoïdal, la puissance instantanée p(t)p(t) est donnée par :

p(t)=u(t)i(t)\boxed{p(t) = u(t) \cdot i(t)}

  • La puissance moyenne (ou active) PP est la moyenne de la puissance instantanée sur une période :

P=1T0Tp(t)dt\boxed{P = \displaystyle \dfrac{1}{T} \int_{0}^{T} p(t) \, dt}

  • Remarque : pour une tension et un courant sinusoïdaux déphasés d'un angle φ\varphi, la puissance active est :

    P=UeffIeffcos(Δφ)\boxed{P = U_{eff} \cdot I_{eff} \cdot \cos(\Delta \varphi)}

    où :

    \circ\quad PP est la puissance active en watts (WW) ;

    \circ\quad UeffU_{eff} est la tension efficace en volts (VV) ;

    \circ\quad IeffI_{eff} est le courant efficace en ampères (AA) ;

    \circ\quad Δφ=φuφi\boxed{\Delta \varphi = \varphi_u - \varphi_i} est le déphasage entre la tension et le courant (également noté φ\varphi). Ainsi :

    \quad\quad\rightarrow Si φ<0φu<φi\varphi \lt 0 \Leftrightarrow \varphi_u \lt \varphi_i, la tension est en retard de phase sur le courant (le courant est en avance). Le circuit est dit de nature capacitive (lors des études supérieures, l'étude d'un circuit avec un condensateur sera faite) ;

    \quad\quad\rightarrow Si φ>0φu>φi\varphi \gt 0 \Leftrightarrow \varphi_u \gt \varphi_i, la tension est en avance de phase sur le courant. Le circuit est dit de nature inductive (lors des études supérieures, l'étude d'un circuit avec une bobine sera faite) ;

    \quad\quad\rightarrow Si φ=0φu=φi\varphi = 0 \Leftrightarrow \varphi_u = \varphi_i, la tension et le courant sont en phase. Le circuit est alors dit purement résistif (en présence de résistors).

III. Puissance active et puissance apparente

1. Définitions

  • La puissance active PP est la puissance réellement consommée par un appareil électrique pour effectuer un travail utile (chaleur, mouvement, lumière, etc.).

  • La puissance apparente SS est la puissance totale fournie par le réseau électrique à un appareil. Elle est donnée par :

    S=UeffIeff\boxed{S = U_{eff} \cdot I_{eff}}

    où :

    \circ\quad SS est la puissance apparente en voltampères (VAVA) ;

    \circ\quad UeffU_{eff} est la tension efficace en volts (VV) ;

    \circ\quad IeffI_{eff} est le courant efficace en ampères (AA).

  • Le facteur de puissance cos(Δφ)\cos(\Delta \varphi) (ou cos(φ)\cos (\varphi)) est défini comme le rapport entre la puissance active et la puissance apparente :

cos(Δφ)=PS\boxed{\cos(\Delta \varphi) = \dfrac{P}{S}}

  • Interprétation :

    \circ\quad Un facteur de puissance proche de 11 indique une utilisation efficace de l'énergie électrique ;

    \circ\quad Tandis qu'un facteur de puissance faible entraîne des pertes supplémentaires dans le réseau.

  • Exemple :

    \circ\quad Un appareil électrique a une puissance active P=500WP = 500 \, \text{W} et une puissance apparente S=625VAS = 625 \, \text{VA}. Le facteur de puissance est :

    cos(Δφ)=500625=0,8\cos(\Delta \varphi) = \dfrac{500}{625} = 0,8

    \circ\quad Pour calculer la valeur de Δφ\Delta \varphi, on utilise la fonction trigonométrique arccos\arccos :

    Δφ=arccos(0,8)36,87o\Delta \varphi = \arccos(0,8) \approx 36,87^\text{o}

IV. Transport et distribution de l'énergie électrique

1. Constitution du réseau électrique

  • Le transport et la distribution de l'énergie électrique s'organisent en plusieurs étapes :

    \circ\quad Production : centrales électriques (thermiques, nucléaires, hydrauliques, etc.), gérées par différents opérateurs tels que EDF par exemple ;

    \circ\quad Transport : lignes haute tension (HT) pour minimiser les pertes, gérées par RTE ;

    \circ\quad Distribution : lignes moyenne tension (MT) et basse tension (BT) pour alimenter les consommateurs, gérées par ENEDIS.

  • Schéma simplifié d'un réseau électrique :


Schéma du réseau électrique français (d'après le site d'Enedis)

  • Le cheminement de l'électricité, du producteur jusqu'au consommateur se fait de la façon suivante :

    Centrale\text{Centrale} \rightarrow Transformateur eˊleˊvateur\text{Transformateur élévateur} \rightarrow Ligne HT\text{Ligne HT} \rightarrow Poste de transformation\text{Poste de transformation} \rightarrow Ligne MT\text{Ligne MT} \rightarrow Transformateur abaisseur\text{Transformateur abaisseur} \rightarrow Ligne BT\text{Ligne BT} \rightarrow Consommateur\text{Consommateur}

2. Pertes en ligne sur le réseau

  • Définition :

    Les pertes en ligne sont principalement dues à l'effet Joule dans les câbles conducteurs. Elles dépendent de :

    \circ\quad La résistance des câbles ;

    \circ\quad L'intensité du courant transporté ;

    \circ\quad La longueur des lignes.

  • Pour minimiser les pertes, on utilise des tensions élevées lors du transport (haute tension), ce qui réduit l'intensité du courant pour une même puissance transportée.

  • Le calcul de la puissance perdue par effet Joule dans une ligne est le suivant :

    Pperdue=RI2\boxed{P_{\text{perdue}} = R \cdot I^2}

    où :

    \circ\quad PperdueP_{\text{perdue}} est la puissance perdue en watts (WW) ;

    \circ\quad RR est la résistance de la ligne en ohms (Ω\Omega) ;

    \circ\quad II est l'intensité du courant en ampères (AA).

  • Exemple :

    Une ligne de résistance R=0,5ΩR = 0,5 \, \Omega transporte un courant I=100AI = 100 \, \text{A}. La puissance perdue est :

    Pperdue=0,5×1002=5000W=5kWP_{\text{perdue}} = 0,5 \times 100^2 = 5\,000 \, \text{W} = 5 \, \text{kW}

V. Facturation de l'électricité

  • La facturation de l'électricité repose sur :

    \circ\quad L'énergie consommée (en kWhkWh) ;

    \circ\quad La puissance maximale appelée (en kVAkVA) ;

    \circ\quad Le facteur de puissance (pour les installations industrielles).

  • Le prix de l'énergie CC est calculé par :

    C=Prix par kWh×Eˊnergie consommeˊe (kWh) C = \text{Prix par kWh} \times \text{Énergie consommée (kWh)} +Prix par kVA×puissance maximale appeleˊe (kVA)+ \text{Prix par kVA} \times \text{puissance maximale appelée (kVA)}

  • Pour les installations avec un facteur de puissance faible, des pénalités peuvent être appliquées.

VI. Protection des installations contre les surcharges

  • Les installations électriques doivent être protégées contre les surintensités et les surtensions pour éviter les incendies et les dommages aux équipements.

  • Dispositifs de protection :

    \circ\quad Fusibles : fondent en cas de surintensité ;

    \circ\quad Disjoncteurs : coupent le circuit en cas de surintensité ou de défaut ;

    \circ\quad Parafoudres : protègent contre les surtensions.

VII. Applications concrètes

  • Il existe une multitude d'applications possibles pour le présent cours, y compris pour un sujet d'oral :

    \circ\quad Optimisation de la distribution ou de la consommation de l'énergie électrique :

    \quad\quad\rightarrow Analyser les pertes en ligne et proposer des solutions pour les réduire (augmentation de la section des câbles, utilisation de tensions plus élevées).

    \quad\quad\rightarrow Étudier l'impact du facteur de puissance sur la facturation de l'électricité.

    \circ\quad Gestion énergétique d'une installation électrique :

    \quad\quad\rightarrow Calculer la consommation d'énergie d'un bâtiment ou d'une usine.

    \quad\quad\rightarrow Proposer des solutions pour améliorer l'efficacité énergétique (compensation du facteur de puissance, utilisation d'équipements à haut rendement).

  • En effet, l'électrification de la France avec des moyens de production décarbonés (nucléaire et renouvelables) est un objectif majeure de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), dont la troisième version a été publiée en 20262026. En effet, il s'agit de la feuille de route stratégique pour la souveraineté énergétique et la décarbonation du pays. Elle vise à faire passer la part des énergies décarbonées à 60%60\% de la consommation d'ici 20302030 (puis 70%70\% en 20352035), via une électrification massive, la relance du nucléaire et le développement des renouvelables.