L'énergie interne

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Découvre comment la chaleur se transmet et comment isoler efficacement ! Plonge dans l’univers des transferts thermiques par conduction et apprends à calculer le flux thermique (Φ) qui traverse une paroi. Comprends l’importance de la résistance thermique (Rth) et de la conductivité thermique (λ) pour choisir les meilleurs isolants. Explore des applications concrètes comme l’isolation des bâtiments ou l’analyse de déperditions thermiques avec une caméra infrarouge, et découvre comment ces notions sont essentielles pour la sobriété énergétique et la rénovation thermique ! Mots-clés : conduction thermique, flux thermique, résistance thermique, conductivité thermique, isolation, déperdition thermique, sobriété énergétique, double vitrage, thermographie infrarouge.

Cette fiche présente certaines notions essentielles pour faire le bilan énergétique d'un système : les transferts thermiques (conduction, convection, rayonnement) et la notion de flux.

I. Rappels de première

\bullet\quadLa présente fiche s'inscrit dans la continuité des notions vues en classe de première :

\quad\circ\quad Thermodynamique ;

\quad\circ\quad Système thermodynamique : ouvert, fermé, isolé et incompressible ;

\quad\circ\quad Variables d'état (dont la température absolue) ;

\quad\circ\quad Énergie interne, variation et principe de conservation ;

\quad\circ\quad Énergie de changement d'état ;

\quad\circ\quad Calorimétrie ;

\quad\circ\quad Les modes de transfert thermique.

\bullet\quadIl est donc essentiel de relire la fiche de cours suivante pour réviser ces notions :

L'énergie interne

II. Retour sur un mode de transfert thermique : la conduction

1. Introduction

\bullet\quadL'expérience montre que deux corps en contact et de températures différentes échangent de la chaleur : ce transfert d'énergie thermique a toujours lieu du corps "chaud" vers le corps "froid", c'est-à-dire du corps qui a la température la plus élevée vers celui qui a la température la plus basse.

\bullet\quadD'autre part, tout corps rayonne de l'énergie thermique vers l'extérieur sous forme d'ondes électromagnétiques.

\bullet\quadLes physiciens classent les divers transferts thermiques en trois catégories (ou modes) :
\quad\circ\quad La conduction : le seul transfert revu dans la présente fiche ;
\quad\circ\quad La convection ;
\quad\circ\quad Le rayonnement.

2. La conduction

\bullet\quadDéfinition :
On appelle transfert par conduction tout transfert thermique s'effectuant dans la matière par contact et sans déplacement de fluide.

\bullet\quadExemples :
\quad\circ\quad Si on plonge une cuillère en métal (à 20oC20^oC) dans une tasse de café (à 40oC40^oC), sans remuer le café, de l'énergie thermique va spontanément être échangée par conduction entre le café et la cuillère, du corps chaud (le café) vers le corps froid (la cuillère) : l'énergie interne (c'est-à-dire l'agitation thermique) du café va être partiellement transmise à la cuillère du fait des chocs permanents entre les molécules constituant le café et les atomes du métal. De plus, à l'intérieur de la cuillère, la chaleur va également se propager de proche en proche, de l'extrémité chaude (en contact avec le café) à l'autre extrémité (plus froide).
\quad\circ\quad Si on prend un glaçon dans la main, un transfert thermique par conduction s'établit immédiatement : la peau cède de l'énergie interne au glaçon qui va se réchauffer puis fondre. C'est cet échange de chaleur qui donne la sensation de froid.

III. Expression du flux thermique

1. Définitions

\bullet\quadFlux thermique :
\quad\circ\quad Le flux thermique ou flux de chaleur, noté Φ\Phi (lettre grecque "phi" majuscule), est la quantité d'énergie thermique (QQ) échangée par unité de temps :

Φ=QΔt\boxed{\Phi = \dfrac{Q}{\Delta t}}

\quad\circ\quadLe flux thermique s'exprime en J/sJ/s ou encore en WW : c'est donc une puissance.

\bullet\quadDensité de flux thermique :
\quad\circ\quad Lorsque le flux thermique s'effectue à travers une surface SS, on peut aussi définir une densité de flux thermique notée φ\varphi (lettre grecque "phi" minuscule), telle que :

φ=ΦS=QS×Δt\boxed{\varphi = \dfrac{\Phi}{S} = \dfrac{Q}{S \times \Delta t}}

\quad\circ\quad La densité de flux thermique s'exprime en W/m2W/m^2 : c'est une puissance par unité de surface (puissance surfacique).

L'expression du flux thermique dépend du type de transfert thermique.

2. Conduction thermique à travers une paroi

\bullet\quadSoit une paroi solide homogène (un mur par exemple), en forme de plaque d'épaisseur ee et dont les faces opposées ont chacune une surface SS (en bleu sur la figure). On néglige les échanges thermiques à travers les surfaces latérales (en gris et en blanc sur le dessin) :

picture-in-texta. Flux thermique de conduction\textcolor{purple}{\text{a. Flux thermique de conduction}}

\bullet\quadSi les deux faces sont à des températures différentes (T1>T2T_1 \gt T_2), un transfert thermique s'effectue spontanément par conduction dans la paroi : ce transfert est caractérisé par un flux thermique de conduction Φ\Phi qui est la puissance thermique traversant la paroi.

\bullet\quadEn régime stationnaire (les températures T1T_1 et T2T_2 ne dépendent pas du temps), le flux thermique est constant et proportionnel à l'écart de température entre les deux faces opposées :

Φ=T1T2Rth\boxed{\Phi = \dfrac{T_1 - T_2}{R_{\text{th}}}}

\bullet\quadAvec :
\quad\circ\quad Φ\Phi : flux thermique de conduction (en WW) ;
\quad\circ\quad T1T2T_1 - T_2 : écart de température entre les deux faces de la paroi (en KK ou en oC^oC) ;
\quad\circ\quad RthR_{\text{th}} : résistance thermique du matériau de la paroi (en K/WK/W).

b. Reˊsistance thermique et conductiviteˊ thermique\textcolor{purple}{\begin{array}{l}\text{b. Résistance thermique et conductivité } \\\text{thermique}\end{array}}

\bullet\quadLa formule précédente montre que plus la résistance thermique RthR_{\text{th}} est élevée, plus le flux thermique (et donc la dissipation d'énergie) est faible (pour un écart de température donné).

\bullet\quadDans le cas d'une paroi solide homogène, la résistance thermique s'exprime de la manière suivante :

Rth=eλ×S\boxed{R_{\text{th}} = \dfrac{e}{\lambda \times S}}

\bullet\quadAvec :
\quad\circ\quad RthR_{\text{th}} : résistance thermique du matériau de la paroi (en K/WK/W) ;
\quad\circ\quad ee : épaisseur de la paroi (en mm) ;
\quad\circ\quad SS : surface d'échange (en m2m^2) ;
\quad\circ\quad λ\lambda : conductivité thermique du matériau (en W.m1.K1W.m^{-1}.K^{-1}).

\bullet\quadLa conductivité thermique λ\lambda est une caractéristique du matériau : elle est élevée pour les bons conducteurs thermiques (comme les métaux) et faible pour les isolants thermiques (comme l'air ou le polystyrène).

Le tableau suivant donne la valeur de λ\lambda pour quelques matériaux courants :

picture-in-text
c. Association de reˊsistances thermique\textcolor{purple}{\begin{array}{l}\text{c. Association de résistances thermique} \\\end{array}}

\bullet\quadPour une paroi composée de plusieurs couches de matériaux différents, la résistance thermique totale est la somme des résistances thermiques de chaque couche :

Rthtotale=i=1nRthi=Rth1++Rthn\boxed{R_{th_{\text{totale}}} = \displaystyle \sum_{i=1}^{n} R_{th_i} = R_{th_1} + \dots + R_{th_n}}

\bullet\quadExemple :

\quad\circ\quad Une paroi de maison est composée de 22 couches : une couche de brique de 10 cm10~cm d'épaisseur (λ=0,70 W/(m.K)\lambda = 0,70~ \text{W/(m.K)}) et une couche d'isolant de 5 cm5~cm d'épaisseur (λ=0,03W/(m.K)\lambda = 0,03 \, \text{W/(m.K)}). La surface de la paroi est de 10 m210~m^2 et l'écart de température est de 20oC20 ^oC.

\quad\circ\quad Les résistances thermiques de chaque couche sont (attention aux conversions d'unité !) :

\quad\quad\rightarrow Rthbrique=0,100,7×10=0,0143K/WR_{th_{\text{brique}}} = \dfrac{0,10}{0,7 \times 10} = 0,0143 \, \text{K/W} ;

\quad\quad\rightarrow Rthisolant=0,050,03×10=0,1667K/WR_{th_{\text{isolant}}} = \dfrac{0,05}{0,03 \times 10} = 0,1667 \, \text{K/W}.

\quad\circ\quad La résistance thermique totale est :

Rthtotale=0,0143+0,1667=0,181K/WR_{th_{\text{totale}}} = 0,0143 + 0,1667 = 0,181 \, \text{K/W}

\quad\circ\quad Le flux thermique traversant la paroi est (2 chiffres significatifs pour le résultat final, conformément aux données numériques de l'énoncé) :

Φ=200,181=1,1102W\Phi = \dfrac{20}{0,181} = 1,1 \cdot 10^2 \, \text{W}

IV. Applications concrètes

\bullet\quadIl existe une multitude d'applications possibles pour le présent cours, y compris pour un sujet d'oral :

\quad\circ\quad Étude de l'efficacité énergétique d'un double ou d'un triple vitrage : comparer les flux thermiques traversant des vitrages simples, doubles et triples en fonction de leur composition et de leur épaisseur ;

\quad\circ\quad Comparaison des structures de bâtiments à énergie positive : analyser l'impact de l'ossature bois ou de la structure béton sur l'efficacité énergétique du bâtiment, en tenant compte des ponts thermiques et de l'inertie thermique ;

\quad\circ\quad Exploitation de la thermographie infrarouge : utiliser une caméra thermique pour identifier les zones de déperdition de chaleur dans un bâtiment et proposer des solutions d'isolation adaptées.

\bullet\quadEn effet, la rénovation thermique des bâtiments, afin d'atteindre les objectifs de sobriété énergétique de la France, est un enjeu prépondérant d'ici 2050.

= Merci à krinn pour avoir contribué à l'élaboration de cette fiche =