Réaction d'oxydoréduction, corrosion et piles

Signaler
Décrypte les réactions d’oxydoréduction et leurs applications ! Tu vas apprendre à distinguer un oxydant (qui capte des électrons) d’un réducteur (qui en cède), et à écrire des demi-équations pour modéliser ces transferts. Avec des exemples concrets, tu découvriras comment équilibrer une réaction d’oxydoréduction complète, et pourquoi certains couples (comme le permanganate) nécessitent des ajustements supplémentaires. Enfin, explore les enjeux de la corrosion et les solutions pour protéger les matériaux, des aciers inoxydables aux métaux nobles. Mots-clés : oxydant, réducteur, couple oxydant/réducteur, demi-équation, réaction d’oxydoréduction, électron, corrosion, acier inoxydable, métal noble, protection cathodique.

I. Notions d'oxydant et de réducteur

  • Définitions :

    \circ\quad Un oxydant est une espèce chimique capable de capter un ou plusieurs électron(s), notés ee^-.

    \circ\quad Un réducteur est une espèce chimique capable de céder un ou plusieurs électron(s), notés ee^-.

II. Les couples oxydant/réducteur

  • Définition :

    Deux espèces chimiques forment un couple oxydant/réducteur si on peut passer de l'un à l'autre par une perte ou un gain d'un ou plusieurs électrons ee^-.

  • Un couple oxydant-réducteur s'écrit de la manière suivante : (Ox/Reˊd)(\text{Ox}/\text{Réd}).

  • Ces deux espèces chimiques sont dites conjuguées : Ox\text{Ox} est l'oxydant conjugué de Reˊd\text{Réd} et Reˊd\text{Réd} est le réducteur conjugué de Ox\text{Ox}.

III. Demi-équation d'oxydo-réduction

  • Soit un couple oxydant/réducteur (Ox/Reˊd)(\text{Ox}/\text{Réd}), on passe de l'un à l'autre par perte ou gain d'un ou plusieurs électron(s) :

    \circ\quad Si l'oxydant est le réactif alors l'équation s'écrira : Ox+neReˊd\textcolor{blue}{\text{Ox} + n e^- \rightarrow \text{Réd}}, où nn est le nombre d'électron(s) capté(s) ;

    \circ\quad Si le réducteur est le réactif alors l'équation s'écrira : ReˊdOx+ne\textcolor{blue}{\text{Réd} \rightarrow \text{Ox} + ne^-}, où nn est le nombre d'électron(s) cédé(s).

IV. Réaction d'oxydoréduction

1. Définition et propriété d'une réaction d'oxydoréduction

  • Définition :

    La réaction d'oxydoréduction est caractérisée par un transfert d'électrons par contact entre un oxydant et un réducteur de deux couples différents.

  • Lors d'une réaction d'oxydoréduction, il y a deux couples oxydant/réducteur qui interviennent : (Ox1/Reˊd1)(\text{Ox}_1/\text{Réd}_1) et (Ox2/Reˊd2)(\text{Ox}_2/\text{Réd}_2).

  • L'oxydant d'un couple réagit avec le réducteur du deuxième couple.

  • On fait réagir l'oxydant Ox1\text{Ox}_1 avec le réducteur Reˊd2\text{Réd}_2.

  • En écrivant les 2 demi-équations d'oxydoréduction, on obtient :

    \circ\quad Ox1+neReˊd1\text{Ox}_1 + ne^- \rightarrow \text{Réd}_1 (nn est le nombre d'électron(s) capté(s)) ;

    \circ\quad Reˊd2Ox2+me\text{Réd}_2 \rightarrow \text{Ox}_2+me^- (mm est le nombre d'électron(s) cédé(s)).

  • Propriété :

    Dans une réaction d'oxydoréduction, il faut que le nombre d'électron(s) cédé(s) et le nombre d'électron(s) capté(s) soit le même.

  • Méthode :

    \circ\quad Si le nombre d'électrons est le même, il n'y a aucun changement à faire.

    \circ\quad Si le nombre d'électrons dans chaque demi-équation est différent, il faut multiplier les demi-équations par un entier pour obtenir le même nombre d'électrons.

    \circ\quad Pour ce faire, on multiplie la première équation par un entier et on multiplie la deuxième équation par un autre entier de telle sorte que le nombre d'électrons transférés soit le même dans les deux demi-équations.

    \circ\quad L'équation de la réaction sera : Ox1+Reˊd2Ox2+Reˊd1\textcolor{blue}{\boxed{\text{Ox}_1+\text{Réd}_2 \rightarrow \text{Ox}_2+\text{Réd}_1}}.

  • Remarque importante : on ne fait pas figurer les électrons dans l'équation, puisqu'on a équilibré chaque demi-équation en nombre égal d'électron(s).

2. Application simple : réaction de l'aluminium dans une solution de sulfate de cuivre

  • On introduit des morceaux d'aluminium dans une solution de sulfate de cuivre. L'aluminium AlAl va donc réagir avec l'ion Cu2+Cu^{2+}.

  • Les couples en présence sont (Cu(aq)2+/Cu(s))(Cu^{2+}_{(aq)}/Cu_{(s)}) et (Al(aq)3+/Al(s))(Al^{3+}_{(aq)}/Al_{(s)}).

  • Les demi-équations des deux couples qui réagissent sont :

    \circ\quad AlAl3++3eAl \rightarrow Al^{3+} + 3e^- ;

    \circ\quad Cu2++2eCuCu^{2+} + 2e^- \rightarrow Cu .

  • On remarque que le nombre d'électrons n'est pas le même, on va donc multiplier la première demi-équation par 2\textcolor{OrangeRed}{2} et la deuxième demi-équation par 3\textcolor{RoyalBlue}{3}, on aura donc 6\textcolor{ForestGreen}{6} électrons :

\circ\quad (AlAl3++3e)×22Al2Al3++6e(Al \rightarrow Al^{3+} + 3e^-) \times \textcolor{OrangeRed}{2} \Leftrightarrow 2Al \rightarrow 2Al^{3+} + \textcolor{ForestGreen}{6}e^- ;

\circ\quad (Cu2++2eCu)×33Cu2++6e3Cu(Cu^{2+}+2e^- \rightarrow Cu) \times \textcolor{RoyalBlue}{3} \Leftrightarrow 3Cu^{2+} + \textcolor{ForestGreen}{6}e^- \rightarrow 3Cu.

\circ\quad Finalement, l'équation de la réaction sera : 2Al+3Cu2+2Al3++3Cu\boxed{2Al+3Cu^{2+} \rightarrow 2Al^{3+}+3Cu}

3. Cas où la réaction d'oxydoréduction ne se fait pas que par un simple transfert d'électrons

a. Constat\textcolor{purple}{\text{a. Constat}}

  • Il y a des cas où trouver la demi-équation s'avère un peu plus délicat.

  • En effet, avec certaines espèces chimiques, telles que l'ion permanganate et le manganèse, on ne peut pas passer de l'un à l'autre par un simple transfert d'électrons.

  • Des molécules d'eau et des protons (H+H^+) apparaissent dans la demi-équation.

b. Meˊthode d’eˊquilibrage\textcolor{purple}{\text{b. Méthode d'équilibrage}}

  • Prenons l'exemple de l'ion permanganate et du manganèse dont le couple Ox/Reˊd\text{Ox/Réd} est (MnO4/Mn2+)(MnO_4^{-}/Mn^{2+}).

  • Étape 1 : on commence à écrire ceci :

    MnO4Mn2+MnO_4^{-} \rightarrow Mn^{2+}

    On vérifie si l'élément chimique MnMn est équilibré (ici oui, un de chaque côté)

  • Étape 2 : on a 44 oxygène à gauche, il en faut 44 aussi à droite.

    Pour cela, on rajoutera donc 44 molécules d'eau, chaque molécule apportant un oxygène OO :

    MnO4Mn2++4H2OMnO_4^{-} \rightarrow Mn^{2+} + 4H_2O

  • Étape 3 : il y a 8 atomes d'hydrogène à droite (par l'ajout des molécules d'eau), on équilibre donc à gauche en rajoutant des protons (ou ions oxonium H+H^+) :

    MnO4+8H+Mn2++4H2OMnO_4^{-}+8H^+ \rightarrow Mn^{2+} + 4H_2O

  • Étape 4 : pour finir, on équilibre le nombre de charges, 7+ à gauche et 2+ à droite, en rajoutant donc 5 électrons ee^- à gauche :

    MnO4+8H++5eMn2++4H2O\boxed{MnO_4^{-} + 8H^+ + 5e^- \rightarrow Mn^{2+} + 4H_2O}

4. La combustion, une réaction d'oxydoréduction

  • L'établissement d'une équation-bilan d'une réaction de combustion a été détaillé dans la fiche de cours suivante (cf. §II.) :

  • Remarque :

    \circ\quad Il ne sera pas nécessaire de refaire toutes les étapes d'écriture d'une équation-bilan d'oxydoréduction.

    \circ\quad En effet, on peut équilibrer ces réactions directement en commençant par équilibrer le carbone et l'oxygène et en terminant par l'hydrogène, selon le principe de Lavoisier. Pour cela, il est conseillé de lire attentivement le §II. 4. de la fiche suivante :

    Les transformations chimiques

V. Oxydant réduit et réducteur oxydé

  • Définitions :

    Durant la réaction d'oxydo-réduction :

    \circ\quad L'oxydant est réduit, il gagne des électrons : Ox+neReˊd\text{Ox} + ne^- \rightarrow \text{Réd} (= réduction)

    \circ\quad Le réducteur est oxydé, il perd des électrons : ReˊdOx+me\text{Réd} \rightarrow \text{Ox} + me^- (= oxydation).

picture-in-text

VI. Corrosion des matériaux

1. Notion et types de corrosions

  • Définition :

    \circ\quad La corrosion est un phénomène naturel qui entraîne la détérioration progressive des matériaux, en particulier des métaux, sous l'effet de leur environnement (humidité, oxygène, produits chimiques, etc.).

    \circ\quad La corrosion est une réaction d'oxydo-réduction qui se produit à la surface des matériaux métalliques.

  • Types de corrosion :

    \circ\quad Corrosion uniforme : la corrosion se produit de manière homogène sur toute la surface du matériau.

    \circ\quad Corrosion localisée : la corrosion se produit à des endroits spécifiques (piqûres, crevasses, etc.).

    \circ\quad Corrosion galvanique : la corrosion se produit lorsqu'un métal est en contact avec un autre métal plus noble, dans un milieu conducteur.

  • Exemple :

    La corrosion du fer (rouille) est une réaction d'oxydo-réduction qui se produit en présence d'eau et d'oxygène :

    4Fe+3O2+6H2O4Fe(OH)34Fe + 3O_2 + 6H_2O \longrightarrow 4Fe(OH)_3

2. Aciers inoxydables et métaux nobles

a. Aciers inoxydables\textcolor{purple}{\text{a. Aciers inoxydables}}

  • Les aciers inoxydables sont des alliages de fer et de chrome, avec éventuellement d'autres éléments comme le nickel ou le molybdène.

  • La résistance à la corrosion des aciers inoxydables est due à la formation d'une fine couche passive de chrome oxydé à leur surface, qui les protège des réactions chimiques.

  • Exemples :

    \circ\quad AISI 304304 (18%Cr18\% Cr et 8%Ni8\% Ni) : utilisé dans les ustensiles de cuisine, l'équipement médical ;

    \circ\quad AISI 316316 (18%Cr18\% Cr, 10%Ni10\% Ni et 2%Mo2\% Mo) : utilisé dans les environnements marins, les industries chimiques.

b. Meˊtaux nobles\textcolor{purple}{\text{b. Métaux nobles}}

  • Métaux nobles : ces métaux sont naturellement résistants à la corrosion grâce à leur faible réactivité chimique.

  • Exemples :

    \circ\quad Or (AuAu) : utilisé en joaillerie, en électronique ;

    \circ\quad Platine (PtPt) : utilisé en catalyse, en bijouterie ;

    \circ\quad Argent (AgAg) : utilisé en électronique, en photographie.

3. Protection contre la corrosion

Plusieurs méthodes permettent de protéger les matériaux contre la corrosion.

  • Méthodes de protection :

    \circ\quad Revêtements de protection : application de peintures, vernis, ou métaux résistants à la corrosion (galvanisation avec du zinc par exemple) ;

    \circ\quad Protection cathodique : utilisation d'un courant électrique ou d'une anode sacrificielle pour empêcher l'oxydation du métal à protéger ;

    \circ\quad Passivation : création d'une couche passive de chrome oxydé sur les aciers inoxydables ;

    \circ\quad Choix de matériaux résistants : utilisation d'alliages résistants à la corrosion (aciers inoxydables ou métaux nobles par exemple).

  • Exemples :

    \circ\quad Les coques de bateaux sont souvent protégées par des revêtements de peinture et des anodes sacrificielles en zinc pour éviter la corrosion ;

    \circ\quad Les structures métalliques des ponts sont protégées par des revêtements de zinc ou d'aluminium pour éviter la corrosion.

VII. Les piles électrochimiques

1. Transfert spontané direct

\bullet\quadExpérience :

\quad\circ\quad On introduit une lame de zinc Zn(s)Zn_{\text{(s)}} et une lame de cuivre Cu(s)Cu_{\text{(s)}} dans un mélange de solutions de sulfate de zinc et de sulfate de cuivre tel que [Zn2+]i=[Cu2+]i[Zn^{2+}]_i = [Cu^{2+}]_i.

\quad\circ\quad On constate qu'il ne s'est rien passé sur la lame de cuivre et un dépôt rouge cuivre s'est formé sur la lame de zinc.

\bullet\quadInterprétation :

\quad\circ\quad L'équation de la réaction est Cu(aq)2++Zn(s)Cu(s)+Zn(aq)2+Cu^{2+}_{(aq)} + Zn_{(s)} \longrightarrow Cu_{(s)} + Zn^{2+}_{(aq)} ;

\quad\circ\quad Le système chimique évolue spontanément dans le sens direct. Les électrons n'existent pas en solution aqueuse donc le transfert d'ee^- entre ZnZn et Cu2+Cu^{2+} se fait par contact : la réaction a lieu à la surface de contact entre la lame de zinc et la solution qui contient Cu2+Cu^{2+}.

2. Transfert spontané indirect

\bullet\quadExpérience :

\quad\circ\quad Chaque bécher contient les deux espèces d'un couple oxydant/réducteur ;

\quad\circ\quad Le schéma de principe de la pile Daniell est le suivant :

picture-in-text

\bullet\quadDéfinitions :

\quad\circ\quad Une demi-pile est l'ensemble constitué par les deux espèces d'un couple Ox/Reˊd\text{Ox/Réd}.

\quad\circ\quad Une pile comporte toujours deux demi-piles dont les électrolytes sont reliées par un conducteur ionique (pont électrolytique ou vase poreux).

\bullet\quadPour qu'une pile fonctionne, il faut que les lames métalliques, appelées électrodes, soient reliées par une suite continue de conducteurs métalliques.

\bullet\quadOn constate qu'un courant d'intensité II traverse la résistance RR en allant de la lame CuCu vers la lame ZnZn.

\bullet\quadInterprétation :

\quad\circ\quad Les lames métalliques, les fils de jonction, l'ampèremètre, la résistance RR sont parcourus par des électrons libres qui se déplacent en sens inverse du courant.

\quad\circ\quad Les solutions ioniques sont le siège d'un double déplacement d'ions :

\quad\quad\Longrightarrow Les anions se déplacent vers l'anode, en sens inverse du courant ;

\quad\quad\Longrightarrow Les cations se déplacent vers la cathode, dans le sens du courant.

\quad\circ\quad Au niveau de la lame de ZnZn, des électrons sont donnés au circuit par oxydation des atomes de ZnZn :

Zn(s)=Zn(aq)2++2eZn_{(s)} = Zn^{2+}_{(aq)} + 2e^-

\quad\circ\quad Au niveau de la lame de CuCu, des électrons venant du circuit sont consommés par réduction des ions Cu2+Cu^{2+} :

Cu2++2e=Cu(s)Cu^{2+} + 2e^- = Cu_{(s)}

\quad\circ\quad Ainsi, l'échange d'électrons entre ZnZn et Cu2+Cu^{2+} se fait de façon indirecte, par l'intermédiaire du circuit extérieur. C'est à la surface des électrodes que se font les échanges d'électrons.

\quad\circ\quad Le bilan de cet échange est :

Cu(aq)2++Zn(s)Cu(s)+Zn(aq)2+Cu^{2+}_{(aq)} + Zn_{(s)} \longrightarrow Cu_{(s)} + Zn^{2+}_{(aq)}

\quad\circ\quad L'évolution du système se fait dans le sens direct sans contact entre les réactifs, mais la boucle conductrice doit être fermée.

3. Constitution et fonctionnement d'une pile

a. Constitution d’une pile\textcolor{purple}{\text{a. Constitution d'une pile}}

\bullet\quadUne pile est constituée de deux demi-piles reliées par un pont ionique qui assure la neutralité électrique de chaque solution.

\bullet\quadPour fonctionner, la pile doit être placée dans un circuit électrique fermé par un conducteur métallique qui permet un transfert d'électrons entre un oxydant d'un couple et le réducteur d'un autre couple.

b. Force eˊlectromotrice d’une pile\textcolor{purple}{\text{b. Force électromotrice d'une pile}}

\bullet\quadDéfinition :

La force électromotrice (ou fém) d'une pile est la tension entre le pôle positif et le pôle négatif de cette pile à vide (quand elle ne débite pas de courant).

\bullet\quadExemple de la pile Daniell :

\quad\circ\quad Pour cette pile, la fém est E=1,1 VE = 1,1~V ;

\quad\circ\quad Quand la pile fonctionne, le courant II circule dans le circuit du pôle positif, électrode de cuivre, vers le pôle négatif, électrode de zinc ;

\quad\circ\quad Les électrons circulent dans le sens inverse : du pôle négatif au pôle positif.

4. Les piles usuelles

On peut évoquer par exemple :

\bullet\quadLa pile saline ;

\bullet\quadLa pile alcaline ;

\bullet\quadLa pile à combustible ;

\bullet\quadEtc.

= Merci à gbm et Skops pour avoir contribué à l'élaboration de cette fiche =