Cette fiche précise les notions de base de cinématique déjà introduites en classes de 2de et de 1re :
La notion de référentiel (relativité du mouvement) ;
La position, la vitesse et l'accélération d'un point ;
Les caractéristiques de certains mouvements particuliers seront abordées dans la fiche suivante.
En cas de besoin, on pourra réviser les fiches suivantes :
Mouvement d'un système (STI2D).
I. Référentiel (rappels)
1. Définition
On appelle référentiel :
Un solide de référence par rapport auquel on décrit le mouvement ;
Ou encore un ensemble de points immobiles les uns par rapport aux autres.
Pour définir un référentiel, il faut se donner au minimum quatre points (non coplanaires), l'un servant d'origine et les trois autres définissant trois axes fixes issus de cette origine.
D'autre part, on suppose qu'un référentiel peut être muni d'horloges, c'est-à-dire de dispositifs servant à mesurer les durées et dater les événements (un chronomètre par exemple).
2. Exemples et utilisation de référentiels
L'ensemble des objets fixes par rapport à la Terre constitue le référentiel terrestre (exemple : la salle de classe) ;
Référentiel géocentrique : solide imaginaire formé par le centre de la Terre et le centre de 3 étoiles lointaines considérées comme fixes (les 4 points doivent être non coplanaires) ;
Référentiel héliocentrique : solide imaginaire formé par le centre du Soleil et le centre de 3 étoiles lointaines considérées comme fixes (les 4 points doivent être non coplanaires).
On choisit le référentiel de manière à ce que le mouvement soit le plus simple possible. Au lycée, on utilise généralement :
Le référentiel terrestre lorsque les mouvements ont lieu à proximité de la surface du globe, par exemple le mouvement de voitures, d'avions, etc. ;
Le référentiel géocentrique pour étudier les mouvements de satellites autour de la Terre ;
Le référentiel héliocentrique pour étudier les mouvements à l'intérieur du système solaire (mouvement des planètes ou d'une sonde spatiale).
Remarques :
Parler de mouvement sans préciser le référentiel n'a aucun sens en physique !
Certains énoncés peuvent définir et utiliser un référentiel différent de ceux mentionnés ci-dessus (par exemple le référentiel lié à un train).
II. Cinématique du point
Dans toute la suite, le système étudié est assimilé à un point matériel, appelé le mobile. Ce point est en général le centre de gravité du système, ou encore son centre de masse (ou d'inertie), supposé confondu avec dans les situations traitées au lycée.
On suppose d'autre part que le système a un mouvement non relativiste c'est-à-dire que sa vitesse reste très inférieure à (vitesse de la lumière dans le vide), ce qui est le cas de tous les systèmes étudiés au lycée.
1. Repérage d'un mobile / vecteur position
Après avoir défini le système et choisi le référentiel, il faut repérer le mobile dans l'espace et dans le temps.
On suppose que le temps est absolu, c'est-à-dire qu'il ne dépend pas du référentiel. Le temps est représenté par une variable réelle, notée , et on procède comme suit :
On choisit un instant précis comme origine des dates, c'est-à-dire que sa date vaut : . Exemple : l'origine des dates (ou des temps) peut être le moment où une voiture démarre.
On choisit une durée étalon. L'unité S.I. de durée est la seconde.
Un instant (ou un événement) quelconque est repéré par sa date . Exemple : la moto croise la voiture à l'instant s.
La durée entre deux instants et () est par définition : : elle s'exprime dans la même unité que et .
L'espace physique étant assimilé à un espace euclidien de dimension 3, on procède comme suit :
On associe un repère au référentiel choisi ;
A tout instant , les coordonnées du point dans ce repère déterminent la position du mobile.
En pratique, on attache souvent un repère cartésien orthonormé au référentiel d'étude. À tout instant , le point est alors repéré :
Par le vecteur position , noté ou encore ;
Ou par les coordonnées du point , comme indiqué sur la figure suivante :
Remarques :
Le mouvement dépend du référentiel, mais pas du repère utilisé (repère cartésien, repère de Frenet ou autre).
En cinématique, les coordonnées d'un point sont en général des fonctions du temps , par exemple , et , alors que ce sont des constantes en mathématiques. La variable est le temps tandis que est une fonction de . Toutefois on note souvent au lieu de pour alléger l'écriture.
La date d'un événement est une valeur algébrique (elle peut être négative). Une date négative indique seulement que l'événement s'est passé AVANT l'instant (origine des dates).
De même les coordonnées d'un point sont des valeurs algébriques, ainsi que les composantes des vecteurs vitesse et accélération que nous allons aborder.
L'espace étant supposé euclidien, tous les théorèmes et résultats vus en cours de mathématiques s'appliquent : théorème de Pythagore, calcul de la distance entre 2 points, etc.
Les notations peuvent varier d'un énoncé à l'autre : le point devient alors , le repère devient , etc. Il faudra alors transposer les relations en conséquence.
Dans le cas d'un mouvement plan, on peut repérer un point avec deux coordonnées (notées souvent et ) et le repère cartésien se réduit par exemple à , ce qui simplifie l'étude.
Dans le cas d'un mouvement rectiligne, on peut repérer un point avec une seule coordonnée (notée souvent ou ) et le repère cartésien se réduit à par exemple (voir figures ci-après).
2. Vecteur vitesse instantanée
Définition :
La vitesse du point mobile caractérise la variation du vecteur position au cours du temps.
Le vecteur vitesse en , à la date , a pour valeur approchée la vitesse moyenne calculée entre et :
Cette valeur approchée du vecteur a :
Pour origine ;
Pour direction et sens ;
Pour valeur .
La vitesse moyenne entre et ne permet pas de préciser le mouvement exact du mobile entre et . L'idée est donc de calculer la vitesse moyenne entre deux points et infiniment proches de de manière à obtenir une valeur qui ne dépend plus du choix de et de .
Calcul :
Si , alors et donc .
tend vers une valeur limite qui est la dérivée par rapport au temps du vecteur position , et notée .
On pose alors : .
Vitesse instantanée :
Le vecteur vitesse instantanée est défini comme la dérivée du vecteur position par rapport au temps :
Le vecteur vitesse a :
Pour origine la position de à la date ;
Pour direction la tangente en à la trajectoire ;
Pour sens celui du mouvement ;
Pour composantes, dans un repère cartésien :
Pour valeur :
Remarques :
Lorsqu'il n'y a aucune ambiguïté, est simplement noté .
(prononcer "x point") et sont deux notations de la même chose : la dérivée de par rapport à , notée en mathématiques.
Dans le cas d'un mouvement plan, on peut choisir un repère cartésien de telle manière que ces expressions se simplifient (voir figure) : et .
De même pour un mouvement rectiligne : on peut choisir un repère cartésien de telle manière que : et .
Il ne faut pas confondre le vecteur vitesse (avec une flèche !) et sa valeur (qui est un nombre positif).
3. Vecteur accélération instantanée
Définition :
L'accélération du point mobile caractérise la variation du vecteur vitesse de au cours du temps.
Le vecteur accélération en , à la date , a pour valeur approchée l'accélération moyenne calculée entre et :
Cette valeur approchée du vecteur a :
Pour origine ;
Même direction et sens que le vecteur variation de vitesse : ;
Et pour valeur .
L'accélération moyenne entre et ne permet pas de déterminer le mouvement exact du mobile entre et . L'idée est donc de calculer l'accélération moyenne entre deux points et infiniment proches de de manière à obtenir une valeur qui ne dépend plus du choix de et de .
Calcul :
Si , alors et donc .
tend vers une valeur limite qui est la dérivée par rapport au temps du vecteur vitesse , notée .
On pose alors : .
Accélération instantanée :
Le vecteur accélération instantanée est défini comme la dérivée du vecteur vitesse par rapport au temps :
Le vecteur accélération a :
Pour origine la position de à la date ;
Pour composantes, dans un repère cartésien :
Pour valeur :
Remarques :
La direction et le sens du vecteur accélération ne sont pas aussi simples à déterminer que dans le cas de la vitesse, sauf dans certains cas simples que nous allons voir.
donc est la dérivée de par rapport au temps, et comme on peut aussi écrire : c'est-à-dire la dérivée seconde de , notée en mathématiques.
(relation entre vecteurs) mais en module, (sauf cas particulier).
III. Récapitulatif des grandeurs cinématiques
En synthèse, la figure suivante regroupe l'ensemble des grandeurs cinématiques qui caractérisent le mouvement d'un mobile à tout instant (dans le cas d'un mouvement plan) :
IV. Équations caractérisant le mouvement d'un mobile
1. Équations horaires du mouvement
Pour caractériser le mouvement d'un mobile assimilé à un point matériel, il suffit de connaitre la position du point à tout instant. En effet, la vitesse et l'accélération du point se déduisent alors par dérivations successives par rapport au temps.
On appelle équations horaires du mouvement la ou les relation(s) exprimant la position du point en fonction du temps, dans un repère donné.
Ainsi, dans un repère cartésien , les équations horaires du mouvement s'écriront par exemple :
Ce sont les composantes du vecteur position (exprimées dans le repère cartésien).
Remarque : hormis le modèle simplifié du point matériel, la trajectoire d'un seul point ne suffit pas, dans le cas général, à caractériser le mouvement d'un système (un solide par exemple), car les points du système n'ont pas forcément la même trajectoire.
2. Équation cartésienne de la trajectoire
Pour trouver l'équation cartésienne de la trajectoire d'un point, il faut éliminer le paramètre des équations horaires.
Exemple :
Si, dans un repère cartésien , les équations horaires d'un mouvement (plan) sont par exemple :
il suffit de remarquer que pour en déduire l'équation de la trajectoire :
c'est-à-dire ce qui est l'équation d'une parabole.
V. Mouvement rectiligne
Un mobile est en mouvement rectiligne si la trajectoire du point est une droite (ou une portion de droite).
On peut alors toujours définir un repère de telle manière que le mobile se déplace sur l'axe . Ceci simplifie l'expression des vecteurs position, vitesse et accélération de , et à tout instant :
;
;
.
Propriété :
Lors d'un mouvement rectiligne, les vecteurs position, vitesse et accélération sont colinéaires.
Leur direction est celle de la trajectoire (qui est droite).
1. Mouvement rectiligne uniforme
Un mobile est en mouvement rectiligne uniforme si et seulement si le vecteur vitesse est constant (il ne dépend pas du temps).
La trajectoire du point est une droite (ou une portion de droite) qui est parcourue à vitesse constante.
Le vecteur vitesse étant indépendant du temps, nous pouvons écrire :
Propriété :
Le mouvement du mobile est rectiligne uniforme si et seulement si l'accélération du point est nulle.
Dans un repère choisi de telle manière que le mobile se déplace sur l'axe , on peut alors écrire :
;
avec ;
.
D'autre part, l'équation horaire du mouvement se réduit à :
où est la position initiale du mobile
2. Mouvement rectiligne uniformément varié
Un mobile est en mouvement rectiligne uniformément varié si la trajectoire du point est une droite et si le vecteur accélération est constant. La vitesse est donc variable.
Dans un repère choisi de telle manière que le mobile se déplace sur l'axe , on peut alors écrire :
;
(en posant pour simplifier) ;
avec .
Cette accélération constante implique que :
La vitesse a pour expression :
où est la vitesse initiale du mobile
L'équation horaire du mouvement s'écrit :
où est la position initiale du mobile
Si la valeur de la vitesse augmente au cours du temps, on parle aussi de mouvement accéléré.
Si la valeur de la vitesse diminue, on parle aussi de mouvement retardé.
Les deux équations précédentes peuvent être déterminées par la recherche de primitives en identifiant les constantes d'intégration à l'aide des conditions initiales du mouvement :
En effet :
en intégrant une première fois
en intégrant une seconde fois
Si, à l'instant , on pose : et , on retrouve bien les relations précédentes.
= Merci à krinn et gbm pour avoir contribué à l'élaboration de cette fiche =