Interpréter géométriquement des transformations complexes

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Tu vas comprendre comment les nombres complexes permettent de représenter des translations et des rotations et modéliser des mouvements dans le plan en physique.

On associe chaque nombre complexe à un point du plan rapporté à un repère orthonormé.

On cherche à étudier les transformations : zz+bz \mapsto z+b et zazz \mapsto azaa et bb sont des complexes.

I. Translation f : zz=z+bf~:~z \mapsto z'=z+b

Soit M(z)M(z) et M(z+b)M'(z+b).

Le vecteur MM\overrightarrow{MM'} a pour affixe Z=bz=bZ=b-z=b.

Le vecteur MM\overrightarrow{MM'} est donc un vecteur fixe, le vecteur d'affixe bb.

L'application ff est donc une translation.

Exemple

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Si z=z+2+5iz'=z+2+5\text i zz=2+5iz'-z=2+5\text i,et le point MM' d'affixe zz' est l'image de MM d'affixe zz par la translation de vecteur u(25)\vec u\begin{pmatrix}2\\5\end{pmatrix}.

II. Multiplication par un réel : g : zz=azg~:~z \mapsto z'=az avec aRa\in\mathbb R : une homothétie

  • Si a>1a>1 : agrandissement (correspondant à une homothétie de centre OO)

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  • Si 0<a<10<a<1 : réduction (correspondant à une homothétie de centre OO)

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  • Si a<0a<0 : symétrie + agrandissement ou réduction suivant la valeur absolue de aa.

III. Rotation : zazz \mapsto az avec aC et a=1a\in \mathbb C\text{ et }|a|=1

L’objectif est de montrer que cette transformation est une rotation de centre OO et d’angle θ\theta.

Remarque importante : Le complexe aa ayant pour module 11, on peut l'écrire a=eiθa=\text e^{\text i\theta} avec θR\theta \in \mathbb R.

Soit zz un complexe non nul, que l’on écrit sous la forme z=reiαz=re^{\text i\alpha}.

On considère l’application ff définie par : f(z)=z=eiθzf(z)=z'=e^{\text i\theta}z

Alors : z=eiθ×reiα=rei(α+θ)z'=e^{\text i\theta}\times re^{\text i\alpha}=re^{\text i(\alpha+\theta)}

Par conséquent :

z=r=z|z'|=r=|z| (mêmes modules)

et

arg(z)=α+θ=arg(z)+θmod2π\arg(z')=\alpha+\theta=\arg(z)+\theta \mod 2\pi (somme des arguments à 2π2\pi près)

La transformation conserve donc la distance à l’origine et ajoute θ\theta à l’angle.. C’est exactement la définition d’une rotation de centre OO et d’angle θ\theta.

Cas du point origine :

Si z=0z=0, alors : z=eiθ×0=0z'=e^{\text i\theta}\times 0=0

L’origine reste fixe.

C’est cohérent avec le fait qu’une rotation de centre OO laisse son centre invariant.

Exemple

On prend θ=π2\theta=\dfrac{\pi}{2}.

On sait que : eiπ/2=cos(π2)+isin(π2)=ie^{\text i\pi/2}=\cos\left(\dfrac{\pi}{2}\right)+\text i\sin\left(\dfrac{\pi}{2}\right)=\text i

L’application devient : z=izz'=\text iz

Prenons z=2z=2.

Alors :

z=i×2=2iz'=\text i\times 2=2\text i

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Le point d’affixe 22, situé sur l’axe des abscisses, devient le point d’affixe 2i2\text i, situé sur l’axe des ordonnées.

Il a bien tourné d’un quart de tour dans le sens direct.

Autres exemples :

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IV. Et en physique ?

En physique, lorsqu’un point tourne autour d’un centre à vitesse angulaire constante, on peut modéliser sa position par :

z(t)=Reiωtz(t)=Re^{\text i\omega t}

où :

  • RR est le rayon ;

  • ω\omega est la vitesse angulaire ;

  • tt est le temps.

À chaque instant, multiplier par eiωte^{\text i\omega t} revient à faire tourner le point d’un angle ωt\omega tpar rapport à l'origine.

Multiplier un nombre complexe par eiθe^{\text i\theta} revient à conserver son module et à ajouter θ\theta à son argument : c’est donc une rotation de centre OO et d’angle θ\theta.

Si a=cos(θ)+isin(θ)a=\cos(\theta)+\text i\sin(\theta) : on a une rotation d’angle θ\theta.

Les nombres complexes permettent donc de représenter simplement les mouvements circulaires.