Aspects énergétiques des phénomènes mécaniques

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Découvre les secrets de l’énergie dans le mouvement ! Tu vas explorer comment l’énergie cinétique et l’énergie potentielle s’échangent dans un système. Apprends à appliquer le théorème de l’énergie cinétique pour relier travail des forces et variation de vitesse, et maîtrise le concept d’énergie mécanique qui se conserve en l’absence de frottements. Enfin, comprends comment les forces dissipatives (comme les frottements) transforment cette énergie en chaleur, réduisant l’énergie mécanique totale. Mots-clés : énergie cinétique, énergie potentielle, énergie mécanique, travail d’une force, théorème de l’énergie cinétique, force conservative, force dissipative, frottement, chute libre, pendule simple, conservation de l’énergie.
  • Après un bref rappel des notions d'énergie et de travail d'une force, cette fiche présentera les aspects énergétiques du mouvement, à savoir :

    \circ\quad L'énergie cinétique et le théorème de l'énergie cinétique ;

    \circ\quad Les forces conservatives et l'énergie potentielle ;

    \circ\quad L'énergie mécanique et sa conservation dans certaines conditions ;

    \circ\quad Les forces dissipatives et le théorème de l'énergie mécanique.

  • REMARQUE IMPORTANTE\textcolor{purple}{\text{REMARQUE IMPORTANTE}} : dans ces fiches, les systèmes sont assimilés à des points matériels de masse constante.

I. Rappels primordiaux à connaître

1. Notion d'énergie

  • La notion d'énergie a déjà été abordée dans une fiche antérieure :

    \circ\quad L'énergie est une grandeur physique qui exprime la capacité d'un système à produire des actions.

    \circ\quad L'unité internationale d'énergie est le joule (JJ).

    \circ\quad L'une des principales lois de la physique est que l'énergie d'un système isolé se conserve : il n'est pas possible de créer ni de détruire (ou de perdre) de l'énergie, il est seulement possible de la transférer ou de la transformer (dans le respect des lois de la physique).

    \circ\quad Au sein d'un système isolé, des transferts d'énergie peuvent se produire (mais l'énergie totale du système reste constante).

    \circ\quad Un système non isolé peut échanger de l'énergie avec l'extérieur. Par abus de langage on dira parfois qu'un système "perd" ou "produit" de l'énergie, mais il faut bien garder à l'esprit que l'énergie est seulement transférée d'un système à un autre.

    \circ\quad L'énergie peut prendre plusieurs formes : énergie cinétique, énergie thermique, énergie nucléaire et bien d'autres encore. La forme de l'énergie peut changer dans certaines circonstances.

  • Exemples :

    \circ\quad Le corps humain échange de l'énergie thermique avec l'air ambiant.

    \circ\quad À l'intérieur d'un calorimètre (considéré comme un système isolé), des échanges d'énergie peuvent avoir lieu entre les corps en présence, mais l'énergie totale du calorimètre et de son contenu reste constante.

    \circ\quad Une voiture qui freine transforme de l'énergie cinétique en énergie thermique.

    \circ\quad Lors d'une collision, l'énergie cinétique peut provoquer des dégâts en se transformant en énergie de déformation.

  • Dans la suite de cette fiche nous allons revenir sur les diverses formes d'énergie liées au mouvement :

    \circ\quad L'énergie cinétique (énergie de mouvement) ;

    \circ\quad L'énergie potentielle (énergie de position) ;

    \circ\quad L'énergie mécanique.

2. Travail d'une force

  • La notion de travail d'une force est traitée dans la fiche suivante :

Travail d'une force

  • Le travail mécanique est une forme d'énergie liée notamment à l'action des forces.

  • Le travail peut se transformer en d'autres formes d'énergie, par exemple :

    \circ\quad En énergie cinétique (lorsqu'on pousse un caddie) ;

    \circ\quad En énergie potentielle (lorsqu'on monte des escaliers) ;

    \circ\quad En énergie interne (lorsqu'on comprime un gaz).

3. Puissance moyenne

  • Définition :

    La puissance moyenne PP est la quantité de travail effectuée par unité de temps. Elle est définie par :

    P=WΔt\boxed{P = \dfrac{W}{\Delta t}}

    où :

    \circ\quad PP est la puissance en watts (WW) ;

    \circ\quad WW est le travail en joules (JJ) ;

    \circ\quad Δt\Delta t est la durée en secondes (ss).

  • Exemple :

    Un moteur fournit un travail de 500 J en 2 secondes. Sa puissance moyenne est :

    P=500J2s=250WP = \dfrac{500 \, \text{J}}{2 \, \text{s}} = 250 \, \text{W}

II. L'énergie cinétique

1. Notion d'énergie cinétique

  • Définition :

    L'énergie cinétique est la forme d'énergie liée au mouvement d'un système : dans le cas d'un point matériel, elle est définie par la relation :

    Ec=12mv2\boxed{E_c = \dfrac{1}{2} \cdot m \cdot v^2}

    avec :

    \circ\quad EcE_c : énergie cinétique (en JJ) ;

    \circ\quad mm : masse du point matériel (en kgkg) ;

    \circ\quad vv : vitesse du point matériel (en m.s1m.s^{-1}).

  • Remarques :

    \circ\quad Un corps immobile n'a pas d'énergie cinétique (Ec=0E_c = 0 si v=0v = 0) ;

    \circ\quad L'énergie cinétique (comme la vitesse) est relative au référentiel d'étude ;

    \circ\quad L'énergie cinétique est un scalaire (un nombre) positif ou nul ;

    \circ\quad La formule est aussi valable pour un solide de masse mm en translation à la vitesse v\vec{v} ;

    \circ\quad Cette formule n'est valable que si la vitesse vv est négligeable devant celle de la lumière dans le vide (c300000 km/sc ≈ 300 000~km/s), ce qui est le cas sauf lors de l'étude des particules relativistes (v>0,1 cv \gt 0,1~c).

  • Exemple :

    \circ\quad Une balle de tennis peut être assimilée à un point matériel de 57 g57~g environ.

    \circ\quad Lors d'un service à 200 km/h200~km/h (56 m/s\approx 56~m/s), un champion communique à la balle une énergie cinétique valant :

    Ec balle=12mv2E_{c~ _{balle}} = \dfrac{1}{2} \cdot m \cdot v^2

    Ec balle=12×57103×562\Leftrightarrow E_{c~ _{balle}} = \dfrac{1}{2} \times 57 \cdot 10^{-3} \times 56^2

    Ec balle=89  J\Leftrightarrow E_{c~ _{balle}} = 89 \;J

2. Théorème de l'énergie cinétique

  • Les lois du mouvement permettent de démontrer une relation très importante entre travail des forces et variation de l'énergie cinétique d'un système.

  • Théorème de l'énergie cinétique :

    La variation d'énergie cinétique d'un point matériel entre les points AA et BB, est égale à la somme des travaux de toutes les forces appliquées au mobile sur le trajet AB^\widehat{AB} :

    ΔEc=12mvB212mvA2=WAB(F)\boxed{\Delta E_c = \dfrac{1}{2} \cdot \text{m} \cdot v_B^2-\dfrac{1}{2} \cdot \text{m} \cdot v_A^2 =\displaystyle \sum W_{AB} (\overrightarrow{F})}

    avec :

    \circ\quad ΔEc\Delta E_c : variation d'énergie cinétique (en JJ) ;

    \circ\quad mm : masse du point matériel (en kgkg) ;

    \circ\quad vAv_A et vBv_B : vitesse du point matériel en AA et en BB (en ms1m \cdot s^{-1}) ;

    \circ\quad WAB(F)\displaystyle \sum W_{AB}(\overrightarrow{F}) : somme des travaux des forces sur le trajet AB^\widehat{AB}.

    Ce théorème n'est toutefois valable que si le référentiel d'étude est galiléen.

  • Remarques :

    \circ\quad Ce théorème montre que le travail des forces peut se transformer en énergie cinétique.

    \circ\quad L'énergie cinétique ne dépend que de la valeur de la vitesse (= la norme du vecteur vitesse v\vec{v}). Elle ne dépend pas de la direction ni du sens de la vitesse v\vec{v}.

    \circ\quad Ce théorème est plus simple que la loi fondamentale de la dynamique (2e loi de Newton) : il sert à déterminer la (valeur de la) vitesse d'un système lorsque celui-ci est soumis à des forces connues.

    \circ\quad Inversement, connaissant les vitesses en AA et en BB d'un système, on peut en déduire des informations sur les forces : ceci permet notamment d'évaluer les forces de frottement.

    \circ\quad Le théorème peut être généralisé aux systèmes non ponctuels (les solides par exemple).

    \circ\quad AA est appelé la position initiale, BB la position finale ; vAv_A est parfois noté viv_i (pour vitesse initiale) et vBv_B est parfois noté vfv_f (pour vitesse finale).

3. Application : le caddie

A venir dans une fiche d'exercice

III. Forces conservatives et énergie potentielle

1. Définitions

  • Force conservative :

    \circ\quad Une force est conservative lorsque le travail effectué par cette force entre deux points AA et BB ne dépend pas du trajet suivi, mais uniquement de la position de AA et de BB.

    \circ\quad Dans le cas contraire, la force est dite non conservative.

  • Remarques :

    \circ\quad On en déduit que le travail d'une force conservative est nul si le système revient à sa position initiale (B=AB = A).

    \circ\quad Le terme "forces conservatives" vient du fait que de telles forces conservent (= ne modifient pas) l'énergie mécanique d'un système, comme nous allons le voir dans la suite.

  • Énergie potentielle liée à une force conservative :

    \circ\quad Une force conservative peut toujours être associée à une énergie potentielle, souvent notée EpE_p, qui est une forme d'énergie liée à la position relative des corps en interaction. On dit que la force dérive d'une énergie potentielle.

    \circ\quad L'énergie potentielle est définie de façon à ce que le travail de la force conservative Fc\overrightarrow{F_c} entre les points AA et BB, soit l'opposé de la variation d'énergie potentielle du système :

    WAB(Fc)=ΔEp=Ep(A)Ep(B)\boxed{W_{AB}(\overrightarrow{F_c}) = -\Delta E_{p} = E_{p}(A) - E_{p}(B)}

  • Remarque :l'intérêt de ces définitions apparaîtra plus clairement lorsque nous découvrirons l'énergie mécanique.

2. Les forces conservatives

  • Parmi les forces conservatives, nous pouvons citer :

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  • Remarques :

    \circ\quad En physique moderne, la notion d'énergie potentielle permet de modéliser un très grand nombre d'interactions, et généralise en quelque sorte la notion de force.

    \circ\quad Toutes les forces ne sont pas conservatives : notamment les forces de frottement.

    \circ\quad Si un système est soumis à plusieurs interactions (conservatives), il faut alors additionner les énergies potentielles correspondantes pour obtenir l'EpE_p totale du système : par exemple une masse attachée au bout d'un ressort vertical est soumis à la pesanteur et à la force élastique du ressort et il faudra donc écrire :

    Ep systeˋme=Epp+Ep eˊlastiqueE_{p_ ~\text{système}} = E_{pp} + E_{p _{ \text{ élastique}}}

3. Application : le poids et l'énergie potentielle de pesanteur

  • Tant que les déplacements se font dans une zone limitée à proximité de la surface terrestre, nous savons que le poids P\overrightarrow{P} d'un système est constant (si sa masse ne varie pas). Comme le travail d'une force constante ne dépend pas du chemin suivi, nous en déduisons que :

    Le poids est une force conservative\boxed{\text{Le poids est une force conservative}}

  • Il est donc possible de lui associer une énergie potentielle dite de pesanteur, notée EppE_{pp}, et nous retrouvons un résultat déjà connu.

  • Définition :

    L'énergie potentielle de pesanteur d'un point matériel MM au voisinage de la Terre est une énergie associée à l'altitude du point MM dans le champ de pesanteur. Elle est donnée par la relation :

    Epp(M)=mg(zMz0)\boxed{E_{pp}(M) = m \cdot g \cdot (z_M - z_0)}

    avec :

    \circ\quad EppE_{pp} : énergie potentielle de pesanteur (en JJ) ;

    \circ\quad mm : masse du point matériel (en kgkg) ;

    \circ\quad gg : intensité de la pesanteur terrestre en Nkg1N \cdot kg^{-1} ;

    \circ\quad zMz_M : altitude du point M (en mm) ;

    \circ\quad z0z_{0} : altitude de référence (en mm) où l'énergie potentielle est nulle.

picture-in-text

  • ATTENTION\textcolor{purple}{\text{ATTENTION}} :

    \circ\quad Le choix des axes est arbitraire et ne change pas les résultats physiques ;

    \circ\quad Dans toute cette fiche, l'axe vertical est l'axe (Oz)(Oz) orienté positivement VERS LE HAUT ;

    \circ\quad Si l'axe vertical était orienté positivement VERS LE BAS, il faudrait alors écrire :

    Epp(M)=mg(zMz0)E_{pp}(M) = - m \cdot g \cdot (z_M - z_0)

  • Remarques :

    \circ\quad L'EppE_{pp} ne dépend que de l'altitude du point MM dans le champ de pesanteur : elle augmente avec l'altitude mais ne varie pas si le déplacement est horizontal ;

    \circ\quad L'EppE_{pp} est déterminée par rapport à un niveau de référence z0z_0, tel que Epp(z0)=0E_{pp}(z_0) = 0. Ce niveau peut être choisi arbitrairement. On prend souvent z0=0z_0 = 0 pour simplifier, comme sur la figure ci-dessus : on dit alors que l'on prend le point OO comme origine de l'EppE_{pp}.

    \circ\quad La valeur de l'énergie potentielle n'a donc pas de sens physique puisque le niveau z0z_0 est arbitraire : seule la variation d'EppE_{pp} a une interprétation physique (cette remarque vaut pour toutes les énergies potentielles).

    \circ\quad On peut enfin vérifier la relation entre la variation d'EppE_{pp} et le travail du poids entre AA et BB. En effet :

    ΔEpp=Epp(B)Epp(A)\Delta E_{pp} = E_{pp}(B) - E_{pp}(A)

    ΔEpp=mg(zBz0)mg(zAz0)\Leftrightarrow \Delta E_{pp} = m \cdot g \cdot (z_B-z_0) - m \cdot g \cdot (z_A-z_0)

    ΔEpp=mg(zBzA)\Leftrightarrow \Delta E_{pp} = m \cdot g \cdot (z_B-z_A)

    et donc

    WAB(P)=mg(zAzB)=ΔEpp\boxed{W_{AB}(\overrightarrow{P}) = m \cdot g \cdot (z_A-z_B) = -\Delta E_{pp}}

IV. Énergie mécanique et systèmes conservatifs

1. Introduction

  • Nous allons voir dans ce paragraphe tout l'intérêt des forces conservatives et de la notion d'énergie mécanique.

  • Considérons un point matériel, de masse mm, qui est soumis :

    \circ\quad A une force conservative Fc\overrightarrow{F_c} dérivant de l'énergie potentielle EpE_p ;

    \circ\quad Et éventuellement à d'autres forces dont le travail est nul (par exemple la réaction normale du sol RN\overrightarrow{R_N}) ;

  • Appliquons-lui le théorème de l'énergie cinétique entre deux points AA et BB de sa trajectoire :

    ΔEc=12mvB212mvA2\Delta E_c = \dfrac{1}{2}\text{m} \cdot v_B^2-\dfrac{1}{2}\text{m}v_A^2

    ΔEc=WAB(F)=WAB(Fc)+0\Leftrightarrow \Delta E_c = \displaystyle \sum W_{AB} (\overrightarrow{F}) = W_{AB} (\overrightarrow{F_c}) + 0

    ΔEc=Ep(A)Ep(B)\Leftrightarrow \Delta E_c = E_{p}(A) - E_{p}(B)

    ce que nous pouvons réécrire :

    12mvB212mvA2+Ep(B)Ep(A)=0\dfrac{1}{2}\text{m} \cdot v_B^2-\dfrac{1}{2}\text{m} \cdot v_A^2 + E_{p}(B) - E_{p}(A) = 0

    Ec(B)Ec(A)+Ep(B)Ep(A)=0\Leftrightarrow E_c(B) - E_c(A) + E_{p}(B) - E_{p}(A) = 0

    Ec(B)+Ep(B)=Ec(A)+Ep(A)\Leftrightarrow \boxed{E_c(B) + E_{p}(B) = E_c(A) + E_{p}(A)}

  • Nous constatons que la somme de l'énergie cinétique et de l'énergie potentielle est la même en AA et en BB, et donc en tout point de la trajectoire (puisque le calcul vaut pour n'importe quels points AA et BB).

  • Ceci nous amène à introduire une nouvelle notion : l'énergie mécanique.

2. L'énergie mécanique

  • Définition :

    L'énergie mécanique EmE_m d'un point matériel en MM désigne la somme de son énergie cinétique EcE_c et de son énergie potentielle EpE_p en MM :

    Em(M)=Ec(M)+Ep(M)\boxed{E_m(M) = E_c(M) + E_{p}(M)}

  • Remarque : l'expression de l'énergie potentielle EpE_p dépend de la ou des interactions en jeu : la pesanteur, l'interaction électrostatique, etc.

3. Conservation de l'énergie mécanique

  • Propriété :

    \circ\quad L'énergie mécanique EmE_m d'un point matériel soumis uniquement à une ou plusieurs forces conservatives est constante.

    \circ\quad On dit que l'énergie mécanique du système se conserve ou encore que le système est conservatif.

    \circ\quad Ce résultat reste valable si le point matériel subit aussi une ou plusieurs forces dont le travail est nul quel que soit le déplacement.

4. Exemples de systèmes conservatifs

  • En général,

    \circ\quad Si les frottements sont négligés (ou absents comme dans l'espace !)

    \circ\quad Et si le système est abandonné à lui-même dans un champ de pesanteur (ou autre), c'est-à-dire que le système n'est ni poussé, ni tracté, ni propulsé (par un moteur par exemple), alors le système est conservatif.

  • Exemples :

    \circ\quad Un système en chute libre (= soumis seulement à son poids), car le poids est conservatif ;

    \circ\quad Un système soumis uniquement à son poids et à la réaction normale du support (donc pas de frottement !), comme un objet qui dévale une pente ;

    \circ\quad Le pendule simple (sans frottement), car la tension du fil est normale à la trajectoire et donc ne travaille pas ;

    \circ\quad Une particule chargée en mouvement dans un champ électrostatique ;

    \circ\quad Le Soleil et son cortège de planètes (avec une très bonne approximation).

  • Dans un exercice, il faudra justifier que le système est conservatif en faisant le bilan des forces et en vérifiant que celles-ci sont conservatives (ou qu'elles ne travaillent pas).

5. Propriétés des systèmes conservatifs

  • L'énergie mécanique d'un système conservatif est constante, elle caractérise le mouvement du système et se déduit souvent des conditions initiales du mouvement (vitesse et position initiales).

  • L'énergie mécanique ne dépend que de la masse, de la vitesse et de la position : elle fournit donc une relation simple entre vitesse et position du point matériel, valable en tout point de la trajectoire.

  • Les forces conservatives peuvent uniquement transformer l'énergie potentielle en énergie cinétique et vice versa : elles ne modifient pas l'énergie totale du système. En effet, nous avons la relation :

    ΔEm=ΔEc+ΔEp=0\Delta E_m = \Delta E_c + \Delta E_p = 0

    ΔEc=ΔEp\Leftrightarrow \boxed{\Delta E_c = - \Delta E_p}

    \circ\quad Si un système est conservatif, l'EpE_p et l'EcE_c varient donc en sens inverse l'un de l'autre.

    \circ\quad Ainsi au ski ou à vélo (sans pédalage !), si on remonte une pente, la vitesse diminue et inversement en descente la vitesse augmente, essentiellement du fait que la pesanteur provoque des transformations mutuelles d'EpE_p et d'EcE_c lorsque l'altitude du système varie.

V. Forces non conservatives et théorème de l'énergie mécanique

  • Nous venons de voir que les forces conservatives permettaient de caractériser certains systèmes par leur énergie mécanique constante.

  • Il reste à traiter le cas où un système subit des forces qui ne sont pas conservatives, grâce à un théorème important qui fait le lien entre forces non conservatives et variation de l'énergie mécanique d'un système.

1. Forces non conservatives / forces dissipatives

  • Le travail des forces non conservatives entre deux points AA et BB dépend du chemin suivi par le système de AA à BB. Il y a alors conversion du travail mécanique en une autre forme d'énergie.

  • Font partie des forces non conservatives :

    \circ\quad Les forces de frottement (solide ou fluide) : le travail est converti en chaleur ;

    \circ\quad Les forces de viscosité : le travail est converti en turbulences dans le fluide extérieur puis en chaleur ;

    \circ\quad Les forces de déformation lors d'un choc ;

    \circ\quad Les forces de poussée, de traction, de propulsion ;

    \circ\quad La tension d'un fil ou d'une corde ;

    \circ\quad Les actions de liaison (réaction du support).

  • Les forces dissipatives sont des forces non conservatives dont le travail est résistant (donc négatif) : nous allons voir qu'elles font diminuer l'énergie mécanique du système. Les forces de frottement sont toujours dissipatives.

2. Théorème de l'énergie mécanique

a. Eˊnonceˊ du theˊoreˋme\textcolor{purple}{\text{a. Énoncé du théorème}}

  • La variation d'énergie mécanique d'un point matériel entre les points AA et BB, est égale à la somme des travaux des forces non conservatives appliquées au mobile sur le trajet AB^\widehat{AB} :

    ΔEm=ΔEc+ΔEp=WAB(Fnc)\boxed{\Delta E_m = \Delta E_c + \Delta E_p = \displaystyle \sum W_{AB} (\overrightarrow{F_{nc}})}

    avec :

    \circ\quad ΔEm\Delta E_m : variation d'énergie mécanique (en JJ) ;

    \circ\quad ΔEc\Delta E_c : variation d'énergie cinétique (en JJ) ;

    \circ\quad ΔEp\Delta E_p : variation d'énergie potentielle (en JJ) ;

    \circ\quad WAB(Fnc)\sum W_{AB}(\overrightarrow{F_{nc}}) : somme des travaux des forces non conservatives.

    Ce théorème n'est toutefois valable que si le référentiel d'étude est galiléen.

  • ATTENTION\textcolor{purple}{\text{ATTENTION}} : dans le terme de droite n'apparaît que la somme des travaux des forces NON conservatives. Il ne faut surtout pas ajouter le travail des forces conservatives (comme le poids) car ce travail est déjà pris en compte dans la variation d'énergie potentielle.

b. Deˊmonstration du theˊoreˋme\textcolor{purple}{\text{b. Démonstration du théorème}}

  • Ce théorème découle directement du théorème de l'énergie cinétique.

  • Considérons un point matériel, de masse mm, qui est soumis :

    \circ\quad à une ou plusieurs forces conservatives Fc\overrightarrow{F_c}

    \circ\quad et à d'autres forces non conservatives Fnc\overrightarrow{F_{nc}}

  • Appliquons-lui le théorème de l'énergie cinétique entre deux points AA et BB de sa trajectoire :

    ΔEc=WAB(F)\Delta E_c = \displaystyle \sum W_{AB} (\overrightarrow{F})

    Ec(B)Ec(A)=WAB(Fc)+WAB(Fnc)\Leftrightarrow E_c(B) - E_c(A)= \displaystyle \sum W_{AB} (\overrightarrow{F_c}) + \displaystyle \sum W_{AB} (\overrightarrow{F_{nc}})

    Ec(B)Ec(A)=Ep(A)Ep(B)+WAB(Fnc)\Leftrightarrow E_c(B) - E_c(A)= E_{p}(A) - E_{p}(B) +\displaystyle \sum W_{AB} (\overrightarrow{F_{nc}})

    car, par définition de l'énergie potentielle :

    WAB(Fc)=Ep(A)Ep(B)\sum W_{AB} (\overrightarrow{F_c}) = E_{p}(A) - E_{p}(B)

    Nous en déduisons le résultat :

    Ec(B)Ec(A)+Ep(B)Ep(A)=WAB(Fnc)E_c(B) - E_c(A) + E_{p}(B) - E_{p}(A) =\displaystyle \sum W_{AB} (\overrightarrow{F_{nc}})

    ΔEc+ΔEp=WAB(Fnc)\Leftrightarrow \Delta E_c + \Delta E_{p} = \displaystyle \sum W_{AB} (\overrightarrow{F_{nc}})

    ΔEm=WAB(Fnc)\Leftrightarrow \boxed{\Delta E_m = \displaystyle \sum W_{AB} (\overrightarrow{F_{nc}})}

3. Application : mouvement d'une luge avec / sans frottement

A venir dans une fiche d'exercices

VI. Le principe de conservation de l'énergie selon Richard Feynman

Extrait du cours de physique de Feynman (prix Nobel de physique), mécanique tome 1 :

« Imaginons un enfant, par exemple "Denis la terreur" qui possède des cubes absolument indestructibles, et qui ne peuvent pas être divisés en morceaux. Tous les cubes sont identiques. Supposons qu'il y ait 28 cubes. Sa mère le met dans sa chambre au début de la journée avec ses 28 cubes. À la fin de la journée, étant curieuse, elle compte les cubes avec attention et découvre une loi phénoménale - quoi qu'il fasse avec ses cubes, il en reste toujours 28 ! Ceci se répète plusieurs jours durant, jusqu'au jour où il n'y a que 27 cubes, mais un peu de recherche montre qu'il y en a un sous le tapis - elle doit regarder partout pour s'assurer que le nombre de cubes n'a pas changé. Un jour, cependant, le nombre semble changer : il n'y a que 26 cubes. Une recherche attentive montre que la fenêtre était ouverte, et en regardant dehors, elle retrouve les deux autres cubes. Un autre jour, un compte précis indiqua qu'il y en avait 30 ! Ceci la troubla au plus haut point, jusqu'au moment où elle réalisa que Bruce était passé, amenant ses cubes avec lui, et qu'il en avait laissé quelques-uns à la maison de Denis [...]

En conclusion, dans son cas, elle trouve une quantité qui doit être calculée, et qui reste toujours la même ».

= Merci à krinn / Skops pour avoir contribué à l'élaboration de cette fiche =