Bâbord et tribord : lequel est à gauche et comment le retenir
Bâbord à gauche, tribord à droite, à condition de regarder vers l’avant du bateau. Reste le plus difficile : le rouge et le vert ne se lisent pas de la même façon selon qu’ils viennent d’un feu de navire ou d’une bouée. Le point complet, avec les pièges du QCM.

La plupart des gens décrochent leur code en 2 mois. Toi, t'es capable de faire mieux ?
Bâbord désigne le côté gauche du bateau, tribord le côté droit, quand on regarde vers l’avant. La règle tient en une phrase, et pourtant elle continue de faire chuter des candidats au QCM, parce que le rouge et le vert qui vont avec ne se lisent pas de la même façon selon qu’ils viennent d’un feu de navire ou d’une bouée. Cet article pose la définition officielle, donne trois moyens mnémotechniques qui tiennent sous le stress, puis démonte les trois pièges classiques de l’examen. Pour ancrer tout ça sur des questions réelles, vous pouvez tester gratuitement le code bateau en parallèle de votre lecture.

Sommaire
- Bâbord et tribord : quel côté, et par rapport à quoi ?
- D’où viennent ces deux mots
- Trois moyens mnémotechniques qui tiennent le jour de l’examen
- Les feux du navire : rouge à bâbord, vert à tribord
- Le balisage : mêmes couleurs, lecture différente
- Les règles de barre : pourquoi tribord est le côté qui compte
- Les trois pièges qui coûtent des points au QCM
- FAQ
Bâbord et tribord : quel côté, et par rapport à quoi ?
La Marine nationale donne la formulation la plus nette : à bord d’un bâtiment, tribord désigne sa partie droite quand on regarde vers l’avant, bâbord sa partie gauche. Les deux moitiés sont séparées par une ligne imaginaire qui coupe le navire en son milieu, de la proue à la poupe, appelée la ligne de foi.
Le membre de phrase « quand on regarde vers l’avant » n’est pas une précision de style. C’est toute la règle. Bâbord et tribord sont des repères liés au bateau, pas à l’observateur. Ils ne changent jamais, quelle que soit la position de celui qui parle : un équipier assis face à l’arrière garde bâbord sur sa droite, et il continue de dire bâbord.
C’est précisément pour cela que la marine a abandonné « gauche » et « droite » à bord. Ces deux mots dépendent de l’orientation de celui qui les prononce ; un ordre de barre donné en gauche et droite serait ambigu dès que deux personnes ne regardent pas dans la même direction. Le même souci de non-ambiguïté explique l’usage, en radio, de l’alphabet phonétique international plutôt que des lettres nues.
D’où viennent ces deux mots
Les deux termes sont des emprunts au moyen néerlandais, et leur origine explique pourquoi tribord est du côté droit plutôt que du côté gauche.
Avant l’invention du gouvernail d’étambot, à la fin du Moyen Âge, un navire se dirigeait avec un grand aviron de gouverne fixé à l’arrière. Comme la majorité des marins étaient droitiers, cet aviron était placé à l’arrière droit. Le mot néerlandais stuurboord, de stuur (le gouvernail) et boord (la planche, le bord), désignait donc le côté où se trouvait le gouvernail : le côté droit, devenu tribord.
Le barreur qui manœuvrait cet aviron présentait mécaniquement son dos au côté opposé. D’où bakboord, de bak (le dos) : le côté du dos, c’est-à-dire le côté gauche, devenu bâbord.
Cette étymologie n’est pas un ornement. Elle donne une image mentale qui résiste mieux qu’une liste : le gouvernail à droite, le dos du barreur à gauche. Beaucoup de candidats qui hésitent encore après plusieurs semaines de révision cessent d’hésiter le jour où ils se représentent la scène.
Trois moyens mnémotechniques qui tiennent le jour de l’examen
Un bon moyen mnémotechnique se rappelle en moins de deux secondes, sans réfléchir. Voici les trois qui fonctionnent le mieux, du plus répandu au plus utile en situation.
Le mot « batterie »
C’est celui que retient la Marine nationale elle-même. Tournez-vous vers l’avant du bateau et visualisez le mot BATTERIE écrit devant vous. Les lettres « BA », comme bâbord, sont à votre gauche. Les lettres « TTERIE », que l’on prononce « tri » comme tribord, sont à votre droite.
Le compte des lettres
Bâbord compte six lettres, gauche aussi. Le couple s’aligne, et tribord tombe forcément de l’autre côté. Ce moyen a un avantage réel sur le précédent : il ne demande aucune mise en scène mentale, donc il fonctionne même quand vous êtes crispé devant l’écran de la salle d’examen.
Le port rouge
Celui-ci fait d’une pierre deux coups, puisqu’il ancre en même temps la couleur. « Un verre de porto rouge à bâbord » : le rouge va avec bâbord, donc le vert avec tribord. Vous verrez plus bas que la couleur est justement l’endroit où le QCM place ses pièges, et l’avoir liée dès le départ au bon côté vous évitera de la reconstruire à chaque question.
Les feux du navire : rouge à bâbord, vert à tribord
La nuit, un navire ne se distingue plus que par ses feux, et ce sont eux qui traduisent le couple bâbord tribord en signal visible. Le règlement international pour prévenir les abordages en mer, publié en droit français par le décret n° 77-733 du 6 juillet 1977, fixe la règle : feu rouge sur le côté bâbord, feu vert sur le côté tribord.
Chacun de ces deux feux de côté couvre un secteur de 112,5 degrés, compté depuis l’avant du navire jusqu’à 22,5 degrés en arrière du travers. Les deux secteurs additionnés couvrent donc 225 degrés vers l’avant, et rien vers l’arrière, où seul le feu de poupe blanc reste visible.
La conséquence pratique est la seule chose que vous ayez à mémoriser : la couleur que vous voyez vous dit de quel côté vous êtes vu.
| Ce que vous voyez la nuit | Ce que cela signifie |
|---|---|
| Un feu rouge seul | Vous voyez le côté bâbord de l’autre navire. Il se déplace de votre droite vers votre gauche. |
| Un feu vert seul | Vous voyez le côté tribord de l’autre navire. Il se déplace de votre gauche vers votre droite. |
| Le rouge et le vert ensemble | Vous êtes dans l’axe : l’autre navire vient droit sur vous, ou vous sur lui. Situation de face à face. |
| Un feu blanc seul, bas sur l’eau | Vous êtes derrière lui, dans son secteur de poupe. Vous êtes en situation de rattrapant. |
Le détail des autres feux, feu de tête de mât, feu de poupe, feux de mouillage et allègements accordés aux navires de moins de 12 mètres, est traité à part dans notre article sur les feux de navigation d’un bateau.
Le balisage : mêmes couleurs, lecture différente
Voici le point qui fait la différence entre un candidat qui a appris et un candidat qui a compris. Les marques latérales du balisage utilisent exactement le même rouge et le même vert que les feux de navire, mais elles ne disent pas du tout la même chose.
Un feu de côté vous renseigne sur la position réelle d’un autre bateau par rapport à vous. Une marque latérale, elle, indique le côté du chenal, dans un sens conventionnel qui ne dépend pas de votre route : le sens du retour, c’est-à-dire du large vers le port.
En France, qui relève de la région de balisage A, le ministère chargé de la Mer résume la règle ainsi : en entrant au port, la marque latérale bâbord est rouge et de forme cylindrique, la marque latérale tribord est verte et de forme conique. Leur numérotation part du large vers le port, avec les numéros pairs à bâbord et les numéros impairs à tribord.
Second renversement, géographique celui-là. La fiche « La signalisation maritime » du ministère précise que dans la région de balisage B, qui couvre les Amériques, le Japon, les Philippines et la République de Corée, les couleurs des marques latérales sont inversées : le rouge passe à tribord et le vert à bâbord. Les marques cardinales, de danger isolé, d’eaux saines et spéciales, elles, sont identiques partout. Si vous préparez une navigation hors d’Europe, ce point mérite d’être vérifié avant le départ, comme le reste des règles de titre applicables lors d’une navigation à l’étranger.
Le système complet, marques latérales, cardinales, danger isolé, eaux saines et marques spéciales, est détaillé dans notre article sur le balisage maritime. Et si vous préparez l’option eaux intérieures, sachez que la logique change encore : la signalisation fluviale repère les rives dos au courant, et non depuis le large.
Les règles de barre : pourquoi tribord est le côté qui compte
Troisième usage du couple, et probablement le plus utile en mer. Dans les règles de barre et de route du RIPAM, tribord est le côté privilégié.
Entre deux navires à moteur dont les routes se croisent, la règle 15 impose que celui qui voit l’autre sur son propre tribord s’écarte. Vous apercevez un bateau sur votre droite : c’est vous qui manœuvrez. Cela revient à une priorité à droite, avec une différence de taille par rapport à la route, à savoir que le navire privilégié a lui aussi une obligation, celle de maintenir son cap et sa vitesse pour rester prévisible.
Entre deux voiliers, la règle 12 raisonne sur le côté d’où vient le vent. Le voilier qui reçoit le vent par tribord est privilégié sur celui qui le reçoit par bâbord. C’est de là que vient le cri « tribord ! » lancé d’un voilier à un autre : il ne décrit pas une position, il annonce une priorité. Si les deux voiliers reçoivent le vent du même bord, celui qui est au vent s’écarte.
Ces deux règles ne couvrent qu’une partie des situations. La hiérarchie complète, avec le cas du rattrapant, celui du face à face et celui des navires à propulsion mécanique face aux voiliers, est traitée dans notre article sur les règles de priorité en navigation.
Les trois pièges qui coûtent des points au QCM
Sur les questions qui mobilisent bâbord et tribord, les erreurs se concentrent sur trois confusions. Elles reviennent assez régulièrement pour valoir un tour de vérification systématique.
Confondre le côté du bateau et le côté du chenal
L’erreur la plus fréquente, et la plus coûteuse puisqu’elle touche deux thématiques du programme. Devant une image de bouée, le réflexe à avoir n’est pas « où est-elle par rapport à moi » mais « quel côté du chenal désigne-t-elle, dans le sens du retour vers le port ». Devant une image de feu, c’est l’inverse : la couleur vous renseigne directement sur la position réelle de l’autre navire.
Répondre depuis le point de vue de l’illustration
Beaucoup de questions montrent une vue de dessus, avec un bateau orienté vers le haut, vers le bas ou en biais. Répondre en regardant l’image comme un plan, et non en se plaçant à bord, mène à intervertir les deux côtés une fois sur deux. Le réflexe est de repérer d’abord la proue, puis de s’y orienter mentalement avant de lire la question.
Oublier que le privilégié a lui aussi des obligations
Sur les questions de règles de barre, les propositions du QCM opposent souvent « je maintiens mon cap et ma vitesse » à « je suis prioritaire, je poursuis ». La seconde formulation est piégeuse. Le navire privilégié doit maintenir cap et vitesse, ce qui est une obligation, et il doit manœuvrer si l’abordage devient inévitable malgré tout. Aucune règle du RIPAM n’autorise un navire à laisser survenir une collision au motif qu’il était prioritaire.
Ce qu’il faut retenir
Bâbord à gauche, tribord à droite, en regardant vers l’avant : cette moitié-là s’acquiert en une soirée avec le mot « batterie » ou le compte des lettres. L’autre moitié demande un peu plus de travail, parce qu’elle porte sur ce que le rouge et le vert signifient dans chaque contexte.
Un feu de côté indique la position réelle d’un navire. Une marque latérale indique le côté d’un chenal dans le sens du retour au port, et cette convention s’inverse en région de balisage B. Une règle de barre, enfin, fait de tribord le côté privilégié, en mer comme entre voiliers. Trois lectures, deux couleurs, un seul couple de mots : c’est cette superposition, et non le vocabulaire lui-même, qui se travaille aux tests.
FAQ
Bâbord désigne le côté gauche du bateau, tribord le côté droit, quand on regarde vers l’avant. Ces deux repères sont attachés au navire et non à la personne qui parle : un équipier tourné vers l’arrière garde bâbord sur sa droite, et continue pourtant de dire bâbord. C’est justement pour éviter toute ambiguïté que les mots gauche et droite ne sont pas employés à bord.
Le plus connu est le mot « batterie » : tourné vers l’avant, visualisez-le écrit devant vous, les lettres BA de bâbord tombent à gauche et les lettres TTERIE, prononcées « tri » comme tribord, à droite. Un second moyen, plus rapide encore, consiste à compter les lettres : bâbord en compte six, gauche aussi. Un troisième associe directement la couleur, avec le porto rouge à bâbord.
Rouge pour bâbord, vert pour tribord. Cela vaut pour les feux de côté d’un navire, chacun couvrant un secteur de 112,5 degrés vers l’avant, et pour les marques latérales du balisage en région A, qui couvre l’Europe et donc la France. Attention : en région de balisage B, qui couvre notamment les Amériques et le Japon, les couleurs des marques latérales sont inversées, alors que les feux des navires, eux, ne changent jamais.
Parce que la règle 12 du règlement international pour prévenir les abordages en mer donne la priorité au voilier qui reçoit le vent par tribord. Le cri annonce donc une priorité, et non une position. Si les deux voiliers reçoivent le vent du même bord, c’est celui qui se trouve au vent qui doit s’écarter.
Le nom de la marque ne dépend pas de votre route mais du sens conventionnel du balisage, qui va du large vers le port. En sortant, vous parcourez donc le chenal à contresens : la marque latérale bâbord, rouge et cylindrique, se trouve physiquement sur votre droite, tout en restant la marque bâbord. La bonne question à se poser est toujours celle du sens du chenal, jamais celle de votre position.
Sources
- Marine nationale, revue Cols Bleus : « Le saviez-vous ? Tribord et bâbord », publié le 3 mai 2021. Définition des deux côtés par rapport à l’avant du bâtiment, ligne de foi, étymologie de stuurboord et bakboord, moyen mnémotechnique du mot « batterie ».
- Ministère chargé de la Mer (mer.gouv.fr) : fiche « La signalisation maritime », DICOM/DGAMPA 09a, mars 2025. Marques latérales bâbord et tribord, région de balisage A, inversion des couleurs des marques latérales en région de balisage B (Amériques, Japon, Philippines, République de Corée), invariance des marques cardinales, de danger isolé, d’eaux saines et spéciales.
- Légifrance : arrêté du 30 novembre 2017 portant définition du système de balisage maritime et de son référentiel nautique et technique, annexe V. Forme, couleur et numérotation des marques latérales, sens conventionnel du balisage.
- Légifrance : décret n° 77-733 du 6 juillet 1977 portant publication de la convention sur le règlement international de 1972 pour prévenir les abordages en mer (RIPAM). Feux de côté et secteurs de visibilité, règle 12 (voiliers, priorité au vent de tribord), règle 15 (route croisée, le navire qui voit l’autre sur son tribord s’écarte).
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