Balisage maritime : lire les marques latérales et cardinales sans hésiter

Publié le 02 juillet 2026
 • Mis à jour le 02 juillet 2026
 • Thomas Grunder
Marques latérales, cardinales, danger isolé, eaux saines : le balisage maritime est le code de la route de la mer. Voici une méthode simple pour lire chaque marque en quelques secondes (couleur, forme, voyant, feu) et réviser sereinement le permis côtier.
une bouée de balisage maritime (marque cardinale ou latérale) en mer par temps clair, sans marque commerciale ni personn

En mer, il n’y a ni panneau ni marquage au sol. Pour savoir où passer, on lit les bouées et les balises : c’est le balisage maritime, le code de la route de la plaisance. Une marque bien identifiée en dit long en une seconde : de quel côté laisser un danger, où se trouve l’entrée d’un chenal, où l’eau est saine. Une marque mal lue, et c’est l’échouement ou la collision. Autant en faire un réflexe avant de préparer le permis bateau en ligne. Voici une méthode simple pour décoder chaque type de marque, avec le détail des couleurs, des formes, des voyants et des feux.

Schéma des marques du balisage maritime en région A : marques latérales rouge (bâbord) et verte (tribord), et les quatre marques cardinales Nord, Est, Sud, Ouest avec leur voyant, leurs couleurs et leur rythme de feu
Les repères clés du balisage maritime en région A : marques latérales et quatre marques cardinales.

Sommaire

À quoi sert le balisage maritime

Le balisage maritime est un ensemble de marques flottantes (bouées) ou fixes (balises, tourelles) qui guident le navigateur et signalent les dangers. Chaque marque porte un message codé par sa couleur, sa forme, son voyant (le symbole placé à son sommet) et, la nuit, son feu.

Sur l’eau, ces marques remplacent la signalisation routière. Elles indiquent l’entrée d’un port, les limites d’un chenal, la présence d’une roche, d’une épave ou d’une zone réglementée. Savoir les lire n’est pas un détail d’examen : c’est ce qui évite de talonner un haut-fond à l’entrée d’une baie que l’on croyait dégagée.

Le système utilisé en France est celui de l’Association internationale de signalisation maritime (AISM, ou IALA en anglais). Il distingue deux grandes familles : les marques latérales, qui balisent les chenaux, et les marques cardinales, qui situent un danger par rapport aux points cardinaux.

Le système région A : une base à connaître avant tout

L’AISM partage le monde en deux régions. La France, comme le reste de l’Europe, l’Afrique, la majeure partie de l’Asie et l’Océanie, relève de la région A. Le continent américain, le Japon, la Corée et les Philippines relèvent de la région B.

La différence tient aux marques latérales : en région A, on laisse le rouge à bâbord (à gauche) en entrant dans un port. En région B, les couleurs sont inversées. Pour l’examen du permis côtier en France, une seule règle compte : celle de la région A.

Les marques cardinales, elles, sont identiques partout dans le monde. C’est une bonne nouvelle pour la mémoire : la partie la plus technique du balisage ne change pas d’une région à l’autre.

Les marques latérales : bâbord et tribord

Les marques latérales délimitent les côtés d’un chenal, c’est-à-dire le passage sûr pour entrer ou sortir d’un port. Elles fonctionnent par paires : une couleur à gauche, une couleur à droite.

Le sens de référence est le sens conventionnel de balisage : celui d’un navire qui vient du large et se dirige vers le port. En clair, on lit les marques comme si l’on rentrait au port.

  • Marque bâbord (côté gauche en rentrant) : couleur rouge, forme cylindrique (plate au sommet), voyant en cylindre rouge, feu rouge la nuit. Elle porte un numéro pair.
  • Marque tribord (côté droit en rentrant) : couleur verte, forme conique (pointue au sommet), voyant en cône vert pointe en haut, feu vert la nuit. Elle porte un numéro impair.

Le moyen mnémotechnique le plus répandu tient en une phrase : « un rouge à bâbord en rentrant ». Pour la sortie, il suffit d’inverser. Beaucoup de candidats se trompent en oubliant le sens conventionnel : ce n’est pas votre gauche à vous qui compte, mais la gauche d’un bateau qui entre au port.

S’exercer sur des séries de balisage ➜ S’entraîner au code bateau

Les marques cardinales : où passer autour d’un danger

Les marques cardinales indiquent de quel côté contourner un danger. Elles sont jaunes et noires, et se reconnaissent à leur voyant fait de deux cônes noirs superposés. La règle est simple : on passe du côté indiqué par le nom de la marque. On passe au nord d’une cardinale Nord, à l’est d’une cardinale Est, et ainsi de suite.

Le secret pour ne plus les confondre, c’est de regarder la pointe des cônes du voyant. Ils pointent vers la disposition de la bande noire.

MarqueVoyant (2 cônes noirs)Couleurs (de haut en bas)Feu blanc scintillant
NordPointes vers le hautNoir puis jauneContinu (rapide, sans interruption)
EstBase contre baseNoir, jaune, noir3 éclats groupés
SudPointes vers le basJaune puis noir6 éclats + 1 éclat long
OuestPointes jointes (sablier)Jaune, noir, jaune9 éclats groupés

Pour les feux de nuit, une astuce d’horloge aide beaucoup : imaginez un cadran. L’Est est à 3 heures (3 éclats), le Sud à 6 heures (6 éclats, puis un éclat long pour ne pas le confondre avec l’Ouest), l’Ouest à 9 heures (9 éclats). Le Nord, tout en haut, ne compte pas : son feu est continu.

La position des bandes noires suit la même logique que les cônes. Cardinale Nord : les pointes montent, la bande noire est en haut. Cardinale Sud : les pointes descendent, la bande noire est en bas. Une fois ce lien vu, on ne se trompe plus.

Danger isolé, eaux saines et marques spéciales

Trois autres familles complètent le balisage. Elles reviennent régulièrement à l’examen et méritent d’être connues aussi bien que les latérales et les cardinales.

La marque de danger isolé

Elle signale un danger de faible étendue, entouré d’eaux saines : une roche isolée, une épave ponctuelle. Elle est noire avec une ou plusieurs larges bandes rouges horizontales. Son voyant se compose de deux boules noires superposées, et son feu blanc émet deux éclats groupés.

La marque d’eaux saines

Elle indique que l’eau est saine tout autour : on la trouve souvent au milieu d’un chenal ou à l’atterrissage, pour marquer l’axe de route. Elle est rouge et blanche à bandes verticales, avec un voyant en boule rouge. Son feu blanc est doux et régulier (isophase, à occultations, ou un éclat long toutes les dix secondes).

La marque spéciale

Elle ne concerne pas directement la navigation mais signale une zone particulière : chenal de baignade, câble sous-marin, zone d’exercices, installation aquacole. Elle est entièrement jaune, avec un voyant en croix jaune (en forme de X) et un feu jaune. Sa forme n’a pas de signification, seule sa couleur compte.

Quatre familles à ne pas confondre : les latérales (rouge et verte) balisent les chenaux ; les cardinales (jaune et noir) contournent un danger par un point cardinal ; le danger isolé (noir à bandes rouges, deux boules noires) marque un écueil ponctuel ; les eaux saines (rouge et blanc, boule rouge) indiquent l’axe d’un chenal.

La méthode de lecture en quatre réflexes

Face à une marque, un ordre de lecture fixe évite de paniquer, à l’examen comme en navigation. Prenez les indices dans cet ordre.

  • La couleur d’abord. Rouge ou verte : latérale, on est dans un chenal. Jaune et noir : cardinale, un danger est à contourner. Noir à bandes rouges : danger isolé. Rouge et blanc : eaux saines. Tout jaune : marque spéciale.
  • La forme et le voyant ensuite. Le voyant lève l’ambiguïté : deux cônes noirs pour une cardinale, deux boules noires pour un danger isolé, une boule rouge pour des eaux saines, une croix jaune pour une marque spéciale.
  • Le sens, pour les latérales. Toujours raisonner dans le sens conventionnel, comme si l’on rentrait au port : rouge à bâbord, vert à tribord.
  • Le feu, la nuit. Couleur et rythme donnent la réponse même sans voir la forme : rouge pour bâbord, vert pour tribord, blanc scintillant pour une cardinale, avec le nombre d’éclats de l’astuce d’horloge.

Ces réflexes s’automatisent avec la répétition. Les enchaîner sur des séries de questions, puis en conditions d’examen, est le meilleur moyen de les ancrer avant la saison. Un dernier passage en examen blanc du code bateau permet de vérifier que la lecture est devenue instinctive, y compris sur les marques de nuit.

Le balisage se relie au reste du programme : il complète les règles de priorité en navigation et les règles à respecter selon les zones maritimes. Bien lire une marque ne sert à rien si l’on ignore qui a la priorité au croisement de deux chenaux.

Se tester avant de prendre la barre ➜ Passer un examen blanc du code bateau

FAQ

Comment reconnaître une marque bâbord d’une marque tribord ?

En région A (France), la marque bâbord est rouge, de forme cylindrique, avec un feu rouge la nuit ; la marque tribord est verte, de forme conique, avec un feu vert. On les lit dans le sens conventionnel du balisage, comme un bateau qui rentre au port : rouge à gauche, vert à droite.

Que signifient les marques cardinales en mer ?

Elles indiquent de quel côté contourner un danger : on passe au nord d’une cardinale Nord, au sud d’une cardinale Sud, et ainsi de suite. Elles sont jaunes et noires, avec un voyant fait de deux cônes noirs dont la disposition (pointes en haut, en bas, jointes ou opposées) donne la direction.

Comment mémoriser les feux des marques cardinales ?

Avec l’astuce de l’horloge : l’Est correspond à 3 heures donc 3 éclats, le Sud à 6 heures donc 6 éclats suivis d’un éclat long, l’Ouest à 9 heures donc 9 éclats. La cardinale Nord, tout en haut du cadran, a un feu blanc scintillant continu.

Le balisage est-il le même partout dans le monde ?

Les marques cardinales, de danger isolé, d’eaux saines et spéciales sont identiques partout. Seules les marques latérales changent : en région A (Europe, France) le rouge est à bâbord en rentrant, alors qu’en région B (Amériques, Japon) les couleurs sont inversées.

À quoi sert une marque jaune en mer ?

Une marque entièrement jaune est une marque spéciale. Elle ne balise pas la navigation mais signale une zone particulière : chenal de baignade, câble sous-marin, zone d’exercices ou d’aquaculture. Son voyant est une croix jaune en forme de X et son feu, la nuit, est jaune.

Sources

  • Légifrance : arrêté du 30 novembre 2017 portant définition du système de balisage maritime et de son référentiel nautique et technique (région A, AISM-IALA). Vérifier l’URL exacte de la version en vigueur avant publication ; Légifrance fait foi.
  • Ministère chargé de la Mer : « Le permis plaisance, permis de conduire les bateaux de plaisance à moteur ».
  • SHOM (Service hydrographique et océanographique de la marine) : ouvrages et cartes de référence sur la signalisation maritime et le système de balisage région A. (cité, non lié)
  • bateaux.com, Codes Rousseau : fiches pédagogiques sur le balisage maritime pour le permis côtier. (cités, non liés)