Alcool et stupéfiants à moto : seuils, sanctions et ETM

Publié le 22 juin 2026
 • Mis à jour le 22 juin 2026
 • Thomas Grunder
À moto, l’alcool et les stupéfiants pèsent encore plus lourd qu’en voiture : équilibre, jugement, temps de réaction. On détaille les trois seuils d’alcoolémie, la tolérance zéro pour les drogues, les sanctions et la façon dont ce thème tombe à l’épreuve théorique moto.

Sur deux roues, un verre de trop ne pardonne pas comme dans une voiture. L’alcool attaque d’abord l’équilibre, le jugement et le temps de réaction, exactement les trois choses dont un motard a besoin en permanence pour rester debout et lire la route. C’est pour ça que le thème « le conducteur » revient régulièrement à l’épreuve théorique moto, avec des questions précises sur les seuils d’alcoolémie, la tolérance zéro pour les stupéfiants et les sanctions. Cet article fait le point sur ce qu’il faut savoir, et sur la façon dont ces notions tombent à l’examen. Si tu prépares encore l’épreuve, tu peux réviser ton code moto en ligne en parallèle.

Sommaire

Pourquoi l’alcool est plus dangereux à moto

En voiture, l’alcool dégrade la conduite. À moto, il s’attaque en plus à ce qui te maintient en équilibre. Une machine se pilote avec le regard, des micro-corrections permanentes et une bonne anticipation : trois fonctions que l’alcool altère parmi les premières, bien avant que le conducteur ne se sente « ivre ».

Concrètement, même une alcoolémie faible allonge le temps de réaction, rétrécit le champ visuel, fausse l’évaluation des distances et de la vitesse, et réduit la coordination entre les mains et les pieds (embrayage, sélecteur, freins). Sur deux roues, où la moindre erreur de trajectoire ou de freinage ne se rattrape pas avec une carrosserie autour de soi, ces effets se paient comptant.

Les deux-roues motorisés sont déjà fortement surexposés au risque routier. Ajouter de l’alcool ou des stupéfiants à cette exposition, c’est cumuler deux facteurs qui figurent chaque année parmi les principales causes d’accidents mortels. C’est aussi pour cette raison que la réglementation ne fait aucune différence entre une voiture et une moto sur les seuils : ils sont strictement identiques.

À retenir : les seuils d’alcoolémie sont les mêmes à moto qu’en voiture. Ce qui change, c’est la marge d’erreur : à moto, l’équilibre et l’anticipation sont touchés en premier, et il n’y a pas d’habitacle pour amortir l’erreur.

Les trois seuils d’alcoolémie à connaître

Tout candidat à l’ETM doit connaître trois repères : le seuil du conducteur confirmé, celui du permis probatoire, et le seuil à partir duquel l’infraction devient un délit.

  • 0,5 g/L de sang (soit 0,25 mg/L d’air expiré) : c’est la limite pour un conducteur titulaire d’un permis confirmé. Au-delà, c’est une infraction.
  • 0,2 g/L de sang (soit 0,10 mg/L d’air expiré) : c’est la limite pour un conducteur en permis probatoire. En pratique, ce taux correspond à zéro verre : la marge est trop faible pour « tolérer » quoi que ce soit.
  • 0,8 g/L de sang (soit 0,40 mg/L d’air expiré) : à partir de ce taux, l’alcool au volant n’est plus une simple contravention mais un délit, beaucoup plus lourdement puni.

Une précision qui piège souvent : ces seuils sont des limites légales, pas des « quantités autorisées ». Aucune méthode fiable ne permet de prévoir combien de verres font dépasser 0,5 g/L, car cela dépend du poids, du sexe, de ce qu’on a mangé et du temps écoulé. La seule règle sûre avant de prendre le guidon reste de ne pas boire.

Les trois seuils d’alcoolémie applicables à moto comme en voiture, et le seuil de bascule en délit à 0,8 g/L. Source : Sécurité routière et service-public.fr, 2026.

Le piège du « petit verre » : à 0,2 g/L, on ne parle pas d’un verre toléré mais de la marge d’incertitude des appareils. Pour un jeune motard en probatoire, le moindre verre peut faire basculer dans l’infraction.

Tu démarres avec 6 points et 0,2 g/L ? ➜ Tout comprendre au permis probatoire à moto

Les sanctions en cas d’alcool au guidon

Les sanctions sont graduées selon le taux mesuré. Pour le candidat à l’ETM, l’essentiel est de retenir la bascule entre la contravention et le délit.

Taux d’alcoolNatureSanctions principales
De 0,5 à 0,8 g/L (0,2 à 0,8 en probatoire)ContraventionAmende forfaitaire de 135 €, retrait de 6 points, suspension de permis possible jusqu’à 3 ans.
0,8 g/L et plusDélitJusqu’à 4 500 € d’amende, retrait de 6 points, jusqu’à 2 ans de prison, suspension ou annulation du permis, immobilisation possible du véhicule.

Dans tous les cas, le retrait est de 6 points d’un coup. Pour un jeune motard en permis probatoire, qui démarre avec un capital de 6 points seulement, une seule infraction d’alcoolémie suffit donc à invalider le permis : il faut alors repasser les épreuves, ETM compris.

Le cumul alcool + stupéfiants, ou la récidive, alourdit encore la note : les peines maximales peuvent monter jusqu’à 9 000 € d’amende et 3 ans de prison. Là encore, la moto n’est pas traitée différemment de la voiture.

Stupéfiants : la tolérance zéro

Pour les stupéfiants, il n’y a pas de seuil. La règle est la tolérance zéro : conduire après avoir consommé une drogue, quelle qu’elle soit et en quelle quantité que ce soit, est un délit dès la première trace détectée. Le cannabis, dont les traces restent décelables plusieurs jours après la consommation, est concerné au même titre que les autres substances.

Les peines sont du même ordre que pour l’alcoolémie délictuelle : jusqu’à 4 500 € d’amende, retrait de 6 points, jusqu’à 2 ans de prison, suspension ou annulation du permis. Le cumul avec l’alcool fait grimper le plafond à 9 000 € et 3 ans de prison.

Un point que l’ETM aime tester : certains médicaments peuvent eux aussi altérer la vigilance et la conduite. Ils ne relèvent pas du délit de stupéfiants, mais les pictogrammes de mise en garde sur les boîtes (niveaux 1, 2 et 3) signalent un risque réel, et le niveau 3 déconseille formellement de prendre le guidon.

Comment se passe un contrôle

Le contrôle d’alcoolémie se fait d’abord par un éthylotest (le « ballon » ou un appareil électronique). S’il est positif, il est confirmé par un éthylomètre ou une prise de sang, qui donne la valeur retenue. Le dépistage des stupéfiants passe par un test salivaire, confirmé si besoin par une analyse en laboratoire.

Refuser de se soumettre à ces vérifications est un délit, puni aussi sévèrement qu’une alcoolémie ou une consommation avérée. Autrement dit, refuser le test ne fait pas gagner le motard : c’est traité comme le pire des cas.

Comment ça tombe à l’ETM

Le thème « le conducteur » est l’un des plus rentables à réviser, parce que les questions reposent sur des chiffres précis et des règles fixes : une fois les repères mémorisés, on ne se trompe plus. Voici les formes les plus fréquentes.

Ce qui peut tomberLe bon repère
Taux limite pour un permis confirmé0,5 g/L de sang (0,25 mg/L d’air expiré).
Taux limite en permis probatoire0,2 g/L de sang (0,10 mg/L d’air expiré), soit zéro verre.
Seuil de passage en délit0,8 g/L de sang (0,40 mg/L d’air expiré).
Stupéfiants au guidonTolérance zéro : délit dès la première trace.
Combien de points retirés6 points, que ce soit pour l’alcool ou les stupéfiants.
Effet sur la conduite à motoÉquilibre, jugement, champ visuel et temps de réaction dégradés.

Méfie-toi des questions qui mélangent les unités. Une réponse peut donner le taux en grammes par litre de sang et une autre en milligrammes par litre d’air expiré : retiens les deux équivalences (0,5 g/L = 0,25 mg/L, 0,2 g/L = 0,10 mg/L) pour ne pas tomber dans le piège. Attention aussi aux formulations en « toujours / jamais » : la conduite après stupéfiants est toujours un délit, sans seuil, ce qui rend les réponses du type « autorisé en petite quantité » systématiquement fausses.

Ce thème se recoupe avec d’autres révisions utiles : le permis probatoire et son taux à 0,2 g/L, l’équipement obligatoire et, plus largement, les questions pièges de l’ETM où les seuils chiffrés reviennent souvent.

Questions fréquentes

Quel est le taux d’alcool autorisé à moto ?

Les seuils sont les mêmes qu’en voiture : 0,5 g/L de sang (0,25 mg/L d’air expiré) pour un permis confirmé, et 0,2 g/L (0,10 mg/L) pour un permis probatoire. À partir de 0,8 g/L, c’est un délit. La règle la plus sûre reste de ne pas boire avant de prendre le guidon.

Combien de points perd-on pour alcool ou stupéfiants au guidon ?

6 points dans les deux cas. Pour un jeune motard en probatoire, qui n’a que 6 points au départ, une seule infraction suffit à invalider le permis et à devoir repasser les épreuves, ETM compris.

Le cannabis reste-t-il détectable longtemps ?

Oui. Les traces de cannabis peuvent être décelées plusieurs jours après la consommation par un test salivaire. Comme la règle est la tolérance zéro, une trace détectée suffit à caractériser le délit, même si la consommation est ancienne.

Les médicaments peuvent-ils poser problème à moto ?

Certains, oui. Ils ne relèvent pas du délit de stupéfiants, mais les pictogrammes sur les boîtes signalent un risque pour la conduite. Le niveau 3 déconseille formellement de prendre le guidon. À l’ETM, c’est une distinction qui peut être testée.

Que risque-t-on à refuser un contrôle ?

Refuser un dépistage d’alcoolémie ou de stupéfiants est un délit, puni aussi sévèrement qu’une infraction avérée : amende, retrait de 6 points, prison possible et suspension du permis. Refuser ne fait jamais gagner le conducteur.