Téléphone au volant : amende, points et suspension du permis

Publié le 27 juillet 2026
 • Mis à jour le 27 juillet 2026
 • Thomas Grunder
Tenir son téléphone en main au volant coûte 135 € et 3 points, et peut désormais valoir une suspension du permis. Le barème exact, le cas de la suspension, les rares situations autorisées et ce que l’examen du code attend sur la question de l’inattention.
main posée sur un volant, smartphone visible en gros plan flou à l'intérieur d'un habitacle, ambiance jour, sans marque

Un coup d’œil au GPS, un message qu’on lit au feu rouge, un appel qu’on décroche « juste deux secondes » : le téléphone est le geste interdit le plus banalisé de la route. Il coûte pourtant 135 € et 3 points, et, depuis 2026, il peut coûter le permis lui-même dans un nombre croissant de départements. Avant de réviser ce thème et de préparer votre code de la route en ligne, voici ce que dit précisément la règle : le barème exact, le cas de la suspension, les rares situations où le téléphone reste toléré, et ce que l’examen attend sur l’inattention au volant.

Sanctions du téléphone au volant : 135 euros d'amende et contravention de 4e classe, 3 points retirés sur le permis, suspension du permis jusqu'à 6 mois si une autre infraction est commise en même temps, et suspension de 1 à 3 mois pour le seul usage du téléphone dans les départements qui l'expérimentent en 2026
Les repères à retenir : l’amende et les points, la suspension classique et la suspension « téléphone seul » qui se répand en 2026.

Sommaire

Ce que le code interdit exactement

La règle tient en une idée simple : au volant, le téléphone ne doit pas être dans votre main. L’article R412-6-1 du code de la route interdit l’usage d’un téléphone tenu en main par le conducteur d’un véhicule en circulation. Peu importe l’action : téléphoner, lire un message, taper une adresse, regarder l’heure. Dès que l’appareil est en main et le véhicule en mouvement, l’infraction est constituée.

Deux précisions changent souvent la perception des candidats. D’abord, l’interdiction vise le véhicule en circulation, pas seulement en mouvement rapide : rouler au pas dans un embouteillage compte toujours. Ensuite, le kit mains libres tenant dans l’oreille est lui aussi visé par une interdiction distincte : porter à l’oreille un dispositif émettant du son, écouteurs, oreillette ou casque audio, est interdit au volant, avec la même sanction. Seuls restent permis les systèmes intégrés au véhicule ou fixés sur un support, à condition de ne pas manipuler l’écran en roulant.

À retenir en une phrase. Ce n’est pas « téléphoner » qui est interdit, c’est tenir l’appareil en main ou porter un son à l’oreille pendant que le véhicule circule.
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Le barème : 135 € et 3 points

Tenir son téléphone en main au volant est une contravention de quatrième classe. La sanction est double, financière et sur le permis.

SanctionMontant / effet
Amende forfaitaire135 €
Amende minorée (paiement rapide)90 €
Amende majorée (paiement tardif)375 €
Retrait de points3 points

Trois points, ce n’est pas anodin. Un permis classique en compte douze ; un permis probatoire démarre à six et gagne des points chaque année sans infraction. Pour un jeune conducteur, une seule verbalisation pour téléphone retire donc la moitié du capital de la première année. La règle de récupération des points permet de reconstituer ce solde avec le temps ou par un stage, mais le retour n’a rien d’immédiat.

Ce téléphone tenu en main figure d’ailleurs, avec l’alcool et la vitesse, parmi les infractions les plus fréquemment relevées lors des contrôles. Pour situer cette contravention parmi les autres, notre récapitulatif des infractions et amendes du code de la route donne le barème complet, classe par classe.

Quand le téléphone fait perdre le permis

La vraie bascule date de 2020. Le décret du 18 mai 2020, entré en vigueur le 22 mai, a créé un mécanisme longtemps ignoré du grand public : si vous tenez votre téléphone en main et commettez en même temps une autre infraction au code de la route, les forces de l’ordre peuvent retenir votre permis sur-le-champ, et le préfet prononcer ensuite une suspension pouvant aller jusqu’à six mois.

L’« autre infraction » n’a rien d’exotique. Il s’agit des manquements les plus courants : non-respect des distances de sécurité, franchissement d’une ligne continue, excès de vitesse, non-respect d’un feu rouge ou d’un stop, défaut de priorité. Autrement dit, le conducteur qui tape un message en oubliant de laisser deux secondes avec la voiture devant lui coche, à lui seul, les deux cases.

Le point clé. Le téléphone en main ne suffisait, jusqu’ici, à faire perdre le permis que s’il s’accompagnait d’une autre faute. C’est cette condition que plusieurs préfets ont décidé de lever en 2026.
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La suspension « téléphone seul » qui se répand en 2026

Sur le terrain, un durcissement s’installe. Plusieurs préfectures ont pris des arrêtés permettant de suspendre le permis pour le seul usage du téléphone en main, sans attendre une seconde infraction. Le mouvement, expérimenté d’abord dans les Landes et le Lot-et-Garonne, s’étend à d’autres départements courant 2026.

  • Indre-et-Loire : depuis le 24 juillet 2026, tenir son téléphone en main expose à une suspension d’un mois, portée à deux mois en cas d’antécédent de moins de deux ans ou de permis probatoire.
  • Drôme : à partir du 1er septembre 2026, après une phase de pédagogie en août, avec une suspension de un à trois mois selon la répétition.
  • Ardèche et Eure-et-Loir figurent parmi les autres départements ayant annoncé la même mesure.

Ces décisions relèvent d’arrêtés préfectoraux : elles s’appliquent localement, sur la route des départements concernés, et non d’une réforme nationale. Mais la tendance est nette, et rien n’interdit à d’autres préfets de suivre. Concrètement, un même geste peut aujourd’hui valoir 135 € et 3 points partout, et en plus une suspension immédiate dans une liste de départements qui s’allonge. La presse locale, Ouest-France et ICI notamment, a largement relayé ces annonces au cours de l’été.

Les rares cas où le téléphone reste toléré

La règle connaît des limites de bon sens, qu’il est utile de connaître pour ne pas tomber dans les questions pièges.

  • Véhicule à l’arrêt réglementaire, moteur coupé, hors voie de circulation. Un stationnement en règle vous rend l’usage du téléphone. Attention : s’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence pour téléphoner n’est pas un arrêt réglementaire et reste sanctionné.
  • Appel des secours en cas de danger immédiat. La nécessité de prévenir police, pompiers ou SAMU face à un danger justifie l’usage, mais la charge de le démontrer pèse sur le conducteur.
  • Téléphonie intégrée ou fixée sur support, commandée à la voix ou au volant, sans que l’appareil soit pris en main ni l’écran manipulé en roulant.

Le reste est une zone grise que les forces de l’ordre tranchent sur le moment : un téléphone posé sur les genoux, un écran consulté en tenant l’appareil, un casque sur une oreille au feu rouge sont autant de situations verbalisables.

Téléphone au volant : ce que l’examen du code attend

Le sujet revient régulièrement dans la banque de questions de l’épreuve théorique générale, sous l’angle de l’inattention et de la responsabilité du conducteur. Trois réflexes de correction méritent d’être ancrés.

  • C’est le fait de tenir l’appareil qui est interdit, pas la communication. Une question qui oppose « téléphoner » et « lire un message » cherche à vous égarer : les deux sont interdits dès lors que le téléphone est en main.
  • L’inattention se mesure en distance parcourue. Lire un message revient à quitter la route des yeux plusieurs secondes ; à 50 km/h, chaque seconde représente près de 14 mètres parcourus à l’aveugle. Les questions insistent sur ce raccourci entre distraction et distance.
  • La sanction peut dépasser l’amende. Une bonne réponse intègre désormais l’existence d’une suspension possible du permis, et pas seulement les 135 € et les 3 points.

L’inattention liée au téléphone rejoint, dans le programme, les autres causes de baisse de vigilance. Nos conseils pour lutter contre la fatigue au volant traitent le versant physiologique de cette même question : dans les deux cas, l’enjeu est de garder l’attention là où elle doit être, sur la route.

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FAQ

Quelle est l’amende pour téléphone au volant ?

Tenir son téléphone en main au volant est une contravention de quatrième classe : 135 € d’amende forfaitaire, ramenée à 90 € en cas de paiement rapide et portée à 375 € en cas de paiement tardif, avec un retrait de 3 points sur le permis.

Peut-on perdre son permis à cause du téléphone au volant ?

Oui. Depuis 2020, si l’usage du téléphone tenu en main s’accompagne d’une autre infraction commise en même temps, le permis peut être retenu puis suspendu jusqu’à six mois. Et depuis 2026, plusieurs préfectures suspendent le permis pour le seul usage du téléphone, sans autre infraction.

Le kit mains libres avec écouteurs est-il autorisé ?

Non. Porter à l’oreille un dispositif émettant du son, écouteurs, oreillette ou casque audio, est interdit au volant, avec la même sanction que le téléphone en main. Seuls les systèmes intégrés au véhicule ou fixés sur un support, sans manipulation de l’écran, restent permis.

Puis-je utiliser mon téléphone à l’arrêt à un feu rouge ?

Non. Le véhicule reste en circulation à un feu rouge ou dans un embouteillage : l’infraction est constituée. Le téléphone n’est autorisé qu’à l’arrêt réglementaire, moteur coupé et hors voie de circulation, ce qui exclut la bande d’arrêt d’urgence.

Dans quels départements le permis est-il suspendu pour le seul téléphone ?

Le dispositif, d’abord expérimenté dans les Landes et le Lot-et-Garonne, s’étend en 2026 à d’autres départements, dont l’Indre-et-Loire, la Drôme, l’Ardèche et l’Eure-et-Loir. Comme il s’agit d’arrêtés préfectoraux, la liste évolue : la référence à jour est l’arrêté de votre préfecture.

Sources