Éthylotest en voiture : obligatoire, norme NF, amende et bon usage

La plupart des gens décrochent leur code en 2 mois. Toi, t'es capable de faire mieux ?
Faut-il vraiment un éthylotest dans la boîte à gants ? La réponse tient en deux dates : l’obligation de le détenir a été instaurée en 2012, puis la sanction qui l’accompagnait a été supprimée en 2013. Autrement dit, la question n’est plus de savoir si vous risquez une amende, mais si vous voulez vous donner les moyens de savoir si vous pouvez conduire. Nous avons relu les communiqués de la Sécurité routière pour séparer ce qui est officiel de ce qui circule sur les boutiques en ligne. Pour vous entraîner sur ces règles avant l’examen, vous pouvez préparer mon code de la route en ligne.

Ce qu’il faut retenir
- Un décret du 28 février 2012 a imposé de détenir un éthylotest NF à bord à partir du 1er juillet 2012, cyclomoteurs exclus.
- Le décret n° 2013-180, publié le 1er mars 2013, a supprimé la sanction : aucune contravention pour défaut d’éthylotest.
- La Sécurité routière continue de recommander l’auto-évaluation volontaire, avec un éthylotest aux normes françaises.
- Le taux légal reste de 0,5 g/l de sang (0,25 mg/l d’air expiré), et 0,2 g/l pour un permis probatoire.
- Un éthylotest ne remplace pas le jugement : aucun « truc » n’élimine l’alcool plus vite.
Sommaire
- Obligatoire ou non : la chronologie officielle
- La norme NF et le choix de l’appareil
- Éthylotest, éthylomètre, alcootest : quelle différence ?
- Les seuils à connaître avant de prendre le volant
- Bien l’utiliser, et ses limites
- Où en acheter
- Questions fréquentes
- Sources
Obligatoire ou non : la chronologie officielle
C’est le point où la plupart des pages se contredisent, alors reprenons les textes dans l’ordre, tels que la Sécurité routière les présente.
2012 : l’obligation de détenir un éthylotest
Le décret n° 2012-284 du 28 février 2012 imposait à tout conducteur d’un véhicule terrestre à moteur, à l’exclusion des cyclomoteurs, de justifier de la possession d’un éthylotest non usagé, disponible immédiatement. L’obligation est entrée en vigueur le 1er juillet 2012. Une amende de 11 € devait sanctionner le défaut de présentation à compter du 1er novembre 2012, après une période de simple rappel par les forces de l’ordre.
2013 : la sanction est supprimée
Le 1er mars 2013, la Sécurité routière a annoncé la parution au Journal officiel du décret n° 2013-180, qui supprime la sanction. Son argument : la seule obligation contrôlée portait sur la détention d’un éthylotest non usagé et non périmé, ce qui freinait l’auto-évaluation volontaire de l’alcoolémie. Elle précise aussi qu’aucun autre pays ne connaissait une telle obligation assortie d’une amende.
En pratique, vous ne risquez donc pas de contravention parce que votre voiture n’en contient pas. Nous n’avons pas pu relire ce jour le texte en vigueur sur Légifrance : si vous avez un doute précis, par exemple pour un véhicule professionnel, reportez-vous à l’article R234-7 du code de la route.
La norme NF et le choix de l’appareil
Quand l’obligation existait, le décret de 2012 précisait que l’éthylotest devait porter le label « Norme Française » (NF), censé garantir sa qualité et sa fiabilité. La Sécurité routière rappelle toujours que les éthylotests aux normes françaises répondent à des exigences de certification élevées et constituent, pour l’usager, le meilleur moyen de s’assurer qu’il est en état de conduire après avoir bu. La liste des fabricants certifiés NF est tenue par le Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE).
Dans le choix, deux familles existent, l’éthylotest chimique et l’éthylotest électronique, tous deux visés par les textes. Les éthylotests chimiques se vendent par paquet, ce qui a l’avantage de baisser le prix à l’unité et d’en garder plusieurs à bord. Surtout, vérifiez que la mention NF figure sur l’emballage et que la date n’est pas dépassée : un éthylotest périmé ou déjà utilisé ne vous apprend rien de fiable. Nous n’avons trouvé aucune source officielle chiffrant la durée de validité, donc nous ne l’indiquons pas : lisez la notice.
Éthylotest, éthylomètre, alcootest : quelle différence ?
Les trois mots reviennent sans cesse dans les recherches, et ils ne désignent pas tout à fait la même chose. L’éthylotest est l’appareil de dépistage : c’est celui que les forces de l’ordre vous fournissent lors d’un contrôle, et celui que vous pouvez acheter. L’éthylomètre est l’appareil de mesure, qui exprime le résultat en milligrammes d’alcool par litre d’air expiré ; la Sécurité routière le cite pour la mesure de l’alcoolémie. « Alcootest » est un terme courant, utilisé pour désigner l’un ou l’autre.
Dans le cadre des dépistages, c’est bien l’éthylotest qui est fourni par les forces de l’ordre : vous n’avez pas à apporter le vôtre pour être contrôlé.
Les seuils à connaître avant de prendre le volant
Le véritable enjeu de l’éthylotest, c’est le taux qu’il permet de vérifier. D’après la Sécurité routière, il est interdit de conduire avec un taux d’alcool supérieur ou égal à 0,5 g/l de sang, soit 0,25 mg/l d’air expiré. Le seuil descend à 0,2 g/l de sang (0,10 mg/l d’air expiré) pour un permis probatoire, un conducteur en apprentissage, un véhicule de transport en commun ou un droit à conduire limité aux véhicules équipés d’un éthylomètre anti-démarrage.
| Taux d’alcool | Nature de l’infraction |
|---|---|
| Entre 0,5 g/l (0,25 mg/l) et 0,8 g/l (0,40 mg/l) | Contravention de 4e classe |
| 0,8 g/l et plus | Délit |
| 0,2 g/l et plus (permis probatoire) | Infraction pour les conducteurs concernés |
Pour le détail des peines, notre article sur l’alcool au volant, les taux et les sanctions reprend chaque seuil. Si vous venez d’obtenir votre permis, relisez aussi notre point sur le permis probatoire.
Bien l’utiliser, et ses limites
La Sécurité routière indique que chaque verre fait monter l’alcoolémie de 0,20 g à 0,25 g en moyenne, davantage pour les personnes plus minces (jusqu’à 0,30 g). Le taux maximal est atteint un quart d’heure après absorption à jeun, et une heure après absorption au cours d’un repas. L’alcoolémie ne baisse ensuite que de 0,10 g à 0,15 g par litre de sang et par heure.
Cela change l’usage d’un éthylotest. Tester juste après le dernier verre peut donner un résultat rassurant alors que le taux continue de monter. Et surtout, un résultat sous le seuil ne dit rien de votre vigilance : fatigue, stress, état de santé et médicaments modifient la réaction. Café salé, cuillerée d’huile : la Sécurité routière rappelle qu’aucun « truc » n’élimine l’alcool plus vite. Le bon réflexe en cas de doute reste de passer le volant. À titre de rappel, une conduite en état alcoolique est sanctionnée d’un retrait de 6 points, d’après la Sécurité routière en 2013, que nous détaillons dans notre article sur la récupération des points.
Quand le dépistage est obligatoire
Le dépistage est obligatoire lorsque le véhicule est impliqué dans un accident ayant occasionné un dommage corporel, ou en cas d’infraction punie de la peine complémentaire de suspension du permis. Il est facultatif pour un accident aux seuls dommages matériels, et des dépistages préventifs peuvent aussi être pratiqués hors accident ou infraction.
Où en acheter
La Sécurité routière indique qu’on trouve des éthylotests dans les grandes surfaces, en pharmacie, dans la plupart des points presse et dans les centres auto. Les boîtes de nuit ont l’obligation, depuis novembre 2011, de mettre à disposition de leurs clients des dispositifs certifiés. Depuis le 1er juillet 2021, les établissements de boissons alcoolisées à emporter, ainsi que les sites de vente en ligne d’alcool, doivent aussi proposer des éthylotests à la vente ; l’amende prévue en cas de manquement est une contravention de 4e classe.
Garder un éthylotest dans la voiture reste une bonne idée de prévention, même sans obligation. Pour connaître le reste de ce qu’on doit avoir à bord, consultez notre article sur les équipements obligatoires dans un véhicule, et pour savoir comment se préparer, tester gratuitement le code de la route sur les thèmes alcool et sécurité.
Questions fréquentes
Il l’a été à partir du 1er juillet 2012, mais la sanction a été supprimée par le décret n° 2013-180, publié le 1er mars 2013. Vous ne risquez donc plus de contravention pour défaut d’éthylotest, d’après la Sécurité routière. L’auto-évaluation reste recommandée.
Le décret de 2012 exigeait le label « Norme Française » (NF). La liste des fabricants certifiés est tenue par le Laboratoire national de métrologie et d’essais.
L’éthylotest sert au dépistage, l’éthylomètre mesure le taux en milligrammes par litre d’air expiré. Lors d’un contrôle, c’est l’éthylotest fourni par les forces de l’ordre qui est utilisé pour le dépistage.
0,5 g/l de sang, soit 0,25 mg/l d’air expiré. Pour un permis probatoire, ce taux est de 0,2 g/l de sang, soit 0,10 mg/l d’air expiré.
La Sécurité routière indique que l’alcoolémie baisse en moyenne de 0,10 g à 0,15 g par litre de sang en une heure, alors que chaque verre fait monter le taux de 0,20 g à 0,25 g. Il n’existe pas de durée universelle : le plus sûr est de ne pas conduire.
En grandes surfaces, en pharmacie, dans la plupart des points presse et dans les centres auto, d’après la Sécurité routière.
Non. Il mesure un taux à un instant donné, alors que l’alcoolémie peut encore monter, et il ne tient pas compte de la fatigue ni des médicaments.
Sources
- Sécurité routière, L’éthylotest à bord d’un véhicule : suppression de la sanction (1er mars 2013)
- Sécurité routière, Le point sur l’obligation de posséder un éthylotest (2 février 2012)
- Sécurité routière, Liste des fabricants d’éthylotests certifiés NF (16 avril 2012)
- Sécurité routière, Règlementation de l’alcool au volant
- Sécurité routière, Obligation de mise en vente d’éthylotests (8 avril 2021)
- Sécurité routière, Où acheter un éthylotest ?