La France : une puissance maritime ?

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« Les larmes de nos souverains ont souvent le goût salé de la mer qu’ils ont ignorée » : Richelieu regrettait déjà que Louis XIII ne cherche pas à valoriser les atouts d’une puissance maritime de rang mondial.

I) Une présence sur tous les océans

La France métropolitaine bénéficie de trois façades maritimes : Méditerranée, Atlantique, Manche-mer du Nord. Pourtant, elle en a peu tiré parti, malgré certaines régions très tournées vers la mer (Bretagne, Normandie, Pays basque).

La France a hérité de son passé colonial des territoires ultramarins qui lui assurent une présence sur tous les océans du monde. Ces territoires sont pour les uns peuplés (près de 3 millions d’habitants dont 2 dans les DROM), pour d’autres, vides (TAAF, Clipperton).

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Les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) comprennent l’archipel Crozet, les îles Kerguelen, les îles Éparses, les îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam, ainsi que la Terre-Adélie.

Cette présence mondiale est toutefois contestée : les îles Éparses et Tromelin sont revendiquées par Madagascar ; les Comores considèrent comme illégitime la souveraineté française sur Mayotte ; le Mexique lorgne Clipperton.

II) Des moyens maritimes encore de rang mondial

1) Les difficultés des ports français

Les ports français – Marseille-Fos (80 Mt), Le Havre (72 Mt) et Calais à égalité avec Dunkerque (50 Mt) – connaissent un déclin relatif depuis plusieurs décennies. Leur trafic global (352,5 Mt) est inférieur à celui de Rotterdam (469 Mt).

Les ports français souffrent de la faiblesse de leur hinterland et d’un manque de compétitivité : 50 % des conteneurs qui entrent en France le font par des ports étrangers. Le groupe français CMA-CGM est pourtant la 4e compagnie logistique maritime du monde.

2) Le maintien de capacités militaires

La France conserve des capacités de projection de rang mondial. Le groupe aéronaval centré sur le porte-avions Charles de Gaulle permet d’intervenir rapidement sur les théâtres d’opérations les plus lointains. Ses 6 sous-marins nucléaires d’attaque permettent le contrôle des espaces maritimes et les frappes par missiles de croisière.

La dissuasion nucléaire française repose surtout sur une composante sous-marine. Les 4 SNLE (sous-marins nucléaires lanceurs d’engins) emportent des missiles intercontinentaux capables d’atteindre n’importe quel point du globe.

III) Des enjeux stratégiques

Avec une ZEE de 10,2 millions de km², la ZEE française est la 2e du monde. Les potentialités économiques sont donc considérables, mais sous-exploitées : la ZEE du Pacifique sud (6,8 M km²) est très éloignée de la métropole et à l’écart des routes maritimes.

INFO

La ZEE française s’étend sur 10,2 M km², mais passe à 11,7 (et devient 1re) si l’on y inclut les demandes d’extension non contestées par d’autres pays.

Par souci environnemental, la France a décidé de pas explorer les gisements d’hydrocarbures de sa ZEE. En métropole, la ZEE se prête au déploiement d’éolien offshore. 9 parcs naturels marins, en métropole et outre-mer, permettent de préserver de larges zones, 20 % de la ZEE française d’ici 2020.

La France prend sa part à la garantie de liberté de circulation des mers : c’est le seul pays européen à patrouiller régulièrement dans le détroit de Taïwan ou en mer de Chine méridionale ou dans le canal du Mozambique.

Zoom

La puissance maritime de la France : ZEE et bases militaires

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