Permis hauturier : réussir l’extension hauturière du permis bateau

Le permis côtier s’arrête à 6 milles d’un abri. Au-delà commence le domaine du permis hauturier, l’extension qui autorise la navigation à moteur sans aucune limite de distance, de jour comme de nuit. Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas un nouveau permis : c’est une épreuve théorique unique d’1h30, sans examen pratique, que l’on peut même passer en candidat libre. La condition d’entrée, elle, ne se discute pas : être titulaire de l’option côtière, celle que l’on obtient en commençant par tester gratuitement le code bateau. Voici le déroulé exact de l’épreuve, son barème, les démarches et le budget à prévoir.

Sommaire
- Le permis hauturier, c’est quoi exactement ?
- Côtier ou hauturier : ce que change l’extension
- L’examen du permis hauturier : épreuves et barème
- S’inscrire : en bateau-école ou en candidat libre
- Combien coûte le permis hauturier
- Comment se préparer efficacement
- FAQ
Le permis hauturier, c’est quoi exactement ?
Officiellement, le permis hauturier s’appelle « extension hauturière » du permis plaisance. Le mot extension dit tout : il complète l’option côtière, il ne la remplace pas. Impossible de s’y présenter sans être déjà titulaire du permis côtier, la réglementation est formelle sur ce point.
Une fois l’extension en poche, plus aucune limite de distance ne s’applique à la navigation d’un bateau de plaisance à moteur. Traversée du golfe de Gascogne, convoyage vers la Corse, croisière aux Baléares : tout devient accessible, de jour comme de nuit.
Détail utile pour les détenteurs d’anciens titres : les permis B et C, délivrés avant la réforme de 2008, confèrent les mêmes prérogatives que l’extension hauturière. Leurs titulaires n’ont aucune démarche à faire, ces titres restent valables. En cas de doute sur votre titre, l’article sur les différentes catégories de permis bateau fait le point.
Côtier ou hauturier : ce que change l’extension
La différence tient en une donnée : la distance d’un abri. L’option côtière autorise la navigation jusqu’à 6 milles d’un abri, soit environ 11 kilomètres. L’extension hauturière supprime cette limite.
| Permis côtier (option de base) | Extension hauturière | |
|---|---|---|
| Zone de navigation | Jusqu’à 6 milles d’un abri | Sans limite de distance |
| Prérequis | Aucun (formation théorique et pratique en bateau-école) | Être titulaire de l’option côtière |
| Épreuve | QCM de 40 questions, 5 erreurs admises | Épreuve écrite d’1h30 (carte, marée, questions) |
| Épreuve pratique | Oui, validée en formation | Aucune |
| Organisation de l’examen | Organismes privés agréés | DDTM (services de l’État) |
Pourquoi une épreuve si différente ? Parce qu’au large, plus de bouées ni d’amers pour se situer. Le navigateur hauturier doit savoir faire le point sur une carte, anticiper une hauteur d’eau, exploiter une météo marine. L’examen teste exactement ces compétences.
À noter : la limite des 6 milles ne définit pas seulement des prérogatives, elle conditionne aussi le matériel de sécurité à embarquer. Ce sujet est détaillé dans l’article sur les règles de navigation selon les zones maritimes.
L’examen du permis hauturier : épreuves et barème
L’épreuve est écrite, individuelle, et dure 1h30. Elle est notée sur 20, avec trois parties au barème fixé par l’arrêté du 28 septembre 2007 modifié. Pour être admis, il faut au moins 10/20. Mais attention : la partie carte est éliminatoire en dessous de 7/12, même avec un excellent total ailleurs.
Le tracé de route sur la carte SHOM 9999 (12 points)
C’est le cœur de l’examen, et ce qui fait sa réputation. Le candidat travaille sur la carte spéciale d’examen du SHOM, la 9999, une carte fictive conçue pour l’entraînement et l’épreuve. Au programme : tracer une route, calculer une route fond en tenant compte du courant et de la dérive due au vent, faire le point par relèvements, identifier un phare à partir de ses caractéristiques lumineuses.
Le matériel est celui du navigateur : règle de Cras, compas pointes sèches, crayon et gomme. La note plancher de 7/12 fait de cette partie le vrai juge de paix : on peut réussir tout le reste et échouer pour un tracé faux.
Le calcul de marée (4 points)
À partir d’un extrait d’annuaire des marées, le candidat calcule une hauteur d’eau à une heure donnée, ou l’heure à laquelle une hauteur sera atteinte. La méthode de référence est la règle des douzièmes. C’est un exercice mécanique : une fois la méthode acquise, les 4 points sont parmi les plus sûrs de l’épreuve.
Les questions de cours (4 points)
La dernière partie balaie le reste du programme : météorologie marine, matériel de sécurité hauturier, réglementation, balisage et feux. Des points rapides pour qui a révisé sérieusement, mais qui se refusent mal à l’improvisation.
Le barème à retenir : carte sur 12 (éliminatoire sous 7), marée sur 4, questions sur 4. Admis à partir de 10/20. Durée totale : 1h30. Aucune épreuve pratique.
S’inscrire : en bateau-école ou en candidat libre
Contrairement aux options de base, dont l’examen théorique est passé auprès d’organismes privés agréés, l’extension hauturière reste organisée par les services de l’État : les directions départementales des territoires et de la mer (DDTM) programment les sessions d’examen.
Deux voies d’accès existent.
- En bateau-école : l’établissement assure la formation (cartographie, marée, météo) et gère l’inscription à l’examen. C’est la voie la plus encadrée, utile quand on part de zéro en navigation.
- En candidat libre : autorisé pour l’extension hauturière, puisqu’elle ne comporte aucune épreuve pratique. Le candidat remplit le formulaire d’inscription disponible sur mer.gouv.fr et l’adresse à la DDTM de son lieu de domicile, avec les pièces justificatives.
Dans les deux cas, l’inscription à une extension du permis plaisance s’accompagne d’un timbre fiscal électronique de 38 euros, à acheter en ligne sur timbres.impots.gouv.fr. Bien choisir le timbre « permis plaisance », pas celui d’un passeport. La logique du candidat libre est la même que celle décrite pour passer le code bateau en candidat libre : elle ne vaut que pour les épreuves purement théoriques.
Combien coûte le permis hauturier
Le budget dépend entièrement de la voie choisie.
- Candidat libre : 38 euros de timbre fiscal, plus le matériel de travail. Comptez une carte SHOM 9999 (environ 30 euros), une règle de Cras, un compas pointes sèches et un ouvrage ou une formation en ligne de préparation. Le total reste généralement sous 150 euros.
- En bateau-école : les formations à l’extension hauturière s’affichent le plus souvent entre 200 et 300 euros selon les établissements et les régions, matériel parfois inclus. S’y ajoute le timbre fiscal de 38 euros.
Aucun timbre de délivrance de 78 euros n’est dû pour une extension : ce droit ne concerne que la première délivrance d’une option de base. C’est une économie souvent oubliée dans les budgets prévisionnels.
Comment se préparer efficacement
La préparation du hauturier est une affaire de pratique, pas de mémorisation. Trois conseils reviennent chez tous les formateurs et chez les candidats reçus.
- Faire des cartes, encore des cartes. L’épreuve sur la SHOM 9999 se réussit à l’entraînement : une vingtaine d’exercices de tracé complets suffisent en général à automatiser les gestes. La précision compte, un point à moins d’un demi-mille près.
- Verrouiller la marée tôt. La règle des douzièmes s’apprend en une soirée et rapporte 4 points quasi garantis. La travailler en premier libère du temps pour la carte.
- Ne pas négliger les 4 points de cours. Météo, sécurité, feux : ces questions font souvent la différence entre 9 et 11 sur 20.
Et si le permis côtier n’est pas encore acquis, c’est lui la priorité : réviser les 40 questions du QCM, puis se mettre en conditions réelles avant la date d’examen. Les fondamentaux du côtier (balisage, feux, priorités) resteront utiles jusque dans les questions de cours du hauturier.
FAQ
Non. L’extension hauturière exige d’être titulaire de l’option côtière du permis plaisance. Un titulaire de la seule option eaux intérieures ne peut pas s’y inscrire. Il faut donc obtenir le permis côtier d’abord, puis s’inscrire à l’extension.
Non, c’est une épreuve exclusivement théorique d’1h30 : tracé de route sur la carte SHOM 9999, calcul de marée et questions de cours. C’est aussi la raison pour laquelle l’inscription en candidat libre est autorisée, sans passer par un établissement de formation.
Il faut obtenir au moins 10 sur 20. La partie cartographie, notée sur 12, est éliminatoire en dessous de 7 : même un total supérieur à 10 ne rattrape pas une note de carte insuffisante. Le calcul de marée et les questions de cours valent 4 points chacun.
L’inscription se limite au timbre fiscal de 38 euros. En ajoutant la carte d’examen SHOM 9999, la règle de Cras, un compas et un support de préparation, le budget total reste le plus souvent inférieur à 150 euros, contre 200 à 300 euros de formation en bateau-école.
Le permis plaisance permet d’utiliser une VHF dans les eaux territoriales françaises. Au-delà, ou pour une VHF avec ASN en navigation internationale, le certificat restreint de radiotéléphoniste (CRR), délivré par l’ANFR, est exigé. Beaucoup de candidats hauturiers le passent dans la foulée.
Sources
- Ministère chargé de la Mer : « Le permis plaisance, permis de conduire les bateaux de plaisance à moteur » (prérequis, organisation DDTM, candidat libre, timbre fiscal de 38 euros, équivalences anciens permis B et C). Consulté le 3 juillet 2026.
- Légifrance : arrêté du 28 septembre 2007 modifié relatif au permis de conduire des bateaux de plaisance à moteur (barème et contenu de l’épreuve de l’extension hauturière en annexe). Vérifier la version en vigueur avant publication ; Légifrance fait foi.
- SHOM (Service hydrographique et océanographique de la marine) : carte spéciale d’examen et d’entraînement 9999. (cité, non lié)
- École de la Mer, CER, Codes Rousseau, bonplanpermis : fourchettes de prix des formations à l’extension hauturière et retours sur l’épreuve. (cités, non liés)