Feux de croisement : quand les allumer, et ce que le code impose vraiment

Publié le 08 octobre 2026
 • Mis à jour le 08 octobre 2026
 • Thomas Grunder
Presque toutes les pages du sujet vous diront que les feux de croisement sont le régime normal de conduite de nuit. Le code de la route dit l’inverse. Voici la règle exacte, les cinq cas de bascule, les trois faisceaux et leurs distances, et les symboles du tableau de bord.
vue depuis l'intérieur d'une voiture au crépuscule, pare-brise occupant tout le cadre, route départementale bordée d'arb

La plupart des gens décrochent leur code en 2 mois. Toi, t'es capable de faire mieux ?

Les feux de croisement sont le faisceau intermédiaire de votre voiture : ils éclairent la route sur au moins 30 mètres, sans éblouir ceux d’en face. Tout le monde sait à peu près ça. En revanche, presque toutes les pages qui traitent le sujet affirment que les feux de croisement sont le régime normal de conduite de nuit, et que les feux de route servent quand la route est déserte. Le code de la route dit l’inverse. La règle exacte tient en deux articles, et elle change la façon de répondre à une question d’examen. Si le chapitre éclairage vous pose problème, autant le traiter sur des images plutôt que sur du texte : Tester gratuitement le code de la route permet de voir ces situations en conditions réelles.

Schéma comparant les distances d'éclairage et de visibilité exigées par le code de la route pour les feux de route, les feux de croisement et les feux de position
Le code chiffre les trois faisceaux, mais pas dans la même unité : deux distances d’éclairage, une distance de visibilité.

Sommaire

La règle que presque toutes les pages inversent

Commençons par le texte, parce qu’il est court et sans ambiguïté. L’article R416-4 pose le principe général : la nuit, ou le jour lorsque la visibilité est insuffisante, tout conducteur doit faire usage des feux dont son véhicule doit être équipé.

Vient ensuite l’article R416-5, intitulé « Feux de route », qui énonce ceci : sauf dispositions différentes prévues au code, les véhicules à moteur doivent circuler avec le ou leurs feux de route allumés.

Relisez cette phrase. Le régime de droit commun, la nuit, c’est le feu de route. Pas le feu de croisement. L’article suivant, le R416-6, s’intitule « Feux de croisement » et liste les cas dans lesquels les véhicules à moteur doivent circuler en croisement, à l’exclusion des feux de route. Ce sont des exceptions, et elles sont limitatives.

Dans la pratique, ces exceptions couvrent la quasi-totalité de ce que vous rencontrez : une agglomération éclairée, un véhicule en face, un véhicule devant vous, de la pluie. C’est bien pour cela que vous roulez en croisement quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent. Mais la construction juridique est l’inverse de la description courante, et cela a deux conséquences concrètes.

Première conséquence : sur une route de campagne déserte, sans éclairage public, sans véhicule devant ni en face, par temps clair, vous ne « pouvez » pas allumer vos feux de route, vous le devez. Rouler en croisement dans cette situation n’est pas un choix prudent, c’est un écart au texte.

Seconde conséquence, qui surprend encore davantage : le IV de l’article R416-6 précise que lorsqu’il est fait usage des feux de route, les feux de croisement peuvent être utilisés simultanément. Les deux faisceaux ne s’excluent pas. Sur la plupart des voitures, d’ailleurs, allumer les pleins phares n’éteint pas les codes.

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Les cinq cas où vous devez passer en feux de croisement

Le II de l’article R416-6 énumère les situations dans lesquelles les feux de croisement deviennent obligatoires, à l’exclusion des feux de route. Le texte les regroupe en trois points numérotés, qui recouvrent cinq situations concrètes. Les voici, dans l’ordre du texte.

1. Au moment de croiser un autre véhicule. Pas quand il est à votre hauteur : au moment où vous vous apprêtez à le croiser. Le III du même article ajoute que la substitution doit se faire suffisamment à l’avance pour ne pas gêner la progression des autres usagers. Attendre de voir le conducteur d’en face faire un appel de phares, c’est déjà trop tard.

2. Quand vous suivez un autre véhicule à faible distance. Avec une exception dans l’exception, qui vaut la peine d’être retenue : sauf lors d’une manœuvre de dépassement. Pendant que vous déboîtez et remontez le long du véhicule que vous dépassez, le code vous autorise à conserver vos feux de route. Une fois la manœuvre terminée et le véhicule dépassé placé derrière vous, le cas 1 reprend ses droits vis-à-vis de ceux d’en face.

3. En agglomération, sur une route suffisamment éclairée. Le critère n’est pas le panneau d’entrée d’agglomération, c’est la qualité de l’éclairage : il doit permettre au conducteur de voir distinctement à une distance suffisante.

4. Hors agglomération, sur une route éclairée en continu, avec le même critère de qualité d’éclairage. Le mot important est « en continu » : une succession de lampadaires espacés, entrecoupés de zones noires, ne remplit pas la condition.

5. Quand la visibilité est réduite par les circonstances atmosphériques. Pluie, neige, brouillard. Le texte prévoit ici une exception à l’exception : en agglomération, même par temps de pluie, un véhicule autre qu’une motocyclette peut circuler avec au moins ses feux de position allumés, à condition que la chaussée soit suffisamment éclairée et que cet éclairage permette de voir distinctement à une distance suffisante.

À ces cinq cas s’ajoute une catégorie de véhicules qui n’a jamais le choix. Le I de l’article R416-6 impose aux cyclomoteurs et aux quadricycles légers à moteur de circuler avec leurs feux de croisement allumés. Ce sont les engins que vous conduisez avec un permis AM, et les voiturettes sans permis.

Une dernière règle, souvent oubliée parce qu’elle concerne le véhicule immobile : le deuxième alinéa de l’article R416-5 interdit l’usage des feux de route à l’arrêt et en stationnement. Un véhicule garé pleins phares est en infraction, même sur un parking.

Route, croisement, position : trois faisceaux, trois distances

La confusion la plus fréquente ne porte pas sur les noms, elle porte sur ce que chaque faisceau est censé faire. Le code répond très précisément, dans la partie consacrée à l’équipement des véhicules, et il ne mesure pas la même chose selon le feu.

FaisceauCe que le code exigeArticleAutres noms
Feux de routeÉclairer efficacement la route la nuit, par temps clair, sur 100 mètres minimumR313-2Pleins phares, grands phares
Feux de croisementÉclairer efficacement la route la nuit, par temps clair, sur 30 mètres minimum, sans éblouir les autres conducteursR313-3Codes, phares de croisement
Feux de positionÊtre visibles à 150 mètres la nuit, par temps clair, sans éblouirR313-4 (avant), R313-5 (arrière)Veilleuses, lanternes

Le piège est là, et il tombe régulièrement à l’examen. Les deux premières lignes mesurent ce que vous voyez. La troisième mesure à quelle distance on vous voit. Les feux de position n’éclairent rien du tout : ils signalent la présence et le gabarit du véhicule. Rouler en veilleuses sur une route non éclairée, c’est rouler sans éclairage.

Le rapport entre 100 et 30 mérite aussi qu’on s’y arrête. À 90 km/h, vous parcourez 25 mètres par seconde. Trente mètres d’éclairage, c’est un peu plus d’une seconde de route devant vous, alors que le seul temps de réaction moyen d’un conducteur attentif est de l’ordre de la seconde. C’est la raison technique pour laquelle le code fait des feux de route le régime par défaut : en croisement, sur une route rapide et non éclairée, vous roulez structurellement plus vite que vous ne voyez.

Une quatrième précision, presque jamais citée, figure au II de l’article R416-8 : les feux de position doivent être allumés en même temps que les feux de croisement si aucun point de la plage éclairante de ces derniers ne se trouve à moins de 400 millimètres de l’extrémité de la largeur hors tout du véhicule. Autrement dit, sur un véhicule large dont les optiques sont très en retrait des bords, les veilleuses complètent obligatoirement les codes pour marquer le gabarit. Les feux de position doivent également être allumés dans tous les cas en même temps que les feux de brouillard.

Quant aux feux de brouillard, ils obéissent à l’article R416-7 et forment un chapitre à part entière : les feux avant peuvent remplacer ou compléter les feux de croisement en cas de brouillard, de chute de neige ou de forte pluie, tandis que les feux arrière ne peuvent être utilisés qu’en cas de brouillard ou de chute de neige. Le détail de leur usage est traité dans notre article sur les feux de brouillard avant et arrière.

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Reconnaître les symboles au tableau de bord

Les recherches sur le symbole, le logo ou le voyant des feux de croisement sont presque aussi nombreuses que celles sur la règle elle-même. C’est logique : la commande d’éclairage est l’un des rares organes de la voiture qu’on manipule sans jamais le regarder, et les pictogrammes se ressemblent tous.

Tous les symboles d’éclairage avant reposent sur la même base : un demi-cercle tourné vers la gauche, qui représente le phare vu de profil, avec des traits qui en partent vers la gauche et figurent le faisceau. Ce qui change, c’est l’orientation des traits.

  • Feux de croisement : les traits sont obliques et pointent vers le bas. C’est la traduction graphique exacte de la fonction, un faisceau rabattu vers la chaussée pour ne pas éblouir. Voyant vert au combiné sur la plupart des véhicules.
  • Feux de route : les traits sont horizontaux et droits, le faisceau porte loin devant. Le voyant correspondant est bleu, et c’est le seul voyant bleu du tableau de bord sur l’immense majorité des voitures. Si un témoin bleu s’allume, ce sont vos pleins phares.
  • Feux de position : deux petits demi-cercles opposés, avec des traits partant vers l’extérieur de chaque côté. Le symbole évoque le gabarit du véhicule vu de face, pas un faisceau.
  • Feux de brouillard avant : les traits obliques des feux de croisement, barrés par une ligne verticale ondulée qui figure la nappe de brouillard.
  • Feux de brouillard arrière : les traits horizontaux, barrés par la même ligne ondulée, avec le demi-cercle tourné dans l’autre sens. Voyant de couleur ambre le plus souvent, ce qui est un rappel utile : c’est le feu qu’on oublie le plus d’éteindre, et il éblouit fortement ceux qui vous suivent.

À ne pas confondre avec le symbole des feux de détresse, qui est un triangle rouge et qui n’a rien à voir avec l’éclairage de la route : il s’agit des quatre clignotants allumés simultanément pour signaler un danger.

Un mot enfin sur la position AUTO de la molette, présente sur la plupart des véhicules récents. Elle confie la décision à un capteur de luminosité, qui allume les feux de croisement quand la lumière ambiante baisse. C’est confortable, et c’est insuffisant dans deux situations précises : le brouillard, que le capteur interprète souvent comme une journée claire, et la pluie forte de jour. Dans ces deux cas, la responsabilité reste la vôtre, et le texte ne prévoit aucune excuse liée à l’automatisme. Les feux adaptatifs, définis à l’article R313-3-2, relèvent d’une autre logique, celle d’un système qui module le faisceau en continu.

Faut-il allumer ses feux de croisement le jour ?

La réponse est différente selon le véhicule, et elle est régulièrement mal rapportée.

Pour une voiture, ce n’est pas obligatoire. Le 27 octobre 2004, la Sécurité routière a annoncé une recommandation d’allumer les feux de croisement de jour hors agglomération, effective au 31 octobre 2004, accompagnée d’une campagne télévisée et radio. Le communiqué précisait qu’il s’agissait d’une expérimentation, destinée à vérifier l’adaptation de la mesure au pays « avant d’envisager ultérieurement de la rendre obligatoire ». Cette obligation n’est jamais venue pour les voitures. Vingt-deux ans plus tard, allumer ses codes de jour sur une nationale reste un geste recommandé, pas une prescription sanctionnable.

Pour les deux-roues motorisés, c’est obligatoire. Les motocyclettes de plus de 125 cm³ et de plus de 11 kW y sont soumises depuis 1975. Le décret n° 2007-271 du 27 février 2007, publié au Journal officiel du 1er mars 2007, a étendu l’obligation aux motocyclettes légères et aux cyclomoteurs à compter du 2 mars 2007, avec une réserve pour les cyclomoteurs mis en circulation avant le 1er juillet 2004, dont la conception ne supportait pas toujours l’allumage permanent. La sanction annoncée à l’époque était une contravention de deuxième classe, soit 35 euros.

Il existe par ailleurs, sur les véhicules récents, des feux de circulation diurne, définis à l’article R313-4-1. Ce sont ces bandeaux de diodes qui s’allument tout seuls au démarrage. Ils rendent le véhicule plus visible de jour, et ils ont un défaut que beaucoup de conducteurs ignorent : ils n’allument pas les feux arrière. Par temps de pluie ou au crépuscule, une voiture qui roule uniquement en feux diurnes est parfaitement visible de face et pratiquement invisible de dos. Si vous hésitez, allumez les codes : le tableau de bord s’éclaire, et c’est le meilleur indicateur qui existe.

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Ce que vous risquez, et la nuance qui compte

Le code distingue deux familles d’infractions d’éclairage, et il ne les traite pas du tout de la même façon.

Le mauvais usage des feux relève des articles R416-5 à R416-9. Contrevenir à l’un de ces articles, par exemple rouler en feux de route en croisant un véhicule, oublier de passer en croisement dans une agglomération éclairée, ou laisser ses feux de brouillard arrière allumés par temps clair, est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe. Soit 135 euros en amende forfaitaire, 90 euros si vous payez sous quinze jours, 375 euros au-delà de quarante-cinq jours. Ces articles ne prévoient pas de retrait de point.

L’équipement défaillant relève des articles R313-2 à R313-5. Un feu de croisement absent, non conforme ou hors service est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la troisième classe, soit 68 euros, 45 euros minorés, 180 euros majorés. S’y ajoute une conséquence immédiate que peu de gens anticipent : la nuit, ou de jour par visibilité insuffisante, l’immobilisation du véhicule peut être prescrite. Vous ne repartez pas.

Et puis il y a le cas lourd, isolé dans son propre article. L’article R416-11 vise le fait de circuler la nuit, ou de jour par visibilité insuffisante, sans éclairage ni signalisation, en un lieu dépourvu d’éclairage public. C’est une contravention de quatrième classe, mais le texte y ajoute deux peines que les autres articles ne comportent pas : une suspension du permis de conduire pouvant aller jusqu’à trois ans, et surtout une réduction de plein droit de quatre points.

Le stationnement suit la même logique. L’article R416-12 impose qu’un véhicule à l’arrêt ou en stationnement sur la chaussée soit signalé par ses feux de position à l’avant, ses feux rouges et l’éclairage de la plaque à l’arrière. Un véhicule laissé sans signalisation la nuit, sur une chaussée sans éclairage public, expose son conducteur à la même suspension de trois ans et à une réduction de trois points. Une exception est prévue à l’article R416-16 : en agglomération, un véhicule peut ne pas être signalé lorsque l’éclairage de la chaussée permet aux autres usagers de le voir distinctement à une distance suffisante.

La nuance à retenir est donc simple. Mal utiliser ses feux coûte de l’argent. Ne pas en avoir du tout, en pleine nuit et en pleine campagne, coûte des points et peut coûter le permis. Le reste du barème des infractions au code de la route obéit à la même gradation.

Ce qui tombe à l’examen du code

Le chapitre éclairage est l’un des plus rentables de l’épreuve théorique, parce qu’il repose sur des règles fermées et peu nombreuses. Trois formes de questions reviennent.

La question de situation. Une photo de nuit prise depuis le poste de conduite, et la question « quels feux dois-je utiliser ? ». La méthode consiste à balayer les cinq cas du R416-6 dans l’ordre : y a-t-il un véhicule en face, un véhicule devant à faible distance, un éclairage public continu et suffisant, de la pluie ou du brouillard ? Si la réponse est non partout, ce sont les feux de route.

La question de pictogramme. Un symbole isolé, et quatre propositions. Le réflexe qui fonctionne toujours : traits obliques vers le bas égale croisement, traits horizontaux égale route, ligne ondulée égale brouillard, voyant bleu égale pleins phares.

La question piège sur les feux de position. Formulée le plus souvent ainsi : « puis-je circuler de nuit avec mes seuls feux de position sur cette route ? ». La réponse attendue est négative dès que la chaussée n’est pas suffisamment éclairée, parce que les veilleuses servent à être vu et non à voir. Le seul cas où le texte se contente d’exiger « au moins » les feux de position est celui de l’agglomération éclairée par temps de pluie, pour un véhicule autre qu’une motocyclette.

Deux erreurs sont fréquemment observées chez les candidats. La première consiste à répondre « feux de croisement » par défaut, ce qui coûte les questions où la bonne réponse est « feux de route ». La seconde consiste à confondre feux de brouillard arrière et feux de détresse, deux dispositifs rouges à l’arrière dont l’un se conduit et l’autre se signale.

Ces questions se retiennent en les voyant, pas en les lisant. Une série d’entraînement les fait passer trois ou quatre fois sous des angles différents, et le tri se fait tout seul.

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Questions fréquentes

Quand doit-on allumer les feux de croisement ?

La nuit ou de jour par visibilité insuffisante, dans cinq situations listées par l’article R416-6 du code de la route : quand on s’apprête à croiser un véhicule, quand on suit un véhicule à faible distance sauf pendant un dépassement, en agglomération sur une route suffisamment éclairée, hors agglomération sur une route éclairée en continu, et quand la visibilité est réduite par la pluie, la neige ou le brouillard. En dehors de ces cas, l’article R416-5 impose les feux de route.

Quelle est la différence entre les feux de croisement et les feux de route ?

La portée et l’inclinaison du faisceau. Les feux de route doivent éclairer la route sur au moins 100 mètres selon l’article R313-2. Les feux de croisement doivent l’éclairer sur au moins 30 mètres sans éblouir les autres conducteurs, selon l’article R313-3. Les feux de route sont le régime par défaut la nuit, les feux de croisement sont ce vers quoi on bascule dans les cinq cas prévus par le code. Les deux peuvent d’ailleurs être allumés en même temps.

Quel est le symbole des feux de croisement ?

Un demi-cercle tourné vers la gauche, figurant le phare vu de profil, avec des traits obliques qui en partent vers la gauche et pointent vers le bas. Les traits inclinés traduisent le faisceau rabattu vers la chaussée. Le symbole des feux de route est identique mais avec des traits horizontaux, et son voyant est bleu, seul voyant de cette couleur sur la plupart des tableaux de bord.

Peut-on rouler avec les feux de position uniquement ?

Non, sauf dans un cas précis. Les feux de position ne sont pas conçus pour éclairer : le code exige seulement qu’ils soient visibles à 150 mètres. Le seul cas où le texte se contente d’exiger « au moins » les feux de position est celui d’un véhicule autre qu’une motocyclette circulant en agglomération par temps de pluie, sur une chaussée suffisamment éclairée pour voir distinctement à une distance suffisante. Partout ailleurs, la nuit, ils doivent accompagner un autre faisceau.

Quelle amende pour un mauvais usage des feux ?

Contravention de quatrième classe, soit 135 euros en amende forfaitaire, 90 euros en cas de paiement dans les quinze jours, et 375 euros au-delà de quarante-cinq jours. Les articles R416-5 à R416-9 ne prévoient pas de retrait de point. En revanche, circuler la nuit sans aucun éclairage en un lieu dépourvu d’éclairage public relève de l’article R416-11 et entraîne de plein droit une réduction de quatre points, ainsi qu’une suspension de permis pouvant atteindre trois ans.

Les feux de croisement sont-ils obligatoires le jour ?

Pas pour les voitures. La Sécurité routière recommande depuis le 31 octobre 2004 de les allumer de jour hors agglomération, mais cette mesure est restée une recommandation. Pour les deux-roues motorisés, l’allumage de jour est obligatoire : depuis 1975 pour les motocyclettes de plus de 125 cm³ et de plus de 11 kW, et depuis le 2 mars 2007 pour les motocyclettes légères et les cyclomoteurs, en application du décret n° 2007-271 du 27 février 2007.

Les feux diurnes suffisent-ils quand la lumière baisse ?

Non. Les feux de circulation diurne définis à l’article R313-4-1 rendent le véhicule plus visible de jour, mais ils n’éclairent pas la route et, surtout, ils n’allument pas les feux arrière. Un véhicule qui roule en feux diurnes seuls au crépuscule ou sous la pluie est visible de face et très peu visible de dos. Le repère fiable est le tableau de bord : s’il ne s’éclaire pas, les feux de croisement ne sont pas allumés.

Sources

  • Code de la route, article R313-2 (feux de route : deux ou quatre feux à l’avant, lumière jaune ou blanche, éclairage efficace sur 100 mètres minimum la nuit par temps clair ; contravention de 3e classe ; immobilisation possible), version en vigueur au 16 septembre 2026 : legifrance.gouv.fr.
  • Code de la route, article R313-3 (feux de croisement : deux feux à l’avant, éclairage efficace sur 30 mètres minimum sans éblouir ; contravention de 3e classe ; immobilisation possible), version en vigueur au 16 septembre 2026 : legifrance.gouv.fr.
  • Code de la route, articles R313-4 et R313-5 (feux de position avant et arrière : visibles à 150 mètres la nuit par temps clair sans être éblouissants ; obligations applicables aux cycles et aux engins de déplacement personnel motorisés), versions en vigueur au 16 septembre 2026 : legifrance.gouv.fr.
  • Code de la route, article R313-4-1 (feux de circulation diurne, équipement facultatif destiné à rendre le véhicule plus visible de jour), version en vigueur au 16 septembre 2026 : legifrance.gouv.fr.
  • Code de la route, articles R416-4 à R416-12 (obligation d’éclairage la nuit ou de jour par visibilité insuffisante ; feux de route comme régime de droit commun et interdiction à l’arrêt ; cinq cas d’obligation des feux de croisement et usage simultané possible ; feux de brouillard ; obligation d’allumer les feux de position avec les feux de croisement lorsqu’aucun point de la plage éclairante de ces derniers ne se trouve à moins de 400 millimètres de l’extrémité de la largeur hors tout du véhicule ; contraventions de 4e classe ; retrait de 4 points pour circulation sans éclairage et de 3 points pour stationnement non signalé, avec suspension de permis jusqu’à 3 ans), versions en vigueur au 16 septembre 2026 : legifrance.gouv.fr.
  • Service Public, fiche F18509 « Amende forfaitaire en cas de contravention au code de la route » (barème : 3e classe 68 euros, 45 euros minorée, 180 euros majorée ; 4e classe 135 euros, 90 euros minorée, 375 euros majorée ; délais de 15 et 45 jours), vérifiée le 11 janvier 2025 : service-public.gouv.fr.
  • Sécurité routière, communiqué de presse du 27 octobre 2004 « Allumage des feux de croisement le jour, hors agglomération » (recommandation effective au 31 octobre 2004, campagne d’information, caractère expérimental avant d’envisager une obligation), consulté le 16 septembre 2026 : securite-routiere.gouv.fr.
  • Sécurité routière, communiqué de presse du 1er mars 2007 (décret n° 2007-271 du 27 février 2007 étendant au 2 mars 2007 l’obligation d’allumage des feux de croisement le jour aux motocyclettes légères et aux cyclomoteurs, la réserve du 1er juillet 2004 ne visant que les cyclomoteurs ; obligation applicable depuis 1975 aux motocyclettes de plus de 125 cm³ et de plus de 11 kW ; contravention de 2e classe), consulté le 16 septembre 2026 : securite-routiere.gouv.fr.