Réforme des études de santé 2027 : nouvelle voie d’accès en filières MMOPK

Publié le 20 avril 2026
 • Mis à jour le 20 avril 2026
 • Marie-Lou Cauzit
Après la suppression de la PACES et la mise en place du PASS et des LAS en 2020, l’accès aux études de santé va connaitre une nouvelle réforme dès la rentrée 2027. Pourquoi une nouvelle réforme pour accéder aux filières MMOPK ? Qu’est ce qui change concrètement ? On t’éclaire.
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Simplifier un système jugé trop complexe

Depuis la réforme de 2020, l’accès aux études de santé reposait sur deux voies distinctes : le PASS (Parcours Accès Santé Spécifique) et la LAS (Licence Accès Santé). Ces deux parcours permettaient de candidater aux cinq filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie).

Sur le papier, ce modèle avait des ambitions fortes : diversifier les profils, enrichir les parcours et permettre aux étudiants de se réorienter plus facilement en cas d’échec. En pratique, il s’est révélé difficile à comprendre pour les lycéens et leurs familles. Les différences entre PASS et LAS ont également créé des inégalités de réussite, tout en accentuant les disparités entre universités. Face à ces limites, une refonte du système est rapidement devenue nécessaire.

Une nouvelle voie unique aux études de santé dès 2027

Annoncée vendredi 17 avril 2026, la réforme de l’accès à la première année de santé marque un tournant majeur : à partir de la rentrée 2027, le PASS et la LAS disparaissent au profit d’une voie unique d’accès en études de médecine ou une autre filière MMOPK.

Concrètement, les lycéens passeront désormais par une licence orientée santé, accessible via un voeu Parcoursup. Le nom de cette nouvelle licence de santé n’est pas encore connu. Cette nouvelle organisation vise à simplifier les choix d’orientation et à harmoniser les parcours sur l’ensemble du territoire.

Lors de leur inscription, les candidats formuleront un vœu principal en santé, accompagné d’un sous-vœu disciplinaire. Cette structure permet à la fois de clarifier l’offre de formation et de mieux encadrer les parcours.

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Une première année de santé repensée pour mieux s’orienter

La nouvelle licence d’accès aux études de santé repose sur une organisation en trois grands blocs d’enseignement, conçue pour équilibrer les apprentissages.

  • Un bloc santé, consacré comme sont nom l’indique aux enseignements de santé. Il regroupe les connaissances scientifiques et médicales fondamentales communes à toutes les filières MMOPK et représente environ la 50% des enseignements Ce socle permet d’acquérir les bases indispensables pour poursuivre en médecine ou dans une autre filière de santé.
  • Un bloc disciplinaire. Un peu comme en LAS actuelement, les étudiants suivent ainsi des enseignements en biologie, en sciences, en droit ou encore en sciences humaines, selon leur choix. Cette partie du cursus joue un rôle clé, car elle permet d’envisager une réorientation cohérente en cas de non-admission en santé.
  • et un bloc transversal qui vient compléter la formation. Il inclut des compétences en communication, éthique, en sciences humaines et sociales, ainsi que des compétences psychosociales, de plus en plus importantes dans les métiers de la santé.

À travers cette organisation, l’objectif est clair : former des étudiants plus complets, capables de s’adapter aux évolutions du système de santé.

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Une sélection maintenue mais plus progressive

Si la réforme simplifie l’accès aux études de santé, elle ne supprime pas la sélection. Celle-ci reste bien présente, mais elle évolue dans sa forme.

Désormais, les étudiants devront valider à la fois le bloc santé et le bloc disciplinaire, avec une moyenne minimale de 10/20. Leur admission dépendra ensuite d’un classement basé sur l’ensemble de leur parcours académique, et non plus uniquement sur des épreuves ponctuelles.

Le nombre de places restera limité, selon le principe du numerus apertus, fixé par les universités en fonction des besoins du territoire.

Deux chances pour entrer en MMOPK et le retour du redoublement

L’une des évolutions les plus importantes concerne les possibilités de candidature. Les étudiants pourront désormais tenter leur entrée en études de médecine ou une autre filière MMOPK à deux moments : à la fin de la première année, puis à la fin de la deuxième année de licence.

Cette double chance change profondément la logique du système, en mettant fin à la pression d’une sélection concentrée sur une seule année.

Autre nouveauté majeure : le redoublement de la première année est à nouveau autorisé. Un étudiant ayant validé certaines compétences, notamment dans le bloc santé, pourra ainsi retenter sa chance en fin de 2e année.

Cette mesure répond à une forte attente des étudiants et permet de limiter les parcours interrompus trop tôt. Pour les bacheliers, le choix ne se limite plus à “tenter médecine”, mais consiste à construire un parcours cohérent. Il devient essentiel de sélectionner une discipline qui correspond à ses centres d’intérêt, mais aussi à ses capacités académiques.

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Des passerelles pour intégrer les études de santé

Par ailleurs, la réforme prévoit aussi d’élargir les passerelles, notamment pour les titulaires d’une licence complète ou les étudiants issus de filières paramédicales. Ces dispositifs permettent de diversifier les profils et d’ouvrir davantage les études de santé.

Cette réforme des études de santé devrait donc apporter plus de lisibilité aux parcours d’études en santé, sans pour aurant qu’elles soient plus “faciles” ; car la sélection reste là. Reste, pour qu’elle soit complétement opérationnelle pour la rentrée 2027, que cette réforme soit déployée de manière opérationnelle dans les universités.