Vitesse en mer : la règle des 5 nœuds dans les 300 mètres

Publié le 15 juillet 2026
 • Mis à jour le 15 juillet 2026
 • Thomas Grunder
Près des côtes, la vitesse est bridée à 5 nœuds dans la bande des 300 mètres. Comprendre où commence cette zone, comment elle est balisée, ce que valent les chenaux traversiers et ce que risque le chef de bord : un chapitre de sécurité et une question quasi certaine à l’examen du permis côtier.
un bateau de plaisance à moteur naviguant lentement près d'un rivage l'été, plage et baigneurs au loin, bouée jaune sphé

En plein été, la même bande d’eau accueille les baigneurs qui pataugent depuis la plage et les bateaux qui sortent du port. Pour que les deux cohabitent sans drame, la loi bride la vitesse près du rivage : dans la bande des 300 mètres, aucun navire ne dépasse 5 nœuds. C’est une règle de sécurité de base, et l’une des questions les plus prévisibles du QCM. Avant de s’entraîner au code bateau, mieux vaut avoir en tête où commence cette zone, comment elle est balisée et ce que risque le chef de bord qui la traverse à pleine vitesse. Voici tout ce qu’il faut savoir sur la vitesse en mer près des côtes.

Schéma de la règle des 300 mètres : bande de 300 mètres mesurée depuis la limite des eaux, vitesse maximale de 5 nœuds soit 9 km/h pour tout navire ou engin, délimitation par de grosses bouées sphériques jaunes espacées d'environ 200 mètres
La règle des 300 mètres en un coup d’œil : 5 nœuds maximum près du rivage, avec ou sans balisage.

Sommaire

Pourquoi la vitesse est limitée près des côtes

La zone qui borde le rivage est la plus fréquentée et la plus vulnérable du littoral. On y trouve des nageurs, des enfants sur des matelas, des kayaks, des paddles, des plongeurs qui peuvent surgir à la surface. Un bateau à moteur lancé à vingt nœuds y devient un danger direct, d’autant qu’il voit mal ce qui affleure devant l’étrave.

Réduire la vitesse répond à deux besoins concrets. D’abord la sécurité des personnes, car à 5 nœuds le chef de bord garde le temps de voir un baigneur et de manœuvrer. Ensuite la limitation du batillage, ces vagues créées par le sillage qui déstabilisent les petites embarcations, érodent les berges et gênent les mouillages. Ralentir près du bord, c’est protéger les autres usagers autant que le milieu.

Cette logique prolonge celle des règles de priorité en navigation : plus on approche du rivage, plus la responsabilité du bateau à moteur envers les usagers les plus faibles augmente.

La bande des 300 mètres : où commence-t-elle ?

La bande des 300 mètres est la zone qui s’étend sur 300 mètres à partir de la limite des eaux. Point important pour l’examen : cette limite n’est pas fixe. Elle correspond au trait de côte à l’instant considéré, elle recule donc à marée basse et remonte à marée haute. Concrètement, la zone protégée se déplace au rythme de la marée.

Elle ne concerne pas seulement les plages. La bande des 300 mètres court le long de tout le littoral, mais aussi autour des îles, des îlots, des rochers et des bancs de sable dès qu’ils émergent. Un caillou qui affleure crée sa propre couronne de 300 mètres où la vitesse est bridée.

À ne pas confondre avec les zones du large. L’éloignement d’un abri définit d’autres catégories (jusqu’à 6 milles pour le côtier, au-delà pour le semi-hauturier et le hauturier), détaillées dans notre article sur les règles de navigation selon les zones maritimes. La bande des 300 mètres, elle, se mesure depuis le rivage et vise la cohabitation avec les usagers de la plage.

La règle des 5 nœuds : ce qu’elle impose

Dans la bande des 300 mètres, la vitesse de tout navire ou engin est limitée à 5 nœuds, soit environ 9 km/h. La règle vaut pour tout le monde : bateau à moteur, voilier, jet-ski, annexe. Un nœud représente un mille marin par heure, environ 1,85 km/h, donc 5 nœuds correspondent à une allure de marche rapide sur l’eau.

Deux caractéristiques en font un piège d’examen. La limitation est d’abord générale et permanente : elle s’applique toute l’année, de jour comme de nuit, sur l’ensemble du littoral français. Elle est ensuite indépendante du balisage. Même en l’absence de bouées, la règle des 5 nœuds reste en vigueur dès que l’on se trouve à moins de 300 mètres du rivage. Le balisage aide à repérer la zone, il ne la crée pas.

Les trois repères à ancrer : la bande fait 300 mètres, mesurés depuis la limite des eaux (qui bouge avec la marée) ; la vitesse maximale y est de 5 nœuds (environ 9 km/h) ; cette limite est générale, permanente et indépendante du balisage. Elle vaut pour tout navire ou engin, moteur comme voile.
S’exercer sur des séries type examen ➜ S’entraîner au code bateau

Bouées jaunes, chenaux, zones interdites

Quand une zone est aménagée, un balisage jaune matérialise ses limites. Ce jaune est la couleur des marques dites spéciales, réservées aux zones de loisirs et distinctes des marques de navigation classiques. Savoir le lire évite bien des infractions involontaires.

Les bouées de la zone des 300 mètres

La limite extérieure de la zone est signalée par de grosses bouées sphériques jaunes, disposées à environ 300 mètres du bord et espacées d’à peu près 200 mètres les unes des autres. Elles indiquent la ligne au-delà de laquelle on peut reprendre de la vitesse, et en deçà de laquelle on reste à 5 nœuds.

Le chenal traversier

Pour rejoindre le large sans traverser une zone de baignade, on emprunte un chenal traversier. Ses limites sont matérialisées par des bouées jaunes : cylindriques à bâbord et coniques à tribord quand on vient du large. Dans le chenal, la vitesse reste limitée à 5 nœuds et les engins non motorisés comme les nageurs restent prioritaires. C’est le passage à utiliser en priorité pour entrer ou sortir.

Les zones interdites

À l’intérieur de la bande, certains secteurs sont plus restrictifs encore. Une zone réservée à la baignade, balisée de bouées jaunes, interdit le passage des embarcations et la pêche. Une ZIEM, zone interdite aux engins à moteur, ferme un secteur aux bateaux motorisés. Ces zones sont fixées localement et doivent être respectées à la lettre, car elles protègent les usagers les plus exposés.

Sanctions et arrêtés locaux

Le non-respect de la limitation de vitesse dans la bande des 300 mètres est une infraction à la réglementation maritime. Elle expose le chef de bord à une contravention, et le permis peut lui être retiré, temporairement ou définitivement, en cas de manquement grave ou répété. Franchir une zone de baignade ou une ZIEM aggrave la situation.

La règle nationale des 5 nœuds est un plancher de sécurité, pas un plafond de sévérité. Les préfets maritimes et les maires peuvent la renforcer par arrêté : interdiction totale de circuler sur un secteur, largeur de chenal imposée, plage horaire réservée à la baignade. Avant une sortie dans une zone que l’on connaît mal, il est prudent de vérifier l’arrêté local, souvent affiché en capitainerie ou en mairie. Cette vérification fait partie de la préparation, au même titre que la manière d’organiser une sortie en mer.

Ce que l’examen du permis côtier attend

La bande des 300 mètres est un grand classique du QCM. Les questions tournent presque toujours autour des mêmes points : la vitesse maximale autorisée (5 nœuds), la largeur de la bande (300 mètres), le point à partir duquel on la mesure (la limite des eaux), et le fait que la règle s’applique même sans balisage.

L’erreur la plus fréquente consiste à croire que la limitation n’existe que là où il y a des bouées, ou à confondre la couleur des marques. Retenir que le jaune signale les zones de loisirs, et que la règle des 5 nœuds vaut partout à moins de 300 mètres du bord, sécurise l’essentiel des points. Pour vérifier que ces réflexes tiennent sous la pression du chrono, rien ne vaut un examen blanc du code bateau en conditions réelles.

FAQ

Quelle est la vitesse maximale autorisée dans la bande des 300 mètres ?

La vitesse est limitée à 5 nœuds, soit environ 9 km/h, pour tout navire ou engin. Cette limitation est générale et permanente : elle s’applique toute l’année, de jour comme de nuit, sur l’ensemble du littoral, que la zone soit balisée ou non.

À partir d’où se mesurent les 300 mètres ?

La bande se mesure à partir de la limite des eaux à l’instant considéré, c’est-à-dire le trait de côte du moment. Comme cette limite évolue avec la marée, la zone recule à marée basse et remonte à marée haute. Elle court le long du littoral mais aussi autour des îles, îlots, rochers et bancs de sable émergés.

La règle des 5 nœuds s’applique-t-elle sans balisage ?

Oui. Le balisage aide à repérer la zone, mais ne la crée pas. Dès que l’on se trouve à moins de 300 mètres du rivage, la limite de 5 nœuds s’impose, même en l’absence de bouées jaunes. C’est un piège fréquent à l’examen.

Qu’est-ce qu’un chenal traversier ?

C’est un passage balisé qui permet de traverser la bande des 300 mètres pour rejoindre le large sans couper une zone de baignade. Ses limites sont marquées par des bouées jaunes, cylindriques à bâbord et coniques à tribord en venant du large. La vitesse y reste limitée à 5 nœuds et les usagers non motorisés y sont prioritaires.

Que risque-t-on en cas de non-respect ?

Le dépassement de la vitesse dans la bande des 300 mètres est une infraction à la réglementation maritime, passible d’une contravention. En cas de manquement grave ou répété, le permis peut être retiré temporairement ou définitivement. Des arrêtés du préfet maritime ou du maire peuvent en outre durcir les règles localement.

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Sources

  • Ministère chargé de la Mer : « Le permis plaisance, permis de conduire les bateaux de plaisance à moteur » (options côtière et hauturière, programme).
  • Ministère chargé de la Mer : « Le balisage des zones de loisirs » (marques spéciales jaunes, chenaux, zones de baignade, bande des 300 mètres).
  • Service-public.fr : réglementation de la navigation de plaisance et du permis plaisance.
  • Préfectures maritimes (Manche – mer du Nord, Atlantique, Méditerranée) : arrêtés de balisage et de police de la navigation fixant la vitesse dans la bande littorale des 300 mètres et les zones réglementées. Cités en texte, sans lien.