L’accueil des enfants malades

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En France, 100 000 enfants nécessitent un projet d’accueil individualisé (PAI).

Les différentes pathologies

L’asthme

Les enfants atteints de cette maladie réagissent aux agents extérieurs, allergènes, aux infections, etc. et éprouvent des difficultés à respirer. Les réseaux des bronches se dilatent, les muscles se contractent et l’air ne passe plus.

Lors d’une crise, les médicaments agissent rapidement et l’enfant retrouve une respiration normale. En France, 1 enfant sur 8 est atteint d’asthme.

Les allergies

Les allergies fréquentes

Elles sont alimentaires. Les plus courantes (80 % d’entre elles) sont celles :

  • aux arachides et fruits à coque (noisette, noix...et huiles végétales en contenant) ;
  • aux protéines de lait : les yaourts, le fromage et le beurre ne sont pas consommés;
  • aux poissons et crustacés ;
  • aux œufs : la vigilance se porte sur les plats qui ne les désignent pas clairement: biscuits, plats préparés, pâtes, viennoiseries, desserts lactés, etc. ;
  • au gluten : le blé, l’orge, le seigle, l’épeautre et l’avoine contiennent les glutens les plus sensibilisants. La suppression du blé entraîne l’élimination de nombreux produits de l’alimentation quotidienne : le pain, les pâtes, la semoule, les biscuits, les viennoiseries et la plupart des plats cuisinés.

Les mesures

Les allergies se classent en plusieurs catégories :

  • les allergies simples : l’enfant réagit à un aliment particulier. Il suffit d’être vigilant avec cet aliment et de l’éliminer du menu. Un PAI peut être établi ;
  • les allergies complexes (à l’œuf par exemple) : l’aliment entre dans de nombreuses fabrications et rend complexe l’élaboration du régime. Dans ce cas, un PAI est établi et l’enfant apporte un repas préparé par ses parents.

La gravité de l’allergie dépend des risques courus par l’enfant. Certaines allergies sont à urgence pédiatrique. L’enfant est en danger en cas de crise : il s’étouffe, fait un œdème. Les secours sont appelés dès les premiers symptômes et la trousse de secours contient des produits anti-histaminiques qui retardent les effets mortels avant la prise en charge urgentiste et hospitalière. Ces produits sont injectés par n’importe quel adulte averti face à un enfant qui a un œdème géant. Un PAI est indispensable pour avoir ce traitement à portée de mains, dans de bonnes conditions.

D’autres allergies n’entraînent que des désagréments épidermiques sans gravité et ne nécessitent pas les mêmes moyens que l’allergie gravissime.

Les maladies émergentes

Le diabète

Certains enfants sont atteints de diabète insulinodépendant. Leur organisme fabrique peu ou pas d’insuline. Cette hormone est sécrétée par le pancréas et permet la bonne utilisation des glucides (sucres) dans l’organisme.

Un enfant diabétique est surveillé car il peut faire des comas diabétiques dus à un excès de glucose dans le sang (hyperglycémie) ou une insuffisance (hypoglycémie). Un PAI permet d’introduire dans l’école les injections d’insuline nécessaires à sa survie.

Lors du repas, ces enfants mangent moins (ou pas du tout) de produits sucrés ou de féculents que les autres, mais peuvent aussi ne pas avoir de régime particulier.

Depuis une dizaine d’années, les enfants diabétiques sous PAI apparaissent dans les maternelles. Le diabète commence de plus en plus tôt. Les chiffres de la santé indiquent que le nombre de diabétiques a doublé entre 2000 et 2009 en France métropolitaine, et quadruplé dans les régions d’outre-mer.

L’obésité

Les enfants atteints de cette pathologie souffrent d’un poids au-dessus des courbes de croissance avec excès de masses graisseuses. En Ile-de-France et dans le Nord, 25 % des enfants sont en surcharge pondérale ou sont obèses.

Une maladie multifactorielle

L’obésité est une maladie multifactorielle dont les causes les plus communes sont la nourriture déséquilibrée et surabondante, la sédentarité, les troubles du comporte- ment alimentaire. Ces derniers sont plus ou moins connus, visibles ou conscients. Le corps gros est une « protection » inconsciente chez certains individus et ils doivent être prêts à « lâcher leur protection ». C’est une pathologie complexe.

La perte de poids

L’accompagnement psychologique se fait avec des professionnels compétents qui s’adressent aux membres d’une famille volontaire pour se faire aider.
La perte de poids est une décision individuelle, relevant de la volonté d’un adulte autonome. Il est très difficile de faire perdre du poids à un enfant, d’autant plus sans son consentement. Les enfants sont dépendants de la nourriture parentale, donc le résultat dépend de l’hygiène nutritionnelle de toute la famille.

L’accueil des enfants porteurs de longue maladie

Les PAI

Des dispositions sont prises à la demande de la famille de l’enfant. Le chef d’établissement de l’école et le médecin scolaire envisagent une prise en charge adaptée à la pathologie de l’enfant. Elle est l’objet d’un document écrit appelé projet d’accueil individualisé (PAI). Il fait référence pour tout ce qui concerne l’enfant et sa maladie : un aménagement du temps de classe, des horaires, la possibilité d’amener un repas à la cantine lorsque l’élève a une allergie, le stockage dans l’école de médicaments de première urgence et un protocole de soins en cas d’urgence.

Ces aménagements se font dans la limite des capacités des enfants à suivre une scolarité « normale » et celles de l’école à les accueillir. Ce dispositif est décrit dans la circulaire n° 2003-135 du 8 septembre 2003.

Dans près de 70 % des cas, les PAI concernent des enfants allergiques ou asthmatiques.

Les enfants asthmatiques

Les enfants asthmatiques doivent avoir accès aux médicaments qui stoppent une crise à tout moment scolaire ou périscolaire de la journée. Ils peuvent être dispensés de certaines activités sportives incompatibles avec leur état de santé.
En classe, les enfants sont pris en charge par l’enseignant. Un PAI prévoit un protocole à appliquer en cas de crise. Si la crise devient inquiétante, l’adulte appelle les pompiers ou le Samu.

Les responsables des temps périscolaires sont les premiers en ligne pour réagir, mais l’ATSEM doit intervenir s’il se retrouve seul avec un enfant en crise. La crise s’annonce dès que l’enfant commence à avoir des difficultés à respirer.

La prévention de l’obésité

L’école a pour objectif la prévention de l’obésité. Elle souhaite sensibiliser les élèves
à la santé, à l’alimentation saine et à l’activité physique.
Les ATSEM et le personnel d’animation freinent, au mieux et de manière non systématique, la demande alimentaire répétée de certains enfants, mais n’ont pas l’initiative des restrictions.

L’organisation des villes et des écoles

Les villes ont des obligations de moyens pour prévenir tout accident et garantir la sauvegarde des enfants : elles diffusent les informations nécessaires pour que les adultes identifient les enfants qui suscitent une vigilance particulière, un protocole d’urgence, un régime particulier. Un PAI est avant tout un moyen d’information.

La formation

Les villes et l’Éducation nationale forment un minimum de personnel aux gestes de premiers secours pour qu’ils puissent agir sans hésiter en cas d’urgence. Ainsi sont formés des enseignants, des animateurs, des ATSEM.

Pour que la surveillance soit effective, certains quotas d’adultes doivent être respectés : par exemple, 1 adulte surveille 8 enfants lors de sorties.
Les adultes qui sont informés des procédures et ceux plus particulièrement chargés d’accompagner l’enfant signent le PAI pour confirmer qu’ils en ont pris connaissance.

La responsabilité en cas d’accident

La responsabilité est recherchée auprès des différents acteurs de cette problématique :

  • l’enfant qui doit respecter son régime. Des troubles de sa conduite, dangereux pour sa vie, ne lui permettent pas de manger son repas en collectivité ;
  • la famille et le médecin qui ont pris la responsabilité de confirmer la possibilité que l’élève mange en collectivité ;
  • l’Éducation nationale ou la commune qui ne mettraient pas les moyens d’urgence et d’information en place ;
  • le fonctionnaire qui a fait un manquement grave à la sécurité ou une faute intentionnelle.