Simulation orale 1

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Exposé d'un candidat​
Concours interne
25 minutes

L'exposé du candidat

Madame, Messieurs, bonjour,

Je m’appelle Julien Dubois, j’ai 22 ans et suis en couple sans enfant.

Concernant mon cursus scolaire, j’ai eu un baccalauréat économique et social. Je voulais faire un métier lié à la sécurité et j’ai décidé de faire un cursus de droit à l’université. Je n’ai pas réussi à valider ma première année et j’ai décidé de chercher un travail afin de subvenir à mes besoins.

J’ai travaillé en tant qu’équipier dans un fast-food pendant 1 an puis j’ai fait plusieurs missions d’intérim dans des entreprises. J’ai ensuite été surveillant dans un collège- lycée internat. Je me suis rendu compte que j’étais loin de ma volonté professionnelle initiale et je suis allé me renseigner dans un commissariat afin d’évoquer le concours d’adjoint de sécurité. J’ai été reçu par un brigadier du centre départemental de stage et de formation qui m’a parlé de ce concours et des missions de l’adjoint de sécurité.

J’ai ainsi appris que les ADS assistaient les policiers dans leurs missions de prévention et de répression de la délinquance, de surveillance générale, d’assistance et de soutien aux personnes. Il m’a dit aussi qu’ils concouraient également à l’accueil et à l’information du public, faisaient des patrouilles et contribuaient au développement de la sécurité. Cela rejoignait ce que je voulais faire depuis très longtemps sans m’être donné réellement les moyens et j’ai décidé de tenter ce concours.

Le brigadier m’a donné beaucoup de conseils pour le préparer, que ce soit sur les épreuves ou la partie sportive (test de résistance musculaire et test d’endurance cardio-respiratoire). J’ai même pu passer un oral blanc avec lui pour exposer mes motivations. Cela m’a permis de réussir ce concours et de suivre ensuite ma formation de 12 semaines en école de police. Cette formation m’a beaucoup plu et j’ai appris à tirer avec le pistolet automatique SIG SAUER, à effectuer des contrôles sur la voie publique et à pouvoir me défendre grâce aux techniques et sécurité en intervention (TSI).

À l’issue de cette scolarité, j’ai intégré le commissariat de ma ville et l’unité d’intervention, d’aide et d’assistance de proximité (UIAAP) dans une unité de roulement de jour de la police-secours.

Je suis ainsi adjoint de sécurité depuis près de 3 ans toujours dans la même brigade. J’ai tenté le concours de gardien de la paix deux fois sans succès en échouant à l’écrit. J’ai alors suivi une préparation interne avec les formateurs de mon commissariat. J’ai ainsi pu travailler sur mes lacunes. J’ai vraiment beaucoup travaillé et quand je rentrais chez moi, au lieu de regarder la télévision, je me mettais à ma table de travail et je me préparais chaque soir. Je suis très heureux d’être devant vous car mon travail de préparation a payé.

En tant qu’adjoint de sécurité, j’ai découvert au quotidien le métier de policier en faisant de l’accueil au commissariat ou en étant en patrouille. J’ai fait beaucoup de choses car la police-secours, c’est un nombre très important d’interventions chaque jour, que ce soit pour des accidents de voie publique, des ivresses publiques et manifestes, des agressions ou des vols à l’arraché. On découvre que les gens attendent de nous qu’on résolve leurs problèmes, qu’on puisse arrêter celui qui a volé par exemple dans leur domicile. J’ai eu aussi un grand nombre d’interventions difficiles qui m’ont fait réfléchir longtemps après et j’avais la chance d’en parler avec mes collègues. C’étaient souvent des décès avec des découvertes de corps en mauvais état ou des actes de maltraitance sur des enfants.

J’ai grandi moralement et psychologiquement et ai appris sur moi-même depuis ces 3 ans. Je mesure maintenant que je peux affronter des situations très dures sans que cela ne m’affecte dangereusement.

Pourquoi ce métier aujourd’hui alors que je le pratique depuis que je suis adjoint de sécurité ? C’est un métier au contact du réel et de la vraie vie avec la dureté de celle-ci. On travaille au service de l’État pour aider les gens et assurer la tranquillité publique. On sait tous les jours qu’on est utile et qu’on ne s’ennuiera pas durant sa vacation. On découvre ce qu’est une victime et qu’il faut la prendre en main pour la rassurer parfois. C’est aussi parfois violent quand on doit se battre avec des personnes alcoolisées qui ne veulent pas se laisser interpeller. C’est un mélange de tout cela, de douceur et d’écoute, de fermeté et de violence physique légale et nécessaire. Ce sont tous ces éléments qui me poussent à être devant vous pour défendre mes chances pour devenir un fonctionnaire de police à part entière.

Mes motivations sont sincères et attestées par mon choix d’avoir voulu être adjoint de sécurité. Je me suis donné les moyens de réussir en préparant tout d’abord ce premier concours puis ensuite en préparant le concours de gardien de la paix.

Je sais, maintenant que je le pratique au quotidien, que c’est ce métier que je veux faire. Je sais que j’en ai la maturité, la force et la volonté.
Je suis à votre disposition pour répondre à vos questions.

L’ENTRETIEN AVEC LE JURY

Jury : Quelle intervention vous a le plus marqué ?
Candidat : Je me rappelle la première personne décédée que j’ai vue en intervention. J’ai pu le supporter car c’était la première fois et j’en ai parlé ensuite avec mes coéquipiers.
Jury : Quels sont les fichiers police que vous utilisez en service ?
Candidat : Le système d’immatriculation des véhicules (SIV), le fichier des personnes recherchées (FPR), le fichier des objets volés et signalés (FOVES), etc.
Jury : Combien de fois avez-vous été outragé en service et que pensez-vous d’une police qui se fait régulièrement insulter dans la rue ?
Candidat : J’ai été outragé une fois par une personne alcoolisée mais j’ai décidé de ne pas déposer plainte. Elle s’est en plus excusée auprès de moi après son dégrisement. C’est en effet un métier où on est souvent pris à partie, que ce soit verbalement ou physiquement. Je pense qu’il faut être respectueux des gens pour être respecté.
Jury : Que pensez-vous faire plus tard chez nous ?
Candidat : J’aime beaucoup la police-secours et je pense faire cette activité de nombreuses années. J’aimerais ensuite passer le bloc OPJ pour pouvoir travailler en service d’investigation.

L’AVIS DU JURY

Cet oral dure près de 4 minutes. Cette simulation correspond au parcours professionnel de bon nombre de candidats avec des échecs dans leur parcours scolaire. Cette situation n’est pas rédhibitoire pour le jury car il n’y a pas de profil-type recherché.

Le candidat expose bien son cursus puis sa décision de devenir adjoint de sécurité pour découvrir et faire ses premiers pas dans la police nationale. La motivation est donc déjà là dans un premier temps car il a fait la démarche de devenir adjoint de sécurité, ce qui n’est pas le cas de tous les postulants dans la même situation d’emploi. Il démontre dans son exposé ses convictions et son enthousiasme.

Il évoque ensuite ce qu’il a fait en tant qu’adjoint de sécurité pour conclure sur ce qu’il a retiré de cette expérience et qui l’a convaincu de vouloir faire définitivement ce métier.

Plusieurs points sont à prendre en compte dans cet exposé :
• vous devez parler de manière claire et décidée, à l’aune de votre cursus d’adjoint de sécurité et de votre pratique d’un métier difficile et exigeant ;
• vous devez évoquer votre parcours professionnel sans honte, même s’il est parfois émaillé d’échecs et rester sur les raisons qui vous ont ensuite attiré vers cette profession. Sachez que l’exposé des motivations est la base de la réussite de cet oral ;
• vous devez pouvoir débattre de votre métier d’ADS sans difficulté et être capable de répondre à toutes les questions sur l’institution police dans laquelle vous évoluez. Que ce soit sur l’organisation et le fonctionnement d’un commissariat, les corps et les grades ou la connaissance des différentes directions, vous avez l’obligation de répondre facilement aux questions qui vous seront posées sur la police nationale. On ne vous pardonnerait pas la moindre méconnaissance alors que vous travaillez et êtes rémunéré par le ministère de l’Intérieur ;
• l’exposé de vos motivations personnelles doit s’appuyer totalement sur cette expérience professionnelle,
• vous devez pouvoir parler d’une ou plusieurs situations marquantes en intervention et dire comment vous les avez gérées et ce qu’elles ont pu vous apporter, à titre personnel ou professionnel ;
• pensez à avoir une vision de votre avenir au sein de la police nationale. Souhaitez-vous rester en police-secours ? Voulez-vous travailler dans une autre direction et découvrir un autre aspect de la police ? Votre métier d’ADS est censé en effet vous donner une maturité professionnelle supérieure aux candidats externes et une indécision dans ce domaine ne serait pas comprise par le jury.

Concernant les questions, voici quelques commentaires :

• question 1 : si vous présentez le concours en externe, vous n’aurez pas votre dossier professionnel qui mentionne un événement marquant relaté par vos soins. Le jury risque donc de vous demander de citer une intervention dont vous vous rappelez. Soyez le plus simple possible et mentionnez éventuellement si cette situation vous a fait grandir « professionnellement » ;
• question 2 : votre emploi d’adjoint de sécurité amènera le jury à tester de manière pointue vos connaissances professionnelles. Pensez à compléter vos connaissances si vous vous percevez des lacunes et parcourez les sites internes des directions de la police nationales ;
• question 3 : c’est une question récurrente. Vous serez interpellé sur les aspects les plus difficiles de cette activité afin que le jury puisse estimer votre niveau d’appréciation de ceux-ci. Vous devez être en mesure de répondre, au vu de votre situation d’ADS, sur votre ressenti vis-à-vis des difficultés rencontrées au quotidien par un fonctionnaire de police ;
• question 4 : le jury voudra certainement connaître vos souhaits d’évolution professionnelle. Il vous demandera quelle direction vous plairait ou si vous souhaitez évoluer en devenant gradé ou en tentant les concours internes pour changer de corps (corps de commandement ou corps de conception et de direction). Vous devez avoir un projet à présenter, qu’il soit abouti ou non.