Davantage ou d’avantage : quelle est la bonne orthographe ?

« J’aimerais en savoir davantage » ou « en savoir d’avantage » ? La faute est parmi les plus fréquentes du français écrit, et elle a une particularité : elle paraît logique. « D’avantage » a l’air d’un « de » suivi d’un nom, ce qui est vrai dans certaines phrases et faux dans la plupart. La règle, elle, ne souffre aucune exception : quand le mot signifie « plus », il s’écrit davantage, en un seul mot, sans s, toujours. Le reste de cet article explique pourquoi cette faute est si tenace, quelles sont les trois formes réellement en circulation, et comment trancher en une seconde. Ce genre de distinction, qui coûte cher en correction pour une lettre d’écart, est exactement ce sur quoi il vaut la peine de progresser en orthographe en priorité.
Sommaire
- La réponse en une phrase
- « Davantage » : l’adverbe qui veut dire « plus »
- Pourquoi « davantage » ne prend jamais de s
- « D’avantage » : le nom « avantage » précédé de « de »
- Le test qui tranche en une seconde
- Pourquoi la faute paraît logique
- Le vrai piège : « davantage de » ou « d’avantages » ?
- Les quatre graphies, dont une qui n’existe pas
- Les constructions courantes de « davantage »
- Repérer la faute en relecture
- FAQ
La réponse en une phrase
On écrit « davantage », en un seul mot et sans s, dès que le mot signifie « plus » : « j’aimerais en savoir davantage ». On écrit « d’avantage », en deux mots, uniquement quand il s’agit du nom « avantage » au sens de bénéfice, précédé de la préposition ou de l’article « de » : « je n’y vois pas d’avantage ». Dans neuf phrases sur dix, c’est la première graphie qui est attendue.
« Davantage » : l’adverbe qui veut dire « plus »
« Davantage » est un adverbe. Il exprime une quantité ou une intensité supérieure, et se substitue à « plus » dans presque tous ses emplois. Comme tous les adverbes, il est invariable : il ne s’accorde ni en genre ni en nombre, quoi qu’il accompagne.
- « Il faudrait travailler davantage. » (= travailler plus)
- « Elle en sait davantage que moi. » (= elle en sait plus)
- « Ces deux modèles se ressemblent, mais le second me plaît davantage. »
- « Je n’en dirai pas davantage. »
Dans chacune de ces phrases, « plus » fonctionne à la place de « davantage » sans rien changer au sens. C’est le seul critère qui compte, et il est fiable à 100 %.
Pourquoi « davantage » ne prend jamais de s
Beaucoup de rédacteurs écrivent « davantages » au pluriel, par contamination avec le nom « avantages ». Cette graphie n’existe pas. Un adverbe est invariable par nature : il ne peut pas porter la marque du pluriel, même quand la phrase parle de plusieurs choses.
« Ces mesures apportent davantage de sécurité » comporte un pluriel (« ces mesures ») et un nom pluralisable, mais « davantage » reste inchangé. De même dans « il leur en faudrait davantage ». Le raisonnement est le même que pour « beaucoup », « trop » ou « moins », qu’on n’aurait pas l’idée d’accorder. Cette invariabilité des adverbes relève de l’orthographe grammaticale, celle qui gouverne les accords, tandis que le choix entre un mot et deux relève du lexique.
« D’avantage » : le nom « avantage » précédé de « de »
« D’avantage » n’est pas un mot : c’est une séquence de deux éléments, la préposition ou l’article « de » élidé en « d’ », suivi du nom « avantage ». Ce nom désigne un bénéfice, un profit, un atout, un intérêt. Il se met au pluriel quand le sens l’exige, et donne alors « d’avantages ».
- « Cette formule ne présente pas d’avantage particulier. » (= pas de bénéfice particulier)
- « Il n’y a pas d’avantages à changer d’offre maintenant. » (= pas de bénéfices)
- « Ce statut est assorti d’avantages fiscaux. »
- « Quel type d’avantage recherchez-vous ? »
Le repère est net : dans ces phrases, on ne peut pas remplacer par « plus ». « Cette formule ne présente pas plus particulier » n’a aucun sens. En revanche, « bénéfice », « profit » ou « atout » se substituent naturellement. Notez aussi que « d’avantage » est presque toujours suivi d’un complément ou d’un adjectif qui le qualifie, là où l’adverbe « davantage » se suffit souvent à lui-même.
Le test qui tranche en une seconde
Une seule manipulation suffit, et elle ne demande aucune analyse grammaticale.
Le test « plus »
Remplacez mentalement le mot par « plus ». Si la phrase tient debout, écrivez « davantage » en un mot, sans s. « Je voudrais en savoir davantage » devient « je voudrais en savoir plus » : le remplacement fonctionne, la graphie est donc « davantage ».
Le test « de bénéfice »
Si le test « plus » produit une phrase absurde, tentez « de bénéfice », « de profit » ou « d’atout ». Si l’un des trois fonctionne, écrivez « d’avantage » en deux mots, en ajustant le nombre selon le sens. « Ce contrat n’offre pas d’avantage » devient « ce contrat n’offre pas de bénéfice » : le remplacement fonctionne, on reste en deux mots.
Les deux tests ne peuvent pas fonctionner en même temps sur une même phrase, sauf dans un cas particulier que nous traitons plus bas. Dans l’écrasante majorité des situations, le premier test tranche seul.
Pourquoi la faute paraît logique
Voici ce qui explique la ténacité de l’erreur, et que la plupart des fiches d’orthographe passent sous silence. L’adverbe « davantage » vient bel et bien de la préposition élidée « d’ » soudée au nom « avantage ». L’Académie française rappelle que cette agglutination s’est opérée au XVIe siècle : les deux éléments ont fusionné en un seul mot, avec un sens nouveau, celui de « plus ».
Autrement dit, celui qui écrit « d’avantage » pour dire « plus » applique une intuition étymologiquement juste, mais avec cinq siècles de retard. La conscience de la composition est restée si vive que la forme d’origine ressurgit spontanément sous la plume. Cela n’en fait pas moins une faute : l’Académie française est catégorique sur ce point, la graphie en deux mots est incorrecte lorsque le sens est « plus ».
Ce mécanisme de soudure n’a rien d’isolé. « Bonjour », « aujourd’hui », « plutôt » ou « quelquefois » sont nés du même processus, et plusieurs d’entre eux entretiennent la même confusion avec leur forme décomposée. Savoir qu’un mot a une histoire, et laquelle, est souvent le meilleur moyen de retenir sa graphie : c’est le ressort principal de l’orthographe des mots, là où la mémorisation brute atteint vite ses limites.
Le vrai piège : « davantage de » ou « d’avantages » ?
Il existe un cas, et un seul, où les deux graphies sont grammaticalement possibles dans la même phrase. Seul le sens visé permet alors de choisir. C’est là que se concentrent les fautes des rédacteurs qui connaissent pourtant la règle.
Comparez :
- « Cette offre apporte davantage d’avantages aux abonnés. » (= elle apporte plus de bénéfices)
- « Cette offre apporte davantage aux abonnés. » (= elle apporte plus, sans préciser quoi)
- « Cette offre apporte d’avantages aux abonnés. » (phrase incorrecte, il manque un déterminant)
La première phrase, un peu lourde à l’oreille, est parfaitement correcte : l’adverbe « davantage » y est suivi du complément « d’avantages », qui contient le nom. Elle illustre que les deux formes coexistent sans se confondre. Dans un texte soigné, on préférera reformuler (« cette offre est plus avantageuse »), mais la règle, elle, reste applicable.
Retenez la structure : « davantage de » + nom est toujours correct et signifie « plus de ». « Davantage de temps », « davantage de moyens », « davantage de candidats ». Le nom qui suit peut être au pluriel, jamais « davantage ».
Les quatre graphies, dont une qui n’existe pas
La plupart des explications s’arrêtent à deux formes. Il y en a trois en circulation légitime, et une quatrième qu’il faut éliminer définitivement.
| Graphie | Nature | Sens | Exemple |
|---|---|---|---|
| davantage | Adverbe invariable | Plus | Il faudrait réviser davantage. |
| d’avantage | « de » + nom singulier | De bénéfice, de profit | Je n’y vois pas d’avantage. |
| d’avantages | « de » + nom pluriel | De bénéfices | Ce poste est assorti d’avantages. |
| davantages | Aucune | Graphie inexistante | Forme à proscrire |
La quatrième ligne est la plus utile. Dès qu’un s apparaît, il ne peut se placer que sur le nom « avantages », donc en deux mots. Un s collé à « davantage » signale à coup sûr une faute, sans même avoir à interpréter la phrase. C’est le contrôle le plus rapide qui soit : il se fait à l’œil, pas au raisonnement.
Les constructions courantes de « davantage »
Trois emplois reviennent en permanence à l’écrit, et chacun a sa petite subtilité.
- « davantage de » + nom : « davantage de travail », « davantage de résultats ». Construction la plus fréquente, toujours en un mot.
- « davantage que » : « il s’investit davantage que l’an dernier ». Cet emploi comparatif a longtemps été discuté par les grammairiens, qui réservaient « que » à « plus ». Il est aujourd’hui admis, y compris par l’Académie française, et parfaitement utilisable à l’écrit.
- « en savoir davantage », « en apprendre davantage » : ces deux locutions figées comptent parmi les contextes où la faute est la plus fréquente, précisément parce qu’on y écrit vite. Elles s’écrivent toujours en un mot.
Un dernier point d’usage : « davantage » se place normalement après le verbe qu’il modifie (« il lit davantage »), et non avant. Cette souplesse de placement, très différente de celle de « plus », fait partie des réglages fins que l’on travaille dans l’orthographe dans les études, quand l’écrit devient un outil professionnel.
Repérer la faute en relecture
Cette confusion a une caractéristique commode : elle est mécaniquement détectable. Nul besoin de relire tout un texte à la loupe, il suffit de chercher la chaîne de caractères.
- Cherchez « avantage » dans votre document (la fonction de recherche de votre traitement de texte fait le travail). Chaque occurrence en deux mots demande une vérification de dix secondes.
- Appliquez le test « plus ». S’il fonctionne, soudez les deux mots.
- Traquez le s. « Davantages » est toujours faux, sans exception ni cas particulier.
- Méfiez-vous des locutions rapides. « En savoir davantage » et « en apprendre davantage » concentrent une grande partie des fautes, souvent en fin de paragraphe ou dans un appel à l’action.
- Ne comptez pas sur le correcteur automatique. « D’avantage » étant une séquence valide, la plupart des correcteurs ne la signalent pas : la phrase reste grammaticalement acceptable, seul le sens cloche.
Ce dernier point vaut d’être souligné. Les fautes que les outils ne voient pas sont celles qui restent, et ce sont précisément celles qui se remarquent à la lecture. Les identifier une par une, à la manière d’une liste de contrôle, reste la méthode la plus rentable, qu’il s’agisse de l’orthographe au collège ou d’une remise à niveau pour l’écrit professionnel. C’est aussi de cette façon que l’on finit par ne plus faire de fautes d’orthographe sur les pièges qui reviennent le plus souvent.
FAQ
On écrit « davantage » en un seul mot quand le sens est « plus » : « il faudrait travailler davantage ». On écrit « d’avantage » en deux mots uniquement quand il s’agit du nom « avantage » au sens de bénéfice, précédé de « de » : « je n’y vois pas d’avantage ». Le test : si « plus » peut remplacer le mot, la graphie en un mot s’impose.
Non, jamais. « Davantage » est un adverbe, donc invariable : il ne s’accorde ni en genre ni en nombre. La forme « davantages » n’existe pas en français. Si un s est nécessaire, c’est qu’il porte sur le nom « avantages », et la graphie devient alors « d’avantages », en deux mots.
Parce qu’elle est étymologiquement fondée. L’adverbe « davantage » est né au XVIe siècle de la soudure de la préposition élidée « d’ » et du nom « avantage », comme le rappelle l’Académie française. La conscience de cette composition reste vive, ce qui fait ressurgir la forme en deux mots. Elle est aujourd’hui considérée comme une faute lorsque le sens est « plus ».
Oui. « Il s’investit davantage que l’an dernier » est correct. Cet emploi comparatif a longtemps été critiqué par les grammairiens, qui réservaient la construction avec « que » à l’adverbe « plus », mais il est aujourd’hui admis, notamment par l’Académie française, et parfaitement utilisable à l’écrit soutenu.
En un seul mot : « en savoir davantage », « en apprendre davantage », « en dire davantage ». Ces locutions signifient toutes « en savoir plus », donc la graphie de l’adverbe s’applique. Ce sont des contextes où la faute est particulièrement fréquente, car ils s’écrivent vite, souvent en fin de phrase ou dans un lien.
Sources
- Ministère de l’Éducation nationale, programmes de français des cycles 3 et 4 : étude de la langue, lexique et distinction des homophones lexicaux. education.gouv.fr. Consulté le 24 août 2026.
- Eduscol, ressources d’accompagnement pour l’étude de la langue : lexique, formation des mots et homophones. eduscol.education.gouv.fr. Consulté le 24 août 2026.
- Bulletin officiel de l’Éducation nationale n°10 du 5 mars 2026, arrêté du 18 février 2026 fixant le programme de français du cycle 4, qui prend les rectifications orthographiques de 1990 comme référence de l’enseignement. education.gouv.fr. Consulté le 24 août 2026.
- Journal officiel du 6 décembre 1990, rectifications de l’orthographe, texte de référence toujours applicable : les graphies ancienne et rectifiée sont acceptées de façon égale. Ces rectifications ne modifient ni « davantage » ni « avantage ». legifrance.gouv.fr. Consulté le 24 août 2026.
- Académie française, rubrique « Dire, ne pas dire », article « Davantage, d’avantages » : agglutination de la préposition élidée et du nom au XVIe siècle, invariabilité de l’adverbe, caractère fautif de la graphie en deux mots au sens de « plus ». Référence nommée pour information, consultée le 24 août 2026.
- Académie française, Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition : entrée « davantage ». Référence nommée pour information.
- Office québécois de la langue française, Vitrine linguistique : les homophones lexicaux « davantage » et « d’avantage ». Référence nommée pour information.