Expressions idiomatiques françaises : 30 expressions courantes à connaître

Publié le 02 juillet 2026
 • Mis à jour le 02 juillet 2026
 • Thomas Grunder
Coûter les yeux de la tête, tomber dans les pommes, avoir le cafard : le français courant est truffé d’expressions qu’aucune traduction littérale n’explique. Voici 30 expressions idiomatiques françaises expliquées, avec leur sens, leur registre et un exemple d’emploi pour chacune.
gros plan chaleureux d'un carnet de vocabulaire manuscrit et d'un café sur une table en bois, ambiance studieuse et lumi

Il y a un moment que tout apprenant du français finit par vivre : la conversation se déroulait bien, puis quelqu’un lance « il pleut des cordes » ou « j’ai un chat dans la gorge », et le sens s’effondre. Aucun mot n’est difficile, et pourtant la phrase entière échappe. C’est le propre des expressions idiomatiques : leur sens ne se déduit pas des mots qui les composent. Les comprendre, c’est franchir un vrai palier vers le français réel, celui des films, des collègues et des amis. Pour progresser à votre rythme et travailler ce français vivant, vous pouvez apprendre le français en ligne avec des parcours adaptés à votre niveau. Voici 30 expressions idiomatiques françaises parmi les plus courantes, classées par thème, avec leur sens, leur registre et un exemple pour chacune.

Sommaire

Une expression idiomatique, c’est quoi exactement

Une expression idiomatique est un groupe de mots dont le sens global ne correspond pas à la somme des sens de chaque mot. « Donner sa langue au chat » ne parle ni de langue, ni de chat : cela veut dire renoncer à deviner. C’est précisément ce décalage qui piège l’apprenant, car la traduction littérale ne mène nulle part.

Ces expressions portent une part de culture. Beaucoup viennent de la vie rurale d’autrefois, de la cuisine, de métiers disparus. On n’est pas obligé de connaître leur origine pour les employer, mais savoir qu’elles sont figées aide : on ne dit pas « il tombe des cordes » à la place de « il pleut des cordes », l’expression ne se modifie pas librement. Un dernier réflexe utile : repérer le registre. Certaines sont neutres et passent partout, d’autres sont familières et n’ont pas leur place dans un écrit formel.

Le temps qu’il fait et le temps qui passe

La météo et le rythme des journées ont donné quelques-unes des expressions les plus fréquentes de la langue courante.

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Il pleut des cordesIl pleut très fortCourant« Prends un parapluie, il pleut des cordes. »
Un froid de canardUn froid très vifCourant« On est sortis par un froid de canard. »
Faire la grasse matinéeSe lever tard, rester au litCourant« Dimanche, j’ai fait la grasse matinée. »
En un clin d’œilTrès rapidementCourant« Le repas a disparu en un clin d’œil. »
Passer une nuit blancheNe pas dormir de la nuitCourant« Avant l’examen, j’ai passé une nuit blanche. »

Les animaux

Chat, chien, poule, mouton : les animaux sont partout dans les expressions françaises, souvent là où on ne les attend pas.

ExpressionSensRegistreExemple
Avoir un chat dans la gorgeÊtre enroué, avoir du mal à parlerCourant« Excusez-moi, j’ai un chat dans la gorge. »
Donner sa langue au chatRenoncer à deviner une réponseCourant« Je donne ma langue au chat, dis-moi la réponse. »
Quand les poules auront des dentsJamaisFamilier« Il rangera sa chambre quand les poules auront des dents. »
Avoir d’autres chats à fouetterAvoir des choses plus importantes à faireFamilier« Désolé, j’ai d’autres chats à fouetter. »
Il n’y a pas un chatIl n’y a personneFamilier« À midi, il n’y a pas un chat au bureau. »
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La nourriture

Sans surprise dans un pays qui aime la table, la cuisine nourrit une grande famille d’expressions.

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Tomber dans les pommesS’évanouirFamilier« Elle a eu si chaud qu’elle est tombée dans les pommes. »
Raconter des saladesDire des mensonges, des histoiresFamilier« Arrête de raconter des salades. »
Avoir la pêcheÊtre en pleine forme, plein d’énergieFamilier« Après ces vacances, j’ai la pêche. »
Mettre son grain de selDonner son avis sans qu’on le demandeCourant« Il faut toujours qu’il mette son grain de sel. »
Ce n’est pas de la tarteCe n’est pas facileFamilier« Réussir cet examen, ce n’est pas de la tarte. »

Le corps

Les parties du corps servent à parler de la peur, de la fatigue, de l’agacement ou de l’effort. Ce sont parmi les expressions les plus utilisées au quotidien.

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Coûter les yeux de la têteCoûter très cherCourant« Cette voiture coûte les yeux de la tête. »
Avoir le bras longAvoir de l’influence, des relationsCourant« Pour ce poste, elle a le bras long. »
Se creuser la têteRéfléchir intensémentCourant« Je me suis creusé la tête toute la soirée. »
Avoir un poil dans la mainÊtre très paresseuxFamilier« Ce stagiaire a un poil dans la main. »
Casser les pieds à quelqu’unEnnuyer, importuner quelqu’unFamilier« Tu me casses les pieds avec tes questions. »

L’argent

Dépenser, économiser, être fauché : l’argent a lui aussi son vocabulaire imagé.

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Jeter l’argent par les fenêtresDépenser sans compter, gaspillerCourant« Avec ces achats, tu jettes l’argent par les fenêtres. »
Être fauché comme les blésN’avoir plus du tout d’argentFamilier« En fin de mois, je suis fauché comme les blés. »
Se serrer la ceintureRéduire ses dépenses, se priverCourant« Après les fêtes, on se serre la ceinture. »
Coûter une fortuneCoûter très cherCourant« Les loyers coûtent une fortune ici. »
Rouler sur l’orÊtre très richeCourant« Ils ne roulent pas sur l’or, mais ils vivent bien. »

Cinq expressions bonus pour aller plus loin

Ces cinq dernières reviennent sans cesse et ne rentrent dans aucune catégorie précise, mais un francophone les emploie chaque semaine.

  • Avoir le cafard (familier) : être triste, déprimé. « Depuis la fin de l’été, j’ai un peu le cafard. »
  • Poser un lapin (familier) : ne pas venir à un rendez-vous fixé. « Il m’a posé un lapin hier soir. »
  • En avoir marre (familier) : être excédé, ne plus supporter. « J’en ai marre d’attendre. »
  • Mettre les points sur les i (courant) : clarifier une situation sans ambiguïté. « On va mettre les points sur les i tout de suite. »
  • Tomber à l’eau (courant) : échouer, ne pas se réaliser, en parlant d’un projet. « Le voyage est tombé à l’eau. »

Les pièges à éviter

Après plusieurs années à corriger des productions écrites et orales d’apprenants, on retrouve toujours les mêmes trois erreurs avec les expressions idiomatiques.

La première, c’est la traduction mot à mot depuis la langue maternelle. Chaque langue a ses images, et elles se ressemblent rarement. Traduire directement une expression de sa langue vers le français produit presque toujours une phrase qui ne veut rien dire pour un francophone.

La deuxième, c’est de figer l’expression de travers. Une idiomatique ne se modifie pas comme une phrase ordinaire : on dit « il pleut des cordes », pas « il pleut de la corde ». Mieux vaut mémoriser le bloc entier, tel quel, avec sa préposition et son article.

La troisième, c’est l’erreur de registre. Beaucoup de ces expressions sont familières. « Avoir un poil dans la main » ou « poser un lapin » sont parfaits entre amis, déplacés dans un courriel professionnel ou une épreuve écrite formelle. En cas de doute sur le registre, préférez une formulation neutre.

Comment les mémoriser (et les placer au DELF)

Apprendre une liste par cœur ne suffit pas : une expression retenue hors contexte s’oublie vite et se place mal. Trois habitudes donnent de meilleurs résultats.

  • Apprendre par thème et par petites séries. Cinq expressions autour d’un même sujet se retiennent mieux qu’une longue liste hétéroclite. Reprenez les tableaux ci-dessus thème par thème.
  • Noter un exemple à soi. Réécrivez chaque expression dans une phrase qui vous concerne. Le souvenir personnel ancre l’expression bien plus qu’une définition.
  • Écouter du français authentique. Films, séries, podcasts et radio regorgent d’expressions idiomatiques en situation. C’est là qu’on capte le registre et l’intonation, deux choses qu’une liste ne donne pas.

Ces expressions ont aussi une valeur d’examen. Aux épreuves de compréhension orale du DELF B1 et B2, les documents sonores imitent des échanges réels et contiennent régulièrement des tournures idiomatiques. Ne pas les reconnaître peut faire perdre le fil d’un dialogue entier. S’entraîner sur des supports authentiques, puis s’entraîner au DELF et au TCF sur des examens blancs, est le meilleur moyen de transformer ce vocabulaire en points le jour J. Pour viser le palier supérieur, l’entraînement au niveau B2 vous confronte à un français plus dense, où ces expressions deviennent la norme plutôt que l’exception.

FAQ

Qu’est-ce qu’une expression idiomatique française ?

C’est un groupe de mots dont le sens global ne se déduit pas des mots pris un à un. « Tomber dans les pommes » signifie s’évanouir, alors qu’aucun des mots ne parle d’évanouissement. Ces expressions sont figées : elles se mémorisent et s’emploient telles quelles.

Combien d’expressions idiomatiques faut-il connaître pour bien parler français ?

Il n’y a pas de nombre officiel, mais maîtriser une cinquantaine d’expressions très courantes suffit à suivre la plupart des conversations du quotidien. Mieux vaut en connaître trente parfaitement, avec leur registre et un exemple, que deux cents de façon vague.

Les expressions idiomatiques tombent-elles au DELF ou au TCF ?

Oui, surtout à l’oral. Les épreuves de compréhension orale du DELF B1 et B2 et du TCF s’appuient sur des documents proches de la langue réelle, où les tournures idiomatiques sont fréquentes. Les reconnaître aide à comprendre le sens général d’un dialogue.

Peut-on utiliser ces expressions à l’écrit dans un examen ?

Cela dépend du registre. Les expressions neutres ou courantes peuvent convenir à un écrit, mais les expressions familières comme « poser un lapin » ou « avoir un poil dans la main » sont à réserver à l’oral entre proches. Dans une épreuve écrite formelle, préférez une reformulation neutre.

Comment mémoriser durablement une expression idiomatique ?

Apprenez-les par thème, en petites séries, et réécrivez chaque expression dans une phrase personnelle. Surtout, exposez-vous à du français authentique (films, podcasts, échanges) pour les rencontrer en contexte : c’est ce qui fixe à la fois le sens, le registre et l’intonation.

Sources

  • Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL), Conseil de l’Europe : échelle de niveaux A1 à C2 utilisée pour situer la maîtrise du français. coe.int. Consulté le 2 juillet 2026.
  • France Éducation international, opérateur officiel du DELF, du DALF et du TCF : nature des épreuves, dont la compréhension orale. france-education-international.fr. Consulté le 2 juillet 2026.
  • Ressources pédagogiques de référence en accès libre pour les expressions idiomatiques (citées à titre documentaire, sans lien) : Le Point du FLE, TV5Monde Apprendre, RFI Langue française.