Expressions idiomatiques françaises : 30 expressions courantes à connaître

Il y a un moment que tout apprenant du français finit par vivre : la conversation se déroulait bien, puis quelqu’un lance « il pleut des cordes » ou « j’ai un chat dans la gorge », et le sens s’effondre. Aucun mot n’est difficile, et pourtant la phrase entière échappe. C’est le propre des expressions idiomatiques : leur sens ne se déduit pas des mots qui les composent. Les comprendre, c’est franchir un vrai palier vers le français réel, celui des films, des collègues et des amis. Pour progresser à votre rythme et travailler ce français vivant, vous pouvez apprendre le français en ligne avec des parcours adaptés à votre niveau. Voici 30 expressions idiomatiques françaises parmi les plus courantes, classées par thème, avec leur sens, leur registre et un exemple pour chacune.
Sommaire
- Une expression idiomatique, c’est quoi exactement
- Le temps qu’il fait et le temps qui passe
- Les animaux
- La nourriture
- Le corps
- L’argent
- Les pièges à éviter
- Comment les mémoriser (et les placer au DELF)
- FAQ
Une expression idiomatique, c’est quoi exactement
Une expression idiomatique est un groupe de mots dont le sens global ne correspond pas à la somme des sens de chaque mot. « Donner sa langue au chat » ne parle ni de langue, ni de chat : cela veut dire renoncer à deviner. C’est précisément ce décalage qui piège l’apprenant, car la traduction littérale ne mène nulle part.
Ces expressions portent une part de culture. Beaucoup viennent de la vie rurale d’autrefois, de la cuisine, de métiers disparus. On n’est pas obligé de connaître leur origine pour les employer, mais savoir qu’elles sont figées aide : on ne dit pas « il tombe des cordes » à la place de « il pleut des cordes », l’expression ne se modifie pas librement. Un dernier réflexe utile : repérer le registre. Certaines sont neutres et passent partout, d’autres sont familières et n’ont pas leur place dans un écrit formel.
Le temps qu’il fait et le temps qui passe
La météo et le rythme des journées ont donné quelques-unes des expressions les plus fréquentes de la langue courante.
| Expression | Sens | Registre | Exemple |
|---|---|---|---|
| Il pleut des cordes | Il pleut très fort | Courant | « Prends un parapluie, il pleut des cordes. » |
| Un froid de canard | Un froid très vif | Courant | « On est sortis par un froid de canard. » |
| Faire la grasse matinée | Se lever tard, rester au lit | Courant | « Dimanche, j’ai fait la grasse matinée. » |
| En un clin d’œil | Très rapidement | Courant | « Le repas a disparu en un clin d’œil. » |
| Passer une nuit blanche | Ne pas dormir de la nuit | Courant | « Avant l’examen, j’ai passé une nuit blanche. » |
Les animaux
Chat, chien, poule, mouton : les animaux sont partout dans les expressions françaises, souvent là où on ne les attend pas.
| Expression | Sens | Registre | Exemple |
|---|---|---|---|
| Avoir un chat dans la gorge | Être enroué, avoir du mal à parler | Courant | « Excusez-moi, j’ai un chat dans la gorge. » |
| Donner sa langue au chat | Renoncer à deviner une réponse | Courant | « Je donne ma langue au chat, dis-moi la réponse. » |
| Quand les poules auront des dents | Jamais | Familier | « Il rangera sa chambre quand les poules auront des dents. » |
| Avoir d’autres chats à fouetter | Avoir des choses plus importantes à faire | Familier | « Désolé, j’ai d’autres chats à fouetter. » |
| Il n’y a pas un chat | Il n’y a personne | Familier | « À midi, il n’y a pas un chat au bureau. » |
La nourriture
Sans surprise dans un pays qui aime la table, la cuisine nourrit une grande famille d’expressions.
| Expression | Sens | Registre | Exemple |
|---|---|---|---|
| Tomber dans les pommes | S’évanouir | Familier | « Elle a eu si chaud qu’elle est tombée dans les pommes. » |
| Raconter des salades | Dire des mensonges, des histoires | Familier | « Arrête de raconter des salades. » |
| Avoir la pêche | Être en pleine forme, plein d’énergie | Familier | « Après ces vacances, j’ai la pêche. » |
| Mettre son grain de sel | Donner son avis sans qu’on le demande | Courant | « Il faut toujours qu’il mette son grain de sel. » |
| Ce n’est pas de la tarte | Ce n’est pas facile | Familier | « Réussir cet examen, ce n’est pas de la tarte. » |
Le corps
Les parties du corps servent à parler de la peur, de la fatigue, de l’agacement ou de l’effort. Ce sont parmi les expressions les plus utilisées au quotidien.
| Expression | Sens | Registre | Exemple |
|---|---|---|---|
| Coûter les yeux de la tête | Coûter très cher | Courant | « Cette voiture coûte les yeux de la tête. » |
| Avoir le bras long | Avoir de l’influence, des relations | Courant | « Pour ce poste, elle a le bras long. » |
| Se creuser la tête | Réfléchir intensément | Courant | « Je me suis creusé la tête toute la soirée. » |
| Avoir un poil dans la main | Être très paresseux | Familier | « Ce stagiaire a un poil dans la main. » |
| Casser les pieds à quelqu’un | Ennuyer, importuner quelqu’un | Familier | « Tu me casses les pieds avec tes questions. » |
L’argent
Dépenser, économiser, être fauché : l’argent a lui aussi son vocabulaire imagé.
| Expression | Sens | Registre | Exemple |
|---|---|---|---|
| Jeter l’argent par les fenêtres | Dépenser sans compter, gaspiller | Courant | « Avec ces achats, tu jettes l’argent par les fenêtres. » |
| Être fauché comme les blés | N’avoir plus du tout d’argent | Familier | « En fin de mois, je suis fauché comme les blés. » |
| Se serrer la ceinture | Réduire ses dépenses, se priver | Courant | « Après les fêtes, on se serre la ceinture. » |
| Coûter une fortune | Coûter très cher | Courant | « Les loyers coûtent une fortune ici. » |
| Rouler sur l’or | Être très riche | Courant | « Ils ne roulent pas sur l’or, mais ils vivent bien. » |
Cinq expressions bonus pour aller plus loin
Ces cinq dernières reviennent sans cesse et ne rentrent dans aucune catégorie précise, mais un francophone les emploie chaque semaine.
- Avoir le cafard (familier) : être triste, déprimé. « Depuis la fin de l’été, j’ai un peu le cafard. »
- Poser un lapin (familier) : ne pas venir à un rendez-vous fixé. « Il m’a posé un lapin hier soir. »
- En avoir marre (familier) : être excédé, ne plus supporter. « J’en ai marre d’attendre. »
- Mettre les points sur les i (courant) : clarifier une situation sans ambiguïté. « On va mettre les points sur les i tout de suite. »
- Tomber à l’eau (courant) : échouer, ne pas se réaliser, en parlant d’un projet. « Le voyage est tombé à l’eau. »
Les pièges à éviter
Après plusieurs années à corriger des productions écrites et orales d’apprenants, on retrouve toujours les mêmes trois erreurs avec les expressions idiomatiques.
La première, c’est la traduction mot à mot depuis la langue maternelle. Chaque langue a ses images, et elles se ressemblent rarement. Traduire directement une expression de sa langue vers le français produit presque toujours une phrase qui ne veut rien dire pour un francophone.
La deuxième, c’est de figer l’expression de travers. Une idiomatique ne se modifie pas comme une phrase ordinaire : on dit « il pleut des cordes », pas « il pleut de la corde ». Mieux vaut mémoriser le bloc entier, tel quel, avec sa préposition et son article.
La troisième, c’est l’erreur de registre. Beaucoup de ces expressions sont familières. « Avoir un poil dans la main » ou « poser un lapin » sont parfaits entre amis, déplacés dans un courriel professionnel ou une épreuve écrite formelle. En cas de doute sur le registre, préférez une formulation neutre.
Comment les mémoriser (et les placer au DELF)
Apprendre une liste par cœur ne suffit pas : une expression retenue hors contexte s’oublie vite et se place mal. Trois habitudes donnent de meilleurs résultats.
- Apprendre par thème et par petites séries. Cinq expressions autour d’un même sujet se retiennent mieux qu’une longue liste hétéroclite. Reprenez les tableaux ci-dessus thème par thème.
- Noter un exemple à soi. Réécrivez chaque expression dans une phrase qui vous concerne. Le souvenir personnel ancre l’expression bien plus qu’une définition.
- Écouter du français authentique. Films, séries, podcasts et radio regorgent d’expressions idiomatiques en situation. C’est là qu’on capte le registre et l’intonation, deux choses qu’une liste ne donne pas.
Ces expressions ont aussi une valeur d’examen. Aux épreuves de compréhension orale du DELF B1 et B2, les documents sonores imitent des échanges réels et contiennent régulièrement des tournures idiomatiques. Ne pas les reconnaître peut faire perdre le fil d’un dialogue entier. S’entraîner sur des supports authentiques, puis s’entraîner au DELF et au TCF sur des examens blancs, est le meilleur moyen de transformer ce vocabulaire en points le jour J. Pour viser le palier supérieur, l’entraînement au niveau B2 vous confronte à un français plus dense, où ces expressions deviennent la norme plutôt que l’exception.
FAQ
C’est un groupe de mots dont le sens global ne se déduit pas des mots pris un à un. « Tomber dans les pommes » signifie s’évanouir, alors qu’aucun des mots ne parle d’évanouissement. Ces expressions sont figées : elles se mémorisent et s’emploient telles quelles.
Il n’y a pas de nombre officiel, mais maîtriser une cinquantaine d’expressions très courantes suffit à suivre la plupart des conversations du quotidien. Mieux vaut en connaître trente parfaitement, avec leur registre et un exemple, que deux cents de façon vague.
Oui, surtout à l’oral. Les épreuves de compréhension orale du DELF B1 et B2 et du TCF s’appuient sur des documents proches de la langue réelle, où les tournures idiomatiques sont fréquentes. Les reconnaître aide à comprendre le sens général d’un dialogue.
Cela dépend du registre. Les expressions neutres ou courantes peuvent convenir à un écrit, mais les expressions familières comme « poser un lapin » ou « avoir un poil dans la main » sont à réserver à l’oral entre proches. Dans une épreuve écrite formelle, préférez une reformulation neutre.
Apprenez-les par thème, en petites séries, et réécrivez chaque expression dans une phrase personnelle. Surtout, exposez-vous à du français authentique (films, podcasts, échanges) pour les rencontrer en contexte : c’est ce qui fixe à la fois le sens, le registre et l’intonation.
Sources
- Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL), Conseil de l’Europe : échelle de niveaux A1 à C2 utilisée pour situer la maîtrise du français. coe.int. Consulté le 2 juillet 2026.
- France Éducation international, opérateur officiel du DELF, du DALF et du TCF : nature des épreuves, dont la compréhension orale. france-education-international.fr. Consulté le 2 juillet 2026.
- Ressources pédagogiques de référence en accès libre pour les expressions idiomatiques (citées à titre documentaire, sans lien) : Le Point du FLE, TV5Monde Apprendre, RFI Langue française.