Ces, ses, c’est, s’est : comment ne plus les confondre

Publié le 09 juillet 2026
 • Mis à jour le 09 juillet 2026
 • Thomas Grunder
Ces, ses, c’est, s’est, et parfois sais ou sait : quatre à six mots qui se prononcent pareil et se confondent tout le temps. Voici, pour chacun, sa nature, un test de substitution imparable et des exemples pour ne plus hésiter à l’écrit.
un cahier ouvert avec un stylo posé dessus et quelques mots manuscrits flous en français, lumière douce sur un bureau en

« Il a rangé ses affaires », « ces jours-ci », « c’est compliqué », « il s’est trompé »… Ces petits mots se prononcent exactement de la même façon, mais ne s’écrivent pas pareil, et l’erreur passe rarement inaperçue dans un devoir, un e-mail ou un CV. La bonne nouvelle : il n’y a rien à deviner. Chaque forme a une nature grammaticale précise, et un test de substitution permet de trancher en une seconde. Cet article détaille les six homophones du groupe (ces, ses, c’est, s’est, et leurs voisins sais et sait), avec pour chacun sa règle et son astuce. Pour ancrer ces réflexes dans la durée, rien ne remplace un entraînement régulier : c’est tout l’objet des exercices pour réviser l’orthographe en ligne.

Sommaire

Pourquoi ces mots se confondent-ils ?

Ces, ses, c’est, s’est, sais et sait sont des homophones grammaticaux : des mots qui se prononcent de la même manière mais dont l’orthographe change selon leur rôle dans la phrase. Contrairement à une faute lexicale (un accent oublié, une consonne doublée), l’erreur ne vient pas d’un mot qu’on ne connaît pas : elle vient de la fonction du mot, qu’on n’a pas identifiée. C’est pourquoi la solution n’est jamais de « mémoriser l’orthographe » du mot, mais de reconnaître sa nature.

Le groupe se répartit en trois familles : deux déterminants qui se placent devant un nom (ces, ses), deux formes construites autour du verbe être au présent (c’est, s’est), et deux formes du verbe savoir (sais, sait). Une fois cette carte en tête, chaque cas se règle avec un test de remplacement. C’est d’ailleurs la logique de toute l’orthographe grammaticale : accorder ou choisir la graphie selon la fonction, pas selon le son.

« Ces » ou « ses » : montrer ou posséder

Ces et ses sont tous deux des déterminants pluriels, placés devant un nom. Ce qui les distingue, c’est l’idée qu’ils portent.

« Ces » : le déterminant démonstratif

Ces sert à montrer, à désigner. C’est le pluriel de « ce », « cet » et « cette ». On l’emploie pour parler d’êtres ou d’objets qu’on montre ou dont on a déjà parlé : « ces livres », « ces jours-ci », « regarde ces nuages ».

Le test : on peut remplacer « ces » et son nom par « ces… -là » (ou par « celui-ci / celle-là » au singulier). « Ces livres » devient « ces livres-là » : la phrase tient, on écrit donc ces.

« Ses » : le déterminant possessif

Ses exprime la possession. C’est le pluriel de « son » et « sa ». Il indique que ce qui suit appartient à quelqu’un : « ses affaires » (les affaires de quelqu’un), « il a rangé ses dossiers ».

Le test : on peut remplacer « ses » par « les siens » ou « les siennes ». « Ses affaires » devient « les siennes » : la possession est claire, on écrit ses. Autre astuce : au singulier, « ses » correspond à « son » ou « sa » (« ses amis » vient de « son ami »), alors que « ces » correspond à « ce », « cet » ou « cette ».

À retenir : ces = « ces… -là » (on montre) ; ses = « les siens / les siennes » (on possède). « Il rejoue ces matchs » (ces matchs-là) ne dit pas la même chose que « il rejoue ses matchs » (les siens).

« C’est » ou « s’est » : présenter ou décrire une action

Ici, on ne parle plus de déterminants mais de deux formes construites avec le verbe être au présent. La confusion est fréquente parce que les deux se placent souvent en début de proposition.

« C’est » : le présentatif

C’est est formé de « ce » (ou « cela ») et du verbe être. Il sert à présenter, à désigner ou à expliquer quelque chose : « c’est une bonne idée », « c’est lui », « c’est pour cette raison que… ».

Le test : on peut remplacer « c’est » par « cela est ». « C’est une bonne idée » devient « cela est une bonne idée » : c’est un peu lourd, mais la phrase garde son sens, donc on écrit c’est. À la forme négative, « c’est » devient « ce n’est pas » (« ce n’est pas grave »).

« S’est » : le verbe pronominal

S’est est formé du pronom « se » (élidé en « s’ ») et de l’auxiliaire être. On le trouve dans un verbe pronominal au passé composé, précédé d’un sujet : « il s’est trompé », « elle s’est levée tôt », « le projet s’est arrêté ».

Le test : le « s’est » est toujours suivi d’un participe passé et il y a un sujet juste avant. On peut souvent ajouter « lui-même » ou « elle-même » après le verbe : « il s’est trompé (lui-même) ». Autre repère : on peut conjuguer la phrase à une autre personne, « je me suis trompé », « tu t’es trompé », ce qui confirme le verbe pronominal.

« Sais » et « sait » : le verbe savoir

Deux intrus complètent souvent la série, parce qu’ils se prononcent de la même façon : sais et sait. Ce sont deux formes du verbe savoir au présent de l’indicatif.

  • Sais : première et deuxième personnes du singulier. « Je sais », « tu sais ». « Je ne sais pas quoi répondre. »
  • Sait : troisième personne du singulier. « Il sait », « elle sait », « on sait ». « Personne ne sait où il est. »

Le test : on peut remplacer par une autre forme du verbe savoir, par exemple l’imparfait « savais / savait ». « Il sait nager » devient « il savait nager » : c’est bien le verbe, on écrit sait. Si ce remplacement est impossible, on est face à un autre homophone (ces, ses, c’est ou s’est).

Le tableau récapitulatif des tests

Un seul réflexe à avoir en cas de doute : identifier ce qui suit le mot (un nom ? un participe passé ? rien de tel ?) et appliquer le test de remplacement correspondant.

FormeNatureTest de remplacementExemple
cesDéterminant démonstratif (pluriel de ce, cet, cette)« ces… -là »Ces (ces… -là) montagnes sont hautes.
sesDéterminant possessif (pluriel de son, sa)« les siens / les siennes »Il a oublié ses (les siennes) clés.
c’estPrésentatif : ce + est« cela est »C’est (cela est) une erreur fréquente.
s’estVerbe pronominal : se + est + participe passé« il s’est … lui-même » / autre personneElle s’est (elle s’est … elle-même) inscrite.
saisVerbe savoir, 1re/2e pers. du singulier« savais »Je sais (je savais) la réponse.
saitVerbe savoir, 3e pers. du singulier« savait »Elle sait (elle savait) écouter.
Réviser toutes les règles de base ➜ Les 40 règles de base de l’orthographe française

La méthode de relecture pour ne plus se tromper

Connaître les règles ne suffit pas : la plupart des erreurs sur ces homophones sont des fautes d’inattention, commises au fil de la plume. La parade tient en une habitude de relecture ciblée, à appliquer avant d’envoyer un texte important.

  • Repérer d’abord les sons, pas les mots. À la relecture, chassez volontairement toutes les occurrences du son « sè » ou « sé » en début de groupe. Chaque fois, arrêtez-vous une seconde.
  • Poser la question « qu’est-ce qui suit ? » Un nom au pluriel ? On hésite entre ces et ses (montrer ou posséder). Un participe passé ? C’est s’est. Rien de tel, on présente quelque chose ? C’est c’est. Un complément qu’on peut mettre à l’imparfait ? Sais ou sait.
  • Appliquer le test, pas l’intuition. « Cela est » pour c’est, « les siens » pour ses, « savait » pour sait : le test est plus fiable que l’oreille, surtout quand on écrit vite.
  • Travailler la notion isolément. Un homophone se corrige par la répétition. Quelques minutes d’entraînement régulier valent mieux qu’une longue séance ponctuelle, comme pour toute remise à niveau en l’orthographe au collège.

Ces réflexes s’installent vite et servent bien au-delà de ce seul groupe de mots : c’est la même démarche qui permet de venir à bout des autres pièges du quotidien, détaillés dans nos conseils pour ne plus faire de fautes d’orthographe.

FAQ

Comment savoir si on écrit « ces » ou « ses » ?

Regardez si le nom qui suit appartient à quelqu’un. Si oui, il s’agit de possession, on écrit « ses », que l’on peut remplacer par « les siens » ou « les siennes » (« ses livres » = « les siens »). Si l’on montre ou désigne l’objet, on écrit « ces », que l’on peut remplacer par « ces… -là » (« ces livres-là »).

Quelle est la différence entre « c’est » et « s’est » ?

« C’est » présente ou explique quelque chose et se remplace par « cela est » (« c’est vrai » = « cela est vrai »). « S’est » appartient à un verbe pronominal au passé composé, précédé d’un sujet et suivi d’un participe passé (« il s’est levé »). On peut alors changer de personne : « je me suis levé », « tu t’es levé ».

Quand utilise-t-on « sais » et « sait » ?

Les deux sont des formes du verbe savoir au présent. « Sais » s’emploie avec je et tu (« je sais », « tu sais »), « sait » avec il, elle ou on (« elle sait »). Pour vérifier, remplacez par l’imparfait : si « savais » ou « savait » convient, c’est bien le verbe savoir.

« Ces » ou « ses » enfants ?

Les deux existent, mais ne disent pas la même chose. « Ses enfants » désigne les enfants de quelqu’un (possession, « les siens »). « Ces enfants » désigne des enfants que l’on montre ou dont on vient de parler (« ces enfants-là »). Le sens de la phrase décide.

Existe-t-il une astuce unique pour tout le groupe ?

Il n’existe pas un test unique, mais une seule question de départ : « qu’est-ce qui suit le mot ? ». Un nom conduit à ces ou ses, un participe passé à s’est, une présentation à c’est, un emploi verbal à sais ou sait. Une fois la famille identifiée, le test de remplacement correspondant lève le doute à coup sûr.

Sources

  • Ministère de l’Éducation nationale, programmes de français (cycles 3 et 4) : place de l’orthographe grammaticale et étude des homophones grammaticaux. education.gouv.fr. Consulté le 9 juillet 2026.
  • Eduscol, ressources d’accompagnement pour l’étude de la langue (orthographe grammaticale, homophones, distinction déterminant / verbe). eduscol.education.fr. Consulté le 9 juillet 2026.
  • Académie française, rubrique « Dire, ne pas dire » et Dictionnaire de l’Académie française : nature et emploi des déterminants démonstratifs et possessifs, du présentatif « c’est » et des verbes pronominaux. Références nommées pour information, consultées le 9 juillet 2026.
  • Ressources pédagogiques francophones de référence sur les homophones grammaticaux (CCDMD, Amélioration du français ; Alloprof) : tableaux de substitution ces / ses / c’est / s’est / sais / sait. Références nommées pour information.