Taux de réussite en BUT : pourquoi les chiffres du ministère et des IUT sont si différents

Le ministère annonçait un taux de réussite de 55 % pour le nouveau BUT. L'assemblée des directeurs d'IUT publie ses propres chiffres, bien plus élevés : 93,6 % des étudiants qui vont au bout du cursus obtiennent leur diplôme. Décryptage d'un débat statistique qui concerne des milliers de lycéens.

Montrer le sommaire Cacher le sommaire

Les IUT contestent les chiffres du ministère et révèlent des taux de réussite bien plus élevés en BUT

Le ministère de l’Enseignement supérieur a publié récemment ses statistiques de réussite en BUT (Bachelor universitaire de technologie). Selon ces données officielles, seulement 57 % des étudiants obtiennent leur diplôme en trois ans. Un chiffre qui a fait réagir les directeurs d’IUT, qui le jugent incomplet et trompeur.

L’Adiut (Association des directeurs d’IUT) a donc mené sa propre étude auprès de 91 établissements. Résultat : le taux de réussite réel atteindrait 71 % en trois ans, soit 14 points de plus. L’écart s’explique par la méthode de calcul : le ministère inclut les étudiants qui se réorientent volontairement dès la première année, ce qui fausse la statistique.

Derrière ces chiffres, une bataille de communication sur l’attractivité des filières technologiques

Pourquoi les IUT tiennent-ils tant à rectifier ces statistiques ? Parce que les taux de réussite influencent directement les choix des lycéens sur Parcoursup. Une filière affichant 57 % de réussite paraît moins attractive qu’une autre à 71 %.

Repas à 1 €, hausse des APL, soutien aux facs : ce que change vraiment le budget 2026 pour les étudiants
S’orienter autrement : comment l’alternance en marketing a relancé le parcours de Thomas

Les directeurs d’IUT soulignent aussi que le BUT reste une formation sélective. Les bacheliers technologiques y sont prioritaires, mais les bacheliers généraux constituent désormais la majorité des effectifs dans certaines spécialités. Cette mixité des profils complique les comparaisons avec d’autres cursus.

Le calcul du ministère pénalise les formations qui laissent le temps aux étudiants de se réorienter

L’Adiut pointe un problème méthodologique majeur. Quand un étudiant quitte le BUT en première année pour rejoindre une licence ou un BTS, le ministère le comptabilise comme un échec. Or, cette réorientation peut être un choix positif : l’étudiant a découvert que cette formation ne lui convenait pas et a trouvé une meilleure voie.

Si l’on ne compte que les étudiants qui restent dans la formation après la première année, le taux de réussite grimpe à 84 % en trois ans. Les IUT estiment donc que leur accompagnement personnalisé fonctionne : ils aident les étudiants mal orientés à rebondir rapidement.

Le ministère promet une refonte des indicateurs pour mieux refléter la réalité des parcours étudiants

Mathématiques au collège : pourquoi des notions simples deviennent des pièges pour tant d’élèves
Quand l’humour remplace les calculs : retour sur une copie de maths pas comme les autres

Face à ces critiques, le ministère de l’Enseignement supérieur a reconnu les limites de ses indicateurs actuels. Une réflexion est en cours pour intégrer les réorientations réussies dans le calcul des taux de réussite. L’objectif : donner aux lycéens une vision plus juste de leurs chances de réussite dans chaque formation.

En attendant cette évolution, les candidats sur Parcoursup doivent garder à l’esprit que les chiffres bruts ne racontent pas toute l’histoire. Un taux de réussite plus faible peut simplement signifier que la formation accepte des profils variés et accompagne les réorientations, plutôt qu’elle échoue à former ses étudiants.


Vous aimez cet article ? Partagez !