Les classes prépa toujours convoquées comme voie d’excellence : réalité ou mythe persistant ?

Elles sont critiquées, scrutées, parfois même annoncées en déclin… Pourtant, les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) continuent d'attirer une part importante des lycéens ambitieux. En 2026, elles représentent un vœu sur cinq sur Parcoursup. Un chiffre qui témoigne de leur place centrale dans le paysage de l'enseignement supérieur français.

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Un modèle exigeant, critiqué mais toujours plébiscité

Les CPGE ne laissent personne indifférent. Leurs détracteurs les jugent archaïques, trop scolaires, voire stressantes. Le coût pour l’État est également pointé : plus de 17 000 € par an et par élève, contre 11 000 € à l’université. En outre, la sociologie de ces classes continue d’interroger : plus de la moitié des étudiants viennent de milieux très favorisés.

Malgré cela, les défenseurs des prépas mettent en avant leur ouverture sur le papier : gratuites, accessibles sur tout le territoire, et fondées sur une sélection purement scolaire. Le principe de méritocratie est revendiqué. Pour beaucoup d’étudiants, la question n’est pas politique, mais stratégique : quelle est la meilleure voie pour intégrer les meilleures écoles ?

La « voie royale » vers les grandes écoles reste très réelle

Dans les écoles d’ingénieurs les plus cotées, comme dans les grandes business schools, la prépa conserve son statut de voie principale d’accès. Certains établissements, comme l’ESCP, l’Essec ou les Ponts et Chaussées, recrutent encore plus de 80 % de leurs étudiants via cette filière.

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L’explication tient en partie à la formation elle-même : rigueur, culture générale, capacités d’analyse, mais aussi une éthique de travail solide. Les ex-prépas arrivent bien préparés, même s’ils doivent ensuite combler un déficit en expérience professionnelle ou en compétences transversales.

Les écoles, elles, savent qu’elles accueillent des étudiants « formés à la dure », et y voient un gage de sérieux. En contrepartie, certains élèves de CPGE préfèrent redoubler plutôt que de rejoindre une école jugée trop bas dans les classements.

Une offre qui s’élargit : vers un modèle à deux vitesses ?

Pour suivre la demande et diversifier leurs profils, de nombreuses écoles ont développé des formations post-bac, notamment sous forme de bachelors. Moins sélectives, plus flexibles, ces formations attirent des profils différents, souvent plus attirés par l’expérience étudiante que par la compétition élite.

Mais cette diversification peut aussi créer des tensions. Des étudiants de prépa, ayant travaillé deux ou trois ans pour atteindre un objectif précis, évitent les écoles qui admettent aussi des profils post-bac. Certaines écoles perdent ainsi en attractivité auprès des préparationnaires, jusqu’à ne plus en accueillir un seul.

Une expérience à part, mais pas pour tout le monde

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Ceux qui ont choisi la prépa reconnaissent sa difficulté, mais aussi sa richesse. Au-delà du stress et du rythme soutenu, beaucoup parlent d’émulation intellectuelle, de solidarité et d’amitiés solides. Mais ce n’est pas une voie universelle. Les abandons et réorientations en cours de route sont nombreux.

Malgré leurs particularités, les prépas continuent de fournir le gros des troupes aux grandes écoles. Leur croissance est modeste comparée au reste de l’enseignement supérieur, mais bien réelle : +22 % d’effectifs depuis 2000. Un chiffre qui montre que, même dans un paysage qui bouge, la « voie royale » garde ses fidèles.


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