Les Dossiers du Mois :

Parcoursup 2018

Toutes les clés pour réussir Parcoursup !

➜ Voir le dossier

 

Rapport de Stage

Réussir son rappport de Stage :

➜ Voir le dossier

 

Comment survivre en prépa ?

Toutes les clés pour réussir sa CPGE !

➜ Voir le dossier

 

A découvrir : Le métier de Consultant en Transformation Digitale

 

 

Réussir et obtenir son code de la route sur Codedelaroute.fr

 

 

étudier à l'étranger

 

Journées portes ouvertes dans toutes les écoles

Harcèlement sexuel en milieu étudiant : une l...

Harcèlement sexuel en milieu étudiant : une lente prise de conscience

Souvent associé au monde de l'entreprise, le harcèlement sexuel existe aussi dans l'enseignement supérieur. Ce n'est pas un phénomène marginal, même s'il est très dur de connaître son ampleur exacte. Une prise de conscience se fait petit à petit dans les esprits. 

Publié le 03 Juillet 2018 à 11h18 | | 0 avis

Harcèlement sexuel en milieu étudiant : une lente prise de conscience

 

Le harcèlement sexuel en milieu étudiant a longtemps été considéré comme un non-sujet par les autorités. L'élite intellectuelle des universités, les professeurs, les enseignants-chercheurs, sont vus comme étant incapables de pratiquer les formes violentes du sexisme. C'est ce qu'a constaté la porte-parole du CLASCHES (Collectif de Lutte Anti-Sexiste Contre le Harcèlement Sexuel dans l'Enseignement Supérieur), une association luttant contre ce fléau que nous avons interviewé : « À l’université on a d’autant plus de mal à rendre visible le harcèlement sexuel que le sexisme est souvent associé aux « autres » (les hommes de milieu populaire, les étrangers…). » Nous explique-t-elle en interview « Du coup, il peut y avoir des représentations qui font de l’université un espace de savoir et de progressisme, débarrassé de tout rapport de domination.»

 

Une situation de sujétion dangereuse pour les étudiants

La première association qui a dénoncé le harcèlement étudiant est justement le CLASCHES, et elle n'a été créée qu'en 2002. Elle est née suite à la dénonciation de son directeur de thèse par une doctorante. La vie étudiante rend l'environnement propice au harcèlement sexuel. En effet, le doctorant est totalement dépendant de son directeur de thèse, comme nous l'explique la porte-parole du CLASCHES : « Le directeur de recherche a un poids très important sur le déroulé de la thèse et la carrière académique : tout d’abord, c’est lui qui chaque année valide la réinscription. Il peut aider à publier, ouvrir son réseau professionnel et il a un grand poids au moment de la soutenance et dans le recrutement.» 

La proximité entre directeur et thésard est aussi à blâmer : « Il faut savoir que la relation pédagogique avec le directeur de recherche est une relation en général presque « à huis-clos » poursuivit la porte-parole  Les doctorants sont souvent seuls face à lui. Il est très difficile de changer de directeur de thèse en cours de doctorat. La personnalisation des relations entre un directeur et son doctorant augmente les rapports de pouvoir. » Il est très compliqué, si ce n'est impossible de demander une enquête sur un professeur. Seul le directeur d'université peut lancer une commission disciplinaire. Celle-ci est composée d'enseignants du même établissement, il y a donc un fort risque de corporatisme.

Le harcèlement peut aussi venir des autres étudiants : les soirées d'intégration et les bizutages peuvent prendre un tour sexuel. On l'a vu notamment dans une fac de médecine de Caen, avec l'élection de « Miss Chaudasse » et la réalisation d'un film pornographique. Les grandes écoles prestigieuses ne sont pas en reste : les Beaux-Arts sont aussi dans la tourmente. Des lanceurs d'alerte ont dénoncé des comportements malsains : des mains sur la cuisse, des insultes sexistes, des remarques sur l'apparence et des humiliations. Six professeurs ont régulièrement été cités. 

➜ À voir aussi : Sensibiliser les étudiants au harcèlement sexuel

 

Le harcèlement enfin pris à bras le corps par l'opinion et les pouvoirs publics

A partir du milieu des années 2010, il y a eu une prise de conscience sur le harcèlement sexuel dans la société, et dans le milieu de l'enseignement supérieur en particulier. Dès 2015, le gouvernement Valls a publié une circulaire demandant la création d'une cellule de veille contre le harcèlement dans toutes les universités. La requête est resté lettre morte. En novembre 2016, un nouveau blog Tumblr, Paye ta fac, réunit les anecdotes du sexisme ordinaire en milieu étudiant. Il s'est inspiré de Paye ta schnek , qui dénonce le harcèlement dans l'espace public. Si la plupart des témoignages concernent des remarques désobligeantes ou des blagues sexistes, certains cas décrivent du harcèlement sexuel. Ç'a été une révélation pour beaucoup de gens, et une première médiatisation du sujet. La porte-parole du CLASCHES le confirme : « En l’absence de chiffres, ce genre d’initiative peut permettre de donner du poids à notre propos et à nos actions, en montrant qu’il s’agit bien d’un problème général et systémique. »

Tout s'accélère en 2017. L'affaire Weinstein et le hashtag #Balancetonporc ont libéré la parole sur le harcèlement sexuel. L'université de Lorraine a conduit une étude sur le sujet. Près de 400 étudiants ont déclaré en avoir été victimes, soit un peu moins de 10% des effectifs. Pour 84% d'entre eux, les responsables étaient d'autres étudiants. Les enseignants n'étaient les harceleurs "que" de 32% des victimes. L'université de Lorraine a mis en place une cellule de veille contre le harcèlement, tout comme l'université de Bordeaux-Montaigne.

Le gouvernement a décidé d'imposer à chaque université la création une cellule de veille contre le harcèlement à la rentrée 2018 : « Cela participe effectivement à identifier le harcèlement et donc potentiellement à le combattre, mais tout ceci reste insuffisant tant qu’il y aura de nouveaux cas de harcèlement et que les victimes ne seront pas entendues », commente la porte-parole du CLASCHES. Elle nous informe aussi qu'avant même la circulaire de 2015, certaines universités avaient mis en place des structures : « L’université de Lille 3 est pionnière en la matière avec une Cellule de Veille et d’Information sur le Harcèlement Sexuel créée en 2006 ».

L'action du gouvernement ne s'est pas arrêtée là. Il a fait afficher des pancartes sur les campus avec des slogans comme : « A l'université, les violences sexuelles ne sont pas au programme » ou « Une soirée d'intégration, c'est fait pour faire connaissance avec sa promotion, pas avec les violences sexistes et sexuelles ». Le 4 décembre,  un colloque international sur les violences sexistes et sexuelles dans l'enseignement supérieur s'est tenu. On y a découvert un profil type de harceleur : « Ce sont souvent des personnes très intégrées qui ont un gros réseau. Et l'on distingue un asymétrie des statuts entre la victime et l'agresseur. »

➜ Voir le dossier : Santé et psycho

Donne ton avis !
Ta note :
Rédige ton avis