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Portrait de Ga Young Lim : du chant lyrique sud...

Portrait de Ga Young Lim : du chant lyrique sud-coréen aux scènes françaises

Ga Young Lim, chanteuse lyrique sud-coréenne, nous ouvre la porte de son appartement en centre-ville, à Lyon. Avec ses énormes pantoufles nounours, son pull douillet léopard et ses jolies lunettes arrondies, elle nous adresse son plus beau sourire pour nous parler de son parcours et de son métier hors du commun.

Publié le 09 Février 2018 à 15h54 | | 0 avis

Portrait de Ga Young Lim : du chant lyrique sud-coréen aux scènes françaises

Jeune fille pétillante, elle sirote sa boisson chaude et nous raconte son histoire, à l'aide de ses mains et de ses mots parfois hésitants. En France depuis quatre ans, elle donne des cours de chant et travaille comme serveuse dans un restaurant. Mais elle passe le plus clair de son temps à chanter, à se préparer pour des auditions et des compétitions internationales.

Avant chaque concert, elle mange une banane, parce que c'est bon pour la santé et puis, ça la calme. Elle nous interprète un passage du rôle de Leïla, dans l'opéra Les pêcheurs de perles. Une voix puissante, nuancée, gracieuse, tout ça à la fois. Elle ressent la musique et nous la fait ressentir. Un délice pour les oreilles.

 

Une passionnée qui n'a qu'un seul objectif depuis l'adolescence

Ga Young découvre l'opéra à dix ans. Exprimer une émotion par la voix. Une révélation pour la jeune sud-coréenne. Petite, elle ressent ce que le personnage ressent, et rêve d'être sur scène à la place du comédien. "Si je voulais jouer son rôle, peut-être que je serais meilleure que lui !", lance-t-elle à sa mère, devant une comédie musicale.

Chez ses parents, la musique résonne toujours. Alors bien sûr, chanter est vite devenu un réflexe naturel. Elle commence par rejoindre une chorale catholique pour les enfants. Ga Young aime déjà chanter, danser, jouer du piano, se montrer en musique. Pourquoi pas en faire un métier ?

Si elle n'y pense pas sérieusement avant ses 17 ans, une fois au lycée d'art d'Incheon, près de Seoul, c'est comme une évidence. Elle veut chanter. Ainsi, s'ensuit une formation à l'université pour perfectionner son chant. Ga Young intègre, ensuite, le chœur de l'opéra d'Incheon. Elle enchaîne les concerts et prend toujours plaisir à chanter, tout en jouant la comédie.

Seulement voilà, les opéras coréens ne sont pas nombreux. La France, l'Italie, l'Allemagne sont des leaders en matière de musique lyrique. "Pour être meilleure, je vais aller en France", se dit-elle. Pourtant, l'Italie aurait été un choix plus judicieux. Mais le français, c'est son coup de cœur. Une langue mélodieuse, jolie et riche. Chaque mot a plusieurs sens, ça l'intrigue. Elle se lance alors ce défi et s'envole pour l'Hexagone.

Ça tombe bien, parce que, lors d'un mariage, en Corée du Sud, où elle assiste en tant que chanteuse, elle rencontre la tante du marié, qui vient de Lyon et qui accepte de l'aider à s'y installer. "Peut-être que c'était le destin", confie-t-elle.

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Le chant lyrique, de la Corée du Sud à la France

Ga Young ne semble pas regretter son pays d'origine. Si elle s'y découvre une passion, ce n'est pas en Corée en Sud qu'elle peut s'épanouir dans le chant lyrique.

Là-bas, "les chanteurs coréens ne pensent qu'à la beauté de la voix, explique-t-elle. On ne pense pas à interpréter". En Corée du Sud, elle prononce bien les paroles, chante bien, mais ne comprend pas toujours. Ga Young est formelle : "ce n'est pas la musique". Elle, elle veut comprendre les paroles, elle veut interpréter les émotions de son personnage. Parce que, pour elle, c'est plus intense de transmettre par la musique.

Alors quand elle rencontre Marcin Habela, au Conservatoire de Lyon, elle se met à mieux travailler l'interprétation de ses rôles. "Il m'a ouvert l'esprit", dit Ga Young, qui estime beaucoup son ancien professeur. Elle améliore son chant, son interprétation mais aussi sa gestuelle.

Également enseignant à la Haute École de Musique de Genève, Marcin Habela lui propose de passer l'audition pour intégrer un Master en interprétation musicale. Mais son mentor est baryton, alors elle a besoin d'un modèle féminin, pour pouvoir écouter une voix qui ressemble à la sienne.

À Genève, elle rencontre Maria Diaconu, une chanteuse soprano. Ga Young commence par l'imiter, puis comprend qu'elle doit "créer son monde", apporter sa touche personnelle. Pamina dans La flûte enchantée, Ga Young dans la vie… comme une actrice, elle "respire le rôle [qu'elle] interprète". Elle ajoute qu'il faut "bien comprendre la situation, nourrir le silence". Quand elle est sur scène, elle est une autre personne.

Ce qu'elle aime surtout, c'est en apprendre toujours plus sur la musique. Découvrir de nouveaux compositeurs, de nouveaux morceaux, de nouvelles interprétations. "Je vis dans la musique".

Elle est diplômée en juin 2017. Depuis, elle prépare ses compétitions, cherche un agent, répète ses prochains concerts. À côté, pour gagner sa vie, Ga Young travaille comme serveuse au restaurant japonais Wasabi, à Lyon. Elle enseigne la chanson coréenne à des enfants métis et donne des cours chez des amateurs de chant. Avec des amis et son amoureux, elle prend part depuis quelques années à un projet créatif et innovant : une application, nommée À l'orée des rêves, qui permet de lire un poème, de l'entendre et de le regarder. Le croisement de la poésie, du chant et du dessin.

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La rencontre de deux cultures

En Corée du Sud, Ga Young nous confie qu'elle s'y sent comme en prison. Là-bas, elle ne s'ouvre pas aux autres, elle garde tout pour elle. Si le respect des semblables est une valeur phare de la culture coréenne, il l'emprisonne. "Il ne faut pas être différente, explique-t-elle. Si je fais autre chose, on dit de moi que je suis bizarre".

En France, elle se sent plus libre. Plus libre de s'épanouir en chant, en amitiés, en amour, dans sa vie en général. Plus libre d'être qui elle est, et rien d'autre.

Du moins, dans sa vie privée. Puisqu'à l'opéra, les sopranos sont en compétition. "Je ressens peut-être un mur, on est un peu ennemis". C'est parfois difficile de s'intégrer dans cette nouvelle culture, mais elle y arrive, petit à petit.

Elle remarque aussi qu'en France, les musiciens et les chanteurs font ce métier par amour de la musique. Tandis qu'en Corée du Sud, l'objectif, c'est surtout l'argent.

Mais de toute façon, rien ne l'arrêtera. "J'ai mon but", dit-elle, déterminée à l'atteindre, coûte que coûte. "Je suis heureuse comme ça, en chantant". Même si elle doit souvent sortir de sa zone de confort, puisqu'elle prépare actuellement un prochain concert en norvégien.

 

Son conseil ? "Il ne faut pas hésiter à essayer différemment. Il ne faut pas avoir peur, on est différents".

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