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Portrait de Fabien Vignon : « Même en entre...

Portrait de Fabien Vignon : « Même en entreprise, on n'a jamais fini d'étudier ! »

Ne lui demandez pas de faire l’école buissonnière : Fabien Vignon ne vous écoutera pas ! Droit dans ses bottes, il n’aime pas s’ennuyer. Son temps, il doit le consacrer à une tâche importante à ses yeux. Il aime le sport, la compétition, mais surtout, il aime aider les autres. Et pour lui, la vie est pleine de sens, mais d’abord quand il la partage avec ses proches.

Publié le 07 Mars 2018 à 10h54 | | 0 avis

Portrait de Fabien Vignon : « Même en entreprise, on n'a jamais fini d'étudier ! »

 

« Mon conseil : si vous avez vécu l’échec scolaire, entame avec calme Fabien, ne considérez pas que les études sont terminées dès lors que vous avez franchi la porte d’une société. Même en entreprise, on n’a jamais fini d’étudier ! » Et son parcours en est la preuve : à l’époque, il est bientôt majeur et ne se questionne pas encore sur son avenir professionnel. Il passe le bac, le réussit « tout juste, avec 10,00 de moyenne générale ». Sans projet d’avenir concret, il franchit les portes de l’université, d’abord en Biologie, puis en Histoire : il n’y trouve pas son compte, abandonne, puis cumule les petits jobs en intérim. Fabien a alors besoin de prendre sa revanche sur la vie ! Les difficultés qu’il connaît durant cette période le font grandir, lui apprenant la vraie valeur du travail.

En 2006, il intègre en intérim une entreprise spécialisée dans l’agroalimentaire : Vitacuire. « Durant cette période, la société avait besoin de beaucoup de salariés. » Il est embauché en CDD : « Comme j’étais assez débrouillard, on m’a formé sur différents postes ». Bingo ! Le contrat se transforme en CDI. C’est à partir de là que l’avenir de Fabien commence à se dessiner.

« J’avais toujours l’idée de reprendre les études : mes objectifs de vie, je ne pouvais pas les réaliser avec mon bac seul. L’usine, on s’enterre rapidement dedans. » Lors d’un entretien individuel annuel avec son directeur, il lui soumet l’idée. « Le mot a été passé aux ressources humaines. Comme l’entreprise prenait régulièrement des apprentis, ils m’ont proposé de me financer un BTS Industrie Agroalimentaire en apprentissage. » Aujourd’hui encore, il a conscience de la chance qu’il a eu : « j’avais une attente, et ils y ont répondu ». Le deal ? Continuer dans l’entreprise encore deux ans après l’obtention de son diplôme. Fabien reste en tout dix ans à Vitacuire. Avant de reprendre sa route pour d’autres sociétés, tout en gravissant les échelons : il enchaîne les postes à responsabilités. Très bientôt, il rejoint Potager City où il aura à s’occuper d’une équipe d’une vingtaine de personnes.

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Potager City : « une entreprise humaine » pour un compétiteur dans l’âme

« Je place beaucoup d’espoir en Potager City ! » affirme-t-il, content de découvrir de nouveaux horizons et d’avoir à relever de nouveaux défis. « Le travail a l’air intéressant, chargé, avec de nombreuses responsabilités. Cela a l’air d’être une entreprise humaine : une société qui cherche à créer de la valeur, tout en essayant d’améliorer le quotidien de chacun ! » Désormais, il quitte l’industrie pour débuter dans les domaines de la logistique et de la préparation de commande : « Je devrai m’occuper de la réception des livraisons, des salariés, des congés, et même peut-être de quelques embauches… ce qui est nouveau pour moi ! ». Et plus encore !

Ce qui le motive : une petite entreprise qui n’a pas beaucoup d’années derrière elle. En bon compétiteur, il ne se laisse pas perturber par les nouveaux objectifs. Au contraire, c’est cela qui l’anime ! « Tout sera à développer… comme me l’a dit le directeur à l’entretien. En somme, le travail que je vais commencer ne sera plus le même l’année prochaine ! » Et justement, Fabien a besoin de dynamisme. Il résume : « Être à la fois sur le terrain et dans un bureau pour faire un travail de fond, cela me plaît. Avoir une journée variée, c’est pour moi oeuvrer sur du court, mais aussi du long terme ! ».

Challenger, il ne se contente pas de ce qu’il a : « Mon but est d’avoir une meilleure année que la précédente ». Et pour ce faire, il se donne constamment les moyens. Il aime évoluer… mais toujours dans le bon sens. Il est à sa manière un sportif de haut niveau : les objectifs lui donnent une raison d’exister pleinement. Finalement, il se sent vivre pleinement lorsqu’il voit un intérêt à ses actions. « J’aime beaucoup le changement, la diversité dans le travail. » Il y trouve même des raisons dans son enfance. Toujours curieux, il n’a jamais vraiment eu peur de l’inconnu. Il regrette aussi que pour certains, cela soit difficile de changer d’environnement professionnel, « car souvent, dans une entreprise, nous préférons avoir un travail qui ne nous plaît pas forcément, plutôt que changer en prenant le risque d’aller mieux ». Et pour améliorer le quotidien de ses équipes, il a toujours essayé de les aider au mieux.

« Lorsqu’on suit une formation proposée par notre entreprise, on s’aperçoit que beaucoup de personnes ont des capacités. En revanche, quelques uns peuvent penser qu’il est compliqué de commencer une année de formation : ils s’imaginent peut-être qu’il y a trop de travail, que c’est trop dur… et qu’ils ne vont pas y arriver. Il faut, j’imagine, trouver en soi-même cette capacité à s’adapter et à accepter le changement. » En résumé, il trouve qu’il est parfois dangereux pour les salariés d’être professionnellement dans une situation critique, sans être capables de rebondir.

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S’aider soi-même en aidant les autres personnes

Fabien essaye d’avoir des principes et des valeurs, « surtout dans le monde du travail où l’on a tendance à croire que chacun évolue de son côté, individuellement ». Au contraire, grâce à son expérience, il a compris que l’environnement professionnel fonctionne grâce à la collectivité. Chacun a son rôle à jouer au sein d’une entreprise. « Et parfois, notre chef peut faire des efforts pour nous : il nous forme, il nous donne notre chance.... Certains prennent des risques inconsidérés pour nous mettre en avant. Finalement, nous avons beaucoup de préjugés sur l’égoïsme inhérent au monde de l’entreprise. Ce qui n’est pas forcément vrai ! »

Il a lui-même gardé contact avec ses anciens chefs : « Je n’oublie pas ce qu’ils ont fait pour moi ». Maintenant, c’est à son tour d’aider ses collaborateurs : comme il doit s’occuper d’équipes, il tente au maximum de s’adapter à chaque individu. « Quand quelqu’un n’a pas une grande estime de lui-même, j’essaye de l’aider au mieux. Elle peut être une personne qui pense ne pas être assez qualifiée intellectuellement car elle travaille à l’usine, ou qu’elle a vécu l’échec scolaire. » Il forme le travailleur à des tâches toujours différentes, et parfois même qui ne relèvent pas de son poste. Il se souvient : « Une fois, au début de ma carrière, j’ai travaillé avec un garçon un peu plus jeune que moi, qui avait toujours été en échec scolaire. Il avait arrêté ses études en Troisième. Il travaillait bien : intelligent et malin, il était pourtant persuadé d’être très bête. Aujourd’hui, il est formé et a un métier qui lui plaît ». En somme, le véritable objectif de Fabien, lorsqu’il forme quelqu’un, est de lui donner un but et une motivation, « afin de le faire évoluer professionnellement ». Pour lui, avoir de bonnes techniques de management, « c’est le plus important ».

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L’importance de la hiérarchie dans une entreprise

A ses yeux, le respect de la hiérarchie permet de bien faire avancer une entreprise : « Lorsqu’une société laisse ses employés livrés à eux-mêmes, que le patron ne s’intéresse pas à leur travail et qu’il ne leur donne pas d’objectifs, cela peut créer beaucoup de dégâts ». Il a en effet conscience de l’utilité d’un bon management. Il ne s’imagine d’ailleurs pas travailler sans au moins une certaine forme de hiérarchie : « Impossible ! S’il n’y a pas un supérieur pour définir la direction à prendre entre deux personnes du même grade, elles ne vont pas pouvoir se mettre d’accord. Et les salariés vont juste faire leur travail : ils ne chercheront pas à se dépasser, ni à aller plus loin ». Et pour lui, le rôle d’un manager, c’est de faire en sorte que les salariés se dépassent « de façon organisée et efficace ». Finalement, il pense que sans patron, les quelques personnes motivées dans la société finissent par ne plus l’être. « Plus d’esprit d’entreprise », explique-t-il pour résumer. Mais attention : respecter une hiérarchie ne signifie pas être à l’armée non plus !

« Pour moi, un bon manager est quelqu’un qui arrive à tirer tout le monde vers le haut : il n’y a pas de science exacte. Le seul résultat est important, mais ce n’est pas l’unique finalité. » Respecter l’individu est essentiel à ses yeux. « Il y a des patrons autoritaires, mais justes, des personnes psychologues mais moins pédagogues…. » Et Fabien sait s’adapter : pour lui, tout dépend de l’individu avec lequel il travaille. Il reconnaît que tout le monde ne peut pas être motivé de la même façon. « Il faut être parfois un peu militaire, et parfois encourageant. Et certains, il faut pouvoir les laisser autonomes. » En fait, il reconnaît qu’un bon responsable sait tirer le meilleur de tous ses collaborateurs. « Le management autoritaire ne peut fonctionner que sur une courte période, mais sur du long terme, je ne pense pas…. Passé une période, les bons éléments changent d’entreprise. » Il le sait bien : certains supportent moins la pression, « puis il y a des arrêts maladie ». Selon lui, une société a beaucoup plus à perdre en ne respectant pas l’individu.

Finalement, Fabien ne le dit pas directement, mais il a conscience que sa force, c’est d’avoir su reprendre les études grâce à une entreprise : ce n’est pas une formation qui l’a mené vers un métier, mais l’inverse. « Avoir connu le monde du travail avant de reprendre les études, cela aide : on grandit, on perçoit les choses autrement. » Aujourd’hui, même avec l’humilité dont il fait preuve, il peut être fier de son parcours. Comme il l’admet, dans le monde du travail, « nous avons la chance d’avoir de nombreuses portes ouvertes ». Il évoque par exemple les FONGECIF qui permettent de reprendre les études en suivant des formations tout au long de sa carrière, les validations des acquis de l’expérience et les BTS. « Si on se renseigne un minimum, on s’aperçoit que le système nous permet des évolutions auxquelles on ne s’attend pas. On peut toujours être surpris ! » Maintenant, Fabien a commencé son travail à Potager City : de nouveaux défis à relever pour le compétiteur, en attendant son match de football du week-end. Il aura alors l’occasion de s’amuser, puis de se reposer autour d’un apéro avec ses amis… avant de se donner encore plus d’objectifs !

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