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Portrait de Clément Dazin : du management au j...

Portrait de Clément Dazin : du management au jonglage

De technico-commercial à artiste de cirque, Clément Dazin a suivi un chemin semé d’embuches mais aussi de petites victoires qui l’ont mené, pas à pas, à faire ses preuves. Aujourd’hui, il jongle, danse, crée, au sein de sa propre compagnie de cirque : La Main de l’Homme.

Publié le 26 Mars 2018 à 17h47 | | 0 avis

Portrait de Clément Dazin : du management au jonglage

Clément est dans un couloir lumineux, une lumière vive semble l’appeler au loin. Mais avant de l’atteindre, il bascule dans une zone de lumière, puis une autre, encore et encore. L’enfance, la jeunesse, la vie active, la vieillesse… il retrace un à un chaque moment fort de la vie. Mais c’est avalé par la forte lumière au bout du chemin qu’il termine son spectacle Bruit de couloir, qui évoque l’expérience de mort imminente.

Si les images qu’il crée au quotidien transmettent une idée ou une émotion relativement claire, tout le monde ne la perçoit pas. Mais c’est justement l’un de ses objectifs quand il crée un nouveau spectacle : « laisser une part à l’imagination ». Il veut « faire voyager » à tout prix, mais aime que ses spectateurs ne voient pas la même chose que ce que lui a voulu montrer.

 

Le choix de la raison : le management

À l’obtention de son bac scientifique, Clément s’oriente d’abord vers un D.U.T. Techniques de commercialisation à Roubaix. Pourquoi ce choix ? Parce que la pression sociale l’y pousse. Deux frères ingénieurs, de bonnes notes à l’école… son entourage l’incite à suivre un chemin logique, tout tracé. « Quand on a les moyens de le faire, on est généralement poussé à aller le plus loin possible dans les études. »

Il ne réfléchit pas trop et se lance là-dedans sans trop d’intérêt. Surtout pour le bout de papier. Parce qu’il se rend vite compte que l’on fait des études principalement pour le diplôme qui ouvre des portes, mais c’est en entreprise qu’on apprend le plus.

Après l’I.U.T., il tente les concours d’écoles de cirque mais n’est pas sélectionné. Il se lance tout de même dans une autoformation de cirque, de théâtre, de danse, de gymnastique

Mais il faut bien gagner sa croûte. Alors il devient technico-commercial sédentaire au sein d’une plateforme téléphonique commerciale. Il répond au téléphone à des agences qui aident des entreprises à se créer, au nom d’une société qui propose des solutions de réseau informatique.

Après deux ans passés là-bas, il veut trouver un autre métier, plus intéressant et mieux rémunéré. Il reprend donc ses études, d’abord en licence, puis en Master en management à KEDGE Business School, à Marseille. Mais il décide de se former en apprentissage, dans une entreprise, en contrôle de gestion. C’est le bon compromis, la société lui paie sa formation et lui verse un salaire.

Il obtient son diplôme, mais après cela, fini le management. Place au cirque.

➜ À voir aussi : Portrait de Fabien Vignon : « Même en entreprise, on n'a jamais fini d'étudier ! »

 

Le choix du cœur : le cirque

Clément fait de la gymnastique depuis ses six ans. Dès la fin du lycée, cette idée de faire du cirque un métier lui « trotte dans la tête ». Quelques années plus tard, il a toujours cette envie. Mais il finit par se dire que tant pis, « ce ne sera pas un métier mais ce sera juste une passion ».

Il est loin de se douter de ce qui l’attend alors. À 26 ans, après son Master, il est pris à l’École de Cirque de Lyon puis au Centre National des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne.

À l’issue de sa formation, il ne perd pas de temps et monte sa propre compagnie de cirque : La Main de l’Homme. En tant que jongleur, ce nom lui paraît évident. La main, « c’est l’outil qui fait que l’on est intelligent, c’est l’outil de l’homme ». Mais il s’inspire aussi d’un livre du même nom, du photographe Sebastião Salgado.

Avec sa troupe de 8 autres jongleurs, Clément fait des tournées, crée des spectacles. Comme Humanoptère, qui aborde le thème de la relation au travail, évoque « la compétition, le côté un peu aliénant, la folie du pouvoir » et même notre animalité qui peut réapparaître. « Le plus faible peut se faire manger par les autres. »

On voit toute de suite que Clément est heureux de ne plus travailler dans l’entreprise de quelqu’un d’autre. Même s’il est réaliste : « c’est possible que je ne fasse pas cela toute ma vie, peut-être qu’un jour, je rebasculerai vers un autre métier avec plus de sécurité ». Au cirque, « on a toujours une épée Damoclès au-dessus de la tête, je me dis, aujourd’hui, que ce que je fais est bien, mais demain, ce sera peut-être moins apprécié et plus difficile ».

Mais pour le moment, il profite. « C’est mon métier, c’est une passion, quelque chose qui peut me rendre aussi heureux que malheureux. »

Aujourd’hui, il ne regrette rien. Ses études de management lui permettent même de bien gérer sa compagnie : monter des projets, gérer les plannings, les budgets…. tout cela, il sait le faire grâce à son parcours. Les deux ans qu’il a passé à travailler au téléphone lui ont appris à aller vite, à être bien organisé et à gérer le stress.

S’il n’était pas passé par le management, il aurait sûrement « fait quelque chose de très différent ». Peut-être qu’il aurait été simplement un bon interprète, mais peut-être pas à la tête de sa propre compagnie.

Pour Clément, le cirque, ce n’est plus des animaux et des clowns sous un chapiteau. De nos jours, c’est une « esthétique un peu différente », d’abord parce que le public se trouve en face et non tout autour du spectacle. Il explique que c’est « un art qui est métissé, dans lequel on a le droit de mélanger plein d’autres arts, comme la danse, mais aussi du théâtre : on fait vraiment ce que l’on veut ». D’après lui, dire que l’on n’aime pas le cirque, c’est comme dire que l’on n’aime pas la musique, tant c’est large et riche. « Un art en mouvement qui est en train de se réinventer. »

 

Son conseil : « C’est bien d’avoir un plan A et un plan B, et d’écouter un peu l’entourage, mais il faut aussi s’écouter soi. N’attendez pas demain pour devenir ce que vous auriez toujours voulu être ! »

➜ Voir le dossier : Parcours Atypique

Crédits Photos : Charles Vairet

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