Les Dossiers du Mois :

Rapport de Stage

Réussir son rappport de Stage :

➜ Voir le dossier

 

APB 2017

Réussir la procédure APB 2017 :

➜ Voir le dossier

 

Étudier à l'étranger

Comment partir étudier à l'étranger ?

➜ Voir le dossier

 

Comment survivre en prépa ?

Toutes les clés pour réussir sa CPGE !

➜ Voir le dossier

 

 

Réussir et obtenir son code de la route sur Codedelaroute.fr

 

 

étudier à l'étranger

 

Journées portes ouvertes dans toutes les écoles

« J’ai 16 ans, je veux un enfant »

« J’ai 16 ans, je veux un enfant »

11 Septembre 2009 à 00h00 | | 4 avis

« J’ai 16 ans, je veux un enfant »

ENQUETE

En 2007, une étude menée par Diana Dadoorian, professeur à l’institut de psychiatrie de l’université fédérale de Rio de Janeiro, soulignait l’augmentation constante du nombre de grossesses à l’adolescence. La France dénombre chez les moins de 18 ans, environ quatre mille naissances chaque année. Retour sur ce phénomène de société.

Avoir un enfant : choix ou appel au secours ?

Accident de parcours, naïveté, ignorance, les grossesses adolescentes sont la cible de nombreuses critiques. Pourtant, elles résultent parfois d’une volonté affichée. Pour ces adolescentes, cette envie de bébé répond à certains motifs. Pour Rose-Line Gaillard, assistante sociale au planning familial de Villeurbanne (Rhône), il existe deux cas de figure. Pour certaines, « c’est une prise de risques, qui se traduit par des rapports non protégés, [pour d'autres,] un moyen de se valoriser, se donner une place dans la société ». Et d’ajouter que cette maternité précoce peut répondre à « un vrai projet, ce n’est plus seulement un problème de contraception ».

Crise existentielle ou situation familiale instable sont autant de motifs à une grossesse précoce. « La plupart du temps, ce sont des adolescentes en grande détresse affective, vivant dans un climat de conflit familial. [Généralement,] elles sont en échec scolaire ou dans leur travail », déclare Mme Gaillard.
Dans la plupart des cas, ces jeunes filles flirtent avec les conduites à risque (drogue, alcool, fugues). Elles entrevoient dans la grossesse, un moyen de s’affirmer en tant que femme. Un moyen d’être considérée et aimée par leur entourage et la société. Pour d’autres, victimes de violences, c’est un moyen d’alerter les services sociaux. Encore et toujours, le bébé apparaît comme un « sauveur » de leur propre existence. L’enfant devient un motif à vivre, à se sentir utile.

Jeunes mamans : quel avenir ?

Aujourd’hui, nombre d’organisations existent pour aider ces jeunes mères tout au long de leur maternité. En Rhône-Alpes, l’Institut Départemental de l’Enfance et de la Famille (Idef) accueille et accompagne pendant et après la grossesse. Fruit de la décentralisation amorcée sous François Mitterrand en 1982, l’organisme accueille les enfants de 0 à 18 ans. Ces derniers sont placés sous l’autorité du Conseil Général du Rhône qui délègue ses pouvoirs à l’Aide à l’Enfance. Jean-Paul Gros, cadre socio-éducatif de la fonction hospitalière, s’occupe de l’accueil mère-enfant au sein de l’Idef.

 

A l’heure actuelle, le personnel reçoit des jeunes filles dès 14 ans. Ce service s’arrête aux adolescentes qui ont atteint la majorité. Pour lui, le phénomène des grossesses précoces obéit à plusieurs raisons. « Chaque cas est particulier. L’enfant, c’est la figure emblématique de la famille. Certaines sont physiquement et psychologiquement abîmées par leur environnement familial. Elles veulent montrer à leurs proches comment élever au mieux un enfant. Les jeunes filles en recherche d’amour, assimilent leurs bébés à un “doudou” ». Quant à la contraception, M. Gros casse les idées reçues : « En réalité, elles connaissent aussi bien la contraception que vous et moi ».
De tous horizons, françaises ou pas, en règle ou sans papiers, l’Idef est un véritable refuge pour ces adolescentes. « On reçoit des filles qui nous avouent cachés leur état à leurs parents. Alors qu’elles sont enceintes de 7 mois, leur ventre est plat comme mon bureau. Dès lors qu’on les admet, il devient tout rond. On est dans le déni. Pour le père et la mère, elle n’est pas enceinte. Pour le frère, s’il découvre qu’elle l’est, il peut la violenter », explique-t-il.

Un accompagnement constant

Les jeunes mamans peuvent être hébergées et encadrées par l’institut. Seules conditions : à partir du septième mois de grossesse et jusqu’aux trois ans de l’enfant. Ces délais correspondent à la durée de versement de l’Allocation Parent Isolé (API), équivalant à 700 € par enfant. Les admissions se font par téléphone uniquement. Rendez-vous pris, un entretien est organisé entre la mère et une assistante sociale de l’Idef. « Dans l’immédiat, c’est tout con (sic.) : ce qu’elles veulent, c’est de quoi bouffer et être à l’abri », commente Jean-Paul Gros. Pour les mineurs, elles sont soit admises à la demande de parents désarçonnés, soit sous le coup d’un placement judiciaire. En cas de danger dans leurs propres foyers. Sur 15 candidatures par mois, trois seulement sont retenues, selon leur situation. M. Gros déplore cette sélection par la détresse : « c’est violent comme choix. On peut être amené à signaler des mères inaptes à des juges : celles qui se droguent, qui ont des déficiences mentales, etc. ». Leurs enfants sont alors placés à la Pouponnière de l’Idef, à 200 m du foyer d’accueil.
Quant aux dossiers refusés, le personnel les réoriente vers le Service de Suite, structure annexe de l’Idef. Jean-Paul Gros explique : « c’est un accompagnement social. On les aide à trouver un domicile. Nos partenariats avec l’Opac du Rhône et les Adomas (anciens Sonacotras, logements sociaux à faible loyer, ndlr) nous permettent de les loger. Chaque mois, une assistante sociale vient les voir. Elle assiste la mère dans la recherche d’une crèche, d’un emploi, etc. Elle reste avant tout un soutien moral ». Cet accompagnement de 6 mois est renouvelable deux fois. Un espoir pour ces jeunes mères à l’adolescence avortée.

Stéphanie Perrin

Les avis sur cet article
marine1998

20 / 20

ouf ça ne doit pas être simple de prendre une telle décision car il y a beaucoup de points à prendre en compte
Par

marine1998

- le 30 Mars 14h53
sandrine8586

20 / 20

C'est tres difficile d'avoir 16 ans et d'être mère. Il faut pouvoir l'assumer
Par

sandrine8586

- le 31 Janvier 21h38
Plus de commentaires
Donne ton avis !
Ta note :
Rédige ton avis