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Les changements dus à la réforme de la formation professionnelle

Un nouveau compte personnel de formation (CPF) a été promis : la ministre du travail, Muriel Pénicaud, vient de présenter ce lundi 5 mars sa réforme de la formation professionnelle. Grâce au CPF, les droits vont être renforcés. Un plus gros « big bang » que le simple accord trouvé entre syndicats et patronat. Décryptage de la rédaction.

Publié le 06 Mars 2018 à 12h00 | | 0 avis

Les changements dus à la réforme de la formation professionnelle

Désormais, l’État prend les décisions ! Muriel Pénicaud, la ministre du travail, vient de présenter les premières idées pour mettre en place sa réforme de la formation professionnelle. En pointant du doigt un système « trop compliqué » similaire à un « parcours du combattant », elle a expliqué qu’il fallait commencer à penser à sa simplification.

➜ À voir aussi : Êtes-vous prêt à vous lancer dans la vie active ?

 

Réforme de la formation professionnelle : focus sur le compte personnel de formations

Aujourd’hui, le CPF est comptabilisé en heures : dès la réforme entrée en vigueur, il le sera en euros. Une remise à plat différente de ce que prévoyait l’accord entre le patronat et les syndicats. A l’inverse des partenaires sociaux, la ministre évoque une certaine justice, car la formation continue d’un cadre coûterait davantage que celle d’un salarié non cadre.

A l’inverse, le gouvernement valide l’accord des partenaires sociaux en rendant plus fort le CPF : le futur texte de loi permettra aux salariés d’obtenir 500 euros par an, dans une limite de 5000 euros. Et ceux qui n’auront aucune qualification pourront obtenir 800 euros par an limités à 8000 euros. Enfin, si l’entreprise le décide, elle aura la possibilité d’aller plus loin individuellement ou collectivement. Les ouvriers ou les employés ne cumulant pas assez de crédits, mais qui souhaiteront faire une formation longue, pourraient éventuellement bénéficier d’un « système d’abonnement ».

Pour les travailleurs en contrat à temps partiel qui travaillent en mi-temps ou davantage, ils cumuleront le même crédit annuel que les autres salariés. La ministre a justifié cette mesure par l’égalité entre les hommes et les femmes, expliquant que 80 % des personnes en contrat à temps partiel étaient des femmes. Les CDD, en revanche, cumuleront leurs crédits en fonction de leurs heures au sein de l’entreprise.

Nouveauté : une application mobile sera mise en ligne rapidement pour laisser tous les choix aux travailleurs salariés. Ils pourront y regarder leurs crédits, s’inscrire en ligne en finançant la formation de leur choix, comparer les formations, les commenter, etc.

➜ Voir le dossier : Premier emploi

 

Les Urssaf : grande nouveauté de la réforme de la formation professionnelle

Le système change, bouge : c’est sur ce point que le projet de réforme diffère des accords trouvés entre le patronat et les syndicats. La simplification de l’administration se matérialise par la mise en place d’une seule et unique cotisation. Avant, il y avait une taxe d’apprentissage et 1 % de cotisation. Par ailleurs, cette cotisation sera récupérée par les Urssaf, contrairement à maintenant où les collecteurs agréés la récupère. Les petites et moyennes entreprises et les très petites entreprises recevront une aide « solidarité financière des grandes entreprises ».

Enfin, une agence, France compétence, élaborera des certifications par rapport aux formations financées par le CPF, et observera aussi l’évolution de leur coût. Un projet de loi sera sûrement présenté devant les ministres fin avril.