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Kriisiis : "Le web social sera toujours aussi f...

Kriisiis : "Le web social sera toujours aussi fascinant"

Christophe Ramel, dit Kriisiis, est le fondateur du site Kriisiis.fr. Avec près de 43 000 followers sur Twitter, il est devenu une référence dans le domaine du social media. Il nous parle de son parcours et de ses différentes activités sur le web...

17 Octobre 2016 à 15h29 | | 0 avis

Kriisiis :

Tout d'abord, qui est Kriisiis ?

Kriisiis est tout simplement le pseudonyme que j’utilise sur le web depuis quelques années. Il me sert pour mon blog Kriisiis.fr, mais également pour mes présences sur les médias sociaux tels que Facebook, Twitter, Instagram, Pinterest ou encore Google+. Puisque l’on me pose souvent la question, j’anticipe : le nom est l’évolution de l’évolution de l’évolution de « Chris », pour Christophe.

J'ai donc rejoint une agence digitale lyonnaise nommée acti, avec pour mission de développer l'activité Social Media.

Je suis un lyonnais de 28 ans, passionné par les nouvelles technologies, le web et les médias sociaux. J’ai créé Kriisiis.fr en 2009, souhaitant pouvoir partager mes expériences dans le community management mais également des outils, conseils et bonnes pratiques. À cette époque, le métier de community manager n’était ni populaire ni vraiment pris au sérieux dans l’Hexagone, malgré son éclosion retentissante outre-Atlantique.

 

Pouvez-vous retracer votre parcours scolaire et professionnel jusqu'à aujourd'hui ?

Après un Bac ES à Lyon, je me suis dirigé vers une école supérieure de commerce, l’IDRAC Lyon,  jusqu’au Master 2, avec des fonctions commerciales lors de mes premiers stages, puis orientées Marketing Digital et Community Management par la suite (notamment les 18 derniers mois, avec un stage de 6 mois puis une année d’alternance dans une entreprise de coffrets cadeaux).

À la fin de mes études, j’ai décidé de capitaliser sur le rayonnement de mon blog pour me lancer en tant qu’auto-entrepreneur, une méthode qui me paraissait plus souple que l’entreprise individuelle, que j’avais expérimentée pendant 2 ans après mon Bac. J’ai rapidement accompagné plusieurs marques sur les médias sociaux, en direct ou en collaboration avec des agences digitales, notamment lyonnaises et parisiennes.

Assez vite, j’ai constaté les limites de ce schéma : l’isolement, les contraintes du travail à domicile (qui sans limite dressée représente rapidement 70 heures par semaine) et le manque de crédibilité vis-à-vis des grands comptes, plus à même de faire confiance à des entités totalement intégrées. J’ai donc rejoint une agence digitale lyonnaise nommée acti, avec pour mission de développer l’activité Social Media.

Aujourd’hui, près de 3 ans plus tard, notre activité se concentre autours de 3 métiers : l’accompagnement stratégique (élaboration de stratégies communautaires, coaching, audits de e-reputation), l’accompagnement opérationnel (community management, relation blogueurs, création d’applications Facebook, formation) et le pilotage de la performance (mesure de la performance, recommandations stratégiques, plans d’action). Je prends un plaisir énorme à développer cette activité, qui occupe une place toujours plus importante dans l’activité globale d’acti.

 

Comment avez-vous fait vos premiers pas dans le web ?

J’ai la chance d’avoir pu vivre une très belle expérience sur le web, à 19 ans : nous avons monté un projet familial, à travers le développement de jeux de stratégie en ligne. Nous avons créé une société au sein de laquelle je prenais en charge la dimension « Marketing / Communautaire », animant notamment les forums de ces jeux, rassemblant parfois jusqu’à 50.000 utilisateurs actifs. L’idée était de chercher constamment de nouveaux leviers pour impliquer les membres, dynamiser les échanges, collaborer dans la construction de notre offre. Très clairement, c'était les prémices du community management, qui s’est démocratisé dans les années qui ont suivi, avec les réseaux sociaux « conventionnels » !

[Kriisiis.fr] est avant tout une passion, je n'ai jamais cherché à en vivre.

Au delà de ça, il est vrai que je suis né dans une famille de geeks, avec un père, un frère et une sœur très sensibles aux nouvelles technologies et au web. J’ai ainsi découvert des services fantastiques assez jeune (vous souvenez-vous de votre première visite sur Google ?), et je me suis passionné pour cet univers : cela me colle à la peau depuis. Ça a certainement joué un rôle décisif dans mes choix les années suivantes, notamment en terme d’éducation et de profession.

 

Combien de visiteurs recevez-vous mensuellement sur Kriisiis.fr ?

Aujourd’hui, Kriisiis.fr rassemble près de 40.000 visiteurs uniques mensuels, principalement des community managers, des entrepreneurs, des consultants indépendants ou en agence et des responsables Marketing / Communication. Ce n’est encore qu’une première étape, car je n’ai jamais vraiment fait d’efforts pour développer son potentiel. Entre 2012 et 2013, je n’ai par exemple publié que 10 à 20 billets par an, avec un nombre de visiteurs uniques mensuels oscillant entre 20.000 et 30.000.

Depuis Janvier 2014, une rubrique « Actualité » a été créée (venant compléter le contenu constitué de « Billets de fond » de 1.500 à 3.000 mots), avec la volonté d’apporter toutes les informations importantes pour le lectorat, de 300 à 500 mots. Cela représente 48 des 52 billets publiés en Février. Laura Molina, community manager au sein de l’équipe acti, est la première collaboratrice du blog : elle publie 50% du contenu, articles d’actualité et billets de fond confondus.

 

Pouvez-vous vivre de votre site ? Avez-vous d'autres activités en parallèle ?

Ce blog est avant tout une passion, je n’ai jamais cherché à en vivre. J’imagine qu’avec des leviers spécifiques et la multiplication des partenariats, cela devrait être possible (et encore, le trafic n’est peut-être pas suffisant), mais ce n’est pas du tout mon objectif. Je cherche plutôt à placer des encarts et des contenus sponsorisés de la manière la plus discrète possible, et toujours du contenu en accord avec la ligne éditoriale (même si l’on ne maîtrise pas toujours le contenu diffusé).

Certain blogueurs génèrent peu de traffic, rassemblent une communauté de taille très restreinte, mais disposent d'une capacité de conseil et de persuasion très importante.

Par exemple, les encarts présents actuellement dans les billets d’actualité font la promotion de l’application Kriisiis, disponible sur iOS et Android. Les revenus actuels permettent de couvrir les frais divers : noms de domaine, hébergement, matériel ou outils éventuels, etc.

Au delà de ça, je n’ai pas d’activité en parallèle de ma fonction de Social Media Manager en agence et de mon activité de blogueur sur Kriisiis.fr. C’est avant tout faute de temps, car je suis très intéressé par l’idée de développer des projets e-commerce, et je suis parfois sollicité par mon réseau pour mettre en place de nouveaux dispositifs digitaux.

 

Selon vous, qu'est-ce qui a fait de vous un blogueur influent ?

Avant toute chose, je me permets de rappeler que l’influence est très relative, décorrélée de la visibilité. Certains blogueurs génèrent peu de trafic, rassemblent une communauté de taille très restreinte, mais disposent d’une capacité de conseil et de persuasion très importante, notamment dans certains domaines très spécifiques. Je ne sais pas si Kriisiis.fr parvient aujourd’hui à bouger les lignes, à encourager des prises de décision spécifiques, malgré sa visibilité.

Cependant, certains facteurs clés de succès sont de bonnes pistes de travail. J’ai la chance d’avoir fait un bon choix en lançant ce blog dès 2009, à une époque ou les blogs sur les médias sociaux étaient très rares, ce qui m’a permis d’être facilement identifié dans les mois qui ont suivi. Ensuite, je m’applique ! Certains de mes billets nécessitent jusqu’à 6 ou 7 heures de travail, entre 3 et 4 en moyenne sur les billets de fond. La valeur ajoutée générée fait parfois la différence avec certains billets qui survolent plus les choses. Enfin, et même s’il m’est arrivé de m’en approcher, je n’ai jamais baissé les bras : le blog a été tenu à jour ces 5 dernières années, ce qui a fait naître un réflexe chez un noyau dur de lecteurs.

À noter également que son historique et sa quantité de contenu sont accueillis favorablement par Google, et que certains de mes billets sont très bien positionnés sur certains mots-clés (malgré mon absence de connaissances et d’efforts pour soigner cet aspect). Aujourd’hui, 50% de mon trafic est généré par les moteurs de recherche, ce qui représente 20.000 visiteurs uniques mensuels.

 

Comment percevez-vous le secteur du web aujourd'hui ? Comment imaginez-vous son évolution ?

Le web d’aujourd’hui est fascinant car il inonde nos vies : alors qu’il était limité à un usage globalement consultatif il y a quelques années, et à des terminaux très spécifiques (les ordinateurs), son évolution a profondément changé nos habitudes.

En terme d'usage, l'essor des médias sociaux et des attentes des internautes a transformé les relations entre les individus

En terme d’usage, l’essor des médias sociaux et des attentes des internautes a transformé les relations entre les individus. Il permet à la fois de découvrir les photos de sa famille à l’autre bout du monde, de partager un événement en temps réel et de renverser des dictateurs. Je suis passionné par ce nouveau potentiel, permettant d’enrichir sensiblement les interactions entre individus, se connaissant ou non.

En terme de terminaux, le web n’est désormais plus limité aux ordinateurs, et sera accessible et exploitable de plus en plus facilement ces prochaines années. Qui aurait parié que nous aurions internet dans nos poches, dans nos voitures, dans nos télévisions, dans nos lunettes, dans nos montres, il y a encore 15 ans ? Le web est partout, et l’essor des objets connectés est une nouvelle étape : je suis d’ailleurs extrêmement intéressé par les objets connectés qui, au delà de révolutionner nos échanges, vont révolutionner nos vies.

 

Concernant le domaine du social média précisément, ne risque-t-on pas de tourner en rond progressivement ?

Le Social Media n’est pas une mode, car l’homme est un animal social ! Son essor est la conséquence logique d’une évolution technique et technologique, ainsi que d’une meilleure perception de ses propres attentes de la part des individus. Nous avons récemment découvert que nous pouvions échanger avec le reste du monde, avec nos propres parties prenantes, avec nos sphères sociales, facilement et rapidement. Comment pourrions-nous désormais nous en passer ? Je prône les échanges réels et les rencontres authentiques, comme la majorité des individus, mais maintenant que j’ai la possibilité de le faire sur le web, je percevrais sa disparition comme un manque réel, et je suppose qu’il en est de même pour beaucoup d’internautes.

Plus spécifiquement, en faisant un focus sur les plateformes et usages actuels, j’imagine que l’évolution (naturelle) actuelle n’est pas prête de s’arrêter : nous n’utilisons pas les mêmes réseaux sociaux qu’il y a 3 ans, période à laquelle nous avions déjà le sourire aux lèvres en repensant à notre utilisation de plateformes telles que MySpace quelques années auparavant.

L’innovation technique et technologique débloque sans cesse de nouvelles possibilités : quel était l’état du Social Gaming il y a 3 ans ? Le web social de 2020 ne ressemblera en rien au web social de 2016, mais ce qui est certain, c’est qu’il existera encore. Et qu’il sera toujours aussi fascinant…

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