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Une méthode pédagogique révolutionnaire contre l'échec scolaire

Dans le meilleur des mondes, chaque enfant dès la naissance se verrait génétiquement prédestiné à un emploi et à la catégorie sociale correspondante. Envolée l'école, balayée l'orientation, disparus les carrières dans lesquelles on ne s'épanouit plus. En attendant que la prophétie Huxleyienne se réalise, Céline Alvarez prône le naturel et l'écoute de l'enfant. Tout un programme !

Publié le 18 Septembre 2016 à 10h00 | | 0 avis

Une méthode pédagogique révolutionnaire contre l'échec scolaire

1. Comment remédier à l'échec scolaire ?

Selon le rapport de 2012 rendu par le Haut Conseil de l’éducation, 40% des enfants qui sortent du CM2 ont des connaissance fragiles ou partielles. Des lacunes rendant difficile la poursuite d’une scolarité normale dans le secondaire. Un chiffre alarmant au regard de l'importance de la primaire, lieu privilégié d’apprentissage de la lecture et du calcul. Face à ce constat le ministère de l’Education Nationale tente de réformer le système éducatif et d’encourager à l’innovation. Des mesures qui peinent à panser les coups portés au savoir être et penser.

Nombreux sont les facteurs contribuant au décrochage scolaire. Les écarts se creusent entre les élèves et de façon récurrente les inégalités sociales et les failles pédagogiques sont pointées du doigt. 

 

  • Au niveau institutionnel, la course à l'électorat oriente la prise de décision. Pour conserver la loyauté des familles favorisées ou pour satisfaire, tant bien que mal, les foyers pauvres, les élus maintiennent la catégorisation des établissements. Un phénomène contribuant à exclure les zones défavorisées, au lieu de les privilégier, et à renforcer l'accès privilégié aux jeunes aisés à des formations prestigieuses. Le libre choix des écoles laissé aux parents, constitutif de la création d'un véritable marché scolaire, freine également la mixité sociale et le mélange des niveaux au sein des classes. Un phénomène qui mérite, peut-être, d'être à nouveau régulé et encadré

 

  • La logique de gestion économique des établissements scolaires fait également diminuer l'investissement des professeurs. Déçus par les réformes en cours, ils peinent à envisager de nouvelles pratiques éducatives. Pourtant, là où des méthodes directives porteront ses fruits sur un élève, il se peut que sur d'autres, cela se révèle innefficace. L'éducation reçue et le tempérament de l'élève rentrant en compte. D'où l'importance qui devrait être accordée à la variation des approches pédagogiques, afin de permettre à tous les élèves de se sentir impliqués. 

 

  • Enfin, très empreinte par les stéréotypes de genres, l'orientation n'épargne pas non plus les populations les plus pauvres. Certaines familles poussent davantage leurs enfants vers des filières d'excellence, des voeux validés ensuite par les conseils de classe.

➜ À voir aussi : Pourquoi opter pour le soutien scolaire ?

 

Plusieurs systèmes de pensée tels que les méthodes Montessori et Freinet, parmi beaucoup d'autres, proposent la mise en place de dispositifs novateurs pour re-construire l'école. Inspirés de procédés cognitifs et pédagogiques naturels, c'est, tout récemment, la pédagogue Céline Alvarez, appuyée scientifiquemenent par la chercheuse à l'Inserm, Manuela Piazza et académiquement par le professeur de psychologie cognitive au collège de France, Stanislas Dehaene, qui a trouvé la réponse à cette vaste question : Comment remédier à l'échec scolaire ?

➜ À voir aussi : Plan numérique : comment refonder l'enseignement ?

 

2. Pourquoi utiliser d'autres outils ?

Passionée de linguistique et de sciences cognitives, Céline alvarez s'intéresse aux travaux de la pédiatre Maria Montessori à l'origine d'une méthode éducative reposant sur un apprentissage par le biais des sens et du corps. Une fois le concours de l'enseignement en poche, elle entreprend de tester ces différentes méthodes et de monter son propre système éducatif dans un établissement classé REP (réseau d'éducation prioritaire) à Genneviliers. L'enseignante livre les résultats spectaculaires de son expérience à travers de nombreuses interviews. Explications : 

 

Revenir à un environnement riche

De prime abord, il apparait essentiel, pour l'exploitation pleine et entière des capacités de l'enfant, de revenir à un environnement plus proche du milieu naturel. Un tel cadre faciliterait l'exercice de la motricité par l'exercice d'activités en plein air. Les sens se trouvent, quant à eux, pleinement mis à contribution grâce à la multiplicité d'informations auditives, visuelles et olfactives engrangées. Le jeu, laissé à la libre disposition des enfants, permet de déployer un imaginaire foisonnant. En s'inventant des histoires ils apprennent à s'inventer eux même une façon d'être et de vivre en communauté.

Ce milieu favoriserait aussi le développement de capacités cognitives dites "éxécutives" comme la mémoire ou l'attention. Des activités plus précises et encadrées, en raccord avec cet environnement, permettront également aux tout-petits de s'autogérer.

➜ À voir aussi : Educateur spécialisé sans le bac "J'aime venir en aide aux jeunes, aux handicapés"

 

Favoriser l'autonomie de l'enfant

Bricoler, planter des légumes, dessiner, autant d'occupations quotidiennes permettant de responsabiliser l'enfant et de le former à des savoir faire essentiels. En parallèle des ateliers dédiés à l'apprentissage de la lecture, de l'écriture, des mathématiques, de la géographie etc, sont assurés par des outils captivants l'attention des enfants. Par exemple, un tableau de chiffres rugueux ou "un cabinet de géographie" composé de puzzles représentant les différents pays, ou de globes terrestres.

Les témoignages enthousiastes des parents ayant laissé leurs enfants tenter l'expérience, démontre que les élèves apprennent à vitesse grand V. Ils sont capables, pour certains d'entre eux, de compter jusqu'à 1 000 ou d'apprendre à lire seulement à l'aide de leurs camarades plus âgés.

 

Mettre en avant la bienveillance et la diversité sociale

Le projet, mêlant les trois niveaux de maternelle, a également contribué à mettre en évidence la force collaborative et altruiste s'instaurant entre les élèves. Par l'interaction constante avec des individus plus jeunes et âgés qu'eux, les élèves sont amenés à développer leur empathie. Soucieux de la réussite des uns et des autres les aînés ou les élèves précoces, à contrario de l'opinion commune, ne s'ennuyaient pas mais approfondissaient leur savoir en aidant les autres. Il n'est pas difficile d'imaginer que cette émulation cultive l'entraide, la confiance en soi et l'acceptation d'autrui, les bases du civisme en somme, là où les groupes de niveaux auraient eu tendance à engendrer des frustrations.

➜ À voir aussi : Une métaphore fruitée pour illustrer le harcèlement scolaire