Bégaiement : les 5 aménagements universitaires méconnus qui peuvent changer vos oraux

Près d'un tiers des étudiants en situation de handicap présentent des troubles du langage ou de la parole. Si vous bégayez, les oraux et les exposés génèrent probablement un stress intense. Bonne nouvelle : des adaptations existent, et vous pouvez donc en bénéficier dès maintenant.

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Le bégaiement touche 1 % de la population adulte, et les étudiants concernés ont des droits méconnus

Contrairement aux idées reçues, le bégaiement n’est pas un simple problème de stress ou de timidité. C’est un trouble neurologique reconnu qui affecte la fluidité de la parole. En France, environ 600 000 personnes sont concernées, dont de nombreux étudiants qui doivent passer des examens oraux.

La loi prévoit des aménagements spécifiques pour garantir l’égalité des chances lors des examens et concours. Pourtant, beaucoup d’étudiants ignorent leurs droits ou n’osent pas les faire valoir.

Le temps supplémentaire est l’aménagement le plus courant, mais il en existe quatre autres

Premier aménagement possible : le tiers temps. Pour un oral de 20 minutes, vous disposez de près de 27 minutes. Ce temps supplémentaire permet de gérer les blocages sans être pénalisé par le chronomètre.

Deuxième aménagement : la possibilité de passer l’oral en privé, sans public ni autres candidats dans la salle. Cela réduit la pression sociale qui aggrave souvent le bégaiement. Troisième option : l’utilisation d’un support écrit pour compléter vos propos oraux.

La demande d’aménagement doit être faite plusieurs mois avant les examens auprès d’un médecin

Pour bénéficier de ces aménagements, vous devez constituer un dossier auprès de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) ou du médecin désigné par votre académie. Un certificat médical attestant du bégaiement est indispensable.

Les délais sont importants : pour le bac, la demande doit généralement être déposée avant décembre de l’année précédant l’examen. Pour les études supérieures, contactez le service handicap de votre établissement dès la rentrée.

Les jurys d’examen reçoivent des consignes spécifiques pour évaluer les candidats qui bégaient

Quand un candidat bénéficie d’aménagements, le jury est informé et formé à adapter son évaluation. Les examinateurs savent qu’ils ne doivent pas interrompre le candidat, même si un silence se prolonge. Ils évaluent le fond du propos, pas la fluidité de l’élocution.

Certaines universités proposent aussi des ateliers de prise de parole animés par des orthophonistes. Ces séances gratuites permettent de préparer les oraux dans un cadre bienveillant. Renseignez-vous auprès du service handicap ou du service de santé universitaire.

Témoignage : comment Mathieu a obtenu son master malgré un bégaiement sévère

Mathieu, 25 ans, bégaie depuis l’enfance. « Au lycée, je séchais les exposés. À la fac, j’ai compris que je pouvais demander des aménagements. » Grâce au tiers temps et à la possibilité de compléter ses réponses par écrit, il a validé son master de droit avec mention.

« Le plus dur, c’est d’oser en parler. Mais une fois la demande faite, tout devient plus simple. » Son conseil : ne pas attendre la dernière minute et contacter le service handicap dès l’inscription.


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