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- Quand l’échec après le bac révèle un problème en amont
- Parcoursup, point de départ d’une anxiété généralisée
- Le recours croissant à des acteurs privés
- Un investissement réservé à certains foyers
- Un secteur hétérogène et peu régulé
- Les failles persistantes du service public
- Un symptôme plus qu’une solution
Quand l’échec après le bac révèle un problème en amont
Les données sont claires : un mauvais choix d’orientation fragilise durablement les parcours. Ainsi, une étude récente de l’Institut des politiques publiques montre que les étudiants qui se réorientent dès la première année doublent leurs chances d’obtenir un diplôme. À l’inverse, les redoublements et abandons pèsent lourdement sur les finances publiques, avec un coût estimé à 13 000 euros par étudiant.
Au total, la Cour des comptes chiffre le coût annuel du redoublement universitaire à 530 millions d’euros. Dès lors, la question de l’orientation dépasse largement le champ pédagogique pour devenir un enjeu économique et budgétaire.
Parcoursup, point de départ d’une anxiété généralisée
Cette tension apparaît bien avant l’entrée à l’université. Chaque hiver, entre janvier et avril, 950 000 candidats formulent leurs vœux sur Parcoursup. Pour beaucoup, la plateforme cristallise les inquiétudes : peur de l’erreur irréversible, peur de la sélection, peur d’un avenir compromis.
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Dans le même temps, la complexité du système alimente le doute. Avec 25 000 formations proposées dans le public et le privé, l’orientation devient une décision stratégique, souvent prise sans vision précise des débouchés ou des exigences réelles des filières.
Le recours croissant à des acteurs privés
Face à cette incertitude, certains parents choisissent de déléguer une partie de la décision. Des entreprises spécialisées proposent un accompagnement personnalisé pour décrypter Parcoursup, définir un projet et hiérarchiser les vœux. Porté par cette demande, le secteur affiche une croissance comprise entre 15 et 30 %, selon les acteurs eux-mêmes.
Concrètement, les prestations se facturent entre 50 et 100 euros la séance, ou prennent la forme de forfaits allant de 300 à 1 200 euros pour quelques rendez-vous. Pour les familles concernées, cette dépense s’apparente à une assurance contre l’échec.
Un investissement réservé à certains foyers
Cependant, ce marché repose sur une sélection implicite. Les familles disposant de ressources financières et d’un capital culturel élevé accèdent plus facilement à ces services. À l’opposé, dans les milieux moins familiers de l’enseignement supérieur, la projection vers des études longues reste plus complexe et l’accès à un accompagnement privé demeure limité.
Ainsi, le risque d’une orientation différenciée selon les moyens apparaît bien avant l’entrée dans le supérieur.
Un secteur hétérogène et peu régulé
Par ailleurs, le coaching Parcoursup ne se limite pas à des structures issues du monde éducatif. Une part importante du marché repose sur des indépendants, souvent issus de la psychologie ou des ressources humaines. Faute de cadre réglementaire strict, certains se présentent comme spécialistes sans expérience avérée dans l’enseignement secondaire ou supérieur.
Pour les familles, la frontière entre expertise réelle et discours commercial reste donc difficile à identifier.
Les failles persistantes du service public
En parallèle, ce développement met en lumière les limites de l’accompagnement institutionnel. Le manque de personnels dédiés à l’orientation revient régulièrement dans le débat : on compte en moyenne un psychologue pour 1 300 élèves. De fait, ce ratio réduit le temps consacré à chaque jeune et alimente un sentiment d’abandon.
Dans ce contexte, le coaching privé apparaît moins comme une solution idéale que comme une réponse à un déficit structurel.
Un symptôme plus qu’une solution
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Pour autant, rien ne garantit qu’un accompagnement payant conduise au bon choix. En revanche, son essor révèle une réalité plus profonde : l’orientation est devenue un enjeu central de réussite, sans que les moyens publics aient suivi cette montée en importance.
Au final, le marché du coaching Parcoursup rend visible un système où l’erreur d’orientation se paie cher, pour les étudiants comme pour la collectivité.


