PASS ou LASS : ils rêvaient de médecine, ils ont tout perdu dès la première année : les dessous d’une sélection invisible

En 2025, le PASS et la LAS ont représenté 14 % des vœux sur Parcoursup. Beaucoup de candidats, mais peu d'élus. Avant de se lancer vers médecine, sage-femme, dentaire, pharmacie ou kiné, mieux vaut savoir à quoi s'attendre.

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Trois voies d’accès existent aujourd’hui pour intégrer les filières MMOPK

Le PASS, la LAS et la licence Sciences pour la santé ouvrent les portes des études de santé. Chaque université propose son propre parcours. Certaines n’offrent que des LAS. D’autres n’ont pas de licence Sciences pour la santé. Le programme peut aussi varier d’une faculté à l’autre.

« Savoir s’il faut mieux choisir un PASS ou une LAS, c’est LA question que se posent tous les lycéens », assure Françoise Goirand. Elle est responsable pédagogique PASS-LAS à l’université de Bourgogne.

En PASS, la majorité des cours portent sur la santé et demandent beaucoup d’autonomie

En PASS, les enseignements sont majoritairement scientifiques. Ils se concentrent sur la santé. Environ 15 % du programme concerne une autre discipline. En LAS, c’est l’inverse. Les cours de santé restent minoritaires.

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« Si on est sûr de vouloir faire des études de santé, mieux vaut choisir un PASS », conseille Leïla Jamin. Cette étudiante sage-femme à Nantes est porte-parole de l’ANESF. Elle nuance toutefois : « La charge de travail est importante. L’accompagnement reste moindre. Il faut être très autonome. »

Anita Gelfi partage cet avis. Elle étudie en troisième année de médecine à Clermont-Ferrand. Elle est aussi vice-présidente de l’ANEMF. « La LAS est avant tout une licence avec des cours en présentiel. On a des travaux pratiques et dirigés. Ce n’est pas le cas du PASS. On y travaille seul le plus souvent. »

Les chiffres le montrent : la réussite est presque deux fois plus élevée via le PASS

Les statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur sont claires. L’accès en deuxième année MMOPK est presque deux fois plus probable via un PASS.

Le choix de la discipline hors santé compte aussi. « Le plus logique, c’est la SVT », indique Françoise Goirand. « Mais la psycho est intéressante. Les étudiants de STAPS réussissent bien en général. » Les chiffres confirment cette tendance. La réussite atteint 18 % via une discipline scientifique. Elle tombe à 7 % pour les non-scientifiques.

« L’objectif, c’est de valider son année sans que cette discipline nous prenne trop de temps », résume Leïla Jamin.

Penser aussi à la réorientation : seuls deux étudiants sur cinq accèdent à la deuxième année

La première année reste particulièrement difficile. Seuls deux étudiants sur cinq sont admis en deuxième année. Ce chiffre inclut ceux qui ont tenté une ou deux fois.

« C’est pour cette raison qu’il faut bien choisir sa discipline hors santé », conseille Anita Gelfi. « Si on doit se réorienter, il faut être à l’aise. » Leïla Jamin ajoute : « C’est un point fort des LAS. Elles facilitent les réorientations vers une licence classique. »

Lucie, 19 ans, est aujourd’hui en deuxième année de dentaire à Rennes. Elle n’envisageait pourtant que la médecine au départ. « Ça faisait bien de dire qu’on faisait médecine », s’amuse-t-elle. En discutant avec des étudiants, elle a découvert l’odontologie. « J’adore le côté manuel et esthétique de ce métier. »

Une année éprouvante qui demande une vraie préparation mentale

Toutes les étudiantes interrogées le confirment. La première année est éprouvante. Le rythme est intense. Les coups de mou arrivent.

« Je ne me pensais pas capable de faire ces études », confie Lucie. « C’est une année vraiment longue avec des hauts et des bas. » Clémence, 19 ans, en deuxième année de pharmacie à Limoges, a eu une baisse de moral au bout de deux semaines. « J’ai essayé de visualiser l’après. C’est comme ça que j’ai tenu. On est stressés en permanence. »

Leïla Jamin va plus loin : « L’année de PASS est assez déshumanisante. On est isolés socialement. » Conseil unanime : bien se reposer pendant les vacances d’été. Arriver en forme et motivé reste essentiel.

La prépa privée n’est pas indispensable : le tutorat peut suffire

Au moins la moitié des étudiants en PASS et LAS suivent une prépa privée. Les organismes affichent des taux de réussite élevés sur leurs sites. Pourtant, chaque année, 75 % des candidats n’accèdent pas à la deuxième année. La prépa n’est donc pas un passeport garanti.

Le coût est conséquent. Comptez entre 4 319 et 7 736 euros en moyenne, selon l’ANEMF. Les tutorats, eux, sont souvent gratuits. Ces dispositifs sont proposés par des étudiants de deuxième et troisième années. Les universités les encadrent. Les enseignants participent à la rédaction des examens blancs.

« Ils m’ont dit qu’on ne pouvait pas faire sans. Ils m’ont fait peur », reconnaît Lucie. Elle regrette aujourd’hui. « Le tutorat est super. J’aurais pu réussir sans prépa. » Clémence, elle, n’a suivi que le tutorat à Limoges. Elle est aujourd’hui en pharmacie. Preuve que c’est possible.

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Source : Le Parisien – Ministère de l’Enseignement supérieur


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