Suppressions de postes dans l’Éducation nationale : le gouvernement rectifie après la polémique

Lundi 26 janvier, une réunion au ministère de l'Éducation nationale a semé la confusion sur le nombre réel de postes d'enseignants supprimés à la rentrée 2026. Le lendemain, le ministre Édouard Geffray a dû clarifier la situation en évoquant une « mise en réserve » et non des suppressions supplémentaires.

Montrer le sommaire Cacher le sommaire

Les chiffres présentés lundi ont déclenché une vive réaction des syndicats enseignants

Le 26 janvier, le ministère a présenté aux syndicats l’ampleur des suppressions prévues pour septembre 2026. Les documents consultés par Le Monde révèlent des coupes plus importantes que prévu.

Selon ces chiffres, le gouvernement supprimerait 2 229 postes dans les écoles primaires. Les collèges et lycées perdraient plus de 1 800 enseignants titulaires. Ces données dépassent largement le projet initial. À l’automne, l’exécutif prévoyait 1 891 suppressions dans le premier degré et 1 365 dans le second.

Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, a immédiatement réagi. L’organisation dénonce une « entourloupe » du Premier ministre. Elle appelle à la mobilisation contre cette « douche encore plus froide » qu’attendue.

Repas à 1 €, hausse des APL, soutien aux facs : ce que change vraiment le budget 2026 pour les étudiants
S’orienter autrement : comment l’alternance en marketing a relancé le parcours de Thomas

Le ministre assure qu’il s’agit d’une « mise en réserve » et non de suppressions cachées

Mardi 27 janvier, le ministère a fait machine arrière. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, rapporte les propos d’Édouard Geffray. Le ministre affirme que les informations de la veille étaient « erronées ». Le second degré conserve bien -1 365 postes de suppressions, pas davantage.

À l’Assemblée nationale, le ministre a précisé sa position. Il parle d’une « mise en réserve » de 438 postes, soit 0,1 % des effectifs. Ces postes ne disparaissent pas. Le ministère les gèle en attendant les résultats des concours enseignants. « Il n’y a pas de suppression cachée », assure-t-il.

Le ministère veut « garder une marge de manœuvre ». Les incertitudes sur les concours justifient cette prudence : nombre de candidats, académies plébiscitées. Au total, 776 postes (premier et second degré) restent ainsi en réserve.

La logique des 4 000 suppressions reste contestée malgré la baisse démographique

Le cafouillage sur les chiffres semble résolu. La stratégie globale, elle, continue de faire débat. Le gouvernement maintient 4 000 suppressions de postes à la rentrée 2026.

Mathématiques au collège : pourquoi des notions simples deviennent des pièges pour tant d’élèves
Quand l’humour remplace les calculs : retour sur une copie de maths pas comme les autres

Édouard Geffray justifie ces coupes par la baisse du nombre d’élèves. Sur franceinfo, il annonce que la France perdra « 20 à 25 % des élèves » dans le premier degré d’ici quinze ans. Ne pas en tirer les conséquences serait « irresponsable », selon lui.

Les syndicats rejettent cet argument. Pour eux, le déclin démographique offre une opportunité. Ils y voient une chance d’améliorer les conditions d’enseignement. De nombreux élèves manquent encore de professeurs. La France figure parmi les pays européens aux classes les plus chargées.


Vous aimez cet article ? Partagez !