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- Un poste inédit pour centraliser les signalements et réduire les angles morts du système actuel
- Renforcer les contrôles : un chantier plus large de lutte contre les violences
- Le secteur de la protection de l’enfance s’interroge sur la pertinence de cette création
- Une école qui veut redevenir un rempart contre les violences, mais à quel prix ?
Un poste inédit pour centraliser les signalements et réduire les angles morts du système actuel
Le projet d’Édouard Geffray consiste à créer une figure de référence unique que toute personne pourra saisir directement : familles, enseignants, personnels ou simples citoyens. Cette autorité devra être en capacité de recevoir des signalements, d’en assurer le suivi, mais aussi de faciliter les démarches administratives souvent complexes que doivent engager les familles.
L’ambition est claire : ne plus laisser aucune alerte sans réponse structurée. Aujourd’hui, les circuits sont jugés trop dispersés, parfois opaques, et les familles peuvent se heurter à des murs administratifs, surtout lorsque les faits concernent le périscolaire, relevant d’autres instances que l’Éducation nationale.
Ce nouveau poste viendrait en appui à la médiatrice de l’Éducation nationale, mais se veut aussi indépendant dans son action et réactif dans l’urgence.
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Renforcer les contrôles : un chantier plus large de lutte contre les violences
Au-delà de cette mesure, le ministre entend durcir les contrôles d’honorabilité pour tous les personnels en contact avec des mineurs. Si la vérification du casier judiciaire est déjà obligatoire à l’embauche, un suivi périodique sera mis en place tous les trois à cinq ans, en lien avec le parquet.
Les intervenants extérieurs (animateurs, formateurs ponctuels) feront eux aussi l’objet de vérifications systématiques. Le message est clair : l’école doit être un lieu de confiance absolue.
En parallèle, les contrôles dans le secteur privé s’accélèrent. Le ministère revendique 1 000 établissements inspectés en 2025 et vise 40 % de l’ensemble des établissements contrôlés d’ici 2027. Un cap jugé ambitieux, alors que les récents scandales, notamment dans le périscolaire parisien, ont mis en lumière des failles graves.
Le secteur de la protection de l’enfance s’interroge sur la pertinence de cette création
Mais l’annonce ne fait pas l’unanimité. Plusieurs acteurs de la protection de l’enfance, à commencer par la Cnape (Convention nationale des associations de protection de l’enfance), ont exprimé des réserves. Leur critique principale ? Une autorité similaire existe déjà : le Défenseur des droits, avec un adjoint spécialement dédié aux enfants.
Plutôt que de créer une nouvelle instance, ces associations plaident pour renforcer les dispositifs existants, améliorer la coordination entre les services de l’Éducation nationale et ceux de la justice, et mieux former les professionnels au repérage des violences.
Elles alertent aussi sur le risque de créer une nouvelle couche administrative sans gain réel pour les victimes, si les moyens humains et techniques ne suivent pas.
Une école qui veut redevenir un rempart contre les violences, mais à quel prix ?
Avec près de 80 000 signalements enregistrés par an, contre 50 000 il y a dix ans, l’école est aujourd’hui le premier lieu de détection des violences faites aux enfants. Un constat glaçant mais aussi porteur d’espoir : les victimes parlent davantage, les personnels sont plus attentifs, et des outils comme le programme Evars (vie affective, relationnelle, sexuelle) favorisent la libération de la parole.
Mais face à cette responsabilité accrue, l’institution peine à suivre. Manque de médecins scolaires, inégalités territoriales, lenteur des réponses judiciaires… Le nouveau « défenseur des droits des enfants » pourrait incarner une promesse de changement. À condition que ce ne soit pas un symbole de plus.
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Sources :
- Entretien au Monde avec Édouard Geffray (28 janvier 2026)
- BFMTV, article du 28 janvier 2026
- Communiqués Cnape et associations de protection de l’enfance


