Condition physique des élèves de sixième : ce que révèle l’évaluation nationale de 2025

À la rentrée 2025, l’Éducation nationale a mesuré pour la première fois à grande échelle la condition physique des élèves de sixième. Derrière un chiffre marquant, la difficulté à tenir un effort d’endurance, se cache une photographie bien plus large de la santé physique des collégiens, de leurs habitudes et des inégalités qui se creusent dès l’entrée au collège.

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Pourquoi le ministère a lancé cette évaluation nationale et ce qu’elle cherche réellement à mesurer

Le ministère n’a pas conçu cette évaluation pour noter les élèves ni pour établir des classements entre établissements. Il a d’abord voulu obtenir des repères fiables sur l’état physique des enfants de 11-12 ans, à un moment clé de leur parcours scolaire. Jusqu’alors, les analyses reposaient surtout sur des enquêtes locales ou sur l’expérience des enseignants.

En septembre 2025, 267 000 élèves de sixième ont participé aux tests dans plus de 2 800 collèges publics et privés sous contrat. L’échantillon représente environ 32 % des élèves entrants et 40 % des établissements (source – ministère de l’Éducation nationale). Les équipes ont évalué trois composantes essentielles : l’endurance, la force musculaire et la vitesse. Ce triptyque permet d’apprécier à la fois la capacité à soutenir un effort, la puissance motrice et la rapidité de déplacement.

L’endurance, point de fragilité majeur mis en évidence par les tests de terrain

Les résultats mettent d’abord en évidence une fragilité marquée sur le plan de l’endurance cardio-respiratoire. Le protocole retenu, bien connu en éducation physique, impose un effort continu et progressif jusqu’à l’arrêt volontaire de l’élève. Beaucoup rencontrent des difficultés à maintenir la course dans la durée.

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Dans les faits, près d’un élève sur deux n’atteint pas un niveau correspondant à plus de cinq minutes d’effort, et environ 20 % s’arrêtent très rapidement, avant trois minutes (source – ministère de l’Éducation nationale). Ces chiffres ne signifient pas que les élèves ne savent pas courir. Ils traduisent surtout une faible habitude de l’effort long, souvent liée à un manque d’activité physique régulière.

Cette donnée interpelle, car l’endurance constitue un fondement de la santé globale. Les activités d’intensité modérée et prolongée renforcent le cœur, les poumons et les muscles. Or, ce type d’effort occupe aujourd’hui une place réduite dans le quotidien de nombreux enfants.

Force et vitesse : des résultats moins alarmants mais loin d’être satisfaisants

Les épreuves de saut en longueur et de sprint sur 30 mètres dessinent un tableau un peu différent. Les performances apparaissent plus homogènes et globalement cohérentes avec l’âge des élèves. Malgré cela, l’évaluation identifie près d’un collégien sur deux en situation de difficulté sur ces critères (source – ministère de l’Éducation nationale).

Ces résultats suggèrent que les élèves maîtrisent mieux les efforts courts et explosifs que les efforts prolongés. Toutefois, ils révèlent aussi une condition physique d’ensemble fragile. Le mode de vie actuel favorise des activités brèves, souvent sédentaires entrecoupées de mouvements rapides, au détriment d’exercices sollicitant durablement l’organisme.

Inégalités de genre et de milieu social : ce que l’évaluation met en lumière et ce qu’elle interroge

L’évaluation fait également apparaître des écarts marqués selon le genre et l’environnement social. En endurance, les garçons accèdent plus souvent à une maîtrise satisfaisante que les filles, avec un écart supérieur à vingt points (source – ministère de l’Éducation nationale). Cette différence renvoie autant aux pratiques sportives qu’aux représentations construites dès l’enfance.

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Les disparités se renforcent selon le profil social des établissements. Les élèves scolarisés dans les collèges les plus favorisés affichent des niveaux d’aptitude plus élevés que ceux des collèges REP et REP+ (source – ministère de l’Éducation nationale). L’accès aux infrastructures, aux clubs sportifs et aux activités extrascolaires joue ici un rôle déterminant.

Au-delà des chiffres, cette évaluation pose une question centrale : comment redonner à l’activité physique une place structurante dans le quotidien des élèves, non comme une quête de performance, mais comme un levier durable de santé, d’égalité et de réussite scolaire ?


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