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Maëlle : "Le Japon est un pays à la culture t...

Maëlle : "Le Japon est un pays à la culture très différente"

Pendant son Master à l'INSEEC Business School, Maëlle a décidé de partir étudier au Japon. Elle nous raconte en détail son expérience dans ce pays à la culture si différente.

Publié le 02 Mars 2016 à 11h32 | | 0 avis

Maëlle :

Maëlle est en Master à l'INSEEC Business School. Dans le cadre de ses études, elle a décidé de partir au Japon pour apprendre la langue et découvrir une autre culture. 
Elle est désormais au Canada en année de césure. 

Quel est votre parcours scolaire ?

J’ai fait une classe préparatoire économie gestion dites Prépa Cachan et je suis actuellement en Master Ressources humaines et Management des talents à l’INSEEC Business School.

Mon projet professionnel consiste à trouver ma voie dans les Ressources humaines. J’aime beaucoup le recrutement qui est ma spécialité actuellement et aimerait découvrir les autres volets, en tant que généraliste RH, formatrice, etc. Tant que cela reste dans les RH et que cela me plait ! En quelque sorte, l’international fait partie de mon projet professionnel. En effet, je souhaite pouvoir être une bonne collaboratrice RH et pouvoir recruter ou faire évoluer des personnes de tous horizons. Il faut pour cela connaître la langue et la culture de la personne concernée, car le travail et l’environnement de travail n’est pas du tout le même d’un pays à l’autre. Les connaître permet une plus grande ouverture d’esprit et donc une meilleure gestion de ces différents talents.

 

Dans quel cadre êtes-vous parti étudier à l’étranger ? Combien de temps ?

Je suis partie étudier à l’étranger dans le cadre de ma deuxième année à l’INSEEC Business School où il était possible d’effectuer un semestre d’études à l’étranger dans une des universités partenaires. Je suis partie 5 mois en tout, 4 mois d’études à l’Université Meijo à Nagoya et 1 mois de voyage.

 

Quels ville et pays avez-vous choisi et pourquoi ?

J’ai décidé de partir étudier un semestre à Nagoya au Japon pour deux raisons.

La première est l’intérêt pur pour ce pays. J’aime sa culture, son histoire, son quotidien, sa nourriture… Beaucoup de choses comme les jeux-vidéos et autres mangas également.

La deuxième est que j’avais envie de découvrir ce pays pour une période plus longue que de simples vacances. Je souhaitais faire un stage là-bas, mais je me suis très vite aperçue que ça n’allait pas être simple : il faut la plupart du temps être bilingue, ce qui n’était absolument pas mon cas. La solution pour consolider mes souhaits étaient donc de partir étudier là-bas, en semestre dans une université partenaire, qui me permettait de passer du temps là-bas, d’apprendre la langue et de découvrir le pays de l’intérieur.

J’ai choisi Nagoya plutôt que Tokyo, les deux choix disponibles dans les universités partenaires, car cette université car je trouvais l’expérience d’immersion dans une ville plus petite plus intéressante car c’est connu, les capitales ne reflètent pas leur pays et le rythme de vie y est complétement différent.

 

On ne m’a jamais refusé de l’aide, le peuple japonais est très accueillant, très humble et très respectueux

 

Comment s'est déroulée votre expérience là-bas ?

Très bien. J’ai beaucoup profité de ce pays et j’ai été intégrée à des groupes différents. J’y retournerais et recommencerais sans hésiter. J’y ai beaucoup appris, à tous points de vue.

 

Qu'avez-vous appris, en termes de compétences mais aussi humainement ?

J’ai énormément appris de cette expérience.

Il faut savoir que le Japon est très différent de la France. La société est quelque peu en retard sur pas mal de sujets. La technologie est très avancée mais les mœurs sont en retard.

J’ai pu donc apprendre et expérimenter ces différences.

Tout d’abord, les Japonais ne parlent pas anglais ou alors très peu. Il faut donc parler en japonais ou avec les mains, au début en tout cas. Heureusement, j’étais très accompagnée au début par des élèves volontaires pour nous aider à nous intégrer et nous retrouver dans ce nouveau pays. J’avais également la chance d’avoir des amis américains pour la plupart dans le bâtiment où je logeais, qui allaient certes dans une université différente mais qui n’hésitaient pas à transmettre leurs connaissances.

Le Japon est un pays qui aime les règles et les règlements et ils sont très à cheval dessus. Il ne faut sous aucun prétexte refuser de s'y soumettre. Si les Japonais disent non, c’est non, la négociation n’existe pas. Les process sont également très compliqués et très longs. Il faut savoir que le rapport au temps n’est pas le même. Je l’ai appris dans un cours de différences culturelles que j’avais à l’université. Contrairement à nous, le temps n’est pas de l’argent. Le temps sert à suivre les règles, et donc les procédures. Il existe un process, il faut le suivre à la lettre, même s’il y a un moyen plus rapide de le faire. C’est comme ça et non négociable. Il est donc normal de passer du temps pour les formalités (sécurité sociale, banque…). Tout doit être bien fait et selon le process ! Il faut donc prendre son mal en patience car il n’y a pas d’autres choix possible.

Il faut également savoir que le Japon est un pays très « fermé ». Les mœurs changent très doucement, mais à la base, le Japon n’aime pas trop les étrangers et est très nationaliste. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale et l’occupation américaine sur le sol japonais, l’idée commence à s’installer. Le Japon ouvre doucement mais surement ses frontières. Surtout qu’ils font face à un problème de natalité, et n’auront guère le choix d’ouvrir d’avantages leurs frontières et accueillir plus d’étrangers et leurs donner envie de s’installer. Travailler au Japon n’est pas simple, car les entreprises recrutent non pas pour un poste mais pour une place dans l’entreprise. Les jeunes diplômés sont alors recrutés après leur sortie de la fac et font leur évolution de carrière avec l’âge et non les compétences. Cela est en train de changer également car il commence à y avoir un manque de personnel spécialisé, d’où l’ouverture sur l’étranger également.

 

Il ne vous sera pas donné toute votre vie de pouvoir partir sur de si longues durées

 

J’explique en amont cet aspect « fermé » car être étranger au Japon est très spécial. En effet, il n’était pas inhabituel que je sois dévisagée. Dans la rue, dans le métro, à l’école (j’étais la seule « européenne » étudiante de toute l’université). Également, un japonais lambda va automatiquement penser que je ne parle pas sa langue. Il n’était donc pas inhabituel que, plutôt vers la fin de mon séjour, que je m’adresse en japonais à une personne et qu’il tente une réponse en anglais… Alors que je lui parlais dans sa langue. Heureusement, ce n’était pas le cas tout le temps !

J’ai donc pu voir les différences culturelles et les attitudes (traverser quand le bonhomme n’est pas vert est très très mal vu !).

J’ai également pu apprendre la langue de manière intensive (9 heures de cours par semaine, dans un cours de 3 étudiants au niveau débutant). Le fait de devoir parler la langue pour faire ses courses, demander son chemin, la vie quotidienne finalement, aide aussi à l’apprentissage. Je sais désormais que j’aime beaucoup parler japonais, que j’aime le Japon et ses habitants, mais que je n’y vivrai pas. En effet, comme je le disais au début, la société est très en retard sur certains sujets, et notamment sur un qui me concerne plus directement : les femmes et le monde du travail. Une femme va avoir les même débuts qu’un homme, mais va devoir faire un choix entre avoir des enfants ou avoir une carrière. En effet, une femme qui travaille va devoir quitter son travail car il est très mal vu de partir un certain temps de son poste. Elle pourrait revenir dans l’entreprise, mais va devoir repartir de zéro. Comme je l’ai dit précédemment, on est employé pour une place dans l’entreprise et non un poste… Ce qui n’intéresse donc pas les femmes qui quittent alors le monde du travail. Dans cette société, l’homme va au travail et la femme éduque les enfants… Ce qui ressemble à notre société il y a quelques années, d’où ce retard que j’évoquais. Heureusement, cela est en train de changer, lentement mais surement, car certaines femmes veulent faire les deux et c’est bien normal.

Je ne compte donc pas travailler là-bas pour ces raisons, mais aussi pour le trop grand décalage culturel. Il faut aussi savoir que la société Japonaise est une société dite verticale, avec une grande présence et respect de l’autorité, des ainés etc, très hiérarchisée mais également très communautaire. Le but de la vie d’un Japonais est d’appartenir à une entreprise, ne jamais changer de travail (c’est un boulot à vie et c’est très mal vu d’en changer…), avoir une famille, appartenir à cette société. Un faux pas de travers et on en est exclu. Ceci est également lié à la religion, que je ne vais pas plus évoquer ici, le shintoïsme et le bouddhisme, qui aime cette notion de communauté. Bref, il est très difficile en tant qu’étranger et individu de faire des rencontres. Il faut rester avec son groupe (entreprise, famille) et il faut être présenté pour pouvoir rencontrer d’autres personnes, ce qui limite un peu les relations et la vie sociale, qui convient aux japonais mais pas aux occidentaux. Je suis peut-être partie un peu loin dans le sujet mais il faut connaître toutes ces subtilités pour bien comprendre. Et j’ai appris toutes ces choses à travers mes cours là-bas et mon séjour dans sa globalité.

Humainement parlant, j’ai eu la chance de tomber sur des Japonais très ouverts à l’étranger. Les rencontres au cours de cette expérience ont été très riches. On ne m’a jamais refusé de l’aide, le peuple japonais est très accueillant, très humble et très respectueux. C’est vraiment une culture et un peuple différent, mais j’ai beaucoup appris d’eux et cela permet de prendre du recul sur notre société.

J’ai donc beaucoup appris et beaucoup apprécié ce pays en tant qu’étudiante, j’y retournerai en tant que touriste ou voir même pour le travail temporairement (déplacement professionnel à l’avenir) mais pas en tant que travailleuse ni résidente permanente.

 

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Quelles qualités faut-il avoir, selon vous, pour partir étudier à l’étranger ?

Ouverture d’esprit, goût des autres cultures et langues, adaptabilité, savoir sortir des sentiers battus, débrouillardise, sociabilité, anticipation, organisation, curiosité… Être vous-même et savoir profiter de chaque instant !

 

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants encore hésitants ?

Foncer et profiter !

Il ne vous sera pas donné toute votre vie de pouvoir partir sur de si longues durées. Bien sûr il est possible que vous ayez un travail qui vous donne l’occasion de voyager, mais ce n’est pas la même chose qu’étudier.

Pour ceux qui seraient encore hésitants, j’ai eu deux expériences différentes et conséquentes sur deux continents différents, et je vais donc donner des conseils pour chacun d’entre eux : pour le Japon, où j’étais étudiante et pour le Canada, où je suis actuellement en césure et où je travaille.

Pour le Japon, je dirais qu’il faut que vous soyez très patients et très honnêtes. Il faut suivre les process sans négocier et être transparent. Le gouvernement japonais ne vous loupera pas s’il y a le moindre problème. Bien suivre et remplir les papiers avec le service international. Si vous partez en stage, bien suivre les autres procédures, s’y prendre à l’avance (PVT, etc).

Avoir quelques bases de la langue ou faire comme moi, partir en tant que débutant à Meijo, même si j’avais déjà un petit niveau grâce à la LV3. Bien apprendre la langue pour pouvoir se débrouiller rapidement, ne pas hésiter à accepter l’aide que vous propose l’université, être assidu, etc…

Bien préparer votre séjour, faire attention pour la banque par exemple. Préférer une carte VISA à une carte Mastercard, car le réseau VISA est plus développé. Heureusement pour vous, le Japon commence à se développer sur cette question d’avantage. Les Japonais aiment payer en cash et non en carte, il faut donc faire attention à votre réseau carte bleue et repérer les endroits où votre carte vous permettra de retirer comme la poste japonaise et les « 7/11 » qui sont des boutiques/épiceries 24/24 7/7 où l’ATM fonctionne pour les étrangers. Sachez que ces boutiques existent depuis moins de 2 ans, avant c’était compliqué pour les étrangers !

Préparez-vous aussi à avoir chaud. Le Japon est un pays également très humide. Si vous partez comme moi, d’Avril à Août, vous allez avoir chaud. Je dirais que cette année, j’ai eu froid deux semaines en arrivant, un petit mois de printemps à température normale, puis l’été à partir de mi-mai… Avec les températures de Juillet/Août françaises en mai/juin. Une saison des pluies en Juin. Puis Juillet/Août avec 35°-40° et 80% d’humidité. Je vous laisse imaginer. Hydratez-vous bien ! 

 

 

Pour le Japon, il faut suivre les process sans négocier et être transparent

 

Pour le Canada, où je suis actuellement, c’était une toute autre organisation.

J’ai planifié le Canada assez tôt dans mes projets, un an à l’avance. En effet, je souhaitais avoir la garantie de pouvoir partir, et j’ai donc entamé des démarches de visa pour être le plus libre possible de mes mouvements. J’ai donc pu obtenir le visa Permis Vacances Travail, qui me permet de travailler pour une durée de deux ans sur le sol canadien sans trop de restrictions. Sachez que ces démarches prennent du temps et sont à faire en amont. En effet, l’ouverture du permis était prévue en février et c’est finalement fait en avril. Sachez aussi qu’il y a 60 000 demandes pour 6000 permis, qu’il faut bien remplir son dossier et surtout bien se renseigner. En effet, ce permis très prisé est compliqué à obtenir. Cela marche malheureusement sur un bon timing, de la chance et de la concentration. Ce permis se joue en trois vagues et crée une liste d’attente à la fin de la 3ème. Il faut donc bien se renseigner, prendre les conseils, être patient et appliqué.

Je conseille donc une bonne préparation, car les visas, quel que soit le type, sont très prisés pour le Canada. Il y a des quotas et une fois le quota atteint il faut attendre l’année d’après, ce qui peut remettre en question vos projets. Même le visa des stages (stage COOP) se remplit rapidement et s’est clos cet été et ne se rouvre qu’en début d’année, pour vous donner une idée. Il faut donc planifier à l’avance ces projets.

Pour l’installation en soi, bien se renseigner, faire les démarches types assurance, sécurité sociale, banque, téléphone… Comme partout je dirais !

Et cette fois-ci : avoir conscience qu’au Canada, si vous faites les mêmes périodes que moi, il va faire froid ! Ne pas hésiter à investir dans de bonnes bottes, un bon manteau, prendre un logement bien isolé pour ne pas payer une facture astronomique, faire attention à vous en somme car il est facile de prendre froid !

Outre les visas, avoir une idée de ce que l’on veut faire dans le pays. Sachez qu’ici les Canadiens aiment beaucoup le contact « réel ». Ils organisent beaucoup de 5 à 7 pour faire du réseautage, aiment donc le réseautage, les recommandations, les bonnes références… Le contact téléphonique est également très apprécié. Pour ma part, je n’avais pas beaucoup démarché d’entreprise avant de partir car je connaissais cette notion de réseau et de contact. Une fois de plus, tout dépend ce que vous recherchez. Sachez que les stages rémunérés ici sont assez rares mais vous pouvez avoir de belles opportunités tout de même !

➜ À voir aussi : Antoine : "À Montréal, la culture est omniprésente"

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