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Secteur de la finance : "quand on est junior, m...

Secteur de la finance : "quand on est junior, mieux vaut tenter sa chance à l'étranger"

Ludovic a 24 ans et travaille actuellement dans le domaine de l’intermédiation financière à Genève en Suisse. Il a accepté de nous parler de son métier.

16 Juillet 2014 à 11h24 | | 0 avis

Secteur de la finance :

Quel est votre parcours ?

Mon parcours a été assez classique, ce qui ne doit pas décourager des personnes avec des parcours un peu plus atypiques de tenter leur chance dans le monde de la finance. J’ai suivi des études scientifiques au lycée (Bac S option Physique Chimie) pour poursuivre sur une Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles de Commerce (CPGE) dans le même établissement. A noter que la prépa, même si elle est aujourd’hui non obligatoire avec les systèmes de passerelles pour entrer dans une grande école de commerce, m’a énormément apporté tant au niveau du mental que des connaissances théoriques (particulièrement en mathématiques).

A la fin de ma prépa j’ai eu l’opportunité d’intégrer l’Ecole Supérieure de Commerce de Toulouse (ESC Toulouse) aujourd’hui rebaptisée Toulouse Business School. L’avantage que j’avais en arrivant dans cette école est que je visais déjà des études dans le monde de la finance (sans encore vraiment en comprendre tous les tenants et les aboutissants il faut bien l’admettre), je me suis alors naturellement dirigé vers le programme correspondant: le Programme d’Excellence AFP (Advanced Financial Program). Ce cursus est spécialement conçu pour des étudiants voulant se diriger vers les métiers de la finance de marché (Trader pour ne citer qu’un des métiers sur lesquels débouche le programme).

La plupart des écoles de commerce proposent ou imposent une année de césure durant laquelle l’étudiant réalisera sa première longue première expérience dans le monde professionnel. Pour ma part j’ai effectué ma césure au sein de la banque française Société Générale à Paris. Durant les 6 premiers mois j’étais assistant trader sur produits exotiques. Un produit exotique est un produit dérivé complexe mise en place par les institutions financières pour des émetteurs qui ont des besoins de financement spécifique. Puis, durant les 6 mois suivants, j’étais assistant Sales sur matières premières. J’étais en charge de la commercialisation de tous les produits financiers émis par la Société Générale et ayant pour sous-jacents des matières premières comme le pétrole, le gaz, l’or, le blé, le soja ou encore le café.

Ces deux expériences ont été très fructueuses pour moi et m’ont permis de vraiment comprendre les enjeux de la finance de marché. Cela m’a également permis de mieux cerner les métiers que l’on pouvait trouver dans une salle de marché et confirmer mon projet professionnel.

Le monde de la finance est extrêmement large et dire "je veux travailler dans la finance" ne veut finalement pas dire grand-chose.

A la fin de mon cursus universitaire je devais réaliser un stage de fin d’études que j’ai effectué dans une société d’intermédiation financière à Genève en Suisse, stage à la suite duquel j’ai par ailleurs été embauché. Je reviendrai sur ce point ultérieurement.

Il est important de préciser que le monde de la finance est extrêmement large et dire "je veux travailler dans la finance" ne veut finalement pas dire grand-chose. Dans cet univers nous pouvons observer les sous catégories suivantes :

  • La finance d’entreprise (toutes les activités qui ont trait à l’activité des entreprises au jour le jour ou à long terme),
  • La finance de marché (toutes les activités qui touchent de près ou de loin aux marchés financiers),
  • La banque privée (gestion d’actifs pour des clients fortunés),
  • Asset Management (gestion d’actifs notamment pour des clients institutionnels)
  • Etc.

Il est donc important de bien se renseigner avant de faire son choix d’orientation.


En quoi consiste votre métier actuel ?

Comme je le disais précédemment je viens d’être embauché dans une société d’intermédiation financière à Genève. Pour faire très simple, il y a deux types de marché financier : le marché primaire, c’est à dire le marché très bien organisé qui fournit des cotations continuellement durant la journée comme c’est le cas pour le CAC40 en France, le Dow Jones aux Etats Unis ou encore le Dax 30 en Allemagne.

Le marché secondaire, quant à lui, est un marché non organisé (aussi appelé marché de gré à gré ou les transactions se font directement entre deux investisseurs sans passer par des places de cotations régulées comme celles que j’ai évoquées précédemment). Ce marché présente de grandes spécificités: il n’est pas standardisé, l’information disponible est assez peu importante, et les investissements sont très peu liquides (c’est à dire qu’il est compliqué d’acheter ou de vendre des actifs quand vous le voulez).

Mon rôle sur le marché secondaire est d’être au centre des investisseurs qui passent par moi lorsqu’ils veulent acheter ou vendre des actifs. Je dois donc être au contact permanent de mes clients pour comprendre leur stratégie et ce dont ils ont ou auront besoin. Ce métier demande une bonne part de technicité (je dois comprendre les produits et la stratégie de mes clients pour pouvoir être capable d’acheter ou de revendre les actifs à d’autres investisseurs) mais aussi un grand sens du relationnel, il est en effet très régulier que les personnes avec qui j’entretiens les meilleures relations me fassent profiter d’informations de bonne qualité.

Le mot "finance" reste assez négativement connoté.


Le secteur de la finance a mauvaise presse depuis le début de la crise économique. L'avez-vous ressenti personnellement ?

Oui! Le secteur financier a connu une grande série de déboires depuis 2007. Même si la situation semble aujourd’hui se stabiliser, il n’empêche que le mot "finance" reste assez négativement connoté. Il y a eu des abus et des excès de la part de plusieurs acteurs financiers majeurs mais il faut aussi souligner que l’industrie financière emploie des centaines de milliers de personnes de par le monde et que ces excès n’ont été réalisés que par une infime minorité de personnes.

Les montants colossaux dont il est question font que la moindre erreur engendre des conséquences qui se chiffrent en millions voir même en milliards d'euros, raison pour laquelle le monde de la finance est au centre de toutes les attentions depuis plusieurs années. Cela étant dit, je n’ai absolument aucun scrupule à travailler dans ce domaine et il n’y en a pas à avoir du moment que le travail est fait consciencieusement.


Est-il facile de s'insérer professionnellement dans ce secteur en France ? Est-il plus facile de trouver du travail à l'étranger ?

Le marché de l’emploi dans le secteur financier a particulièrement souffert ces dernières années et reprend tout juste des couleurs. Il est possible de s’insérer professionnellement en France dans le monde de la finance, mais c’est loin d’être facile pour plusieurs raisons. La non flexibilité du marché de l’emploi en France force les employeurs à prendre d’infinies précautions avant d’embaucher quelqu’un en CDI. Un jeune actif va souvent devoir enchaîner plusieurs stages, CDD, missions d’interim avant de décrocher son CDI avec l’avantage qu’une fois le CDI décroché son emploi est beaucoup plus garanti que dans les pays anglo saxons. A l’inverse dans les pays anglo saxons il va être plus facile de trouver son premier emploi et de changer d’employeur régulièrement mais les garanties sont moindres et du jour au lendemain vous pouvez vous retrouver à la porte. Les places financières telles que Londres, New York, Hong Kong… sont bien connues pour cela. Il est facile de passer d’un établissement à un autre et multiplier les expériences.

A l’étranger, un jeune actif aura plus de chances de se construire une expérience humaine et professionnelle riche et également de meilleures opportunités qu’en France.

Je recommande personnellement à un jeune actif de tenter sa chance à l’étranger, il aura plus de chances de se construire une expérience humaine et professionnelle riche et également de meilleures opportunités qu’en France en étant junior.


Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans ce secteur ?

Ne vous laissez pas déstabiliser par les avis négatifs que certaines personnes vous donneront sur le monde de la finance et qui n’ont bien souvent jamais travaillé dans ce domaine. Forgez vous votre propre expérience, quitte à changer en cours de route si le poste que vous occupez ne vous convient pas. Le secteur financier est très large et propose un panel de jobs très diversifié.

Gardez également en tête que la France est très attachée à ses diplômes et ne pas avoir fait Polytechnique ou HEC vous fermera un nombre considérable de portes lorsque vous rechercherez votre premier emploi. N’hésitez pas à faire vos premiers pas à l’étranger ou l’expérience et les qualités intrinsèques d’une personne sont bien plus valorisées que ses diplômes. Vous pourrez tout à fait revenir en France ensuite avec votre expérience qui comptera désormais beaucoup plus que votre cursus scolaire.

Gardez également en tête que la France est très attachée à ses diplômes et ne pas avoir fait Polytechnique ou HEC vous fermera un nombre considérable de portes lorsque vous rechercherez votre premier emploi.

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