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Enquête - Non, l'université n'abrite pas (du ...

Enquête - Non, l'université n'abrite pas (du tout) que des paresseux

"Les étudiants en fac ne font rien !" Si vous êtes étudiant à l'université, il est fort probable que vous ayez déjà entendu ce cliché. Et vous savez que rien n'est plus faux ! Afin de mettre définitivement fin aux idées reçues, digiSchool a sondé les étudiants en fac et mené l'enquête. Reportage.

Publié le 24 Octobre 2013 à 10h40 | | 0 avis

Enquête - Non, l'université n'abrite pas (du tout) que des paresseux

Un point sur les sondés...

147 étudiants en fac ont accepté de répondre au sondage réalisé entre le 14 et le 21 octobre 2013. La plus grande partie de sondés est en Master 2 (50%). 27% sont en Master 1, 13% en licence et 11% en doctorat. Les répondants viennent de filières variées : lettres, gestion, psycho, marketing, communication, économie, sciences politiques, droit, RH, physique... 

Au cours des interviews et de notre reportage, les étudiants en fac ont estimé que ce cliché venait principalement du fait que les heures de cours sont très peu nombreuses à l'université, en comparaison avec d'autres établissements. Pourtant, selon notre enquête, 44% des sondés ont entre 20 et 29 heures de cours par semaine. On est loin des 35 heures, mais de là à considérer que c'est très peu, il y a une marge.

16% des sondés ont un temps de présence en cours très léger : moins de 10 heures par semaine. Les étudiants ayant très peu d'heures de cours sont en master LEA, philo, info-com, psycho ou informatique, ou en doctorat. Les filières citées sont celles qui compteraient le plus de "glandeurs", comme on le verra plus bas. Le nombre d'heures de cours semble donc directement correlé à la réputation des étudiants de la filière.

"Le nombre d'heures de cours semble directement correlé à la réputation des étudiants de la filière."

En revanche, 15% des sondés ont plus de 30 heures de cours par semaine : licence d'informatique, master de sciences politiques, d'économie, doctorat de pharmacie ou de sciences... Le nombre d'heures de cours varie donc du simple au triple selon la filière choisie.

➜ À voir aussi : Quelles sont les différentes licences accessibles à l'université ?

 

Pourquoi choisir la fac ?

Les étudiants les moins passionnés par la fac sont bien souvent des jeunes qui n'ont pas encore trouvé leur voie. Ils sont là "en transit", dans l'attente de trouver une formation qui leur plaise vraiment, ou d'être acceptés dans un autre établissement.

En réalité, seuls 10% des étudiants disent être à l'université par défaut. Parmi eux, 9% n'ont rien trouvé pour cette année et ne voulaient pas rester sans rien faire. 1% des sondés admettent qu'il ont choisi la fac parce que, selon la rumeur, il y avait peu d'heures de cours.
45% des étudiants interrogés ont choisi l'université parce qu'elle était la seule à proposer la formation qui les intéressait. Pour 42%, c'est l'autonomie dont on bénéficie qui a fait pencher la balance. Par opposition, les écoles privées ont pour réputation d'offrir un encadrement permanent à leurs élèves.

"Seuls 10% des étudiants disent être à l'université par défaut. Parmi eux, 1% admet qu'il a choisi la fac parce qu'il y avait peu d'heures de cours.  

 

Les étudiants sont-ils paresseux ou pas ?

Difficile de s'estimer "glandeur" ou pas. C'est nettement plus facile de donner son avis sur les autres. Et globalement, les étudiants interrogés ne sont pas sévères. 47% d'entre eux estiment que les autres étudiants de leur filière sont assez impliqués dans leurs études. Pour 16%, ils sont même "très impliqués". Seuls 3% trouvent leurs camarades pas du tout impliqués, principalement en éco-droit, à tous les niveaux d'études.

Quand ils entendent quelqu'un dire que les étudiants de fac sont tous glandeurs, la grande majorité est en désaccord. 24% estiment que c'est totalement faux et 64% considèrent que oui, certains sont là pour passer le temps, mais que c'est loin d'être une majorité. 9% seulement pensent que les glandeurs représentent la majorité des étudiants et seuls 3% s'estiment eux-mêmes glandeurs. 

➜ À voir aussi : Université : ses avantages et ses inconvénients

 

Plus de glandeurs... en école de commerce ?

Lorsqu'on leur demande s'ils pensent que certaines filières regroupent plus de "glandeurs" que d'autres, 40% répondent que oui (28% "non" et 32% ne savent pas). Les filières les plus touchées par le phénomène selon eux ? Psychologie, langues, histoire et lettres.

L'une des personnes interrogées, en médecine, se refuse toutefois à critiquer les étudiants. Il ne mâche pas ses mots :  "Les études universitaires requièrent une implication personnelle qui diffère en fonction des filières. Cela nous oblige à devenir sectaires. Pour ma part, je me retrouve à fréquenter uniquement des étudiants en médecine ou en pharmacie. C'est aussi la faute de nos universités qui ne cherchent pas à créer de la mixité (fac de droit en un lieu, fac d'économie autre part, fac de riches (ex : ASSAS) vs. fac moins prisée où les pauvres sont parqués) bonjour l'ouverture d'esprit !"

"En école de commerce, le diplôme est 'acheté' avec le chèque d'inscription !"

Néanmoins, 1 étudiant sur 2 considère que les universités n'ont pas le monopole des "glandeurs". 26% estiment même qu'il y en a davantage dans certains autres parcours ou établissements. Et lorsqu'on leur demande lesquels, les écoles de commerce en prennent pour leur grade ! Plus précisément, l'un des étudiants explique que, dans ces écoles, "le diplôme est "acheté" avec le chèque d'inscription (tous parcours confondus)"

Même sentence pour les écoles de communication, selon un autre étudiant, qui assène : "Les écoles de communication, à 6000 à 12 000 euros, les étudiants "achètent" plus ou moins leur diplôme !"

Les écoles d'ingénieurs, les BTS et les classes prépas sont également cités à plusieurs reprises. 

 

La fac : autonomie et esprit critique

La fac permettrait-elle de développer certaines compétences que ne permettent pas les écoles ? A 69%, la réponse est oui. La compétence la plus citée est sans grande surprise l'autonomie, par opposition à l'encadrement qui est très présent dans les écoles privées. 

L'ouverture d'esprit et l'esprit critique arrivent loin derrière, mais font également partie des qualités les plus souvent données par les sondés. L'un des étudiants explique cette réponse ainsi : "Il y a moins de formatage pour être en accord avec ce que demandent les enreprises, donc on a une plus grande liberté de penser".

"Il y a moins de formatage pour être en accord avec ce que demandent les enreprises, donc on a une plus grande liberté de penser."

Enfin, 53% des personnes interrogées prévoient de rester à la fac jusqu'à l'obtention de leur master, ce qui n'est pas surprenant, puisque la majorité des répondants sont actuellement à ce niveau. 21% envisagent d'aller jusqu'au doctorat. Seuls 3% pensent arrêter en licence. 9% envisagent d'arrêter la fac pour poursuivre leurs études dans un autre type d'établissement : école de commerce, école d'ingénieurs dans la majorité des cas. L'une des étudiants explique son choix : "Je pars en école de commerce afin de cumuler mon étude des langues et commerce, avec du commerce un peu plus poussé. Il faut que les recruteurs voient sur mon cv que je suis aussi passée par la case "école". C'est stupide, mais ça doit les rassurer pour certains". L'étudiante craint donc de pâtir des clichés qui pèsent sur sa filière.

En conclusion, il semble bien qu'une fois encore, ce cliché ne soit pas fondé. La plupart des étudiants en fac sont là pour suivre une formation précise. Ils ont choisi l'université parce qu'ils aiment l'autonomie qu'elle offre. Toutefois, il s'agit d'une manière d'apprendre et de travailler bien différente des écoles privées, et elle ne convient pas à tous. C'est pour cette raison que beaucoup d'étudiants, principalement en première année de licence, se retrouvent en transit et errent durant plusieurs mois avant de trouver leur voie. Ils ne constituent pas la majorité pour autant !

➜ À voir aussi : Comment fonctionne l'université française ?