Les Dossiers du Mois :

Parcoursup 2018

Toutes les clés pour réussir Parcoursup !

➜ Voir le dossier

 

Rapport de Stage

Réussir son rappport de Stage :

➜ Voir le dossier

 

Comment survivre en prépa ?

Toutes les clés pour réussir sa CPGE !

➜ Voir le dossier

 

A découvrir : Le métier de Consultant en Transformation Digitale

 

 

Réussir et obtenir son code de la route sur Codedelaroute.fr

 

 

étudier à l'étranger

 

Journées portes ouvertes dans toutes les écoles

Les études sur le genre : vers une société ...

Les études sur le genre : vers une société égalitaire ?

Le féminisme, l’homosexualité, la transidentité… tant de sujets que certains d’entre nous voudraient défendre. Et si l’on pouvait désormais en faire son métier ? L’université Lyon 2 prend les devants et propose des Masters d’études sur le genre.

Publié le 21 Mars 2018 à 10h19 | | 0 avis

Les études sur le genre : vers une société égalitaire ?

Ces diplômes sont méconnus mais, modernes et innovants, ils méritent de faire parler d’eux. Yannick Chevalier, Vice-Président en charge de l’égalité et de la vie citoyenne à l’université Lumière, et Touriya Fili-Tullon, responsable du Master Genre, Littératures, Cultures, nous ouvrent les portes de l’université pour nous en dire plus.

À l’université Lyon 2, tout a commencé avec le Master européen ÉGALES (Études de Genre Actions Liées à l’Égalité dans la Société). Puis il a été suivi par MATILDA (Histoire des femmes et du genre en Europe), ÉGAL’APS (Égalité dans et par les Activités Physiques et Sportives), GLC (Genre, Littératures, Cultures), SEGO (Sociologie de l’Égalité, du Genre et des Organisations), ÉGALITÉS (Études de Genre Analyses Lectures Interdisciplinaires pour Tisser l’Égalité dans la Société)… Autant de spécialités transversales qui trouvent désormais leur place sur le marché du travail.

 

Les études sur le genre : la réponse à une question de société

Ces Masters trouvent leurs origines dans un contexte à la fois historique, social et culturel. Selon Yannick Chevalier, leur création découle de deux constats.

Le premier constat renvoie à « l’émergence de nouveaux métiers liés à ces questions d’égalité professionnelle hommes / femmes ». Dans le monde du travail, c’est précisément le bon moment pour étudier les genres. En effet, les entreprises sont soumises à une obligation de transmettre des chiffres sur l’égalité professionnelle. Non seulement elles doivent recruter des femmes, mais celles-ci ne doivent pas occuper que les postes les plus précaires de la société. De nouveaux métiers émergent donc de ces nouvelles problématiques.

Le second constat, c’est la « résistance » des disciplines à impliquer les questions d’égalité : il s’agit d’un « ensemble théorique, ce qu’on appelle scientifiquement un paradigme ». Impossible de l’intégrer à d’autres filières, alors pourquoi pas en faire une mention spécifique ?

Pour Touriya Fili-Tullon, étudier le genre, c’est avant tout « une question de justice et d’éthique ». Elle ajoute que « notre société ne peut plus faire semblant ». À ses yeux, il n’y a pas que deux genres. Et les personnes qui ne se retrouvent ni dans l’un ni dans l’autre subissent alors une discrimination destructrice. « C’est une manière d’aborder, avec la neutralité requise dans le champ universitaire, d’autres manières d’exister, sans forcément se sentir obligé de prendre parti, mais simplement d’accepter les différences ».

Touriya Fili-Tullon conclut en précisant que cette formation permet également d’apprendre à se « méfier de certaines choses qui semblent être évidentes et pleines de bonnes intentions, comme parler au nom des autres pour les rendre visibles ».

Yannick Chevalier est un grammairien accompli. Pourquoi a-t-il sa place dans les études sur le genre ? Tout simplement parce que, selon lui, « en français, dès qu’on prend la parole, on affiche son sexe ». Le genre se manifeste avant tout dans la langue. L’écriture inclusive pourrait alors être l’une des solutions pour lutter pour l’égalité des sexes : « le monde changeant, la langue évolue aussi ». « Le débat ne consiste pas à savoir s’il faut mettre des .e, des tirets, etc., c’est de trouver des manières de s’exprimer et de rendre compte du monde tel qu’il est vraiment, c’est-à-dire un monde mixte », explique-t-il.

Touriya Fili-Tullon prend l’exemple du formulaire administratif, qui demande généralement de préciser le genre : c’est « une logique policière de vouloir s’immiscer dans la sexualité des gens, parce qu’un cerveau est un cerveau : il n’est ni féminin ni masculin ». Ainsi, le français pourrait, comme l’allemand, inventer un genre neutre ou bien un troisième genre.

➜ À voir aussi : Le Master de street art de l'ICART

 

Les Masters d’études sur le genre : des formations d’avenir

Les différentes spécialités des Masters trouvent chacune leur public, leurs débouchés et leur importance dans la société actuelle. Méconnus, ces diplômes sont tout de même bien implantés et surtout en réseau avec des « partenaires du monde socio-économique, des institutions publiques », précise Yannick Chevalier.

Tout d’abord, les Masters d’études sur le genre représentent beaucoup d’heures de travail et Yannick Chevalier prévient qu’il faut donc s’accrocher et être prêt à s’impliquer à 100%. Il y a de la théorie comme de la pratique, avec des travaux de groupe, des intervenants professionnels et surtout des stages. Les étudiants doivent même, dans le Master ÉGALES par exemple, partir un ou deux semestres à l’étranger, les questions de genres étant ancrées dans l’actualité internationale et bien plus avancées à l’échelle européenne.

Touriya Fili-Tullon, quant à elle, nous en dit plus sur le Master Genre, Littératures, Cultures. Il s’agit d’appréhender des corpus littéraires avec « les lunettes du genre, c’est-à-dire avec un appareillage critique qui permet de voir, par exemple, comment les représentations du genre (masculinités, féminités, transexualité, etc.) sont reconfigurées dans la fiction ». Mais symétriquement, c’est aussi la littérature qui fait évoluer la théorie en proposant des reconfigurations inouïes des relations et des situations. Elle peut aider à lutter pour l’égalité, mais elle dépend de notre interprétation, qui est faite selon une grille de lecture à laquelle nous sommes habitués : c’est alors « une question de conscience ».

Ce Master, plus littéraire que les autres, s’ouvre à l’enseignement, au journalisme, au secteur associatif, à la politique ou encore à la traduction, par exemple dans les maisons d’édition soucieuses de l’égalité des genres dans l’écriture. Néanmoins, les attentes envers les étudiants sont très exigeantes. D’abord, la langue doit être bien maîtrisée pour permettre de suivre les cours sans trop de difficulté, puisqu’ils se basent sur des textes philosophiques, sociologiques, historiques, etc., soit abstraits et très précis. Puis, la motivation doit relever d’un projet concret et non d’une simple curiosité. Enfin, l’autonomie est indispensable dans un tel cursus.

Formation continue, formation initiale… peu importe. Mais dans les effectifs des Masters sur le genre de l’université Lyon 2, deux profils d’étudiants se distinguent, selon Yannick Chevalier. Ceux qui ont déjà une vocation professionnelle mais auxquels il manque un petit quelque chose « pour se démarquer des autres étudiants qui ont les mêmes diplômes ». Le Master apparaît alors comme un bonus, un complément de leur formation. Et de l’autre côté, ceux qui sont militants et engagés dans les causes féministes, LGBT, etc. Une formation d’études sur le genre leur offre alors l’opportunité de « transformer ces engagements politiques » en un vrai métier, en une véritable compétence.

Santé, sport, ressources humaines, enseignement, éducation, politique publique… il y a bien plus de débouchés qu’on ne le pense. Comme dit plus haut, les entreprises ont désormais besoin de quelqu’un pour veiller à l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes. Cependant, rares sont celles qui ont le budget pour recruter un salarié à un poste dédié à cela.

C’est pourquoi une telle formation apporte une spécialisation, qui complète une compétence déjà acquise. Yannick Chevalier évoque un exemple : un statisticien peut étudier les genres pour se démarquer auprès des entreprises, qui dès lors « y trouvent leur compte », puisqu’elles recrutent à la fois quelqu’un d’opérationnel et quelqu’un qui veille à l’égalité professionnelle.

Quel que soit le métier convoité, il est toujours possible de se spécialiser dans les études sur le genre et de trouver sa place sur le marché du travail. Faire ce que l’on aime faire et s’engager pour une cause qui nous touche, une double fonction que l’équipe pédagogique de Lyon 2 permet avec passion, implication et innovation.

➜ Voir le dossier : Master

Donne ton avis !
Ta note :
Rédige ton avis