C’est quoi un sujet zéro et pourquoi en lire la correction ?
Étant donné qu’une réforme du baccalauréat a été mise en place en 2019, les élèves qui obtiendront leur baccalauréat en 2021 passent des épreuves inédites ! Les annales des années précédentes sont donc peu utiles aux révisions. C’est pour cela que le ministère de l’Éducation nationale a publié une banque de sujets d’entraînement, qu’on appelle sujets zéro. Avec ces sujets zéro, tu peux voir à quoi ressemblera ton examen lors des épreuves finales de terminale.
Tu dois savoir que le sujet zéro rédigé ci-dessous est un exemple d’épreuve qui pourra t'être donnée dans le cas où tu as conservé la spécialité histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP).
Pour l'épreuve d'enseignement de spécialité d'histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP) de terminale voie générale : le sujet d'épreuve dure 4 heures. Ce sont deux exercices :
Une dissertation : elle nécessite de réfléchir et d’analyser un sujet donné, et d’écrire une argumentation organisée, en respectant les règles de grammaire et de l’expression écrite.
Une étude critique de document(s) : cet exercice nécessite d’utiliser le ou les document(s) et les connaissances tirées du cours afin d’expliquer les informations énoncées dans le(s) document(s).
Corrigé du sujet de dissertation : Les sociétés humaines face aux fluctuations du climat, hier et aujourd’hui
Ce sujet nécessite d’utiliser les connaissances abordées lors du thème 5, intitulé « L’environnement, entre exploitation et protection : un enjeu planétaire ». Plus particulièrement, il s’ancre dans les connaissances évoquées dans l’axe 2, intitulé « Le changement climatique : approches historique et géopolitique ». Cet axe demande d’étudier les fluctuations climatiques et leurs effets du Moyen Âge au XIXe siècle, ainsi que le climat en tant qu’enjeu des relations internationales.
Première étape : lecture et analyse du sujet
Il faut définir dans un premier temps les mots du sujet :
- Sociétés humaines : groupes organisés d’êtres humains ayant établi des relations durables et qui vivent sous des lois communes.
- Face aux : ces mots sont fondamentaux dans la compréhension du sujet. Le premier groupe de mots « sociétés humaines » est le plus important. L’objectif est donc de voir comment les sociétés humaines s’adaptent aux fluctuations du climat.
- Fluctuations du climat : le terme « fluctuation » désigne des variations successives, des changements en ce qui concerne le climat, c’est-à-dire l’ensemble des circonstances atmosphériques et météorologiques propres à une région. Il s’agit notamment de la température, mais également des précipitations, etc.
- Hier et aujourd’hui : cette mention, qui ne précise pas directement la temporalité, nécessite de travailler au sein de la dissertation une évolution. Le cours proposant d’étudier les fluctuations climatiques à partir du Moyen Âge, les bornes temporelles s’étendront donc du Moyen Âge jusqu’à nos jours.
- En ce qui concerne les bornes spatiales, non mentionnées dans le sujet : il faudra travailler à l’échelle du monde entier.
Deuxième étape : la problématique
Contrairement à l’épreuve d’histoire-géographie tronc commun, aucune aide n’est donnée dans le sujet en ce qui concerne la problématique et le plan. La définition des termes du sujet permet donc de formuler une problématique (notamment en lien avec l’utilisation des termes « face aux »).
Comment les sociétés humaines s’adaptent-elles aux changements climatiques depuis le Moyen Âge ?
Troisième étape : brainstorming
Une fois le sujet analysé et la problématique trouvée, il faut rapidement noter sur papier les idées qui serviront à argumenter et répondre au sujet.
Quatrième étape : constitution du plan
Il faut ensuite réfléchir au plan : il faut s’appuyer sur le sujet, son analyse et la problématique.
Plan :
I. Les sociétés humaines du Moyen Âge au XIXe siècle : entre soumission et adaptation aux variations climatiques
II. Les sociétés humaines depuis l’industrialisation des pays : entre soumission et implication face aux variations climatiques
Cinquième étape : rédaction de l’introduction
L’introduction reprend les termes du sujet et permet de donner les bornes chronologiques et spatiales.
Montesquieu affirmait dans De l’esprit des lois, paru en 1748 : « Plusieurs choses gouvernent les hommes : le climat, la religion, les lois, les maximes du gouvernement […]. » Cette citation permet de rappeler le rôle du climat dans les sociétés humaines, c’est-à-dire des groupes organisés d’êtres humains ayant établi des relations durables et qui vivent sous des lois communes. En effet, les variations climatiques, qui désignent des changements de l’ensemble des circonstances atmosphériques et météorologiques propres à une région, ont un rôle à jouer dans l’installation de la population et sa capacité à assurer ses besoins primaires. Depuis le Moyen Âge, pendant lequel les populations sont soumises aux variations climatiques, jusqu’à nos jours, le monde entier doit donc s’adapter à ces changements.
Comment les sociétés humaines s’adaptent-elles aux changements climatiques depuis le Moyen Âge ?
Les sociétés humaines du Moyen Âge au XIXe siècle se sont soumises et adaptées aux variations climatiques. Depuis l’industrialisation des pays, ces variations climatiques sont liées à l’activité humaine, qui s’adapte et s’implique en fonction des changements.
Sixième étape : rédaction de la conclusion
La conclusion doit répondre à la problématique.
Les sociétés humaines se sont adaptées aux changements climatiques depuis le Moyen Âge. Elles sont tout d’abord soumises à des aléas climatiques (baisse des températures, montée des eaux plus récemment) qui peuvent causer des catastrophes humaines (famines, morts). Elles sont aussi l’occasion d’innover afin d’éviter les conséquences négatives de ces variations. Par ailleurs, certains pays du monde développent également des politiques de protection environnementale, en lien avec les organisations internationales. Cependant, tous les pays ne sont pas capables de s’impliquer de la même façon : ainsi, les réactions des sociétés humaines face aux variations climatiques sont également liées au développement humain et économique de ces pays.
Dernière étape : rédaction du reste de la composition
Une fois l’introduction et la conclusion écrites, il faut rédiger au propre la composition. Pour une meilleure compréhension de la correction, j’ai conservé les titres apparents ainsi que les mentions « idée » et « exemple ». Néanmoins, ces mentions ne doivent pas être présentes sur votre copie.
Montesquieu affirmait dans De l’esprit des lois, paru en 1748 : « Plusieurs choses gouvernent les hommes : le climat, la religion, les lois, les maximes du gouvernement […]. » Cette citation permet de rappeler le rôle du climat dans les sociétés humaines, c’est-à-dire des groupes organisés d’êtres humains ayant établi des relations durables et qui vivent sous des lois communes. En effet, les variations climatiques, qui désignent des changements de l’ensemble des circonstances atmosphériques et météorologiques propres à une région, ont un rôle à jouer dans l’installation de la population et sa capacité à assurer ses besoins primaires. Depuis le Moyen Âge, pendant lequel les populations sont soumises aux variations climatiques, jusqu’à nos jours, le monde entier doit donc s’adapter à ces changements.
Comment les sociétés humaines s’adaptent-elles aux changements climatiques depuis le Moyen Âge ?
Les sociétés humaines du Moyen Âge au XIXe siècle se sont soumises et adaptées aux variations climatiques. Depuis l’industrialisation des pays, ces variations climatiques sont liées à l’activité humaine, qui s’adapte et s’implique en fonction des changements.
I. Les sociétés humaines du Moyen Âge au XIXe siècle : entre soumission et adaptation aux variations climatiques
Les sociétés humaines de cette période sont marquées par des changements climatiques causés par des événements naturels.
A. Les sociétés humaines sont marquées par les variations climatiques
Idée : Les sociétés humaines sont soumises aux variations climatiques. Le refroidissement, qui se caractérise par des étés froids et humides, provoque une baisse des récoltes, donc une augmentation du prix des céréales et des crises alimentaires. Par ailleurs, des pluies plus nombreuses ont pour conséquences des inondations et des épidémies qui engendrent des pics de mortalité. Ainsi, l’optimum climatique médiéval, qui correspond à une période climatique chaude s’étendant du XIe au XIVe siècle, a favorisé l’agriculture, contribuant ainsi à la reprise démographique de l’Europe occidentale. À l’opposé, le Petit Âge glaciaire, qui correspond à une période froide s’étendant du XIVe siècle jusqu’au milieu du XIXe siècle, implique le retour des famines.
Exemple : Le Petit Âge glaciaire est à relier avec le retour des famines, l’augmentation du nombre de morts et le mécontentement de la population. Il peut, par exemple, être l’une des justifications de la période de la Grande Peur : après plusieurs hivers très froids, les récoltes sont mauvaises et la famine se développe. À la suite du serment du Jeu de paume et de la prise de la Bastille de 1789, les populations paysannes se révoltent, notamment contre les seigneurs, souhaitant la fin des privilèges.
B. Les sociétés humaines ont su s’adapter et progresser en dépit des conditions climatiques
Idée : Les sociétés humaines se sont adaptées aux conditions climatiques. Lors du réchauffement pendant le Moyen Âge, l’agriculture s’est améliorée, grâce à l’extension de la surface cultivée à la suite des défrichements et du recul des zones humides. Ces éléments ont permis à la population d’être mieux nourrie et celle-ci a donc fortement augmenté. Ainsi, en dépit des conditions climatiques difficiles, de nombreux progrès ont été faits dans le domaine agricole, tout comme dans le commerce maritime, qui se développe.
Exemple : Ainsi, au XIXe siècle, Johann Tulla lance des travaux de correction du Rhin pour éliminer les risques d’inondation et réduire les cas de paludisme.
C. Néanmoins, l’activité humaine n’est pas seulement en lien avec les variations climatiques
Idée : Les conditions climatiques influent sur les activités humaines, mais celles-ci résultent de causes toujours multiples. Ainsi, les refroidissements constatés à partir du XIIIe siècle n’empêchent pas la population européenne d’être dans son premier apogée. Cette forte population explique ainsi le retour à la famine (alors que le refroidissement médiéval est antérieur) : en effet, faute de mécanisation de l’agriculture, il n’est pas possible de répondre à une demande alimentaire en hausse. Par ailleurs, le refroidissement climatique à la fin du XVIIe siècle est observable dans toute l’Europe : la population baisse presque de moitié. Cependant, cette baisse s’explique aussi par d’autres événements, notamment la Peste noire et la guerre de Cent Ans. De plus, le refroidissement n’a pas les mêmes conséquences partout.
Exemple : En effet, alors qu’en France le refroidissement climatique du XVIIe siècle provoque une baisse des récoltes et l’augmentation des famines, en Flandre, les conséquences sont moins dramatiques du fait de techniques agricoles plus avancées dans cette région.
II. Les sociétés humaines depuis l’industrialisation des pays : entre soumission et implication face aux variations climatiques.
Les sociétés humaines de cette période sont marquées par des changements climatiques dont l’origine est plutôt humaine.
A. Les sociétés humaines sont marquées par le changement climatique global
Idée : Les sociétés humaines, depuis l’industrialisation des pays, sont bouleversées par le réchauffement climatique provoquant l’élévation du niveau des océans, la fonte des glaces, l’augmentation des pluies et des sécheresses et l’amplification des phénomènes météorologiques extrêmes. En effet, le changement climatique global entraîne une multiplication des risques pour les sociétés humaines, confrontées aux inondations, aux incendies, aux pénuries d’eau et de nourriture. Ces changements impliquent l’utilisation, pour la première fois, du terme de « réfugié de l’environnement » en 2005 dans un rapport de l’ONU. Ainsi, la Banque mondiale et l’ONU prédisent 143 millions de réfugiés climatiques pour 2050. Ce phénomène provoque déjà des conflits entre les différents pays du monde. Ainsi, se développent des problèmes géopolitiques majeurs et des conflits d’usage.
Exemple : Les manifestations lors du Printemps arabe en Syrie ont pu être causées en partie par de mauvaises récoltes occasionnées par les sécheresses. Par ailleurs, le choix du gouvernement syrien d’utiliser ses ressources en eau à des fins commerciales pour l’industrie du coton aux dépens de la population n’a fait qu’aggraver les effets de la sécheresse, et donc le mécontentement de la population.
B. Les sociétés humaines répondent de manière différenciée à ces bouleversements, causant des inégalités entre les États
Idée : Les réponses à ces bouleversements révèlent des inégalités de développement entre les États et renforcent donc les déséquilibres mondiaux. Ainsi, les pays industrialisés sont sensibles aux enjeux économiques et politiques. L’objectif est de changer durablement le mode de production et de consommation, tout en assurant la sécurité énergétique, d’autant plus que l’opinion publique est en faveur d’une réduction des émissions de CO2. Les pays en développement rapide voient leurs émissions augmenter très fortement. L’objectif est économique : assurer le développement de ces pays, souvent très peuplés. Enfin, les PMA (pays les moins avancés) sont vulnérables car souvent soumis à des aléas climatiques et à des problèmes économiques.
Exemple : Les îles du Pacifique, comme la Nouvelle-Guinée, sont soumises à des aléas climatiques liés à des problèmes d’insularité, et sont très dépendantes économiquement.
C. Une implication des sociétés humaines
Idée : Les sociétés humaines s’impliquent depuis la seconde moitié du XXe siècle sur la question du réchauffement climatique. En effet, la communauté internationale a développé des organisations et conférences depuis 1972 (première Conférence des Nations unies sur l’environnement) afin de protéger l’environnement. Après la création du Programme des Nations unies pour l’environnement, plusieurs conférences ont été réunies, notamment dans le cadre de la COP (Conférence des parties) dont l’objectif est de déterminer des mesures à prendre pour protéger l’environnement. Cependant, alors que tous les pays ne participent pas aux différentes mesures en faveur du climat, les sociétés humaines se mobilisent en sa faveur.
Exemple : Des figures soutenant la protection de l’environnement montrent l’implication des sociétés humaines dans les variations climatiques. C’est notamment le cas de Greta Thunberg, jeune activiste suédoise, qui acquiert une renommée internationale pour ses actions militantes, et qui participe avec des jeunes du monde entier à des marches pour le climat.
Les sociétés humaines se sont adaptées aux changements climatiques depuis le Moyen Âge. Elles sont tout d’abord soumises à des aléas climatiques (baisse des températures, montée des eaux plus récemment) qui peuvent causer des catastrophes humaines (famines, morts). Elles sont aussi l’occasion d’innover afin d’éviter les conséquences négatives de ces variations. Par ailleurs, certains pays du monde développent également des politiques de protection environnementale, en lien avec les organisations internationales. Cependant, tous les pays ne sont pas capables de s’impliquer de la même façon : ainsi, les réactions des sociétés humaines face aux variations climatiques sont également liées au développement humain et économique de ces pays.

