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Métier d'infirmier : "on nous jette de la poud...

Métier d'infirmier : "on nous jette de la poudre aux yeux !"

Comme nous vous l'évoquions il y a quelques jours, les étudiants en soins infirmers sont souvent en proie à un malaise bien présent au sein de leur formation, mais sutout dans leurs diverses expériences professionnelles. Pour comprendre ce malaise, l'équipe digiSchool média est allée à la rencontre de Pauline, une ancienne étudiante en école de soins infirmiers qui s'est aujourd'hui reconvertie.

20 Septembre 2013 à 10h17 | | 10 avis

Métier d'infirmier :

 

Son profil

  • J'ai actuellement 22 ans, j'ai obtenu un baccalauréat littéraire il y a maintenant 5 ans
  • J'ai réalisé deux ans en école d'infirmière, avant de tout quitter pour devenir fleuriste
  • J'ai récemment obtenu mon CAP de fleuriste, je suis à la recherche d'un emploi

 


Qu'est ce qui t'as donné envie de devenir infirmière ?

Si j'ai voulu faire ce métier, ce n'était pas pour sauver des vies puisqu'il s'agit là d'une vision très idyllique de la profession et que l'on a tendance à ne pas toujours saisir en quoi consiste vraiment ce métier. Ce qui m'attirait dans ce métier là, c'était l'idée d'accompagner les personnes que ce soit physiquement ou psychologiquement tout au long de leur maladie. Mais aussi la possibilité de soulager les patients de leur souffrance quelle qu'elle soit. Ce qui m'a aussi plu, c'était le contact humain primordial, au sein de la profession, mais aussi l'approche médicale, c'est-à-dire savoir reconnaître des pathologies et savoir les traiter.

 

Ce qui m'attirait dans ce métier, c'était d'accompagner les personnes [...] tout au long de leur maladie.


Comment procède t-on pour entrer en école de soins infimers ? 

Tout d'abord l'entrée se fait par concours. Le concours est assez difficile à obtenir. Mais en général, si un étudiant parvient à le réussir, c'est qu'il est véritablement en mesure de réussir sa formation. 

> En savoir plus sur le Concours d'Infirmier.

 


La formation que tu as entamé correspondait-elle à ta vision de celle-ci et surtout à tes attentes ?

D'une part, cela correspondait à ma vision de la profession car les valeurs qu'on nous inculquait étaient des valeurs que je savais essentielles pour exercer ce métier. On nous apprend à nous mettre à la fois à la place du patient et à la place du médecin, mais aussi à la place de la famille. Une sorte de de kaléidoscope. Il était important d'acquérir cette capacité afin de comprendre ce qui se jouait.

 


On entend souvent parler d'inégalités entre les étudiants en soins infirmiers et les étudiants de l'enseignement supérieur, notamment en terme d'aides financières pour les études. Peux-tu nous confirmer cela?

Ce qu'il faut savoir c'est que le coût de la formation en lui-même se réduit aux frais liés au dépôt de dossier et passage du concours. Frais non négligables quand on sait que cela dépasse les 100 euros et que nombre d'étudiants se voient contraints d'en passer plusieurs. Ensuite, il y a toutes les dépenses liées aux livres dont nous devons disposer et dont le prix est très élevé. Mais au-delà de cela, nos frais de scolarité sont ceux de tout étudiant.

La différence c'est que nous, nous ne bénéficions pas réellement d'aide à l'inverse des étudiants à qui le CROUS attribue une bourse. Notre seule façon de financer nos études est d'avoir recours à des aides attribuées par les établissements médicaux et qui exigent en échange un nombre d'années à effectuer au sein de leur service, d'une durée équivalente à leur financement. Mais très honnêtement, c'est généralement les personnes qui sont déjà en activité qui ont recours à ce genre d'aide. 


Il y a un profond malaise dans la profession. Pourquoi, selon toi ? 

La profession souffre d'un manque de considération énorme, c'est notamment ce que j'ai pu remarquer au cours de mes stages. Déjà, les stages que nous devons effectuer ne sont généralement pas rémunérés. Par exemple, au cours de ma deuxième année j'ai réalisé un stage de 10 semaines, au cours desquelles j'avais d'importantes responsabilités, j'effectuais le même travail qu'une infirmière normale. J'ai été gratifiée à hauteur de 350 euros.

Au delà de cet aspect, l'infirmière n'est pas reconnue à sa juste valeur, alors qu'elle a un rôle primordial au sein d'un service médical. Sans l'infirmière, le travail du médecin serait inutile, puisque c'est l'infirmière qui applique les soins. J'ai pu rencontrer deux types de médecins durant mes stages en immersion professionnelle : ceux qui avaient conscience de l'importance des infirmiers en soins médicaux, et ceux qui nous dénigraient et ne nous adressaient même pas la parole.   

 

"Sans l'infirmière, le travail du médecin ne servirait à rien"

L'infirmière n'est pas non plus reconnue au niveau salarial. Pour calmer le jeu en 2009, il y a eu la réforme du diplôme d'infimier : le diplôme a été reconnu bac + 3 alors qu'avant ce n'était pas le cas. Tout le monde a pensé qu'il y aurait suite à cela une augmentation des salaires, mais bien évidemment, ce ne fût pas le cas. On nous a jeté de la poudre aux yeux.  

 

"Avec la réforme de 2009, on nous a jeté de la poudre aux yeux."


Que conseillerais-tu à un élève de terminale qui envisage ce cursus pour l'an prochain ?

Je dirais que la personne doit être patiente, à l'écoute, avoir un sens de l'observation développé et une ouverture d'esprit certaine car on rencontre toute sorte de gens, toute sorte de mentalités. Il faut donc être tolérant. Il faut aussi être souriant, rassurant, organisé et méticuleux. En effet, la minutie est importante dans la pratique des soins.

Je dirais aussi qu'il faut bien être conscient que ce métier est loin de correspondre à la vision que tentent de véhiculer les séries télévisées. Même si parfois, dans certains services, on retrouve ce genre d'ambiance, tout n'est pas rose. Il ne faut pas se faire d'illusions, ce n'est pas un métier où l'on sauve des vies. On accompagne juste le patient pendant une période de son existance.

Il faut donc être armé, être préparé psychologiquement, avoir une bonne carapace et une force de caractère.

Enfin, ne pas prendre l'humain pour un numéro ...

 

"Il ne faut pas se faire d'illusions, ce n'est pas un métier où l'on sauve des vies !"


Ce qu'il faut absolument savoir en terme de débouchés ?

La profession souffre d'un cliché qui perdure : celui de penser qu'entamer des études en soins infirmiers mène inéluctablement au métier désiré. C'est totalement faux. Il y a un réel décalage entre l'image que l'on possède du métier d'infimier et la réalité. En effet, j'ai souvent entendu que je ne connaîtrais pas le chômage en devenant infirmière, mais la réalité est toute autre. Le problème, c'est qu'effectivement, la demande est élevée dans ce milieu. Il y a un manque cruel d'infirmières, mais ce manque est confronté à l'Etat qui refuse de financer des créations de postes. C'est le budget pour créer des postes qui manque. 

Au final, les emplois qu'occupent les étudiants à la sortie sont souvent ceux des services de psychiatrie, de maison de retraite et de gériatrie. Très peu d'infirmiers se retouvent dans le service qu'ils souhaitent. Par exemple, dans mon ancienne promotion, plus de la moitié n'a pu accéder au service souhaité. Une seule a pu entrer dans un service de pédiatrie, service qui fait partie des plus prisés. 

"Il y a un manque cruel d'infirmières, mais ce manque est confronté à l'Etat qui refuse de financer la création de postes !"


Tu as arrêté cette formation, peux tu nous dire pourquoi ? Que fais-tu actuellement ? 

J'ai arrêté en fin de deuxième année car j'étais dans un service au sein duquel les conditions de travail étaient difficiles, et où l'ambiance ne m'était pas adaptée. Surtout, je ne voulais pas prendre les patients pour des numéros. Bien souvent, faute de temps et de moyens, les patients sont traités comme la jambe n°2, le bras n°15, et cette vision de l'humain ne me convenait pas.

Aujourd'hui j'ai obtenu mon diplôme de fleuriste, métier au sien duquel je m'épanoui vraiment, et je suis à la recherche d'un emploi. 

"Je ne voulais pas prendre les patients pour des numéros."

Crédit photo : © goodluz - Fotolia.com

Les avis sur cet article
Giovanni

16 / 20

Elle a le droit de donner son avis en même temps...Personnellement, j'ai fait un Bac ST2S, j'ai été reçu au concours et j'ai arrêté là parce que le stage que j'avais fait ne me convenait pas du tout. La T2A, le temps passé avec le patient etc... C'est un métier difficile, sous-payé par rapport aux compétences et à l'investissement demandé. Ce métier devrait être valorisé par l'Etat mais bon...On peut toujours attendre.
Par

Giovanni

- le 24 Octobre 11h08
Axl

20 / 20

A AgnS : Et alors ? "Ah y'a trop de "mauvais services, Arrêtons tous d'être EIDE, c'est trop dur!!!" T'imagines si on pensait tous comme ça? Y'aura pu personne pour te soigner quand tu auras 80 ans. C'est à nous futurs IDE, jeunes IDE de changer les mentalités ensemble, si tu n'y crois pas, c'est perdu d'avance et tu peux changer de profession... Lis le commentaire de Bio, c'est précisément le message dont j'approuve.
Par

Axl

- le 22 Septembre 16h02
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